Pujol : tu soutiens Fillon ou tu dégages !

C’est fait. Après avoir été privé de ses délégations par arrêté du maire, Brice Lafontaine a été démis de son mandat de maire-adjoint par un vote du conseil municipal. L’élu d’Unitat Catalana parti qui était dans la majorité depuis 1993, a, aux yeux de Jean-Marc Pujol, commis l’énorme faute d’apporter son soutien à Emmanuel Macron. Ce qui aurait menacé l’unité et la cohésion de la majorité municipale. Fichtre !

En coupant une tête, Jean-Marc Pujol a envoyé un message clair aux élus de sa majorité. Pas question pour aucun d’entre eux de soutenir un autre candidat que François Fillon. Jean-Marc Pujol passe d’un manque d’autorité chronique à de l’autoritarisme.

Son zèle Filloniste vise t-il à faire oublier à ses amis qu’il avait rué dans les brancards après les révélations du Canard Enchainé ? Il expliquait en effet sur son blog que la seule solution était que François Fillon retire sa candidature à l’élection présidentielle.

Il y a tout juste trois ans, aux élections municipales, la liste de la droite et du centre était au premier tour largement dépassé par celle du FN. Et sans la mobilisation d’électeurs de toutes les sensibilités, c’est Louis Aliot et les siens qui dirigeraient la ville. Quand on doit son élection à des hommes et des femmes de toutes les sensibilités, on n’a moralement pas le droit d’exclure un élu qui fait un choix politique différent de celui du maire. Un élu auquel on a, par ailleurs, rien à reprocher dans l’exercice de son mandat.

Les élus de la majorité qui à l’unanimité ont voté la destitution de Brice Lafontaine ne se rendent-ils pas compte que la paranoïa et le repli sectaire mènent la droite vers de nouvelles défaites électorales ?

Fabrice Thomas

Crédit photo : made in Perpignan.

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Pour que la France reste la France

Dans ce que nous propose un homme politique, on n’est pas obligé de tout approuver ou de tout rejeter. J’apprécie tout particulièrement chez Manuel Valls son engagement en faveur de la laïcité. Un engagement que je pense sincère et profond. Car s’il était seulement guidé par de l’électoralisme, il aurait mieux valu qu’à l’instar de Benoît Hamon, il défende une laïcité soft qui fait semblant d’ignorer l’emprise du fondamentalisme sur une partie importante des populations musulmanes. Qu’il est facile comme l’a fait Benoît Hamon face à son adversaire de proclamer que les femmes qui portent librement le voile doivent être libres de le faire ! Cela alors que nous savons que le développement de cette pratique accompagne l’essor de l’intégrisme islamique. Pour un humaniste, qu’il soit de gauche, de droite, du centre ou d’ailleurs, l’infériorisation de la femme n’est pas acceptable.

La laïcité n’est pas, comme la présente Benoît Hamon, de façon restrictive, la séparation de l’église et de l’état. C’est avant tout une vision de l’individu libre de ses choix philosophiques. La liberté, l’égalité et la laïcité tels que Manuel Valls les articulent sont notre seul corpus politique pour contrecarrer le fondamentalisme musulman et empêcher que demain plusieurs millions de personnes vivent dans ce pays en y étant étrangères parce qu’on leur aura imposé les mœurs des intégristes musulmans. Et cela se sera fait avec la complicité de tous les élus de droite et de gauche qui auront fait passer leur élection avant les valeurs de la République. Avant la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité.

Manuel Valls défend aujourd’hui avec courage une conception qui n’est pas majoritaire.. Mais j’espère que l’avenir donnera raison au seul homme politique qui a fait des valeurs de la République et de la laïcité un combat pour que la France reste la France

 

Fabrice Thomas

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Les dangereux choix de Jean-Marc Pujol

Deux crèches à la mairie, une exposition de crèches à l’ancien mess des officiers, crèche encore au Castillet et dans d’autres bâtiments publics. La maire de Perpignan n’a pas fait dans la demie-mesure.

La laïcité impliquait la neutralité des bâtiments publics jusqu’à ce que le Conseil d’état dans une décision récente juge que leur installation temporaire est légale «  si elle représente un caractère culturel, artistique ou festif mais non si elle exprime la reconnaissance d’un culte ou une préférence religieuse. »

Quelle hypocrisie ! La représentation de la nativité n’a rien à voir avec le Père Noël et les guirlandes. Pour la majorité de nos concitoyens, la crèche est indissociable du catholicisme.

Et ce n’est pas pour faire joli que Robert Ménard et les élus du Front National ont mené une croisade pour l’installation de crèches dans les mairies. Ils se réclamaient clairement d’une religion. Cela au nom d’une étrange conception de la laïcité qui voudrait qu’elle ne s’applique pas au catholicisme qui serait la religion de notre pays.

Lors de la messe de minuit à l’église de la Réal, le père Blondeau a tenu, dans son homélie, à rappeler que la crèche n’était pas un élément de folklore. Un point de vue qu’il a, à son habitude, brillamment et simplement expliqué.

Tout comme le FN, Jean-Marc Pujol répond au communautarisme d’une partie des musulmans en jouant la carte du repli identitaire au lieu de défendre les valeurs de la République qui doivent unir les Français quel que soit leur religion ou leur choix philosophique. La citoyenneté est le ciment de la République.

Il ne doit pas être simple de mettre une crèche à la mairie et d’aller le lendemain expliquer les bienfaits de la laïcité dans les quartiers où elle est contestée. Pour monsieur Pujol ce n’est pas un problème. Car ce n’est pas son problème. Il n’a qu’un objectif, et c’est sa priorité, conserver l’électorat musulman sans lequel il aurait perdu son fauteuil de maire en 2014. Il a pour cela une recette miraculeuse, l’échange de mosquées contre des voix. Comme on l’a vu à Maillol. Comme on l’a encore observé très récemment avec la signature du permis de construire pour un centre culturel et cultuel turc. On ne peut pas dire que le maire de Perpignan milite en faveur d’un islam progressiste, d’un islam compatible avec les valeurs de la République. Tout simplement parce qu’il n’a dans ce domaine, aucune autre vision qu’étroitement électoraliste. Pourquoi ne fait-il pas savoir aux responsables de la grande mosquée qu’il est inacceptable que leur imam ne parle pas français ? Pourquoi la mairie de Perpignan subventionne-t-elle une association dont la responsable est une ardente militante anti-laïcité ?

Nous allons payer très cher les choix électoralistes de monsieur Pujol. En renonçant à la laïcité, il abandonne le terrain aux fondamentalistes qui sont déjà très influents dans les quartiers. Il ne faudra pas demain venir s’étonner que l’islam intégriste s’impose aux populations des quartiers à majorité musulmane et qu’il produise des individus habités par la haine de la République et de la France.

Fabrice Thomas

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Les deux crèches exposées à la mairie de Perpignan. L’une et l’autre derrière des barreaux. Faut-il y voir la représentation d’une identité assiégée ? C’est en tout cas une parfaite illustration de la vision de repli du maire de Perpignan.

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Macron est-il le fils de Jean-Paul Alduy ?

Lors de la première réunion départementale des supporters locaux d’Emmanuel Macron, Jean-Paul Alduy est intervenu en se présentant en précurseur d’une nouvelle façon de faire de la politique. Il a rappelé qu’en 1993 il avait conquit la mairie de Perpignan avec la liste Perpignan Oxygène composée de candidats issus de la société civile. En ces années de fin du Mitterandisme, les partis politiques ébranlés par de nombreuses affaires étaient déjà fortement discrédités. Et c’est en les rejetant que Jean-Paul Alduy s’est taillé un costume d’homme providentiel plus préoccupé par l’intérêt général que par l’ambition de faire une carrière politique. La centaine de Macronistes (pardon, il faut les appeler « Marcheurs ») a vivement applaudi le pionnier de la rénovation politique.

Jean-Paul Alduy, toujours trop modeste, aurait pu ajouter qu’en 2010 il installa Jean-Marc Pujol dans le fauteuil de maire de Perpignan. Pujol qui est lui aussi à la pointe de la rénovation politique. Il ne faut pas écouter ceux qui disent que son logiciel politique date des années 1960. Quoi de plus moderne que d’avoir fait de Perpignan la nouvelle capitale de l’Algérie Française ( Musée, Mur de la mémoire, refus de commémorer le 8 mars…) ?

Pourtant Jean-Paul Alduy expliquait depuis des années qu’il préparait une nouvelle génération à accéder aux responsabilités.

Oui bon en réalité, Jean-Paul Alduy est un rénovateur en peau de lapin.Il n’a rien rénové. Il a pendant vingt années fait de la politique comme en font les politiciens qu’il vilipende aujourd’hui. Son élection de 1993 doit beaucoup à la mobilisation de la machine électorale mise en place par son père qui était maire depuis 1959. Et deux ans après sa première élection, en 1995, JPA faisait entrer le Parti Républicain et le RPR sur sa liste. Plus tard, il deviendra le premier président départemental de l’UMP.

Macron lui aussi surfe sur le rejet de la gauche, de la droite et de leurs partis. Mais propose t-il de changer les règles du jeu politique ? Aucunement. Lors de son récent grand meeting parisien il a pendant près d’une heure trente parlé de sa « Révolution démocratique ». Mais ses propositions se limitent à «  La bataille économique et sociale ». Il laisse de côté la crise politique.

Exemple. La limitation du cumul des mandats, en nombre et dans la durée ne semble pas le préoccuper. Pas étonnant. Il est très proche de Gérard Collomb, maire de Lyon, président de la Métropole, sénateur, champion du cumul et surtout farouche opposant à sa limitation.

La façon dont Macron fait de la politique est elle si différente que cela ? Prenons une de ses propositions phares. Il veut élargir considérablement le nombre de bénéficiaires des allocations chômage : salariés démissionnaires, auto-entrepreneurs, chefs d’entreprises… Mais il faudra attendre le mois de février pour savoir comment ce nouveau dispositif serait financer. Où est la nouvelle façon de faire de la politique ? L’électoralisme est manifestement le principal moteur de Macron.

L’électoralisme est bien le problème de la politique. C’est pourquoi, la limitation stricte du cumul des mandats en nombre et dans la durée est la principale d’une série de mesures à prendre pour que la vie politique, localement, comme nationalement, ne soit plus accaparée par une caste d’élus qui ne pensent qu’à durer parce qu’ils ont fait de la politique un métier. Il y a dans la société quantité de personnes compétentes qui pourraient beaucoup apporter le temps d’un ou deux mandats. Mais de ce côté là, Macron est absent. C’est pourtant la Révolution à faire pour réconcilier le peuple avec la politique.

Fabrice Thomas

 

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Les Sarkozystes volent au secours de la victoire de François Fillon

Il y a de nombreux enseignements à tirer de cette première primaire de la droite. Une primaire réclamée par Balladur, Fillon et Juppé dont Nicolas Sarkozy ne voulait pas et sans laquelle il serait parvenu à s’imposer.

Avec la victoire de Fillon, l’appareil du parti qui, à 90% était derrière Sarkozy subit une lourde défaite. Un cuisant désaveu que les grands élus et professionnels de la politique tentent d’effacer en volant au secours de la victoire de celui qui est arrivé largement en tête du premier tour de la primaire.

Comme Jean-Marc Pujol qui dans un interview donné à l’Indépendant (23/11) ne tarit pas d’éloges sur Fillon et exprime ses réserves à l’égard de Sarkozy : « J’étais pour une rupture plus forte je lui avais dit pendant la campagne et je constate que François Fillon qui était sur cette ligne a remporté le premier tour. » On se demande pourquoi le maire de Perpignan ne soutenait pas Fillon.

Pas moyen d’arracher un mot à Calvet, Mach et Pujol sur la défaite et le puissant mouvement de rejet de leur candidat. Le maire de Pollestres préfère s’en prendre aux médias et aux sondeurs en déclarant que « Les gens en ont marre qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire. »

Pujol tente de limiter la casse en disant : « Nicolas Sarkozy réalise à Perpignan son meilleur score dans une ville de plus de 100 000 habitants. » Sans avoir fait le tour des résultats de ces villes on constate juste qu’à Nice Sarkozy recueille 35,3% des voix. Plus que les 31,8% de Perpignan.

Comment ne pas s’interroger sur les scores pharamineux de Sarkozy dans les trois bureaux du Vernet ? 48,9 %, 56,7% et 66,1%. Il y a une anomalie que le développement du clientélisme parmi les habitants d’origine maghrébine et de religion musulmane pourrait peut-être expliquer. Lors des élections internes des Républicains, des militants avaient été frappés par le nombre de personnes originaires du Maghreb qui étaient venus voter. Cela n’avait pas échappé à l’Indépendant qui avait publié une photo où devant l’urne on voyait une femme voilée et un barbu. Comment toutes ces personnes étaient elles devenues adhérentes des Républicains ?

Mais au final, seul un électeur de droite sur quatre a voté Sarkozy. Une sacrée déculottée pour les indéboulonnables professionnels de la politique qui, dans leur immense majorité, soutenaient la candidature de l’ancien président de la République.

François Lietta, président départemental de l’UMP a analysé sur son blog cette première primaire de la droite. Pour lui «  C’est la fin de la traditionnelle culture du chef. Aujourd’hui, les électeurs de droite veulent exprimer un choix et non plus voir leur candidat imposé par Paris. J’en suis persuadé c’est valable pour l’ensemble des élections où ils veulent, à présent, pouvoir choisir librement et sans être influencés par les sondages ou par des personnalités influentes… Ce soir, nous avons une réponse encourageante sur le besoin de rénover la droite pour qu’elle soit attractive. Une rénovation de méthode avant tout. » Les « personnalités influentes » ont du apprécier.

Cette primaire constitue une belle avancée démocratique. Mais un bourgeon ne fait pas le printemps. La rénovation de la droite, comme la rénovation de la vie politique ne sont pas à l’ordre du jour. La rénovation est bloquée par une caste d’élus qui ont fait de la politique un métier et qui à gauche comme à droite ne veulent pas entendre parler de limitation du cumul des mandats en nombre et dans la durée. Quel que soit le candidat de la droite qui sortira des urnes dimanche, la crise politique, qui est aussi profonde que la crise économique, continuera de s’aggraver.

Rénover et en finir avec les vieilles méthodes et les vielles combines électoralistes sera d’autant plus difficile qu’après la défaite de Sarkozy, les élus en place vont resserrer les boulons. Ils ne voulaient pas de la primaire et ils voudront encore moins d’une rénovation qui les menacerait. Et pour eux peu importe que la crise politique nourrisse la progression du FN, l’essentiel est de rester en place.

Fabrice Thomas

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Communauté urbaine : de la com et de l’opacité

 

Excellent timing. Le numéro 1 du magazine de Perpignan Méditerranée Métropole est sorti au moment où la métropole votait une nouvelle taxe. La taxe Gemapi (Gestion des Milieux Aquatiques et de la Prévention des Milieux Aquatiques). Au regard de son contenu, il y a fort à parier que nombre de contribuables se passeraient de cette nouvelle publication. Les habitants de Montner seront sans doute ravis d’apprendre que la métropole a installé des conteneurs enterrés pour les ordures ménagères. Mais cela intéresse-t-il les lecteurs des autres villes et villages ? Plus de la moitié de la pagination est ainsi consacrée aux réalisations effectuées dans divers communes. Le bulletin ou le journal municipal ne suffisent-ils pas ?

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La partie magazine ne justifie pas davantage la grosse dépense que constitue, la rédaction, l’impression et la distribution des 135 000 exemplaires de ce journal bimestriel. Pas indispensable non plus la pleine page consacrée à une nouvelle arrivante, une canétoise qui a eu un coup de foudre devant : «  La place de la Méditerranée, son carrousel, ses terrasses de café. » Superficielle aussi l’interview de Henry de Lumley.

L’article sur l’association qui restaure des maisons et des murettes à Périllos effleure son sujet. Dommage. L’activité des 60 bénévoles qui chaque année travaillent pendant trois mois valait mieux que les clichés qui occupent la moitié du texte : « Au détour de cette route étroite, sous la surveillance des ruines du château d’Opoul, le virage du vent surprend le visiteur et annonce la couleur. Ici la nature est sauvage, fascinante et fière ! Et tout d’un coup, absolu et majestueux, le voici qui se dresse ! Toisant le visiteur, le village de Périllos affiche ses ruines ! Sur le parking, quelques tentes attestent d’une présence humaine, un chien aboie dans le lointain… » Quant dossier « la communauté urbaine c’est quoi au fait ? » il aurait  été utile s’il avait été moins langue de bois.

Les deux grands hommes de presse que sont le rédacteur en chef : Michel Sitja et le rédacteur en chef adjoint : Daniel Tichadou ont, c’est dommage, été économes de leur immense talent. Preuve en est les fautes et coquilles qui nous ont sauté aux yeux.

Dans son éditorial, Jean-Marc Pujol indique que ce journal doit être : «  Un vecteur de transparence de l’action publique ». Si c’est là vraiment son souhait il a dû être très déçu en feuilletant le premier numéro sorti tout frais des rotatives de la Dépêche du Midi. Mais ne nous leurrons pas, la transparence n’est là qu’un mot, un artifice de communiquant qui tente de faire passer des vessies pour des lanternes. S’il tenait à la transparence le président de la métropole pourrait par exemple livrer une information digne de ce nom sur le déroulement du conseil communautaire. Au lieu et place des décisions et des débats que l’on s’attendrait à trouver sur le site internet de l’agglo, on nous livre un compte-rendu très succint des réunions.

Ce journal n’y changera rien, la communauté urbaine reste pour le citoyen une collectivité à la gestion et au fonctionnement opaque.

Fabrice Thomas

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Livre de Nicolas Lebourg sur le FN : réaction d’un idiot de Perpignan

 

Ouvrant Lettres aux Français qui croient que cinq ans d’extrême-droite remettraient la France debout, je suis allé directement à la Lettre à une caissière de Perpignan. Là, j’ai dès les premières lignes été étonné par le langage utilisé : « Hier, madame on vous pensait communiste ou abstentionniste. Déjà on ne parlait plus de prolétariat, mais des « catégories populaires ». C’est aimable comme dénomination, cela neutralise l’idée d’une unité de classe. » Est-ce le bon ton pour s’adresser à une catégorie de la population qui a une faible, très faible culture politique, qui se désintéresse massivement de la politique ?

Avec quantité de chiffres et de pourcentages à l’appui, Nicolas Lebourg montre que Marine Le Pen fait un carton chez les employées de commerce. 40 % ont voté pour elle. Puis il se lance dans une tentative d’explication. Il est question des combats féministes à la mode qui passionnent Paris mais qui sont loin des préoccupations de la caissière à temps partiel qui éduque seule ses trois enfants : « Et cette précarité a manifestement davantage compté pour vous que la menace d’un déremboursement de l’avortement brandie par le Parti Socialiste en 2012. »

La lecture de cette lettre m’a révélé que mes capacités de compréhension étaient limitées et que mon coefficient intellectuel était sans doute inférieur à celui d’une caissière qui comprendra sans doute facilement le passage qui suit  où l’auteur analyse les résultats des élections : « La proportion sur la liste électorale de prénoms liés au monde arabo-musulmans s’élève à 54,4 % là où vous votez. Le vote FN fluctue selon les variations statistiques de cette diversité ethno-onomastique dans les bureaux de vote. Quand ce taux est très haut, comme dans le vôtre, le score est très haut et vice-versa. Au vu des indicateurs socio-économiques, cela souligne combien le vote FN est réactif à la question de la présence de population des mondes arabo-musulmans, et non aux seules questions sécuritaire et sociale, sinon ces dernières devraient ici provoquer une forte adhésion électorale au parti. C’est aussi le cas pour l’adhésion effective au FN. Ainsi lors des municipales de 2014, votre bureau ne comptait qu’un encarté, tandis que le bureau 4 de votre quartier, avec seulement 15,6% de prénoms d’origine arabo-musulmane sur la liste électorale, comptait le plus grand nombre de militants par bureau de la ville, avec 20 encartés, et, au second tour, offrait 47,1 % des suffrages à la liste Aliot. »

Après la Lettre à la caissière de Perpignan je me suis interrogé sur le titre du livre. L’avais-je bien compris ? Lettres aux Français qui croient que cinq ans d’extrême-droite remettraient la France debout . C’est explicite non ? Je m’attendais à ce que Nicolas Lebourg démontre que cinq ans de FN mettraient la France à genoux. J’ai encore une fois rien compris. J’ai eu l’impression de lire un ouvrage de sociologie politique car on y explique pourquoi l’enseignant d’Albi, l’ouvrier agricole de Senlis, le plombier juif de Vénissieux sont tentés par le vote FN. C’est assez instructif.

Intéressé par l’explication du vote FN, j’ai lu, il y a quelques mois, La France au front de Pascal Perrineau, lui aussi spécialiste de l’extrême-droite. Bouquin passionnant facile à lire pour des personnes comme moi basses du plafond.

 

Fabrice Thomas

 

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