Présidence de l’agglo : comment Pujol nous a roulé dans la farine !

La décision de Jean-Marc Pujol d’être candidat à la présidence de l’agglomération provoque un emballement et un émoi qui sont bien compréhensibles. Quelques lecteurs ont réagi en nous signalant que le maire de Perpignan ne respectait pas la charte d’Anticor.

Voici ce qu’indique la charte d’Anticor :

Engagements du candidat tête de liste signataire pour son mandat de Maire :

1) Non cumul et limitation des mandats et des fonctions exécutives

Le candidat tête de liste signataire s’engage à ne pas cumuler plus d’un mandat électoral et d’une fonction exécutive. Cet engagement ne concerne pas les fonctions qui relèvent de la participation de la commune à une intercommunalité.

Il n’y a donc pas de coup de canif dans le contrat. Au regard du texte d’Anticor qui est une référence en la matière, Pujol ne s’apprête pas à cumuler.

Et la mise en application de la loi sur le cumul des mandats en 2017 ne changera rien, un maire pourra toujours prendre la présidence d’une communauté de communes, d’une communauté d’agglomération ou d’une communauté urbaine. Mais ce sera la fin des cumulards. La fin de ceux qui siègent à l’Assemblée Nationale ou au Sénat et sont à la tête d’un exécutif local. Une avancée démocratique très importante que l’on doit à la gauche.

Il n’a jamais été question que Jean-Marc Pujol soit candidat à la présidence de l’agglo. Mais on peu relire la profession de foi du candidat d’un autre œil : « Je suis contre le cumul des mandats pour me consacrer au quotidien et totalement à l’action municipale » Pujol pourrait en effet très bien nous dire que les compétences de l’agglo ne sont jamais que la mutualisation de compétences municipales avec d’autres communes.

Pourquoi Pujol est-il candidat ?

Au cours de la campagne, Jean-Marc Pujol a déclaré à plusieurs reprises qu’il voulait, à titre personnel, davantage peser dans les décisions de l’agglo. Plusieurs observateurs en ont conclu qu’il serait candidat à la présidence.

Romain Grau était le candidat de JPA et de la presse locale. Mais du côté des maires de l’agglo, il ne faisait pas l’unanimité, loin de là. Mais le maire de Perpignan aurait peut-être pu imposer Romain Grau. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Nous avons l’impression. Et ce n’est qu’une impression que Pujol n’est pas convaincu de la loyauté de cet homme trop pressé.

De plus, ce sera le dernier mandat de Jean-Marc Pujol. On peut supposer qu’il n’avait pas envie de le faire en ayant dans les pattes un puissant dauphin se voyant déjà calife à la place du calife.

Elu président de l’agglo, Romain Grau n’aurait pas été à l’abri de nouveaux soupçons de conflit d’intérêt liés à sa profession d’avocat d’affaires et à la compétence économique de l’agglomération.

François Calvet était un autre prétendant sérieux. Le sénateur-maire du Soler aurait lui été un vrai cumulard. Et en 2017, à mi-mandat, il aurait du renoncer à la présidence de l’agglo ou au Sénat. Mais dès lors que la ville de Perpignan revendique la présidence de l’agglo il ne pouvait que s’effacer. La candidature de Jean-Marc Pujol est finalement celle qui convient le mieux au plus grand nombre de mairies. D’où l’unanimité qui se dégage.

La candidature tardive de Jean-Marc Pujol a pris tout le monde de court. Jean-Paul Alduy ne l’a pas vu arriver. Et quand il s’en est rendu compte, il ne pouvait plus faire qu’un communiqué de protestation. Pourquoi n’a-t-il pas passé un accord électoral prévoyant que la présidence de l’agglo reste à l’UDI et revienne à Romain Grau ? Ça aurait surtout eu le mérite d’être clair pour les électeurs qui cette fois-ci votaient pour les délégués communautaires.

Il semble que la situation donne raison à quelques personnes qui connaissent bien Jean-Marc Pujol et qui disent de lui que c’est un bon stratège et un redoutable négociateur. Ce n’est pas parce qu’il a moins de charisme qu’un mérou que c’est un imbécile. Quoi qu’il en soit il les a tous roulés dans la farine. Il nous a tous roulés dans la farine.

Il y quand même de vrais avantages à ce que le maire de la ville centre préside l’agglo.

On sait qu’il y des compétences de l’agglo qui sont mal assurées. En matière de transport. Mais surtout, c’est là où il y a le plus d’usagers mécontents, dans l’organisation du ramassage des ordures ménagères.

En matière d’urbanisme commercial. Il est temps de mettre un frein à la prolifération de zones commerciales en périphérie de Perpignan. Il faut une vision d’ensemble. Et surtout mettre un coup de frein. Chaque ville de la périphérie ne peut pas avoir son grand centre commercial qui de fait se développe au détriment du commerce de Perpignan.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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