PS : Zizanie autour de l’investiture de la tête de liste de Perpignan

Pas facile de s’y retrouver dans l’échange d’accusations entre le camp Bourquin et le camp Amiel-Donat.

Il y a quatre sujets dans cette polémique.

-Les incidents au siège de la fédération du PS avec de jeunes nouveaux adhérents qui voulaient le 22 avril assister à la réunion de la section de Perpignan.

– La non intégration depuis deux ans des nouveaux adhérents à la section de Perpignan dont Christian Bourquin est le secrétaire.

-Les 115 adhésions qu’une personne a apporté à la fédération avec 2 300 euros en espèces.

– La modification du calendrier de désignation de la tête de liste PS aux municipales de Perpignan à la demande des Bourquinistes.

Nous n’aborderons aujourd’hui que ce dernier sujet.

La circulaire du 1 mars 2013 « Aux premiers secrétaires fédéraux, aux membres du Conseil National, aux parlementaires » fixe précisément les modalités de désignation des têtes de liste aux municipales de mars 2014. Elle donne les dates de vote des adhérents : « Premier tour le 10 octobre 2013 et deuxième tour, si aucun candidat n’a obtenu 50% des suffrages exprimés, le 17 octobre 2013. »

On y lit également : « La présente circulaire précise les modalités d’organisation de ces votes auxquelles il ne peut être dérogé qu’à titre exceptionnel, en fonction de situations locales spécifiques, après accord du Bureau National. »

La section de Perpignan et la fédération des P-O ont demandé une dérogation. Elles souhaitent que le vote des adhérents soit organisé dans la deuxième quinzaine de juin.

Pourquoi ? « Afin de préparer le candidat en amont », déclare Jacques Cresta. (L’Indépendant du 25 avril).

Si Cresta a ainsi présenté ses motivations exceptionnelles il a du faire sourire les responsables du secteur élections du PS.

Jacques Cresta dit qu’il a obtenu : « Un accord verbal et j’attends confirmation par écrit dans les prochains jours qui viennent. » Jacqueline Amiel-Donat réplique en disant qu’elle a prit contact avec la rue de Solférino qui a renvoyé à l’application de la circulaire numéro 1386.

Qui dit vrai ?

Il faudra attendre pour le savoir.

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Jacqueline Amiel-Donat.

On se demande évidemment pourquoi les Bourquinistes tiennent tellement à bousculer le calendrier ?

Nous ne voyons pas 36 explications. Après les batailles qu’elle a mené en 2008 et 2009, Jacqueline Amiel-Donat apparait comme la candidate naturelle du PS. Avec le soutien de son parti, en réalisant l’union de la gauche et avec Codognès en numéro 2, Amiel-Donat a de fortes chances de faire basculer la ville de Perpignan à gauche. Et même de très fortes chances. Mais Bourquin ne veut pas d’elle, ni de Codognès. Car Bourquin ne pense pas gauche ou droite. Il pense système Bourquin. Il n’y a pour lui qu’un candidat possible. Quelqu’un qui fait allégeance à sa personne, à son système.

Plus tôt Bourquin écartera Amiel-Donat et mieux ce sera pour lui. En le faisant dans la deuxième quinzaine de juin, juste avant l’été, période propice à l’accalmie, il gagne quatre mois sur le calendrier fixé par le bureau national du PS. Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

Propos « indignes » : Bourquin se fait recadrer par trois hauts magistrats

Fait rare dans les annales, un homme politique, président de région et sénateur s’est fait remettre à sa place par trois magistrats, les deux plus hauts magistrats du Languedoc-Roussillon et par le président de la Cour des comptes. Des faits révélés par le site montpellier-journal.fr.

http://www.montpellier-journal.fr/2013/04/attaque-de-bourquin-la-replique-de-la-chambre-regionale-des-comptes.html

Jacques-Olivier Tessier qui assistait, vendredi 26 avril, à la séance solennelle de rentrée de la chambre régionale des comptes rapporte les propos tenus par le président de la chambre, Nicolas Brunner : « La chambre exerce et exercera en effet toujours pleinement la mission que le législateur lui a confiée, n’en déplaise à certains, comme un élu de la région qui a dit lors d’une réunion publique le 6 décembre dernier, je le cite “ Les CRC ont suffisamment ridiculisé leur expertise jusque-là pour que maintenant nous passions à autre chose. “ Propos tenus en présence de M. le procureur général près la cour d’appel de Montpellier ici présent qui les a qualifiés “d’indignes“ dans son dernier discours de rentrée. Je le remercie chaleureusement au nom de la chambre pour ce soutien qui marque une réconfortante solidarité entre les juridictions judiciaires et administratives, qui agissent toutes dans des conditions difficiles pour garantir les droits et libertés et le bon exercice de la démocratie.»

J-O Tessier précise que le magistrat a tenu ces propos : « Devant un parterre très fourni de personnalités locales »

A l’issue de l’audience, J-O Tessier a interrogé Bernard Legras, procureur général de la cour d’appel de Montpellier qui lui a notamment déclaré : « Il s’agissait d’une attaque extrêmement violente contre les chambres régionales des comptes dans leur mission fondamentale et que ça n’était pas conforme à l’esprit républicain qui doit régner dans ce genre d’enceinte. »

Notre confrère a également recueilli la réaction du président de la cour des comptes. Didier Migaud lui a confié que par sa présence il apportait tout son soutien à la chambre des comptes et à son président.

Christian Bourquin s’en était violemment pris aux chambres régionales des comptes lors des assises nationale de la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes à Montpellier en décembre 2012. Il semble que les propos qu’il a tenus ne se limitent pas à la phrase rapportée par le président de la CRC du Languedoc-Roussillon.

Ce n’était pas la première fois que Christian Bourquin attaquait l’institution qui a compétence pour contrôler les comptes des collectivités territoriales. Lors de la session de juillet 2009 consacrée au rapport sur la gestion du conseil général, Christian Bourquin s’était, dans une intervention qui avait duré près d’une heure, livré à de très violentes attaques contre le magistrat qui avait contrôlé le conseil général. Comme d’autres auditeurs, pourtant habitués à la fureur de Bourquin, nous avions été stupéfaits par la véhémence et le caractère clairement diffamatoire de ses propos. Nous étions persuadés que Bourquin allait tout droit vers des poursuites pour insultes à magistrat. En effet, chaque session était enregistrée et un CD était envoyé à tous les élus. Cette fois, il n’y en eut pas. Christian Bourquin avait de toute évidence intérêt à ce que l’enregistrement ne “ sorte “ pas.

Bourquin n’avait pas apprécié le rapport sur sa gestion et en particulier, les révélations sur la faible utilisation des crédits d’insertion pour les bénéficiaires du RMI et sur les dépenses pharaoniques de communication. 5 fois celles du conseil général de l’Aude, 3 fois celle de l’Hérault, plus du double de celles du Gard. Dans le département où il y a le plus de rmistes on préférait faire de la communication que de l’insertion. De la bonne politique sociale, socialiste.

L’enquête et la publication prochaine du rapport sur la gestion du conseil régional inquiète manifestement le président de la région.

Christian Bourquin est dans une toute puissance qui le conduit à mépriser les règles, les lois et ceux qui sont chargés de les faire appliquer. Mais là, ce qui ne lui arrive pas souvent, il est tombé sur un os, un gros os, Bernard Legras, le procureur général de Montpellier. Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

Rendez-nous les Estivales sous les étoiles !

Il n’y aura plus d’Estivales en plein-air, en juillet, au Campo Santo. Je n’arrive pas à le croire et autour de moi, j’observe la même stupéfaction et la même incompréhension.

Nous avions un festival qui depuis 25 ans attirait à chaque édition des milliers et des milliers de spectateurs, 30 000 entrées payantes en moyenne. Un beau festival, un incontestable succès. Et voilà qu’on le liquide.

Pourquoi ?

Explication du premier maire-adjoint de Perpignan, président du théâtre de l’Archipel : « J’ai proposé un challenge à l’équipe du théâtre et je trouve le pari très intéressant. Effectivement, on change les habitudes mais là, c’est pour faire mieux. » ( L’Indépendant du 12 avril ).

Pour faire mieux ?

Déplacer un festival qui se déroule au cœur de l’été en plein-air dans un cadre extraordinaire pour l’amener dans une salle fermée aérée par la climatisation, c’est mieux ?

Réduire considérablement le nombre de spectacles, c’est mieux ?

Supprimer les scènes ouvertes aux jeunes compagnies de théâtre, c’est mieux ?

Supprimer les ateliers artistiques, théâtre, cirque… avec les milliers d’enfants des centres aérés, c’est mieux ?

Supprimer les tertulias, les expositions, c’est mieux ?

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Autre justification de Jean-Paul Alduy : « La jauge du Campo Santo n’était plus en adéquation avec le marché des opérateurs de chanteurs à succès. Hormis de faire payer aux Perpignanais beaucoup plus, il nous aurait fallu une enceinte de 8 000 places pour rentabiliser les Estivales. Là, on aura du gratuit et des spectacles au maximum à 40 € ». ( idem)

Là, nous sommes censés approuver et féliciter la mairie de Perpignan d’avoir pris une bonne décision en pensant à notre porte-monnaie. Des spectacles à 50 euros et plus par place, ce n’était pas possible…

Pourquoi Jean-Paul Alduy réduit-il les Estivales à la programmation « de chanteurs à succès » ?

Avec ses 2 350 places le Campo Santo ne peut pas accueillir les plus grosses têtes d’affiches, celles qui ont des cachets énormes. Ce n’est pas nouveau. Mais nombre de « chanteurs à succès » pouvaient, comme par le passé, être programmés aux Estivales. Des professionnels de la programmation nous l’ont confirmé.

Jean-Paul Alduy à donc oublié ce qu’étaient les Estivales.

Rafraichissons-lui la mémoire en citant un auteur qu’il ne désavouera pas.

« Fidèle à son destin de ville méditerranéenne, Perpignan place son été sous le signe de toutes les fêtes. Coup d’envoi avec les Estivales qui déclinent toutes les formes de spectacles vivants dans l’écrin magique du Campo Santo, mais aussi dans la chapelle basse ou le patio du couvent des Minimes, et à l’espace des cultures populaires. De grandes figures de la danse, de la chanson ou du théâtre, mais aussi, des talents émergents et les scènes ouvertes, un vrai off qui fait la part belle aux compagnies de la région. Les Estivales jouent les vitrines de l’action culturelle de la ville de Perpignan par des collaborations avec la Casa Musicale, la Direction de la culture, la cinémathèque euro-régionale Institut Jean Vigo : tertulias au cœur de l’après-midi, projection de films cultes, ateliers musicaux dans les quartiers. Aux Estivales, qui fêtent cette année avec brio leur vingtième anniversaire, la mixité prend tout son sens et ne vous y trompez pas : vous êtes trente mille de toutes générations et de toutes origines à vous presser au spectacle. »
Voilà ce que l’on pouvait lire dans l’édito du maire-sénateur dans le magazine de la ville de juillet 2007.

C’est le même qui écrivait en 2004, dans la même revue : « Juillet cède la place aux Estivales, un grand festival consacré aux cultures du sud et volontairement tourné vers l’humanisme méditerranéen. A son affiche, une pléiade de grands noms du théâtre, de la musique et de la danse. »

En 2003, JPA ne réduisait pas les Estivales à « des chanteurs à succès » : « Les Estivales ouvriront la saison, avec un programme toujours éclectique que les Perpignanais affectionnent particulièrement : théâtre, danse, musique, aucun genre n’est oublié. »

Des Estivales, il reste peu de choses. Neuf dates, du 25 juin au 6 juillet. Elles se termineront à la date à laquelle elles commençaient d’habitude. Rappelons qu’elles s’étalaient jusqu’au dernier jour de juillet.

2013 sera une année sans Estivales, comme en 2003 où elles avaient été bloquées par les intermittents du spectacle.

Le festival les Estivales ne pourrait-il pas renaître ? La réponse dépend aussi des spectateurs, des citoyens et de leur capacité à ne pas faire leur deuil du massacre d’une des plus belles et des plus importantes manifestations culturelles de notre département. Fabrice Thomas

PS : Président du conseil général, Christian Bourquin avait privé les Estivales de subventions en invoquant principalement un prix des places trop élevé. Nous avions à l’époque comparé le prix des places plein tarif des Estivales au Campo Santo avec celui de la programmation de Boitaclous subventionné par le conseil général. Le tarif moyen des Estivales était plus faible. Et de plus, seul le festival dirigé par Marie-Pierre Baux proposait des tarifs sociaux très attractifs sur l’ensemble de la programmation. Utilisant ce qu’il avait alors appelé son « fusil à deux coups », Christian Bourquin avait aussi fermé le robinet des subventions régionales.

Sondage : Pujol en tête, Aliot rejeté par les électeurs du FN

Répondant à la question, « Qui ferait un bon maire de Perpignan ? », l’échantillon de 550 personnes interrogé par l’IFOP pour L’Indépendant a placé Jean-Marc Pujol en tête, largement en tête. 62% pour celui qui, il est vrai, occupe la place de maire. Il est loin devant Christian Bourquin. En seconde position, mais 15 % derrière. Ce n’est pas terrible pour celui qui a présidé le conseil général pendant plus de dix ans, qui est sénateur et président de la région. L’homme politique le plus important des P-O n’atteint même pas la barre des 50%. Ses gamelles judiciaires ?

C’est Louis Aliot qui ferait le moins bon maire, 61 %, d’avis négatifs.

A droite, Jean-Paul Alduy et Romain Grau sont largement distancés par Jean-Marc Pujol et pire encore, très majoritairement rejetés. 57 % des sondés pensent qu’ils ne feraient pas un bon maire. Alduy et son clone ont pris une grande claque. Ils n’imaginaient pas que la côte du maire contre lequel ils mènent depuis des mois un travail de sape soit aussi élevée et la leur aussi basse. Se sentant affaibli, et donc menacé, ils sont, l’un et l’autre, du jour au lendemain, passés de la critique à un soutien total à Pujol.

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A gauche, Ségolène Neuville, Jean Codognès et Jacqueline Amiel-Donat font presque jeu égal, 40%, 40% et 38% de oui. Etre au même niveau que le député et conseillère générale du PS doit combler les deux conseillers municipaux d’opposition de Perpignan.

Pour Jacques Cresta, député PS qui avec 23% de oui se retrouve au fond de la classe avec Romain Grau, le message est clair, les Perpignanais ne veulent pas du porte-clef de Christian Bourquin pas plus que de celui de Jean-Paul Alduy.

Un des principaux enseignements de ce sondage est le rejet de Louis Aliot par les électeurs qui ont voté Marine le Pen à la présidentielle de 2012. Pour 55% d’entre eux, il ne ferait pas un bon maire. C’est le seul à être disqualifié par son électorat. Pour la majorité des électeurs du FN, le clodoaldien n’est pas crédible comme prétendant à la mairie de Perpignan. Les candidats hors-sol, s’en sortent toujours mieux aux élections législatives que municipales. Il est vrai que vociférer tout le temps ça n’aide pas à convaincre les électeurs que l’on a la capacité à gérer les affaires publiques.

Louis Aliot défend l’ami de Marine Le Pen et de Cahuzac

Invités de Zemmour et Naulleau, sur M6, Alexis Corbière, dirigeant du Front de Gauche et Louis Aliot ont eu un vif échange à propos de la médaille remise par le FN à Philippe Peninque. Ce dernier, ancien activiste du GUD (mouvement d’extrême-droite connu pour sa violence), proche de Marine Le Pen, est l’ami de Cahuzac et l’avocat spécialisé en montages fiscaux qui, selon le journal Le Monde, lui avait ouvert un compte en Suisse.

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Alexis Corbière : En janvier 2011, M. Louis Aliot, lorsque Marine Le Pen devient présidente du FN, Philippe Peninque est monté sur l’estrade de votre congrès et a été décoré de la flamme de bronze du Front National.

Louis Aliot : Je ne vois pas le rapport.

Alexis Corbière : Je vais vous le dire le rapport. C’est que, pour vous, c’est la légion d’honneur du FN. Je vous pose la question, maintenant que vous savez que c’est lui qui a ouvert le compte de Cahuzac, vous lui remettriez encore la flamme de bronze ?

Louis Aliot : Ah, je m’en fous royalement.

Alexis Corbière : Non, mais je vous pose une question. Il mérite la légion d’honneur du FN ?

Louis Aliot : Il est avocat tenu au secret professionnel, il n’est pas venu nous dire qu’il avait ouvert un compte à Cahuzac ?

Alexis Corbière : Maintenant que vous savez ça, est-ce que vous le feriez ?

Eric Naulleau : Est-ce que vous allez lui retirer surtout ?

Alexis Corbière : Je vous pose une question, vous êtes embêté manifestement.

Louis Aliot : Venant d’un communiste ancien trotskyste, c’est assez rigolo.

Alexis Corbière : J’ai enlevé mon couteau pour vous parler….

Louis Aliot : Oui mais ça, c’est trop facile. Il n’était pas au Front.

Alexis Corbière : Il a été décoré par Jean-Marie Le Pen.

Eric Naulleau : On vous demande si vous allez lui retirer sa décoration oui ou non, voilà, c’est oui ou non, je ne peux pas faire plus simple.

Louis Alliot : Pourquoi vous voulez lui retirer sa décoration ?

Eric Naulleau : Parce qu’il a participé au système que vous dénoncez, à l’évasion…

Louis Aliot : C’est monsieur Cahuzac qui a participé au système en ne déclarant pas le compte, mais l’avocat, lui, il a fait son boulot d’avocat, point à la ligne.

Alexis Corbière : Je ne suis pas d’accord avec ça pour qu’il y aitdes Cahuzac il faut qu’il y ait des Peninque.

PS 1 : Précisons que Philippe Péninque reconnait avoir ouvert le compte de Cahuzac en Suisse. Mais il se considère blanc comme neige, en disant qu’il ne savait pas que Cahuzac n’avait pas déclaré ce compte aux services fiscaux français.

Nous présentons nos excuses au président Bourquin

C’est sur le blog de Christian Bourquin : « La majeure partie de ces dites indemnités sert à financer mes activités d’homme politique. A titre personnel, je n’ai pas besoin de plus de 2000 euros pour vivre. Cela me convient parfaitement. »

Mais pourquoi Christian Bourquin ne nous a-t-il pas tout de suite dit qu’il ne conservait que 2 000 euros pour vivre et que le reste, 12 000 euros, servait à financer sa vie politique ?

Nous avons honte d’avoir écrit qu’il faisait du fric avec la politique.

Cet homme est en réalité un exemple pour toute la classe politique, pour tous les élus de ce pays.

Vous en connaissez un autre qui touche 14 000 euros et n’en conserve que 2 000 pour lui ?

Non, bien sûr !

Nous nous confondons en excuses. Et nous espérons que demain, toute la presse saluera comme il se doit le dévouement à la République d’un de ses meilleurs fils.

En ces temps où l’argent fait sa loi, qu’il est bon de voir qu’il y a des hommes qui lui résistent en allant jusqu’à renoncer au confort et aux biens qu’il procure.

On le croyait capable du pire. Il est finalement capable du meilleur !

Fabrice Thomas

PS 1 : « Je suis prêt à rendre public mes comptes si on me le demande. », écrit Christian Bourquin sur son blog. Faut-il contrôler les paroles d’un saint homme ? Ce n’est pas comme si on avait affaire à un politicard véreux qu’on considèrerait comme un grand menteur.

PS 2 : Dans ce monde de défiance généralisée, il va sans doute se trouver quelques esprits malveillants pour douter de la sincérité de notre président. Alors pour ceux-là, nous demandons à Christian Bourquin de publier ses comptes et les preuves des 144 000 euros qu’il consacre annuellement à son activité politique.

PS3 : Mais seulement pour ceux-là, car nous les entendons déjà évoquer une affaire de fausse attestation qu’Elie Puigmal aurait été contraint de faire. Elle indiquait que Christian Bourquin avait fait un chèque de 55 000 francs, avance de plusieurs années de cotisation au PS, de lui et de son épouse. Christian Bourquin, la main sur le cœur, expliqua que, pour un militant, il était normal de donner de l’argent à son parti, surtout quand celui-ci avait des problèmes de trésorerie. Mais la PJ et la justice ne le crurent pas. Elles découvrirent des preuves qui menèrent Christian Bourquin devant le tribunal correctionnel. Et il fut condamné pour complicité de faux et minoration des comptes de campagne. Christian Bourquin avait exigé d’avoir un chauffeur pour faire la campagne des élections sur le canton de Millas en 2001. La fédération du PS avait rémunéré le chauffeur et Christian Bourquin s’était engagé à la rembourser. Ce qu’il avait presque fallu le contraindre à faire après plusieurs rappels infructueux à ses engagements. Mais précisons que Christian Bourquin a toujours nié avoir eu besoin d’un chauffeur « pour faire le tour d’un canton pas plus long de 8 kilomètres. » Protestant de sa bonne foi, Christian Bourquin déclara dix fois, cent fois, que certains étaient poursuivis pour avoir pioché dans la caisse et que lui l’était pour avoir mis de l’argent dans la caisse. C’était déjà un incompris.

PS 4 : Nous ne voyons aucun inconvénient à publier les comptes de Christian Bourquin sur cestPolitique. Nous prendrons d’ailleurs contact avec les collaborateurs du président.

C’est l’histoire d’un homme qui fait beaucoup d’argent grâce à la politique…

Interrogé par le Midi-Libre, Christian Bourquin fait un rétro-pédalage laborieux sur sa déclaration de patrimoine : « Je n’ai pas de patrimoine mais, depuis dimanche, je suis propriétaire d’un âne que l’on m’a offert, voilà pourquoi, j’ai publié cela sur mon blog… »

Depuis dimanche ? L’info sur l’âne de Bourquin nous est, de bonne source, arrivée aux oreilles il y a quelques mois, après que l’animal lui ait été offert par Ségolène Neuville pour son anniversaire. Et Christian Bourquin est né au mois d’octobre.

Christian Bourquin a une théorie. Il est convaincu que plus un mensonge est gros et mieux il passe. Mais là ça n’a pas marché. L’histoire du patrimoine limité à un âne, personne ne l’a cru. Ne pas avoir de patrimoine quand depuis 16 ans on a de gros revenus, cela apparait comme une anomalie aux yeux de la grande majorité des gens. Et l’image du pauvre avec son âne n’a pas arrangé les choses.

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Surtout que Christian Bourquin n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Il a aussi déclaré « Pas de compte en banque autre que celui qui se termine à zéro chaque fin de mois ». Le journaliste de Midi-Libre lui demande : « N’est-il pas choquant de dire que votre compte courant finit souvent le mois à zéro alors que vous gagnez 8 000 euros par mois ? » Réponse du président de la région sénateur : « Je ne suis pas d’accord avec cette remarque. Je gagne 8 000 euros et je les dépense. Il me les faut et pas seulement pour ma vie privée mais aussi pour ma vie publique : je paye des repas, des campagnes électorales, les affiches. S’il le fallait je pourrais montrer mes comptes. »

Commençons par rétablir la vérité sur les chiffres. Christian Bourquin perçoit la somme net mensuelle de 14 000 euros par mois. 8 440 euros net d’indemnités plafonnées et 5 400 euros net d’indemnités de frais de mandat.

Des frais de mandat Christian Bourquin en a très peu. Pas de loyer de permanence car il est installé au conseil général. Pas de frais de transport pour se déplacer dans la région, il a des chauffeurs payés par le conseil régional. L’informatique, le téléphone lui sont fournis. Comme nombre de repas. Il faudrait se renseigner pour savoir si, à la région, il a des cuisiniers comme ceux qui étaient à son service au conseil général. Il peut payer ses notes de restaurant avec la carte bleue de la région. Les billets d’avions et les notes de taxis sont payés par le sénat. Les rémunérations des collaborateurs aussi. Même la presse, il ne la paie pas, faisait remarquer un de ses anciens collaborateurs qui le trouvait pingre avec son argent.

Nous reprendrons la formule qu’a utilisé Jean-Marc Pujol lors de sa conférence de presse sur la moralisation de la politique : le premier paradis fiscal de France, il est à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Chacun de ses élus reçoit annuellement 64 800 euros d’indemnités de représentation sans justificatif et sans déclaration au fisc.

Quels sont les frais qui restent à la charge de Christian Bourquin ?

Vous avez remarqué son embarras quand il parle de ses frais : « Je paye des repas, des campagnes électorales, les affiches. » C’est si peu convaincant qu’il est obligé d’ajouter : « S’il le fallait je pourrais montrer mes comptes. »

Si Christian Bourquin éprouve le besoin de travestir la réalité, c’est qu’il n’est pas à l’aise avec elle.
C’est l’histoire d’un homme qui fait beaucoup d’argent grâce à la politique et qui tient bien sur à ce que cela ne se sache pas.

La vérité est là sous nos yeux. Il suffit de la regarder et d’oser la voir. Après, les solutions s’imposent presque d’elles mêmes. Limitation du cumul des mandats, mandats renouvelable une seule fois, justification des frais des parlementaires, transparence sur les moyens mis à la disposition des élus et le remboursement des frais. Il faudrait aussi que le Sénat et l’Assemblée aient l’obligation de publier les noms des collaborateurs des parlementaires. Ca permettrait de mettre fin aux emplois fictifs de membres de la famille, de maîtresses, voir de journalistes. Dans les P-O nous avons eut un journaliste en activité qui était collaborateur d’un député.