Conseil municipal : c’est au pied du mur que l’on voit le maçon d’extrême-droite !

Commencé à 16h15 le débat sur le budget de la ville de Perpignan s’est terminé ¾ heure plus tard. De mémoire de journaliste ou de fonctionnaire territorial assistant depuis longtemps au conseil municipal de la ville de Perpignan, on avait jamais vu un débat budgétaire aussi court !

Court et vide. Court et indigent. Nous n’aurions pas fait une ligne si nous n’avions pas pris connaissance d’un communiqué de presse de Louis Aliot : « La presse locale semble avoir les yeux obstrués par la buée et les oreilles par le persil car les comptes rendus du Journal local ne rendent pas compte de tout ce qui a été dit lors de cette séance ! »

On pouvait espérer une critique de fonds des orientations budgétaires proposées. On attendait du lourd avec les interventions de Bruno Lemaire, docteur en mathématiques et sciences économiques, diplômé de Harvard, professeur émérite à HEC. L’élu FN s’est contenté, d’ailleurs de façon courtoise, de faire quelques remarques et des demandes de précision sur des numéros de nomenclature budgétaires. Aussi brillant et compétent qu’il soit, Bruno Lemaire ne maîtrisera les finances communales qu’après s’y être formé.

Alexandre Bolo, ex assistant parlementaire de Jacqueline Irlès, ex collaborateur de cabinet d’Alain Ferrand, semblait avoir les moyens de faire mieux. Il s’embourba dans des questions de détails et des affirmations hasardeuses qui donnèrent l’impression qu’il n’avait jamais ouvert un bouquin sur les finances des communes.

Louis Aliot qui a pris la parole en premier s’est contenté de quelques remarques d’ordre général. Rien sur les orientations budgétaires. Lui qui avait fait du désendettement de la ville le crédo de sa campagne. Il a par contre fait un long apparté sur un policier municipal, époux d’une conseillère municipale FN suspecté de ne pas avoir respecté le devoir de réserve des fonctionnaires et d’avoir donné des informations au FN. Quel rapport avec le budget ?

On a vu un FN sans vision budgétaire et qui n’avait tout simplement pas sérieusement préparé ce conseil municipal. Dommage car c’est le débat le plus important de l’année.

Le FN n’a pas été plus prolixe sur l’autre gros dossier de l’ordre du jour, l’examen du rapport pourtant consistant (107 pages) de la Chambre régionale des comptes. Selon Louis Aliot ce rapport est accablant. Nous y reviendrons. Sa lecture est en tous cas très intéressante. Six sujets sont traités : la fiabilité des comptes, la situation financière, l’analyse des impôts locaux, le personnel, le partenariat public-privé du théatre de l’Archipel et sur 20 pages, la politique relative à la petite enfance. Ce dernier point doit passionner les élus FN car ils n’en ont pas dit un mot. Il y avait pourtant matière à critiquer l’action municipale.

Louis Aliot a jugé utile de se réjouir de l’absence de la gauche dans ce conseil municipal. Cette absence est pourtant, au niveau des principes démocratiques, profondément regrettable. Elle l’est d’autant plus que même si le débat n’atteignait pas toujours des sommets, le budget subissait chaque année une critique en règle plutôt solidement argumentée.

Le reste de l’ordre du jour (au total 19 points) de ce conseil municipal du 16 avril était consacré à la désignation des élus qui vont siéger dans divers commissions et organismes, au crédit budgétaire pour les 4 collaborateurs de cabinet, aux indemnités des élus…

Commencé à 16 h, le conseil s’est achevé à 17h50. Un record de rapidité au regard de la richesse et de l’importance de l’ordre du jour.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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