Des cadeaux pour le FN

Sens Inédit (ex Synthèse) liquide son agence perpignanaise

La fermeture de l’agence de publicité Sens Inédit, il y a quelques mois de cela, n’a pas fait de bruit. Près d’une dizaine de personnes se sont pourtant retrouvé sur le carreau. Dans la bataille pour la mairie de Montpellier, Pascal Provencel, le patron de Sens Inédit faisait la campagne du candidat archi favori du PS, Jean-Pierre Mourre, président de l’agglo. Agglo qui était un gros client de Synthèse. Mais Philippe Saurel (divers gauche) a gagné la mairie de Montpellier puis la présidence de l’agglo. Du coup Provencel a beaucoup perdu. Et c’est Perpignan qui paie les pots cassés. Sens Inédit y conserve pourtant de gros budgets : conseil général, comité départemental du tourisme, Sydetom… Tous ces travaux sont exécutés au siège, à Montpellier. L’agence qui faisait la synthèse entre la politique et les affaires avait, dans l’ombre de Christian Bourquin, permis à Pascal Provencel de constituer la plus importante agence de publicité de la région Languedoc-Roussillon et aussi de gagner beaucoup d’argent.

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Aliot à Millas ?

Louis Aliot serait tenté par une candidature sur le canton numéro 16, de la vallée de la Têt dont le bureau centralisateur est Le Soler. Sur les 10 communes, dont Millas et Ille-sur-Têt qui composent ce canton, Marine Le Pen était aux élections présidentielles arrivée en tête au premier tour avec près de 30% des voix.

Qui pour remplacer Malherbe ?

Ségolène Neuville apprécie beaucoup Hermeline Malherbe.  Jusqu’au point de vouloir alléger le travail de la sénatrice-présidente du conseil général en poussant un autre socialiste à la présidence de l’institution qui, à partir de mars prochain se nommera le conseil départemental. Qui ? Pierre Aylagas à qui elle va prendre la quatrième circonscription aux prochaines législatives ? Il faudra d’abord que la gauche gagne les cantonales. Ce qui n’est pas fait.

Un gros cadeau pour le FN ?

L’UMP et l’UDI se prépareraient à faire un gros cadeau au Front National avec un tandem Got-Ferrand. Ferrand étant la fille du couple aux affaires au Barcarès. Alain Got, maire de Saint-Laurent, UDI ne serait pas favorable à ce tandem, mais il se dit que s’il n’a pas le choix, il avalera la couleuvre. Est-ce possible ? Lui qui invoquait la probité pour s’opposer à ce qu’Alain Ferrand devienne vice-président de l’agglo ! Dans ce canton numéro 4, la côte Salanquaise composé de 6 communes, Marine Le Pen était largement arrivée en tête, avec plus de 30% des suffrages au premier tour des dernières présidentielles.

Le retour de Kaiser

Conseiller général de 1994 à 2001, puis maire-adjoint de Perpignan de 2009 à 2014, Jean-Claude Kaiser reviendrait comme candidat UDI sur le canton numéro 10, Perpignan-Canohès. Bien qu’UDI, il est surtout fortement soutenu par le patron de l’UMP François Calvet. Kaiser souhaite composer un binôme avec Valérie Cons. Et sûr de lui il menace de ne pas être candidat si l’avocate n’est pas investie par l’UMP. Valérie Cons, conseillère municipale de Perpignan jusqu’en 2014 avait été écartée de la liste lors des dernières municipales et depuis elle déblatère sur Pujol. Jean-Claude Kaiser est à la tête d’une agence d’architecture qui, lorsqu’il siégeait au conseil général, a travaillé pour l’office HLM de l’institution. Sous Marquès et sous Bourquin. C’est légal nous a expliqué Jean-Claude Kaiser. Il était également légal qu’il ait été maire-adjoint chargé de la rénovation urbaine de 2009 à 2014. C’est légal, mais ce sont des situations de conflit d’intérêt qui font planer des doutes sur la probité des personnes et des institutions concernées. Encore un cadeau pour le FN.

Il sont fous ces jeunes UMP

Ils sont quatre jeunes UMP, quatre candidats à l’investiture aux prochaines cantonales et ils ont écrit une charte « Génération 66 des jeunes candidats de l’UMP » Ils essaient de sensibiliser leur parti à des candidatures de renouvellement générationnel. Et pour atteindre cet objectif, ce collectif demande : « Une désignation des candidats de l’UMP par une procédure transparente et rigoureuse au sein du comité départemental. Cela implique que chaque candidat sollicitant une investiture puisse s’exprimer devant le comité départemental de l’UMP. Qu’un vote à bulletin secret, canton par canton désigne le binôme retenu. »

Et en conclusion : « La transparence et la rigueur sont des éléments indispensables pour lutter contre le déclin de la confiance de nos concitoyens envers le personnel politique. »

Ce n’est pas gagné.

Ces jeunes sont fous mais ils ont tout compris. Cette charte est initiée par Antoine Coppolani, candidat à l’investiture sur le canton Vallespir-les Albères ; François Lietta, candidat à l’investiture sur le canton La côte Salanquaise ; Guillaume Lopez, candidat à l’investiture sur le canton vallée de l’Agly et Virginie Santiago, candidate à l’investiture sur le canton Ribéral.

Nous savons tous qu’avec le fonctionnement actuel de la politique, nous courrons à la catastrophe. Il faudra un jour ou l’autre le changer.

Bon mot

Terminons avec un bon mot de Nicolas Caudeville : « Quand Pujol entend le mot culture il sort sont Haut Pinell. »

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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Affaire Cresta : la défense du député vole en éclats

En grande difficulté depuis la révélation de son intervention auprès du procureur de la République au profit d’un conducteur condamné pour conduite en état d’ivresse, Jacques Cresta a adressé un long droit de réponse à L’Indépendant. Il y a attaque vivement Alliance le syndicat de policiers qui a révélé l’affaire ainsi que le quotidien local. Peu d’explications sur le fond.

Tirer à l’arme lourde sur ceux qui le mettaient en difficulté était la défense favorite de Christian Bourquin. Il lui fallait jeter le discrédit sur ceux qui révélaient ses frasques. C’est ce que fait Cresta.

Voici ses minces explications sur les faits : « Je suis intervenu par courrier auprès du procureur de la République pour demander quelle était la démarche à suivre pour qu’un individu qui avait été condamné à quatre mois de suspension de permis pour conduite en état d’ivresse et qui avait effectué sa peine récupère son permis de conduire. » Et il ajoute un commentaire : « Le fait d’intervenir pour que les droits d’une personne soient respectés après une condamnation pénale et une peine effectuée ne constitue pas une manière d’approuver ou de tolérer les faits commis. »

Cette version est mise à mal par la date de l’intervention du député. Le mail de Jacques Cresta au procureur n’a pas été envoyé à la fin de la suspension du permis mais selon L’Indépendant le lendemain de la suspension le 29 octobre et selon nos sources quelques jours après. Précisons d’ailleurs que la suspension de quatre mois prendra fin en janvier 2015.

Au regard de la fragilité de la défense de Cresta on comprend mieux son caractère belliqueux.

Et si c’était pour savoir comment récupérer un permis de conduire à l’issue de la période de suspension, point n’était besoin qu’un parlementaire fasse un courrier à un procureur de la République. La réponse se trouve facilement sur Internet.

Avec cette justification très peu crédible Jacques Cresta s’enfonce encore un peu plus.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

Intervention de Cresta auprès du procureur : « Une honte », selon Henri Sicre

Porter le bonnet d’âne pour sa faible participation au travail parlementaire ne suffisait pas à Jacques Cresta. Voilà que le député collectionne les actions malencontreuses.

Comme l’a révélé, le syndicat de policiers Alliance, Jacques Cresta est, par écrit, intervenu auprès du procureur de la République pour demander la restitution de son permis de conduire à un chauffard qui en avait été privé par une condamnation à 4 mois de suspension. L’intéressé qui conduisait avec un taux d’alcoolémie de 1,36gl avait percuté une voiture en stationnement.

Pour Henri Sicre, ancien député PS, le comportement de Jacques Cresta est « une honte » et il est « débile ». L’ancien parlementaire rappelle que la séparation des pouvoirs est inscrite dans la constitution. Et il précise sa pensée : « Si les politiques intervenaient auprès des magistrats et que la justice réponde favorablement, il n’y aurait plus de justice. » A la fin de la conversation, il ajoute : « Je confirme que je qualifie son intervention de débile. »

Nous avons interrogé François Lietta, attaché parlementaire de Fernand Siré. Il nous nous a expliqué que le député était parfois sollicité par des personnes condamnées pour des délits routiers. Il refuse catégoriquement toute intervention. François Lietta évoque le cas récent d’un chauffeur professionnel privé de son permis de conduire à la suite d’un excès de vitesse. Fernand Siré a réagi en disant que le conducteur aurait du faire attention et ne pas commettre d’infraction.

L’intervention de Cresta est d’autant moins admissible qu’elle concerne un délit d’alcoolisme qui se caractérise par un niveau élevé d’alcool dans le sang. Il ne peut pas y avoir d’indulgence dans ce domaine.

Ce député qui a, comme nous le voyons, un sens aigu de l’intérêt général a posé une question écrite au gouvernement en lui suggérant de taxer les transactions immobilières de particulier à particulier réalisées grâce aux sites d’annonce comme Le Bon Coin ou de Particuliers à Particuliers. Vous ne rêvez pas ! La question a été publiée au Journal Officiel du 28/10 et vous pouvez la retrouver sur le site de l’Assemblée Nationale http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-67529QE.htm

On a envie de demander à Jacques Cresta de quoi il se mêle. Considère-t-il qu’en matière de création de taxes et d’impôts les services de Bercy manquent d’imagination ? Il suffit de lire la question pour comprendre que Jacques Cresta est surtout préoccupé par la défense des intérêts de certains professionnels de l’immobilier. Il évoque : « La concurrence que constituent certains sites d’annonces gratuites, notamment pour les professionnels de l’immobilier, qui considèrent que celle-ci s’exerce de façon tout à fait déloyale. »

En étendant la logique de Jacques Cresta il faudrait taxer tous les services et les échanges qui pourraient être assurés à titre payant. Vous faites un échange d’appartements pour les vacances ? On taxe. Vous utilisez le covoiturage ? On taxe.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr