Philippe Saurel, rénovateur en peau de lapin !

Philippe Saurel surfe sur le rejet des partis politiques. C’est un créneau du marché de la politique qui fait depuis longtemps recette. C’est avec ce positionnement que Jean-Paul Alduy avait conquis en 1993 la mairie de Perpignan. Vous vous en souvenez ? Nous allons vous rafraîchir la mémoire.

Comme Alduy père, l’expliquait à la presse, son fils n’avait rien d’un homme politique : « Il ferait un excellent maire, mais il est très peu politique et ne sait pas mentir. » Et Jean-Paul Alduy confirmant : « Je ne suis pas un homme politique… Je sais que vous ne me croyez pas alors j’insiste… Enfoncez-vous bien ça dans la tête. Je vais avoir cinquante ans, si j’avais décidé d’être un politicien, je m’y serais pris il y a longtemps. »

On connaît la suite.

Le rejet des partis s’appuie sur leur principal défaut, ce sont des boutiques électorales tenus par des professionnels de la politique qui ne pensent qu’à cumuler un maximum de mandats et à durer.

Philippe Saurel inscrit-il son itinéraire politique en rupture avec ces pratiques ? A t-il pris l’engagement de ne faire qu’un mandat renouvelable une fois à la mairie de Montpellier ? S’impose-t-il une limitation en terme de cumul de mandats ? Non ! Il est maire d’une grande ville, président de la métropole et, demain, il sera conseiller régional.

A qui Philippe Saurel fait-il appel pour diriger ses listes départementales ? A des hommes et à des femmes qui sont déjà élus, des maires, des conseillers généraux et régionaux. Ce n’est pas avec lui que l’idée un homme un mandat progressera beaucoup.

Philippe Saurel n’a rien d’un rénovateur. Sauf pour ceux qui considèrent que porter le bas de la chemise par dessus le pantalon révolutionne la politique. On se moque, normal car il y a beaucoup de posture chez Saurel. Il sait comment séduire le bobo.

On peut faire de l’électoralisme sans parti politique. Hors l’électoralisme c’est ce qui pervertit la politique.

Saurel s’était coulé depuis 20 ans dans le moule du PS de Montpellier, maire-adjoint de Frêche, conseiller général, secrétaire de la fédé du PS de l’Hérault… Et puis en 2014 il a pensé qu’il avait davantage le profil que Mourre, candidat PS du système pour succéder à Hélène Mandroux dans le fauteuil de maire de Montpellier. Il est entré en dissidence et s’est estampillé candidat anti-système. Et comme ça lui a réussi, il continue. Mais uniquement au niveau du discours. Pour le reste qu’est-ce qui le différencie des autres professionnels de la politique ? Rien !

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