Livre de Nicolas Lebourg sur le FN : réaction d’un idiot de Perpignan

 

Ouvrant Lettres aux Français qui croient que cinq ans d’extrême-droite remettraient la France debout, je suis allé directement à la Lettre à une caissière de Perpignan. Là, j’ai dès les premières lignes été étonné par le langage utilisé : « Hier, madame on vous pensait communiste ou abstentionniste. Déjà on ne parlait plus de prolétariat, mais des « catégories populaires ». C’est aimable comme dénomination, cela neutralise l’idée d’une unité de classe. » Est-ce le bon ton pour s’adresser à une catégorie de la population qui a une faible, très faible culture politique, qui se désintéresse massivement de la politique ?

Avec quantité de chiffres et de pourcentages à l’appui, Nicolas Lebourg montre que Marine Le Pen fait un carton chez les employées de commerce. 40 % ont voté pour elle. Puis il se lance dans une tentative d’explication. Il est question des combats féministes à la mode qui passionnent Paris mais qui sont loin des préoccupations de la caissière à temps partiel qui éduque seule ses trois enfants : « Et cette précarité a manifestement davantage compté pour vous que la menace d’un déremboursement de l’avortement brandie par le Parti Socialiste en 2012. »

La lecture de cette lettre m’a révélé que mes capacités de compréhension étaient limitées et que mon coefficient intellectuel était sans doute inférieur à celui d’une caissière qui comprendra sans doute facilement le passage qui suit  où l’auteur analyse les résultats des élections : « La proportion sur la liste électorale de prénoms liés au monde arabo-musulmans s’élève à 54,4 % là où vous votez. Le vote FN fluctue selon les variations statistiques de cette diversité ethno-onomastique dans les bureaux de vote. Quand ce taux est très haut, comme dans le vôtre, le score est très haut et vice-versa. Au vu des indicateurs socio-économiques, cela souligne combien le vote FN est réactif à la question de la présence de population des mondes arabo-musulmans, et non aux seules questions sécuritaire et sociale, sinon ces dernières devraient ici provoquer une forte adhésion électorale au parti. C’est aussi le cas pour l’adhésion effective au FN. Ainsi lors des municipales de 2014, votre bureau ne comptait qu’un encarté, tandis que le bureau 4 de votre quartier, avec seulement 15,6% de prénoms d’origine arabo-musulmane sur la liste électorale, comptait le plus grand nombre de militants par bureau de la ville, avec 20 encartés, et, au second tour, offrait 47,1 % des suffrages à la liste Aliot. »

Après la Lettre à la caissière de Perpignan je me suis interrogé sur le titre du livre. L’avais-je bien compris ? Lettres aux Français qui croient que cinq ans d’extrême-droite remettraient la France debout . C’est explicite non ? Je m’attendais à ce que Nicolas Lebourg démontre que cinq ans de FN mettraient la France à genoux. J’ai encore une fois rien compris. J’ai eu l’impression de lire un ouvrage de sociologie politique car on y explique pourquoi l’enseignant d’Albi, l’ouvrier agricole de Senlis, le plombier juif de Vénissieux sont tentés par le vote FN. C’est assez instructif.

Intéressé par l’explication du vote FN, j’ai lu, il y a quelques mois, La France au front de Pascal Perrineau, lui aussi spécialiste de l’extrême-droite. Bouquin passionnant facile à lire pour des personnes comme moi basses du plafond.

 

Fabrice Thomas

 

Contact : c.politique@orange.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Téléphérique : pour on contre ?

Notre cher quotidien local a interrogé ses lecteurs sur le projet de téléphérique présenté par Laurent Gauze : «  Et vous ? Ce projet vous séduit-il ou au contraire vous y êtes hermétique ? »

J’ai été incapable de répondre à cette question car je ne me considère pas suffisamment informé pour avoir un avis tranché. Mais on ne peut pas reprocher à un élu d’avoir des projets pour l’avenir de sa ville. Surtout sur ce territoire, où le moins que l’on puisse dire est que la culture du projet fait défaut et où la réflexion sur l’avenir est inexistante. Pour le passé et le présent je ne vous apprendrai rien. Nos grands élus n’ont su que dire  » amen  » aux promoteurs de lotissements et de centres commerciaux.

Ce projet de téléphérique soulève des tas de questions auxquelles l’étude qui va être lancée par la communauté urbaine Perpignan-Méditerranée apportera des réponses. Ce qui permettra d’avoir un débat éclairé.

Le téléphérique est d’abord un moyen de transport complémentaire sur courtes distances pour désenclaver un quartier, une ville coupée du reste du tissu urbain par un fleuve, des voies ferrées, un autoroute et aussi lorsque la saturation des axes routiers allongent considérablement les temps de transport en bus.

A Brest le téléphérique sera mis en service au mois de novembre. 420 mètres de long.(photo)

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Mais il commence à être question de trajets plus longs. Nommé Téléval, le projet qui reliera Créteil à Villeneuve-Saint-Georges en passant par Valenton et Limeil-Brévannes est d’une longueur de 5,4 km. Une distance proche de celle qui sépare Technosud de l’hôpital de Perpignan, 7 km. Mais son coût s’élève à 72 millions d’euros.

Le téléphérique a le vent en poupe avec plusieurs dizaines de projets en France, dont une douzaine sur la seule région parisienne. Ce succès tient à plusieurs facteurs. Son installation est nettement moins coûteuse que celle du tramway. Plus sûr encore que le train et l’avion, c’est de tous les moyens de transport collectifs, le moins polluant, raison pour laquelle il est préconisé par la loi Grenelle sur l’environnement. Et il est peu consommateur de foncier.

Ce n’est qu’après la réalisation d’une étude, dans quelques mois, que l’on saura si le projet de Laurent Gauze apporte pour les décennies qui viennent une réponse intéressante aux déplacements entre le sud et le nord de Perpignan, via le centre ville.

En attendant réjouissons nous d’avoir quelques élus qui voient plus loin que la prochaine élection et qui comme Laurent Gauze s’investissent pour développer le département. Il en a tant besoin.

Fabrice Thomas

PS : Laurent Gauze : chef d’entreprise, vice-président de la communauté urbaine et président de l’agence de développement économique.

Contact : c.politique@orange.fr

Les fossoyeurs du Pays Catalan

Inspiré par le Pays Basque, Christian Bourquin lança le Pays Catalan en 1999 et il fit déposer la marque par le conseil général en 2001. Et en quelques années il imposa le nom Pays Catalan dans le paysage. Le comité départemental du tourisme abandonna la destination Pyrénées-Roussillon pour faire la promotion du seul Pays Catalan. Pour éclairer le contexte, rappelons que Jean-Paul Alduy avait en 1993 adopté le nom de Perpignan la catalane.

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Rendons à César ce qui est à César, c’est Christian Bourquin qui a popularisé ce nom de Pays Catalan. Les catalanistes qui depuis des décennies nommaient le département Catalogne Nord, ce qui renvoyait à la Catalogne sud et donc à une seule Catalogne, finirent, il y a quelques années, par utiliser et promouvoir le Pays Catalan.

Après avoir succédé à Christian Bourquin à la tête du conseil général, Hermeline Malherbe remplaça, quelques temps plus tard Pierre Aylagas à la présidence du Comité Départemental du Tourisme. Là elle imposa l’abandon de la marque Pays Catalan qu’elle troqua pour Pyrénées-Orientales. En 2013, le CDT fit une campagne de publicité avec une nouvelle marque, les P-O. Depuis les P-O furent mis à toutes les sauces, comme cette année avec la campagne de communication autour des rencontres départementales qu’anime Hermeline Malherbe.

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Hier les membres de la majorité départementale PS-PC enterraient le Pays Catalan. Aujourd’hui, Hermeline Malherbe, Ségolène Neuville, Marie-Pierre Sadourny (anime le comité pour le recours au conseil d’Etat) ne jurent tous que par lui.

Il n’est pas nécessaire de beaucoup se creuser la tête pour comprendre pourquoi ils se prosternent devant ce qu’ils piétinaient il n’y a pas bien longtemps. Tout simplement parce que le nom Occitanie seul suscite une forte opposition dans la population. Et ils font d’autant plus de zèle que c’est leur camp politique qui a opté pour la seule Occitanie.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr