Dépenses de campagne : une petite enquête instructive

L’impression des tracts et journaux est de loin la première ligne des budgets de campagne, autour de 70%. Et comme nos candidats se targuent tous de vouloir défendre l’activité locale. Nous avons eu la curiosité de regarder de près les tracts de quelques candidats de Perpignan, afin de savoir où ils étaient imprimés.

Sur l’ensemble des tracts de la liste Pujol figure un numéro de registre du commerce. C’est celui de l’agence de publicité perpignanaise Serbacan. Un bon point car ce n’est pas l’agence de publicité qui a le marché de communication de la ville. Ce n’était pas le cas en 2008. L’impression est faite localement, nous a-t-on catégoriquement assuré au QG de campagne. D’accord mais où ? On nous a expliqué que l’agence de pub qui s’occupe des marchés et du suivi de l’impression traite obligatoirement avec des imprimeurs locaux. A vérifier !

Aucun des tracts et journaux de campagne de Clotilde Ripoull ne porte les références d’un imprimeur. A 750 euros d’amende par tract, son budget de campagne pourrait exploser. Elle nous a répondu que l’impression de ses tracts était confiée à Sinthe (Perpignan) et son matériel électoral (profession de foi et bulletin de vote) à L’Imprimerie du Mas (Cabestany). Son journal de campagne l’Indépendante est imprimé à Girona. Elle déclare qu’elle n’avait pas le choix car il est imprimé sur du papier presse en rotative. Type d’impression que l’on ne trouve pas dans les P-O. Mais on en trouve en Languedoc-Roussillon

Du côté de la liste Aliot, c’est un peu compliqué. Il y a des tracts qui ont été imprimés par NPC, une imprimerie de l’Yonne. D’autres sur lesquels il n’y a pas de numéro de registre du commerce. Quand à l’imprimé le plus important, le journal de campagne il porte un numéro de registre du commerce. C’est celui de Eve Juan. Une « designer » à l’activité discrète. Pas de trace dans l’annuaire et dans google. Une discrétion inhabituelle dans le monde de la communication. Que cela cache t-il ?

Les documents de Jean Codognès sont en conformité avec la loi car on y trouve toujours le numéro de registre du commerce de son imprimeur, Encre Verte, une entreprise Perpignanaise installée au Bas-Vernet. Le candidat du tramway est conseillé par l’agence de pub Montpelliéraine Wonderful. Son patron, Laurent Blondiau était dir com de la région sous Georges Frêche.

Aucun imprimé de la liste Cresta ne comporte la moindre référence légale. Ça va lui coûter cher ! Et Marc Lagae, le directeur de campagne ne veut pas répondre à nos questions. Nous n’apprendrons pas à ce professionnel de la défense des consommateurs que les mentions obligatoires sont obligatoires. Sans réponse, il a fallu chercher. Jacques Cresta a fait appel à une agence de publicité de Montpellier, Ouvert au Public. Son patron Frédéric Tubiana a ses entrées à la Région. Il y fait des prestations mais il n’a pas accès aux grands marchés qui restent la chasse gardée de Pascal Provencel. Jacques Cresta a-t-il fait imprimer tout son matériel de campagne hors des P-O et plus précisément en Espagne ? C’est ce qui nous a été dit. Mais si Marc Lagae souhaite compléter l’information des lecteurs de cestPolitique, il nous passera un petit coup de fil.

De ce petit tour d’horizon se dégage la nette impression que les imprimeurs espagnols ont fait leur beurre. D’accord c’est moins cher. Mais que se passerait t-il si on achetait tout la-bas ? D’autant plus qu’au final c’est le contribuable français qui va payer les factures d’imprimerie car l’Etat Français va rembourser les dépenses de campagne des candidats qui auront atteint la barre des 5%.

Fabrice Thomas
Contact : c.politique@orange.fr

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