Cantonales 2015 : des élections à gros enjeu

A lire les uns et à écouter les autres il ne fait aucun doute que le conseil général basculera à droite en mars 2015.

L’UMP et l’UDI comptent sur l’effondrement du PS. Une reproduction des municipales. Ce qui avait permis à la droite de conquérir plusieurs villes des P-O et de conforter ses positions, comme à Saint-Estève ville récemment gagnée par Robert Vila.

C’est à Perpignan que l’effondrement du PS a été le plus spectaculaire. La liste Cresta n’avait rassemblé que 11,87% des voix au premier tour. Un résultat à comparer à celui de 2008. La liste de gauche conduite par Jacqueline Amiel-Donat n’avait manqué la conquête de la ville que de quelques centaines de voix. Nulle part en France le PS n’a autant reculé qu’à Perpignan.

Le PS local fait certes les frais de l’impopularité de François Hollande. Mais ça ne suffit pas à expliquer des scores aussi catastrophiques.

Il y a des territoires où le PS résiste bien. Notamment là où ses élus présentent de bons bilans aux électeurs. La gauche qui gère le conseil général des P-O depuis 1998, seize années, peut-elle s’appuyer sur les bons résultats de sa gestion et de son action ? Elle n’a pas grand chose à mettre à son actif. On l’a vu quand L’Accent Catalan a fait le bilan de la vie politique de Christian Bourquin. En 1998, la gauche dénonçait les Pyrénées-Roupillon et promettait de réveiller le département. Faute d’ambitions et de stratégies de développement, rien n’a été entrepris et la situation sociale et économique a continué à se détériorer.

Pour obtenir la majorité au conseil général, la droite ne devra pas uniquement compter sur un vote sanction du PS et sur son effondrement. Elle devra mobiliser son électorat en le sensibilisant à l’enjeu de la reconquête du conseil général. Pour cela, il lui faudra un leader qui soit son candidat à la présidence du conseil général et un programme qui porte une ambition.

Aliot va-t-il revenir à Perpignan pour organiser ses troupes et diriger la campagne ? On peut penser que le compagnon de Marine Le Pen sera de la partie et qu’il voudra confirmer son très bon résultat des municipales à Perpignan. Il n’a pas du tout intérêt à permettre à la droite de se refaire une santé en prenant le conseil général.

Le FN aura toutefois du mal à conquérir des sièges à l’assemblée départementale. Il sera certes présent au second tour dans plusieurs cantons. Des triangulaires pourraient lui être favorable. Mais au regard du prévisible niveau très élevé de l’abstention, elles seront peu nombreuses car pour être présent au second tour un candidat doit obtenir 12,5% des voix des inscrits. Et quand il restera un candidat FN contre un candidat de droite ou de gauche, le vote républicain pourrait empêcher l’extrême-droite de l’emporter. Mais on ne peut pas totalement écarter l’éventualité d’une faible mobilisation des électorats de gauche et de droite et d’une forte mobilisation de l’électorat FN (comme aux européennes de 2014) qui lui donnerait plusieurs élus.

Mais pour le FN le plus important sera de confirmer sa place de première force politique à Perpignan.

A la mairie de Perpignan, la droite sait que le FN peut à nouveau lui faire très mal. Si jusqu’à présent elle s’investissait peu dans les cantonales et se laissait, canton après canton, dépouiller par le PS, elle devra cette fois mettre toutes ses forces dans la bataille électorale.

La droite perpignanaise va comme aux municipales jouer la carte du renouvellement et du rajeunissement. Un choix qui lui avait réussit. La totalité des candidats de l’UMP et de l’UDI sont des élus de la ville. Leur mandat municipal sera un sérieux atout. Mais cela donnera aussi argument au FN pour appeler ses électeurs à sanctionner la politique de la municipalité Pujoliste.

Pour les trois grandes forces en présence, PS-PC, UMP-UDI et FN, les prochaines cantonales seront des élections à fort enjeu.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

Publicités