Cresta : le CNFPT lui verse 1 500 € par mois à ne rien faire !

Dans son rapport sur le financement de formation professionnelle continue la Cour des comptes s’est penchée sur le fonctionnement du CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale) et en particulier sur les indemnités des délégués régionaux. Le sujet nous intéresse car Jacques Cresta est pour le Languedoc-Roussillon l’un des 29 délégués qui perçoivent une indemnité annuelle de 18 246 €.

Une rémunération qui semble assez peu justifiée. Voici qu’écrit le magistrat de la Cour des comptes : « Ces montants (il y a aussi des remboursements de frais) semblent en décalage avec l’importance de la contribution apportée par les délégués dont l’implication dans le fonctionnement et les décisions stratégiques restent variable. Le rôle des délégués est parfois limité à la signature des courriers destinés aux élus. Le délégué de la région Limousin est sollicité informellement, le plus souvent par téléphone, et signe les actes toutes les six à huit semaines… En Languedoc-Roussillon, le délégué ne signe que les rares courriers qui lui sont présentés ; au moment de la visite de la Cour en mai 2014, il ne s’était pas présenté à la délégation depuis le début de l’année, ayant même annulé sa participation à la dernière réunion de 2013 du CRO (Conseil Régional d’Orientation) »

Un constat qui amène le magistrat à faire une préconisation : « Dans la mesure où les délégués régionaux ne sont plus ordonnateurs secondaires et où le directeur régional a déjà autorité sur les services, le rôle des délégués régionaux pourrait se limiter à la présidence des CRO (Conseil Régional d’Orientation) et leur régime indemnitaire pourrait être supprimé ou réduit significativement, entraînant ainsi une clarification juridique et une économie de gestion » Le rapporteur indique que les 29 délégués ont perçu par an 488 000 € + 52 000 € de frais de déplacement.

Cresta est monté au créneau pour contester son absence (Indép du 8 juillet) : « Ils pointent deux trois exemples dont le mien pour dire que j’ai été absent du siège pendant les quatre premiers mois de 2014 pendant les élections municipales où j’étais candidat à Perpignan. C’est faux ! J’y étais moins souvent, mais je n’étais pas absent se défend Cresta. Et il y a un directeur avec qui j’étais en relation téléphonique. » Bref on à le choix entre la version du magistrat de la Cour des Comptes et l’explication embarrassée du député.

Et Cresta se défend de toucher 1 500 € par mois du CNFPT : « Je ne touche que 15 euros par mois du CNFPT car je suis écrêté, le reste ne sort donc pas des caisses. » Faux ! Après avoir lu le rapport de la Cour des Comptes nous avons aussitôt consulté la déclaration d’intérêt remplie par Jacques Cresta en juillet 2014 et il y déclare percevoir 1 338 € par mois du CNFPT. Et l’on y observe que l’écrêtement s’applique sur ses indemnités de conseiller régional.

Deuxième papier (petit) dans l’Indép du 9 juillet. Frédérique Michalak a découvert la déclaration d’intérêt de Cresta et donc que ce dernier lui avait menti en déclarant ne percevoir que 15 € par mois du CNFPT. Nouvelle explication vaseuse de Cresta : « J’avais demandé en janvier 2014 à être écrêté sur cette indemnité du CNFPT, je l’ai été, mais je ne le suis plus depuis deux ou trois mois ». Nous demandons à voir, documents à l’appui. En attendant on s’en tiendra à la déclaration de patrimoine du député qui indiquait que depuis 2010 il percevait chaque mois 1 338 € du CNFPT.

Fabrice Thomas

Ecrêtement des indemnités : Le total des indemnités des élus qui cumulent ne peut pas dépasser 8 500 € par mois. Non compris l’IRFM (Indemnité représentative de frais de mandat de 6 500 €, mensuelle, pour un député)

Contact : c.politique@orange.fr

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