L’Olivier : objet politique difficile à identifier

C’est quoi L’Olivier ? Comment le situer sur l’échiquier politique ? Ce nouveau mouvement à caractère local indique que ses fondateurs «  viennent de la droite, du centre, des progressistes et du monde de l’écologie ».  Dans un texte de présentation où tous les mots sont pesés, l’absence de référence à la gauche n’est pas due au hasard.

Dans un interview donné à L’Indépendant le 11 décembre, Bruno Delmas, le leader de l’Olivier comparait sa démarche à celle du maire de Montpellier : « Saurel a été l’alternative de gauche à Montpellier et je revendique être l’alternative de droite dans les P-O. »

Pas étonnant. Bruno Delmas est membre de l’UMP et siège à son comité national. Mais il y est arrivé par la gauche. Et plus précisément par le biais des Progressistes. Un mouvement créé autour d’Eric Besson, secrétaire national du PS qui en 2007 a rejoint Nicolas Sarkozy. Après la victoire de ce dernier, il est devenu secrétaire d’état chargé de la prospective et de la modernisation de la fonction publique, puis ministre de l’immigration et de l’identité nationale. Après la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, Eric Besson s’est éloigné de la politique en laissant la présidence des Progressistes à Bruno Delmas. Les Progressistes rassemblent des hommes et des femmes de gauche qui soutiennent Nicolas Sarkozy. Lors de la campagne pour l’élection du président de l’UMP, Bruno Delmas était à nouveau derrière Sarkozy.

Comme Bruno Delmas a fait de la dénonciation des cumulards son principal cheval de bataille n’aurait-il pas été plus cohérent qu’il apporte son soutien à Bruno Le Maire qui est partisan d’une refondation de la politique ? Car Nicolas Sarkozy, lui, défend le cumul des mandats et envisage de revenir sur la loi qui à partir de 2017 ne permettra plus à un parlementaire d’être maire d’une ville de plus de 100 000 habitants, président d’un conseil départemental ou régional.

Précisons que L’Olivier dénonce ici avec une même vigueur les élus de gauche et de droite, notamment ceux avec qui il siège au comité national de l’UMP, comme Daniel Mach et François Calvet.

Difficile d’y voir clair !

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L’Olivier tape dur sur les « élus privilégiés » de gauche et de droite mais il épargne le FN. Ne chasse t-il pas en priorité sur les terres du parti d’extrême-droite ? Dans son journal de campagne des élections départementales, le FN proclame « L’UMPS c’est le chaos » et dans celui de L’Olivier on tient les élus de droite et de gauche pour «  responsables de l’état de mort clinique » du département. Et comme le FN, l’Olivier peint les P-O avec les couleurs les plus sombres et les plus désespérantes.

En cultivant autant l’ambiguïté, L’Olivier peut-il être crédible comme force politique de renouveau de la politique départementale ?

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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