L’Indépendanse

Déménagement électoral

Oubliant ses belles paroles sur sa proximité avec les habitants et sur son intimité avec le canton de Saint-Martin, Ségolène Neuville quitte Perpignan pour le Canigou. Un canton à cheval sur le Conflent et le Vallespir. Et on peut imaginer la suite. L’abandon de la troisième circonscription, vallée de la Têt pour la vallée du Tech dans la quatrième circonscription plus favorable à la gauche. Pas de chance pour Robert Garrabé qui se considérait comme le mieux placé pour prendre la suite de Pierre Aylagas. Autre déménagement, celui de Toussainte Calabrèse qui quitte le canton du Bas-Vernet où elle est élue depuis 2011 pour aller sur le canton numéro 10, Canohès et sud de Perpignan. Comment les deux élues PS justifieront-elles ce départ pour des terres électoralement plus hospitalières ? Elles n’en parleront pas. Et qui ira leur demander des explications ?

Que devient Clotilde Ripoull ?

On n’entend plus Clotilde Ripoull et elle s’est même fait piquer sa place d’opposante numéro 1 à Pujol par Bruno Delmas. Selon les dernières nouvelles elle s’investit dans une activité professionnelle. Elle s’est installée comme conseil en gestion d’entreprises avec un statut de profession libérale. Il faut toujours du temps pour se remettre d’un revers électoral. Rappelons que la liste qu’elle conduisait aux élections municipales a frôlé les 10% des suffrages exprimés, nécessaires pour être présent au second tour. Il ne lui a manqué que 141 voix pour être élue au conseil municipal, faire chuter la liste Pujol et provoquer un séisme en permettant à Louis Aliot de s’installer dans le fauteuil de maire de Perpignan. Battue, la droite n’aurait plus guère eu voix au chapitre et la pugnace Clotilde Ripoull aurait pris la tête de l’opposition à Aliot. Clotilde Ripoull ne se prépare pas pour les élections cantonales, mais il serait bien étonnant qu’elle ne revienne pas sur la scène politique locale.

L’Indépendanse

L’Indép a consacré, le 22 octobre, une pleine page aux succès et projets dans le cinéma du duo Jacques Font, Jean-Philippe Julia. Encore ! Et oui encore un article dithyrambique pour les propriétaires du Méga-Castillet. Cela n’a certainement aucun lien avec l’arrivée probable de Jacques Font dans le groupe d’investisseurs qui avec, La Dépêche du Midi, prendra prochainement le contrôle de notre quotidien local. Il ne faudrait surtout pas croire que L’Indépendant fasse la danse du ventre devant Jacques Font.

Candidat de la diversité

Fouzi Bouhadi sera-t-il une nouvelle fois candidat aux élections cantonales ? Il se prépare à une candidature sur le nouveau canton du Vernet qui regroupe les anciens cantons du Bas et du Haut Vernet. Si le conseiller sortant du Haut-Vernet, Richard Pully ne se représente pas, et il semble ne guère en avoir envie et avoir assez à faire avec son mandat de maire-adjoint de quartier, Fouzi Bouhadi pourrait obtenir l’investiture de l’UMP. Sans investiture et sur son seul nom, il avait aux cantonales de 2011 sur le Bas-Vernet, fait 9,91% au premier tour. Ce qui témoigne de sa bonne implantation dans ce quartier. A gauche comme à droite, les candidats de la diversité arrivent rarement à être placés en position éligible. Les partis politiques ont de réelles difficultés à faire une place aux français d’origine maghrébine qui manifestent un réel intérêt pour l’action publique. Une situation que cache la promotion de quelques personnalités au niveau national, comme Rachida Dati à l’UMP et Najat Vallaud-Belkacem au PS. Fouzi Bouhadi a un profil qui colle bien avec les compétences principalement sociales du conseil général. Il est pointu sur la problématique de l’insertion par le travail. Cet ingénieur a des compétences qui pourraient être utiles pour développer les actions d’insertion. Car c’est un domaine dans lequel, comme l’avait constaté la chambre régionale des comptes, le conseil général n’est pas assez actif et pas à la hauteur de la désastreuse situation sociale du département.

UMP : succès local pour le candidat de la rénovation

Pour sa rentrée parlementaire, Fernand Siré avait invité Bruno Le Maire, un des trois candidats à la présidence de l’UMP. Le passage de son discours portant sur la rénovation démocratique de la France a été le plus applaudi : « La première idée que je défends, elle n’est pas la plus populaire parmi mes amis parlementaires mais j’y crois profondément. On ne peut pas demander au Français de changer, nous les responsables politiques si nous ne prenons pas nous-mêmes part du changement. On ne peut pas dire aux Français « changer ! », mais nous les responsables politiques nous gardons toujours les mêmes privilèges, toujours les mêmes avantages, toujours le même fonctionnement. Je pense que la droite républicaine doit être au cœur de la refondation démocratique nécessaire. La droite républicaine doit être la première à dire que 577 députés c’est trop et que 400 ce serait largement suffisant. La droite parlementaire devrait être la première à dire que vous méritez des parlementaires qui soient parlementaires à 100% et des maires qui soient maires à 100% et quelle est donc désormais opposée au cumul des mandats. La droite parlementaire doit être la première à dire aux Français, vous voulez des têtes nouvelles vous voulez avoir accès à la vie politique, vous avez raison. Et bien la droite parlementaire doit dire que désormais en France on fait trois mandats de députés ou trois mandats de sénateurs, pas un de plus, pour faire ensuite la place à une autre génération. » Cette réunion publique s’est tenue à Canet en présence de 700 personnes selon les organisateurs. La salle Les voiles rouges était bondée. Le maire de Canet, Bernard Dupont soutient la candidature Bruno Le Maire à la présidence de l’UMP.

UDI : l’heure de vérité

L’UDI n’a pas réuni 50 personnes pour la venue à Perpignan de Jean-Christophe Lagarde candidat à la présidence du parti centriste. Un militant dit ne pas être étonné, l’image de l’UDI est nationalement brouillée et localement le parti qui était organisé autour de JPA et de la mairie de Perpignan était structuré sur une base clientéliste. Après le départ d’Alduy de la mairie et de l’agglo, c’est l’heure de vérité pour l’UDI dont les troupes sont à présent clairsemées. Jean-Paul Alduy s’est proposé pour mettre en place la formation des militants au niveau national et il a montré beaucoup d’intérêt pour les prochaines élections régionales. Songerait-il à une candidature, à la tête d’une liste de l’UDI ? Quoi qu’il en soit il est bien décidé à rester un acteur de la vie politique locale.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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Les cantonales sont lancées

Faux électeurs

L’affaire des faux électeurs du Barcarès devrait être jugée avant la fin de l’année. Une vieille histoire… qui date des élections cantonales de 2004 et pour laquelle les époux Ferrand avaient été mis en examen en 2006. Pourquoi les affaires impliquant des politiques trainent-elles aussi longtemps dans les armoires des tribunaux ? Le temps joue en général en faveur des prévenus. Lors de plusieurs procès visant des élus on a entendu le procureur faire des réquisitions en demandant au tribunal de prendre en compte l’ancienneté des faits. Cela permettra t’il à Alain et à Joëlle Ferrand d’échapper à la privation de leurs droits civiques ? C’est le risque qu’ils courent si la justice devait considérer que les faits sont établis.

Un rendez-vous avec la justice qui s’ajoute à l’information que nous avons donnée en septembre sur la fin de l’instruction de l’affaire sur les marchés publics dans laquelle Joëlle Ferrand était mise en examen.

JPA par ci, JPA par là

Jean-Paul Alduy est un retraité de la politique de plus en plus actif. Pas une semaine sans qu’il ne mette son grain de sel : sur le cadran solaire à 300 000 euros de MA2F, sur l’implantation d’Ikéa… Un jour il se montre à une inauguration et un autre à l’ouverture d’un nouveau commerce. Il a expliqué, lors d’une réunion de l’UDI, que son rôle se limiterait à soutenir des jeunes, à contribuer au renouvellement générationnel. Il soutient le retour de Fabrice Villard, son ex directeur de cabinet à l’agglo et prétendant malheureux à sa succession à la mairie. JPA avait finalement préféré Jean-Marc Pujol. Villard avait en 2009 rejoint François Rivière qui lui aussi, en 2008, s’était cassé les dents sur la mairie de Perpignan. Ils avaient ensemble pris le contrôle du Parti radical valoisien. Une aventure qui ne les avait pas menés bien loin. Fabrice Villard a pendant plusieurs années été directeur d’Espi. Une collaboration à laquelle François Rivière, le patron d’Espi, a mis un terme. Fidèle au centre, Fabrice Villard revient avec l’UDI.

Le tandem Alduy-Villard semble se reconstituer et JPA donne la forte impression de vouloir continuer de peser sur la vie politique locale.

Cantonales : Calvet accusé de jouer perso

Le président de l’UMP, François Calvet doit avoir les oreilles qui sifflent. De toute part les critiques fusent sur les candidats à l’investiture UMP qu’il propose pour les cantonales de mars prochain. Il est accusé d’utiliser les cantonales non pour reconquérir le conseil général mais pour assurer sa réélection au sénat en 2015. Il ne choisirait pas les meilleurs candidats, mais les élus en place, surtout les maires qui, en retour, ne manqueront pas de lui apporter des voix de grands électeurs.

L’Olivier se lance dans les cantonales

Bruno Delmas a tapé comme un sourd sur la classe politique locale devant 150 personnes venues assister au lancement de la campagne des cantonales de L’Olivier au Castillet. Taper sur les politiques fait toujours recette. Surtout par les temps qui courent. Jamais le rejet des politiques n’a atteint un tel niveau. Son constat de l’état dans lequel est le département est également brutal : « Nous sommes au stade de la mort clinique ».

Il appelle à constituer un rassemblement au delà des clivages politiques : « Il faut faire tomber les murs entre le peuple et la classe politique. »… « Nous sommes face aux urnes et aux tenants du pouvoir. » Le président de L’Olivier a lancé des idées et indiqué des pistes pour reconstruire le département et faire de cette reconstruction un exemple pour la France entière.

Mais comment Bruno Delmas et les siens feront-ils pour échapper aux dérives électoralistes qu’ils dénoncent ? Suffit-il de proclamer que lorsque l’on sera au pouvoir on fera mieux que ses prédécesseurs ? En 1998, Christian Bourquin, alors accompagné de Bruno Delmas dénonçait avec une rare violence la classe politique en place et l’inertie du département. Qu’est-ce que ça a donné ? On est passé du clientélisme paternaliste au clientélisme sectaire. Bruno Delmas ne tire pas les leçons de cette malheureuse expérience. Mettre fin à l’électoralisme, au clientélisme, au favoritisme, oui, mais par quelles mesures concrètes ? Rien n’est proposé alors que la critique des pratiques politiques est le cœur du discours de L’Olivier. Sans changement des règles et des pratiques on est certain de revivre les mêmes dérives.

Comment un discours principalement axé sur la dénonciation pourra t-il éviter de glisser vers le populisme ? Un populisme aux accents locaux qui entrera en concurrence avec celui du FN.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

L’avocat condamné dans une affaire de cocaïne était passé par l’UMP

Jean-Pierre Maillé, ex avocat perpignanais, a fait les gros titres de la presse avec sa condamnation à deux ans et demi de prison dans le cadre d’une importante affaire de trafic de cocaïne qui a été jugée à Marseille. Mais la presse a oublié qu’il avait fait un passage par l’UMP.

En 2011, Gilles Foxonet, maire de Baixas, vice-président de l’agglo, alors secrétaire départemental de l’UMP avait amené ce garçon dont il était proche en le présentant comme un jeune avocat centriste qui voulait s’investir en politique. Avant même qu’il ne prenne sa carte à L’UMP, Jean-Pierre Maillé a été nommé responsable départemental des jeunes actifs de l’UMP.

Gilles Foxonet nous a livré une version différente en nous expliquant que J-P Maillé était venu le voir et lui avait exprimé son souhait de d’investir en politique et qu’il avait été pressenti pour prendre la présidence des jeunes actifs UMP des P-O mais que cela ne s’était pas fait. Et il précise que le jeune avocat n’a pas pris sa carte à l’UMP.

Nous sommes revenus vers nos premiers interlocuteurs qui confirment que J-P Maillé a été imposé par Foxonet à la tête des jeunes actifs de l’UMP. Cette nomination d’un nouveau venu que personne ne connaissait a laissé un souvenir précis car elle avait été peu appréciée. L’un des jeunes présents à l’université d’été du parti de droite à Marseille en août 2011 précise que Foxonet et Maillé « partageaient une forte complicité ».

En novembre 2011, Gilles Foxonet a précipitamment rendu publique une lettre de démission du secrétariat départemental de l’UMP en prenant de vitesse ceux qui s’apprêtaient à le remercier. Il était accusé de n’avoir rien fait et en particulier de ne pas s’être investi lors des élections cantonales qui furent catastrophiques pour la droite locale. Le départ de Foxonet a été suivi de celui de Maillé qui a été écarté de la présidence des jeunes actifs de l’UMP. Et c’est à cette période que J-P Maillé a commencé à être inquiété par la police.

Fabrice Thomas

Photos prises à l’université d’été de l’UMP à Marseille en 2011.

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Jean-Pierre Maillé et Gilles Foxonet.

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Jean-Pierre Maillé au dernier rang.

Contact : c.politique@orange.fr

Cantonales 2015 : des élections à gros enjeu

A lire les uns et à écouter les autres il ne fait aucun doute que le conseil général basculera à droite en mars 2015.

L’UMP et l’UDI comptent sur l’effondrement du PS. Une reproduction des municipales. Ce qui avait permis à la droite de conquérir plusieurs villes des P-O et de conforter ses positions, comme à Saint-Estève ville récemment gagnée par Robert Vila.

C’est à Perpignan que l’effondrement du PS a été le plus spectaculaire. La liste Cresta n’avait rassemblé que 11,87% des voix au premier tour. Un résultat à comparer à celui de 2008. La liste de gauche conduite par Jacqueline Amiel-Donat n’avait manqué la conquête de la ville que de quelques centaines de voix. Nulle part en France le PS n’a autant reculé qu’à Perpignan.

Le PS local fait certes les frais de l’impopularité de François Hollande. Mais ça ne suffit pas à expliquer des scores aussi catastrophiques.

Il y a des territoires où le PS résiste bien. Notamment là où ses élus présentent de bons bilans aux électeurs. La gauche qui gère le conseil général des P-O depuis 1998, seize années, peut-elle s’appuyer sur les bons résultats de sa gestion et de son action ? Elle n’a pas grand chose à mettre à son actif. On l’a vu quand L’Accent Catalan a fait le bilan de la vie politique de Christian Bourquin. En 1998, la gauche dénonçait les Pyrénées-Roupillon et promettait de réveiller le département. Faute d’ambitions et de stratégies de développement, rien n’a été entrepris et la situation sociale et économique a continué à se détériorer.

Pour obtenir la majorité au conseil général, la droite ne devra pas uniquement compter sur un vote sanction du PS et sur son effondrement. Elle devra mobiliser son électorat en le sensibilisant à l’enjeu de la reconquête du conseil général. Pour cela, il lui faudra un leader qui soit son candidat à la présidence du conseil général et un programme qui porte une ambition.

Aliot va-t-il revenir à Perpignan pour organiser ses troupes et diriger la campagne ? On peut penser que le compagnon de Marine Le Pen sera de la partie et qu’il voudra confirmer son très bon résultat des municipales à Perpignan. Il n’a pas du tout intérêt à permettre à la droite de se refaire une santé en prenant le conseil général.

Le FN aura toutefois du mal à conquérir des sièges à l’assemblée départementale. Il sera certes présent au second tour dans plusieurs cantons. Des triangulaires pourraient lui être favorable. Mais au regard du prévisible niveau très élevé de l’abstention, elles seront peu nombreuses car pour être présent au second tour un candidat doit obtenir 12,5% des voix des inscrits. Et quand il restera un candidat FN contre un candidat de droite ou de gauche, le vote républicain pourrait empêcher l’extrême-droite de l’emporter. Mais on ne peut pas totalement écarter l’éventualité d’une faible mobilisation des électorats de gauche et de droite et d’une forte mobilisation de l’électorat FN (comme aux européennes de 2014) qui lui donnerait plusieurs élus.

Mais pour le FN le plus important sera de confirmer sa place de première force politique à Perpignan.

A la mairie de Perpignan, la droite sait que le FN peut à nouveau lui faire très mal. Si jusqu’à présent elle s’investissait peu dans les cantonales et se laissait, canton après canton, dépouiller par le PS, elle devra cette fois mettre toutes ses forces dans la bataille électorale.

La droite perpignanaise va comme aux municipales jouer la carte du renouvellement et du rajeunissement. Un choix qui lui avait réussit. La totalité des candidats de l’UMP et de l’UDI sont des élus de la ville. Leur mandat municipal sera un sérieux atout. Mais cela donnera aussi argument au FN pour appeler ses électeurs à sanctionner la politique de la municipalité Pujoliste.

Pour les trois grandes forces en présence, PS-PC, UMP-UDI et FN, les prochaines cantonales seront des élections à fort enjeu.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr