Municipales : trop de caricature

Le discours politique est comme la caricature, il exagère toujours le trait.

Le premier tract de Jacques Cresta commençait pas ces mots : « Depuis trop longtemps, Perpignan est à l’abandon… ». Dans le journal de campagne de la liste Perpignan Equilibre on pouvait lire un entretien avec la tête de liste : « Vous dressez un bilan inquiétant de l’état de Perpignan, de ses finances, de son commerce… ». Réponse de Clotilde Ripoull : « Il faut être réaliste. Perpignan n’a jamais été dans une telle situation depuis au moins 50 ans. Tous les indicateurs sont au rouge. »

Louis Aliot est le plus sombre, le plus négatif, le plus désespérant de tous les candidats. Il est vrai que c’est son fonds de commerce et que c’est le code génétique de l’extrême-droite. Elle prospère toujours en noircissant la réalité pour attiser les angoisses et les peurs. Plus que tout autre force politique, elle joue et prospère sur l’irrationnel et sur les émotions.

L’équipe sortante nous propose une vision évidemment plus positive et même presque idyllique de la ville. Comme dans son clip de campagne signé Cyril Tricot. Ça commence par un écran sur lequel on lit : « Dans un environnement exceptionnel ». Puis sur une musique apaisante défile quelques beaux paysages des P-O : le Canigou, le Cap-Béart… pendant 30 secondes. Puis un nouvel écran texte apparait : « Perpignan une destination au cœur de l’Europe » : on arrive en ville par la voie des airs. Une musique de blockbuster survitaminé accompagne un bombardement d’images : feu d’artifice au Castillet, théâtre de l’Archipel, Visa pour l’image, Le quai Vauban, le TGV , l’USAP, les Dragons… alternent avec des photos de Jean-Marc Pujol. Une vingtaine. Et le clip de 2,15 m se termine sur quelques mots du maire sortant : « Vous avez aimé. Perpignan pour tous, c’est ça, pour vous, avec vous. »

Les discours catastrophistes tout comme les discours glorifiants ne sont pas représentatifs de la réalité. Celle-ci est plus complexe, plus nuancée et aussi pleine de contrastes. Ecrire cela, c’est comme vouloir défoncer une porte ouverte tant c’est évident. Mais finalement pas si évident que ça.

Une campagne électorale lors de laquelle les sortants avoueraient qu’ils sont en échec face à tel ou tel problème et des opposants qui reconnaîtraient que dans tel domaine l’équipe qui a été aux affaires a fait du bon travail est inimaginable. Mais il nous semble pourtant que nombreux, très nombreux sont les électeurs lassés par des discours politiques manichéens, des discours trop coupés de la réalité.

Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

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