Jacques est-il le nom de l’âne de Bourquin ?

En juin 2013, le magazine L’Expansion avait classé les députés d’après leur assiduité et leur activité. En 536 ième position sur 577, Jacques Cresta s’était retrouvé parmi les cancres.

Au moment où ce magazine sortait en kiosque, Jacques Cresta annonçait qu’il était membre de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Cahuzac. Le député PS des P-O avait là l’occasion de redorer son blason.

Composée de 30 députés, la commission d’enquête a fait un travail important. Elle a procédé à des dizaines d’auditions durant l’été et l’automne 2013. Dans le rapport final, les comptes-rendus d’audition occupent 600 des 817 pages. On peut apprécier l’implication des membres de la commission au nombre et à la qualité de leurs interventions. Il y a des députés, tant de l’opposition que de la majorité, qui se sont beaucoup investis. Leurs interventions se comptent par centaines. Il y a des députés qui ne sont intervenus que quelques dizaines de fois, mais toujours avec un discours d’un bon niveau, comme deux élus du Languedoc-Roussillon : Christian Assaf, PS (Hérault) et Pierre MorelA-L’Huissier, UMP, (Lozère). Puis il y ceux, les moins nombreux, qui ont rarement pris la parole. Parmi ces derniers, il y en à un, le moins actif, vous devinez son nom, qui ne s’est exprimé que deux fois. Il a lors d’une audition posé deux petites questions.

Pourquoi Jacques Cresta est-il aussi peu investi dans l’exercice de son mandat de député ?

Ca ne l’intéresse pas ?

Il est dépassé par les exigences de cette mission ?

Il semble répondre à cette question en se fabriquant une image d’élu de terrain qui va en permanence à la rencontre des uns et des autres. Qu’un député soit à l’écoute est une bonne chose. Mais si ce n’est pas suivi d’un travail parlementaire, ça ne sert qu’a avoir sa photo dans le journal ou sur un blog complaisant.

Et voilà que celui qui prend racine parmi les élus les moins actifs de l’Assemblée Nationale demande aux électeurs de l’installer dans le fauteuil de maire, mais aussi dans celui de président de l’agglomération.

Comment est-ce possible ?

Il faut regarder la vérité en face. Si demain, il est maire et président de l’agglo comme il est député, ce sera tout simplement catastrophique pour la ville et pour l’agglomération.

Il y a un autre sujet important dont on s’étonne qu’à quinze jours du scrutin il n’ait pas été abordé.

S’il est élu, combien de temps Jacques Cresta restera-t-il maire ? La loi sur le cumul des mandats s’appliquera en 2017, à mi-mandat municipal. Quel mandat conservera-t-il ? S’il veux rester maire il devra démissionner de son mandat de député et sa suppléante lui succèdera. S’il souhaite conserver son mandat de député, il devra démissionner de son poste de maire et le conseil municipal élira un nouveau maire.

Le candidat PS aurait du, dès l’annonce de sa candidature aux municipales, exprimer clairement ses intentions. A défaut, la presse locale aurait du l’interroger jusqu’à ce qu’il donne une réponse suffisamment claire. Jacques Cresta n’a bien sûr pas envie que la presse aborde un sujet qui l’embarasse au plus haut point. Sans aucun doute. Mais les électeurs doivent savoir.

Fabrice Thomas

c.politique@orange.fr

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