Perpignan : les élus FN sont-ils privés d’indemnités ?

Il se dit et il s’écrit que les conseillers municipaux FN de la ville de Perpignan sont privés d’indemnités de fonction. Nous sommes donc allés à la mairie pour y consulter les délibérations adoptées par le conseil municipal ainsi que les compte-rendus des débats.

Les noms des conseillers municipaux du FN ne figurent sur la liste des élus bénéficiaires d’indemnités dont Jean-Marc Pujol a donné lecture au conseil du 16 avril.

Le débat sur les indemnités des élus a été bref. Le maire a indiqué que le total des indemnités versé baisserait de 20%. Louis Aliot a déclaré : « 20% en moins » et le maire lui a répondu : « Oui. L’ensemble fait 20% de moins de la dotation. » et Louis Aliot a conclu le débat en disant : « Oui, d’accord » On est ensuite passé au vote et le groupe FN s’est abstenu.

Nous avons interrogé Louis Aliot : « Les élus d’opposition n’ont pas d’indemnités alors qu’ils en avaient lors du mandat précédent. Pourquoi n’avez vous pas réagi avec plus de vigueur ? » Réponse : « Parce que je pense que se battre pour 200 euros n’est pas responsable dans la situation actuelle. Nous avons des moyens pour travailler, c’est essentiel. Et c’est une force force supplémentaire dans notre argumentation auprès des électeurs. Nous sommes des élus bénévoles contrairement à eux…»

Nous avons également questionné le maire. Selon lui : « Les élus de l’opposition actuelle n’ont pas moins et pas plus que ceux qui ont siégé de 2009 à 2014 car si les élus FN n’ont pas d’indemnités au conseil municipal de Perpignan, 9 membres de leur groupe sur 12 siègent au conseil communautaire et où ils perçoivent 230 euros par mois. »

La consultation des délibérations du conseil du communautaire de l’agglomération du 14 avril, confirme que 9 élus FN bénéficient d’une indemnité de fonction de 228,09 euros par mois.

Au final seul trois élus du FN peuvent prétendre exercer leur mandat électif à titre bénévole, Anne-Marie Rappelin, Bénédicte Marchand et Alexandre Bolo. Bien que ce dernier soit attaché parlementaire de Louis Aliot.

Voilà les faits. On y voit un peu plus clair. Fabrice Thomas

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Numéro 1, août, septembre,octobre; bientôt chez les marchands de journaux des P.-O.

Ni diabolisation, ni angélisation : simplement la vérité sur le FN !

Nous sommes en 2011 sortis d’une longue période dite de diabolisation où le Front National était sans cesse renvoyé aux déclarations de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz (1987). Le FN était catalogué parti  » raciste « ,  » antisémite « ,  » fasciste « .

Marine Le Pen est arrivée avec sa dédiabolisation qui consista principalement à refaire la vitrine. Plus de déclaration antisémite et on écarte les militants d’extrême-droite les plus caricaturaux type skinhead. Regardez ! On est un parti comme les autres ! Et une grande partie de la presse de faire chorus. Avant elle ne voulait voir que les excès du FN, elle a maintenant tendance à fermer les yeux sur tout ce qui ne ferait pas du FN un parti normal.

C’est ce que nous avons observé dans les articles des journalistes parisiens venus à Perpignan couvrir la campagne de Louis Aliot.

Le Monde a, le 31 janvier, publié un article titré : « A Perpignan, la campagne “ centriste “ du vice-président du Front National. Extrait : « Devant ses sympathisants, au Moulin-à-Vent, la tonalité est toute modérée. Car il est un adage qui court à Perpignan : la ville se gagne au centre. M. Aliot l’a visiblement compris. Il fait une campagne de notable, une campagne pondérée, loin des tonitruances du Front national. Sur les affiches, la flamme frontiste est petite, en bas à droite, comme cachée. Et sous le nom de la tête de liste, on lit : « Avocat, conseiller régional. « La notabilité avant tout. »

Le supplément de L’Express consacré à Perpignan est dans le même registre. Pas étonnant, Le Monde donne souvent le ton. Le papier est titré : « Municipales à Perpignan : la campagne de terrain du “ notable  » Aliot.

« Pour mettre toutes les chances de son côté, le compagnon de Marine Le Pen veille à présenter son profil le plus rassembleur. Il se répète que Perpignan se gagne au centre. Il mène donc une campagne pondérée et ouvre largement sa liste à la respectable « société civile ». Louis Aliot cherche à se donner une image de notable. Sur ses affiches, il se présente comme « avocat, conseiller régional », tandis que la flamme frontiste apparaît en petit. »

Louis Aliot a tellement apprécié ces articles qu’il les a publiés sur plusieurs sites internet du FN.

Le candidat RBM a-t-il fait une campagne de notable, avec toute la rondeur que l’on prête à ce genre de personnage de province ?

Louis Aliot qui est entré très tôt en campagne a massivement et sur une longue période, en quelque sorte pour préparer le terrain, diffusé deux tracts. Le premier illustré par une trentaine de petites images de magasins fermés, rideaux tirés. Avec cette accroche : « Le triste bilan de l’UMP-UDI à Perpignan, un centre ville à l’abandon !!! » Le second maquetté sur le même principe avec des photos de voitures brûlées, de vitrines défoncées. « Avec l’UMPS, ce sont les perpignanais qui sont inquiets, pas les délinquants…Avec Louis Aliot la peur changera de camp !!!

Plus excessif, plus caricatural, plus démagogique, plus populiste, ce doit être difficile à faire !

Manifestement, les journalistes du Monde et de L’express n’ont pas demandé à Louis Aliot de leur montrer les tracts qu’il avait distribués. Ni les affiches qu’il avait collées

di 11 décembre 025

« On est chez nous » est la forme actuelle de « La France au Français ».
Encore un slogan « centriste » !

La presse nationale tout comme la presse locale n’ont pas vu que le FN avait fait une campagne en deux temps. Très dure pendant près de six mois. Avec le logo du FN. Puis “ modérée “ les deux derniers mois avec le logo RBM (Rassemblement Bleu Marine).

Dans un billet du 20 février, nous avions répondu à Jean-Michel Salvador qui, dans les colonnes de L’Indépendant avait écrit : « Le FN est devenu un parti comme les autres. Presque banal. »

On est passé de la diabolisation à l’angélisation.

Pour notre part nous refusons l’une et l’autre. Nous avons, tout au long de cette campagne fait le choix de montrer, avec des faits précis, le FN tel qu’il est et pas tel qu’on voudrait qu’il soit. Nous avons été les seuls à le faire et c’est bien dommage pour la qualité de l’information.

Fabrice Thomas

PS : L’auteur de l’article du Monde est pourtant, avec Caroline Monnot, l’auteur d’un excellent livre, Le système Le Pen.  » Entre professionnalisme et radicalité, entourage officiel et amitiés inavouables, engouement médiatique et travail de terrain, mue politique et islamophobie virulente, on découvre ainsi au fil des pages l’ambivalence savamment entretenue du FN. »

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FN : un parti comme les autres ?

« Le FN est devenu un parti comme les autres. Presque banal. » écrivait, Jean-Michel Salvador dans un billet éditorial publié en page 3 dans L’Indépendant du 15 février. Le chef de l’édition locale tirait les conclusions du déroulement, sans incident, d’un débat auquel Louis Aliot avait participé à l’université : « Un débat organisé sur le campus, jadis haut lieu de tant de batailles idéologiques aujourd’hui obsolètes… Ainsi, jeudi, malgré les craintes, aucun débordement ne fut à déplorer. »

Profondément marqué par des idéologies extrémistes, le vingtième siècle a emporté avec lui une violence politique qui s’exerçait dans les universités plus qu’ailleurs. Une violence dont l’extrême-droite était un des protagonistes. Et puis, ces toutes dernières années, le FN a décidé de gommer son image extrémiste. Il y est en partie parvenu. Les médias ont relayé son nouveau discours sans trop se préoccuper de sa conformité avec la réalité. Mais la vague de démissions d’hommes et de femmes qui avaient récemment rejoint le FN montre les limites de la dédiabolisation. Les nouveaux venus décrivent un parti où règnent racisme et homophobie. Un parti loin des déclarations publiques de ses dirigeants. Les Français sont toutefois de plus en plus nombreux à considérer que le FN est un parti comme les autres.

Nous savons d’où vient le Front National. Il a été porté sur les fonds baptismaux par le rassemblement néo-nazi Ordre Nouveau avec l’objectif de regrouper tous les nationalistes dans un parti qui s’inscrirait dans le jeu politique. Une démarche qui s’inspirait du MSI, parti néo-fasciste italien qui obtenait de bons résultats électoraux. La référence au MSI ira jusqu’à l’adoption du même emblème, une flamme aux couleurs du drapeau national. François Duprat, stratège du mouvement nationaliste-révolutionnaire écrivait: « Cette phase doit voir le parti nationaliste ainsi constitué jouer son propre jeu politique dans la course au pouvoir. C’est à ce moment là seulement que toutes les méthodes de lutte pourront être valablement employées pour provoquer la révolution nationaliste et populaire. »

Mais savons nous où le FN veut aller ? Quand un parti extrémiste pèse autant, il n’est pas inutile de s’interroger sur ce qu’il ferait s’il arrivait au pouvoir. N’est-ce pas son objectif ? Même si sa doctrine sociale et économique a évolué, le FN reste avant tout un parti nationaliste. Il met le nationalisme au-dessus de tout. C’est ce qui explique son attirance pour la Russie et le régime de Poutine. Lors de son voyage en Russie, en juin 2013, Marine Le Pen a multiplié les déclarations complaisantes. Que l’état de droit n’y soit qu’une façade, que ce pays soit parmi les plus corrompus de la planète, que les mafias au pouvoir contrôlent l’économie, que l’on y tue journalistes, avocats et tous ceux qui ne se soumettent pas, ne dérange pas Marine Le Pen. Le nationalisme avant tout. Il est vrai que nationalisme et démocratie n’ont jamais fait bon ménage. La démocratie n’est pas dans l’ADN du Front National. Et il n’y a pas, dans son programme, de proposition qui vise à améliorer son fonctionnement. Ce serait plutôt le contraire, le FN entend prospérer sur la crise du politique et sur le rejet « du système ». Et cela sans nous en dire beaucoup sur sa vision du fonctionnement des institutions. Et ce qu’il expose n’est guère rassurant.

On pourrait se poser la même question si le parti de Mélenchon représentait 20% de l’électorat. Les déclarations de ce dernier sur Cuba et sur le Venezuela ne nous donnent pas l’impression qu’il mette la démocratie au cœur de son projet de société.

La presse a pendant des décennies diabolisé le FN, ce qui n’était pas la meilleure façon de s’opposer à sa progression. A présent, elle participe à sa dédiabolisation et elle le banalise un peu facilement…

Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

Saint-Jacques : le miroir de nos abandons

Deux pages de L’Indépendant (9 décembre) sur la tentation FN des Gitans de Perpignan et pas un mot sur la rencontre entre des chefs Gitans et Jean-Marie Le Pen au cours de l’été 2005 après les émeutes du mois de mai. Mais s’il n’y avait que ça !

Le parti d’extrême-droite n’a pas attendu les municipales de 2014 pour s’intéresser aux Gitans. En plus, les deux journalistes ne disent rien de la première raison qui rend le FN sympathique aux Gitans. C’est par rejet des Maghrébins. Les Gitans de Saint-Jacques et ceux de Millas sont sensibles au discours d’un FN qui leur dit qu’ils sont Français. C’est pour eux très important car ils se projettent beaucoup dans une relation Gitan/Arabe. Surtout depuis les émeutes.

Le dossier est composé de deux articles. Le premier, signé de José Lozano, directeur de L’Indépendant, titre : « Gitans de Perpignan un électorat toujours convoité ». Il y a une première erreur dans le chapeau : « Le vote des Gitans ne seraient pas déterminant dans les élections locales de Perpignan… » Faux ! En 2012, c’est grâce à une mobilisation sans précédent de la communauté gitane que le maire socialiste de Canohès, Jean-Louis Chambon a pu ravir à la droite ce canton qu’elle avait toujours détenu. Mais de cela il n’en est pas question. Comme il y a quelques mois dans la revue Ruixat, le clientélisme c’est les Alduy. Et bien non. Pas seulement. Les Bourquinistes ont, grâce au conseil général, super centre social de distribution des minimas sociaux réussi à prendre le contrôle électoral de Saint-Jacques.

Il est donc inexact d’écrire que le système clientéliste a explosé dans les années 1990. « En cause, écrit José Lozano, l’arrivée des drogues dures et un délitement profond du système patriarcal. Autre difficulté pour les Gitans “ rentrer “ à la mairie devenait plus difficile avec l’arrivée de “ concurrents “ issus d’autres communautés. » Vision totalement erronée. Au cours de cette décennie, Henri Carbonell, maire-adjoint de JPA était conseiller général du canton de Saint-Jacques.

Il faut demander à Claude Barate, lui qui s’est présenté sur le canton après l’invalidation d’Henri Carbonell, s’il avait observé la disparition du clientélisme. Ce dernier a présenté son épouse, Madeleine, qui, ce n’est pas lui faire injure de le dire, était loin de tout ça et n’y comprenait pas grand chose. Elle a toutefois été élue comme une fleur.

En 2012, les Bourquinistes ont mis le paquet. En aides sociales, en subventions à des associations. Les évangélistes, seul groupe structuré de Saint-Jacques, ont du y trouver leur compte.

M. Lozano ignore-t-il tout ça ? Il semble surtout ne pas vouloir froisser le plus important annonceur de L’Indépendant. Le puissant Bourquin.

Toujours un peu sur de lui, Pierre Parrat, le candidat UMP, a sous-estimé le Parti Socialiste et pensé qu’il pouvait succéder à Henri Carbonell sans faire de surenchère. Il ne pouvait toutefois pas mettre sur la table autant que le camp d’en face. Il s’est fait laminer par le puissant rouleau compresseur Bourquiniste.

Bourquin a, en personne, commencé à travailler le quartier à la fin des années 1990. Il y venait souvent. Situé sur la circonscription qu’il avait conquis puis plus tard voulait reprendre à François Calvet, le canton de Saint-Jacques était un réservoir de voix qu’il convoitait particulièrement. Et François Calvet s’appuyait sur Henri Carbonell a qui il donnait un salaire d’attaché parlementaire.

C’est un peu énervant de lire un papier qui n’a rien à voir avec la réalité, parce que manifestement la réalité, José Lozano ne s’y est pas intéressé.

Comment a-t-il pu faire l’impasse sur le fait que Saint-Jacques vivait d’aides sociales ? D’aides sociales dont le conseil général est le guichet. Dans la réalité, on est loin d’un quartier « abandonné des hommes, des dieux et quelquefois disent ses habitants de la police. » Loin de ce cliché misérabiliste. Y a-t-il sur la planète beaucoup d’endroits où se déverse autant d’argent public ? Tous les minimas sociaux, les allocations diverses, variées et par toujours dues (allocation de parent isolé), la CMU qui assurent un haut niveau de soins de santé, les crédits injectés dans la rénovation et la réhabilitation des maisons et des immeubles… Quant à la police elle pourrait peut-être faire faire mieux, mais sans son travail, il y a longtemps que le quartier serait à feu et à sang. Les habitants du quartier ne devraient d’ailleurs jamais oublier un dimanche soir de mai 2005. Si la police n’avait pas été sur place dans les instants qui ont suivi le deuxième meurtre quand le quartier a été attaqué par des centaines de personnes d’origine maghrébine, le massacre était assuré.

On ne fait pas du journalisme avec des ragots. Et dans ce domaine le second papier, signé Isabelle Bley, n’est pas mieux que le premier. Il est entièrement constitué de propos anonymes. Il s’en dégage certes plus de vérité. Par exemple : « Nous n’avons pas de parti. On va continuer avec ceux qui vont nous aider. On votera pour le plus offrant. »

Faire du journalisme ce n’est pas non plus plaquer des stéréotypes idéologiques sur une situation quelle qu’elle soit. Tout le monde parle de l’état de vétusté des maisons. Il y a quinze jours de cela nous sommes entrés dans un petit immeuble de trois étages comptant plusieurs appartements. Il est dans un état de dégradation épouvantable. Impossible d’imaginer qu’il avait entièrement été rénové il y a une dizaine d’années. Nous avons déjà ici évoqué la rénovation des appartements des HLM de la place du Puig en 2000. Dix ans après, l’Etat a remis des crédits importants sur cette cité. Pour quoi faire ? Pour refaire tous les logements.

Que le FN, lui qui est obsédé par la dénonciation du communautarisme, vienne chercher sa part du gâteau électoral gitan n’étonnera personne. Flatter le communautarisme gitan lui rapportera sans doute quelques voix. Louis Aliot est un camelot comme les autres.

Nous avons dans cet article eut droit aux poncifs sur la drogue qui tue la communauté gitane. Ce n’est pas ça qui tue les Gitans. Ce qui les tue c’est la déscolarisation massive qui fabrique des individus primaires et frustrés, des associaux, des délinquants. Mais ça personne ne le dit. Et pour cause. Ce n’est pas avec ça que l’on attrape les voix gitanes.

Mais un jour peut-être, un homme, une femme, se lèvera et dira au Gitans : « Mettez vos gosses à l’école sinon on vous coupe les vivres. » Quand tous les enfants du quartier iront à l’école, les Gitans sortiront d’un assistanat destructeur et ils retrouveront leur dignité d’hommes.

En attendant, Saint-Jacques est le miroir de nos abandons moraux et politiques. Fabrice Thomas

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FN : un parti fondé sur les glacis du Vichysme et de l’OAS

De passage à Colombey-les-Deux-Eglises, le 9 novembre, journée d’hommage au général de Gaulle, quelle n’a pas été notre surprise d’apercevoir Florian Philippot, numéro 2 du FN. Certains politiques ont commenté cette présence en déclarant que le général de Gaulle n’appartenait à personne. Cette vision est un peu courte. Pouvons nous oublier que ceux qui ont fondé le Front National étaient du côté de Pétain et de Hitler ? De ceux-là même qui, en août 1940, ont condamné à mort le général de Gaulle. Le devoir de mémoire n’est pas uniquement destiné à ne pas oublier les victimes. Il doit aussi servir à garder le souvenir de tous ceux qui ont refusé la défaite et la soumission au Troisième Reich. De Gaulle a été le premier et le plus illustre de ces combattants. Et la croix de Lorraine était l’insigne d’hommes et de femmes prêts à donner leur vie pour abattre la francisque de Pétain et la croix gammée d’Hitler.

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Les nouveaux dirigeants du FN ont-ils changé le nom de leur parti ? Non. Ont-ils déclaré qu’ils ne se reconnaissaient pas dans ses fondateurs et leurs engagements au service de la collaboration et du nazisme ? Non

Filippot a déclaré que c’était à titre personnel qu’il avait déposé une gerbe sur la tombe du général De Gaulle. Ce qui ne veut rien dire. Car il ne serait rien et personne ne ferait attention à lui s’il n’était pas le numéro 2 du FN.

L’anti-gaullisme de l’extrême droite s’est forgé sous le régime de Vichy et il a été ravivé par la guerre d’Algérie. On peut facilement comprendre que les hommes et les femmes arrachés à la terre d’Algérie ne portent pas De Gaulle dans leur cœur. Mais peut-on avoir la moindre indulgence pour un Louis Aliot qui, 50 ans après, lors d’un meeting à Bompas, le 11 mars 2011, jour anniversaire de l’exécution de Bastien-Thiry rendait un vibrant hommage à l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart contre le président de la République ? Un homme politique capable de tenir de tels propos n’est clairement ni un démocrate, ni un républicain. Il est un dirigeant d’extrême-droite avec tout le sens que l’histoire a donné à ces deux mots. Fabrice Thomas

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Légende photo : Le commando dirigé par Bastien-Thiry a tiré 150 balles sur le cortège du général de Gaulle. La voiture dans laquelle se trouvait le président de la République est exposée au Mémorial de Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises.

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Le vrai visage de Louis Aliot

Dimanche 27 octobre, j’ai lu mon nom dans L’Indépendant. Ce n’était pas arrivé depuis si longtemps que j’avais envie de remercier Frédérique Michalak en lui déposant quelques roses.

J’aurais gardé les épines pour Louis Aliot que je tiens à féliciter pour sa clairvoyance. Il a en effet compris que je ne serai jamais un relais complaisant du Front National.

Je fais mon travail d’information en étant avant tout fidèle aux faits. Mon rôle n’est ni d’aider, ni de combattre le Front National. Mais il est aussi de dire que le FN ne se comporte pas comme un parti démocratique. Il est systématiquement et violemment allergique à la critique. J’en sais quelque chose. Ce n’est pas la première fois que je subis les foudres de Louis Aliot. En 2011, il m’avait désigné à la vindicte de la salle lors de son discours au salon du savoir-faire pied-noir. Il l’avait fait en sachant très bien que des excités pouvaient prendre ça pour un encouragement à m’agresser.

Il est dans la nature des idéologies totalitaires d’utiliser tous les moyens pour faire taire et pour discréditer ceux qu’elles considèrent comme des ennemis.

« Je n’ai pas à répondre à ce genre d’argumentation qui relève de la Gestapo. » Voilà ce qu’a répondu Louis Aliot à un journaliste de Médiapart qui l’interrogeait sur sa relation salariale avec Marine LePen.

Voici quelques extraits de ce qu’il a écrit après la publication de l’enquête : « Médiapart a pondu son œuf ! Un œuf pourri puant la haine et la vindicte… » « Xavier Bertrand avait parlé de “ méthode fasciste “. Je me demande s’il n’avait pas un petit peu raison »… « De ce point de vue là, Médiapart s’inscrit dans une longue tradition de journaux de délation… »

Louis Aliot n’avait pas accepté que Médiapart révèle qu’il était l’attaché parlementaire européen le mieux payé : 5 000 euros pour 17 heures par semaine, pour être, en violation du règlement de cette assemblée, l’employé de sa compagne. Une information sur laquelle la presse locale a honteusement fait le silence. J’y ai consacré deux articles. 5 000 euros pour 17 heures par semaine qui s’ajoutent à ses honoraires d’avocat et à ses indemnités de conseiller régional. Par comparaison, l’attaché parlementaire de Maïté Sanchez-Schmid, gagne 3 000 euros pour un travail à plein temps et il n’est pas parmi les plus mal payés.

Louis Aliot me salit avant même d’avoir obtenu une réponse du maire de Perpignan sur le travail sur les incivilités que j’ai fait en 2012. Il va même jusqu’à violer la loi sur la présomption d’innocence en brandissant une condamnation qui n’est pas définitive. Je lui répondrai sur les deux sujets.

De plus, si les incivilités sont une problématique qui l’intéresse, il pourra dans quelques mois se rendre dans une librairie acheter : « Incivilités : Il est urgent de réagir à la dégradation du vivre ensemble ».

Nous aurons l’occasion de revenir sur les méthodes d’intimidation auxquelles Louis Aliot a recours. Car il va loin. Très loin. Trop loin.

Il est où le sympathique Louis Aliot ? C’est une façade. Comme la dédiabolisation. Quand on est d’extrême-droite, on n’est pas gentil. Nous n’avons pas le droit d’oublier que ces gens-là ne sont pas des humanistes. Fabrice Thomas

Municipales : ça commence mal !

Le FN a tiré le premier avec un tract distribué depuis quelques semaines dans tous les quartiers de la ville.

Le parti d’extrême-droite nous a tellement habitué à ses excès que l’on n’y prête presque plus attention. Mais là, il est vraiment allé très loin dans la caricature.

Ces dizaines de photos de commerces aux rideaux baissés donnent une image totalement déformée de la réalité.

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En diffusant cette vision misérabiliste Aliot joue contre le centre ville. Ce qu’il montre revient à faire une campagne disant : regardez dans quel état est le centre ville, n’y mettez pas les pieds.

Comme l’histoire nous l’a montré, l’extrême-droite a toujours fait du catastrophisme. C’est l’une des bonnes vielles techniques qui assurent la prospérité de son fonds de commerce et celle du couple Le Pen-Aliot. Quel commerçant de Perpignan gagne autant d’argent que l’attaché parlementaire de madame Le Pen ? 5 000 euros pour 17 heures de travail hebdomadaire. Et cela pour rédiger des analyses de politique étrangère. Domaine dont M. Aliot est un grand spécialiste. C’est ce qu’il nous demande de croire.

La démagogie du FN donne la clef de compréhension de son échec complet dans l’administration des villes qu’il avait conquit dans les années 1990. Une fois aux responsabilités, il faut faire face à la réalité, apporter des réponses concrètes. Mais ça, il ne sait pas le faire. Il n’a pas le logiciel “ gestion de la cité “.

Louis Aliot en fait lui-même la démonstration quand il « s’engage à : Mettre un terme définitif à l’insécurité » à Perpignan.

Quand on lui demande comment il s’y prendra, il répond que la police municipale fonctionnerait 24h sur 24 et qu’il recruterait 30 policiers municipaux.

Sachant que pour avoir un seul policier 24 heures sur 24, il faut quatre postes, on ne voit pas comment Louis Aliot ferait des miracles et pourrait « Mettre un terme définitif à l’insécurité ».

Il est regrettable que personne ne réponde à la démagogie du FN.

A l’UMP, on ménage le FN. Pas d’attaque contre Louis Aliot. C’est la ligne de Pujol et de Sitja. Contrarier le compagnon de Marine Le Pen, c’est s’exposer à des représailles. Bourquin et Cresta ne bougent pas davantage. Car plus le FN sera haut, plus l’UMP sera basse. C’est leur unique recette électorale pour conquérir la ville. Et la ville ils la veulent. Contrairement à ce qu’écrit notre éminente consoeur, Frédérique Michalak dans l’Indépendant, les Bourquinistes ne font pas l’impasse sur l’élection municipale de 2014. Ce sont des propos qui visent à endormir l’UMP.

L’UMP comme le PS jouent à un jeu dangereux qui ne peut qu’aboutir à renforcer l’influence du Front National. Fabrice Thomas

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UMP et FN se disputent le vote des anciens habitants de l’Algérie française

Pour quelle bonne raison, le maire UMP du Barcarès Alain Ferrand, a t-il interdit aux élus du FN de déposer une gerbe lors d’une cérémonie d’hommage aux rapatriés d’Afrique du Nord ? Il a sur sa page facebook mis une photo sur laquelle on le voit en compagnie de Jean-Marc Pujol, maire UMP de Perpignan et d’Elie Aboud, député UMP de Béziers et tête de liste aux prochaines municipales. Rien sur l’exclusion des élus d’extrême-droite.

Il n’y a pas si longtemps, c’était en 2011, Marine Le Pen et son compagnon se pavanaient à cet hommage en présence du couple Ferrand. Les ténors locaux de l’UMP n’étaient pas présents. Ils ne risquaient donc pas d’être incommodés par les représentants du FN. Il est vrai qu’Alain Ferrand n’avait pas encore été réintégré à l’UMP et que le FN n’avait pas encore annoncé son intention de monter une liste aux municipales du Barcarès.

Pujol et Aboud n’avaient certainement pas envie que la presse puisse les montrer participant à une commémoration en compagnie d’élus du FN. N’est-ce pas la première raison pour laquelle les élus Lepénistes ont été exclus ?

Rien, et surtout pas des petits calculs politiciens, ne peuvent justifier que deux conseillères régionales, Irina Kortanek et Marie-Thérèse Fesenbeck, deux élues du suffrage universel soient interdites de participation à une manifestation publique.

L’UMP a donné du grain à moudre au FN. Louis Aliot et les siens ne pouvaient pas passer à côté d’une si belle occasion. Ils ont surjoué leur légitime indignation et leur habituel numéro de victimisation.

L’UMP et le FN n’ont pas fini de se déchirer pour obtenir les suffrages des pieds-noirs aux municipales de mars prochain. Ces derniers sont pourtant de moins en moins nombreux. Et si leur vote est plus à droite et plus FN, des études d’opinion montrent que celui de leurs descendants s’est nettement rapproché du vote de l’ensemble de la population française.F.T.

Ci-dessous quelques photos prises au Barcarès en 2011.

Pied-noir souviens-toi

Cérémonie

Colombes r

Couple Ferrand

Aliot : assistant parlementaire au salaire de ministre

5 006 euros brut par mois pour un travail à mi-temps (17 h 50 par semaine), Marine Le Pen paie royalement Louis Aliot, son compagnon, qui est un de ses assistants parlementaires.

Sur la base d’un temps plein, un ministre, qui travaille rarement moins de 12 heures par jour, perçoit une indemnité 9 940 euros brut.

Tous les assistants parlementaires européens sont-ils logés à si bonne enseigne ?

Nous avons commencé par interroger Guillaume Lopez, assistant parlementaire de Maïté Sanchez-Schmid, eurodéputée UMP. Il nous dit gagner 2 500 euros net par mois et qu’avec les primes son salaire moyen mensuel approche les 3 000 euros. Et cela pour un travail à plein temps.

Nous remercions Guillaume Lopez d’avoir sans hésitation répondu à notre question sur sa rémunération. Il a même précisé « Que c’était normal car c’était de l’argent public ».

Une réaction opposée à celle de Louis Aliot qui s’est permis de dire aux journalistes de Mediapart : « Je n’ai pas à répondre à ce genre d’argumentation qui relève de la Gestapo. »

Pour obtenir des réponses à ses questions, la Gestapo ne passait pas des coups de téléphone polis.

Marine Le Pen_0008

Nous avons poursuivi nos recherches sur le niveau de rémunération des assistants parlementaires européens.

Voilà ce qu’indique wikipédia : « Au Parlement européen… Si les salaires sont assez disparates d’un député à l’autre, et d’une nationalité à l’autre, on relève tout de même des régularités. Guère inférieure à 1 500 euros, la rémunération mensuelle s’élève fréquemment à 2 000, 2 500 euros. Les salaires les plus élevés (supérieurs à 3 000 euros) sont ceux des assistants les plus expérimentés. Dans un rapport rédigé en 2004, Sébastien Michon (IEP et université Marc-Bloch de Strasbourg) évoque une amplitude des salaires allant de 1 300 à 3 800 euros. »

Un confrère qui a été en poste à Bruxelles et à Strasbourg donne une fourchette qui va de 1 500 à 4 000 euros pour les assistants les plus expérimentés. Guillaume Lopez indique le même écart.

Il faut savoir qu’il y a deux catégories d’assistants parlementaires, ceux qui sont accrédités et qui travaillent au Parlement européen et les locaux, comme Guillaume Lopez et Louis Aliot.

Pourquoi le salaire de Louis Aliot pulvérise-t-il les usages en la matière ?

Il est regrettable que les rémunérations des assistants parlementaires européens ne soient pas encadrées. Cela aurait évité la dérive à laquelle le couple Aliot-Le Pen s’est livré. F.T.

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Couple Aliot-Le Pen : Mediapart dénonce un conflit d’intérêt

Sous le titre, « Marine Le Pen en plein conflit d’intérêts au Parlement européen, Mediapart vient de révéler que : « La présidente du FN salarie depuis deux ans comme assistant à Strasbourg le numéro deux de son parti, à qui elle verse plus de 5 000 euros en brut par mois, pour un temps partiel. Problème, Louis Aliot est aussi son compagnon. »

Le site d’investigation publie le contrat de travail signé à Nanterre le 1 juillet 2011 entre Marine Le Pen et Louis Aliot. Selon ce document, Louis Aliot est rémunéré à hauteur de 5006,95 euros brut pour 17,5 heures par semaine.

Selon les informations recueillies par Mediapart, les services financiers de l’assemblée européenne ont demandé des explications à Marine Le Pen en s’appuyant sur un article du règlement de cette assemblée qui stipule que le crédit mis à la disposition de chaque eurodéputé ne peut pas : « financer les contrats permettant l’emploi ou l’utilisation des services des conjoints des députés ou de leurs partenaires stables non matrimoniaux ».

Les auteurs de l’enquête, Ludovic Lamant et Marine Turchi, font état de la justification de Marine Le Pen qui « refuse de considérer Louis Aliot comme un conjoint ou un partenaire stable non matrimonial ». Louis Aliot se défend avec les mêmes arguments en plaidant le caractère informel de sa relation avec Marine Le Pen. Relation informelle mais bien réelle.

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Les auteurs rappellent que le couple a affiché sa relation dans la presse et ils publient les statuts de la SCI au capital de 500 euros grâce à laquelle le couple a fait l’acquisition d’une maison à Millas. Cette SCI détenue à part égale, montre que Marine Le Pen et Louis Aliot ont un lien financier.

Mediapart ajoute que le parlement européen s’est également intéressé à la rémunération de Florian Philippot, autre assistant parlementaire de Marine Le Pen jusqu’au 30 juin 2012.

Le couple Aliot-Le Pen a manifestement violé le règlement du parlement européen et en particulier l’article 43 qui prohibe le recrutement du conjoint.

Marine Le Pen a réagi à l’article de Mediapart dans un communiqué dans lequel elle tient à informer : « qu’aucune situation de conflit d’intérêt n’existe dans les contrats la liant à ses assistants parlementaires… Les accusations de Mediapart sont évidemment calomnieuses mais pas très étonnantes lorsque l’on sait que, contre le Front National, tout est bon. » Marine Le Pen a annonçé qu’elle engageait une procédure en diffamation contre Mediapart.

La présidente du FN précise que : Le Parlement n’a d’ailleurs pas donné suite après les informations fournies. »

Mediapart a interrogé Gérard Onesta, ancien vice-président du parlement européen qui a déclaré : « Nous ne voulions pas faire la « police des braguettes » – c’est l’expression qui avait été utilisée dans les débats à l’époque. Nous avons donc décidé que l’on renvoyait aux règles légales en vigueur dans le pays dont est originaire l’eurodéputé. » Et les journalistes commentent : « Un flou juridique qui profite au couple Le Pen-Aliot. » Et cela d’autant plus qu’en France, très en retard dans ce domaine, le conflit d’intérêt n’est pas un délit.

On aimerait savoir ce que gagnent les autres attachés parlementaires de Marine Le Pen. Ont-ils comme le mari de la patronne une rémunération de 5 000 euros à mi-temps ou 10 000 euros à plein-temps ? F.T.

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La Russie de Poutine fait rêver le couple Le Pen-Aliot

Séjournant en Russie avec son compagnon Louis Aliot, Marine Le Pen a fait des déclarations qui devraient faire réfléchir ceux qui se laissent tenter par le vote Front National.

« Elle a catégoriquement rejeté la désinformation véhiculée en France, comme quoi la Russie serait une sorte de dictature, un pays totalement fermé » (communiqué du FN. Mme Le Pen a lors de sa conférence de presse à Moscou, tenu des propos totalement identiques).

En Russie tous les moyens répressifs sont mobilisés pour empêcher l’expression de l’opposition au régime de Poutine et des oligarques. Dire ça c’est faire de la désinformation ?

En Russie, les agressions physiques sur des journalistes sont des faits courants. Dire ça, c’est faire de la désinformation ?

« Reporters Sans Frontière exprime sa profonde émotion à l’annonce de la mort de Mikhaïl Beketov ce 8 avril 2013. Le journaliste avait conservé de lourdes séquelles de l’agression extrêmement violente dont il avait fait l’objet, en novembre 2008. L’organisation adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et ses collègues. Rédacteur en chef du journal local Khimkinskaïa Pravda et militant écologiste, Mikhaïl Beketov était une figure de proue du mouvement de protection de la forêt de Khimki (banlieue de Moscou), menacée par la construction d’une autoroute. Laissé pour mort par ses agresseurs le 13 novembre 2008, il avait passé plusieurs mois dans le coma et avait du être amputé d’une jambe et de plusieurs doigts. Les dommages crâniens qu’il avait subis étaient tels que Mikhaïl Beketov avait perdu l’usage de la parole. » (Reporters Sans Frontières 8 avril 2013). Dire ça, c’est faire de la désinformation ?

En Russie, depuis 2000, 28 journalistes ont été assassinés du fait de leur activité professionnelle. Dire ça, c’est faire de la désinformation ?

A un an de l’ouverture des Jeux Olympiques de Sotchi, la “ désinformation “ s’intensifie. Le 1er mars, les militants de Reporters Sans Frontière ont déployé devant l’ambassade de Russie une banderole géante. Les anneaux olympiques ont été transformés en poing américain ensanglanté, rappel de l’impunité dont bénéficient toujours de trop nombreux assassins et agresseurs de journalistes russes.

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Marine Le Pen donne de la Russie une image qui n’existe que dans ses fantasmes. Elle a ainsi déclaré à l’Agence de presse russe Ria Novosti : « Les Russes sont attachés à leur identité, à leur culture, ils refusent de se soumettre au modèle ultralibéral et mondialiste que je combats moi-même en France ». Dire que le régime de Poutine, un des plus corrompus du monde, est au service d’un capitalisme de type mafieux relève sans doute aussi de la désinformation.

Le nationalisme tyrannique de Poutine convient parfaitement à Marine Le Pen et à Louis Aliot. Et il est sans aucun doute le régime qui se rapproche le plus de l’idéal de l’extrême-droite française. Tous ceux qui décernent un peu rapidement des brevets de républicanisme au FN ne devraient pas oublier que la démocratie n’est ni dans ses gènes, ni dans son logiciel politique. F.T.

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Louis Aliot défend l’ami de Marine Le Pen et de Cahuzac

Invités de Zemmour et Naulleau, sur M6, Alexis Corbière, dirigeant du Front de Gauche et Louis Aliot ont eu un vif échange à propos de la médaille remise par le FN à Philippe Peninque. Ce dernier, ancien activiste du GUD (mouvement d’extrême-droite connu pour sa violence), proche de Marine Le Pen, est l’ami de Cahuzac et l’avocat spécialisé en montages fiscaux qui, selon le journal Le Monde, lui avait ouvert un compte en Suisse.

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Alexis Corbière : En janvier 2011, M. Louis Aliot, lorsque Marine Le Pen devient présidente du FN, Philippe Peninque est monté sur l’estrade de votre congrès et a été décoré de la flamme de bronze du Front National.

Louis Aliot : Je ne vois pas le rapport.

Alexis Corbière : Je vais vous le dire le rapport. C’est que, pour vous, c’est la légion d’honneur du FN. Je vous pose la question, maintenant que vous savez que c’est lui qui a ouvert le compte de Cahuzac, vous lui remettriez encore la flamme de bronze ?

Louis Aliot : Ah, je m’en fous royalement.

Alexis Corbière : Non, mais je vous pose une question. Il mérite la légion d’honneur du FN ?

Louis Aliot : Il est avocat tenu au secret professionnel, il n’est pas venu nous dire qu’il avait ouvert un compte à Cahuzac ?

Alexis Corbière : Maintenant que vous savez ça, est-ce que vous le feriez ?

Eric Naulleau : Est-ce que vous allez lui retirer surtout ?

Alexis Corbière : Je vous pose une question, vous êtes embêté manifestement.

Louis Aliot : Venant d’un communiste ancien trotskyste, c’est assez rigolo.

Alexis Corbière : J’ai enlevé mon couteau pour vous parler….

Louis Aliot : Oui mais ça, c’est trop facile. Il n’était pas au Front.

Alexis Corbière : Il a été décoré par Jean-Marie Le Pen.

Eric Naulleau : On vous demande si vous allez lui retirer sa décoration oui ou non, voilà, c’est oui ou non, je ne peux pas faire plus simple.

Louis Alliot : Pourquoi vous voulez lui retirer sa décoration ?

Eric Naulleau : Parce qu’il a participé au système que vous dénoncez, à l’évasion…

Louis Aliot : C’est monsieur Cahuzac qui a participé au système en ne déclarant pas le compte, mais l’avocat, lui, il a fait son boulot d’avocat, point à la ligne.

Alexis Corbière : Je ne suis pas d’accord avec ça pour qu’il y aitdes Cahuzac il faut qu’il y ait des Peninque.

PS 1 : Précisons que Philippe Péninque reconnait avoir ouvert le compte de Cahuzac en Suisse. Mais il se considère blanc comme neige, en disant qu’il ne savait pas que Cahuzac n’avait pas déclaré ce compte aux services fiscaux français.

Le FN offre son quart d’heure de célébrité à Florence Jurado

Le Front National exhibe Florence Jurado comme une grosse prise, un gros poisson. Dans les P-O qui ne connait pas Florence Jurado… Vous ne vous souvenez pas d’elle ? Mais si, c’est celle qui a failli battre René Olive aux dernières cantonales sur le canton de Thuir. Enfin presque ! Mais pas tout à fait en vérité ! La candidate de CDC a quand même rassemblé 118 voix sur son nom, 1,5 % des suffrages exprimés.

Si on vous dit qu’elle a été trésorière du CDC, là vous ne pouvez que vous souvenir d’elle. Non ? Vous y mettez de la mauvaise volonté ! C’est curieux tous ces gens qui deviennent amnésique en même temps. Un habitant de Tresserre, le village de cette dame, nous a même déclaré : « inconnue au bataillon ». Il va apprendre à la connaître. Car la nouvelle adhérente du parti de la famille Le Pen sera à la tête d’une liste soutenue par le FN pour prendre la mairie de ce village des Aspres qui compte 800 habitants.

« Je souhaite m’engager en politique afin de mener et d’entreprendre, avec, pour objectif, le développement de Tresserre : création de l’emploi, développement du terroir et du tourisme et bien d’autre cheval de bataille…. », écrit Florence Jurado sur son facebook. Bref, c’est le chevaux sur lequel il faudra miser à Tressère en 2014.

La dame a quand même un grand mérite. Elle ne fait pas mystère des raisons de son départ de CDC. Elle a expliqué à ouillade.eu que lors de son adhésion, il y a trois ans, Jordi Véra avait pris l’engagement de lui donner la tête de liste CDC aux prochaines municipales. Elle a donc claqué la porte du parti catalaniste quand CDC s’est rapproché du maire de Tresserre, Jean Amouroux. Et la voilà au FN qui bien naturellement lui déroule le tapis rouge. Et pour cause, il a tant de mal à trouver des candidats aux élections.

Ce n’était donc pas par catalanisme que Florence Jurado avait rejoint CDC. Elle ne parle d’ailleurs pas catalan. Et c’est manifestement avec des convictions aussi fortes qu’elle rejoint l’extrême-droite.

Louis Aliot annonce régulièrement des ralliements de personnalités locales au FN. Mais faute de grives, il mange des merles.

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Le “lobby gay“ du FN a-t-il eu la peau de Louis Aliot ?

Nous avons lu, avec un double intérêt Dans l’ombre de Le Pen, Une histoire des numéros 2 du FN. Un livre écrit par Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg,  un jeune et brillant universitaire perpignanais, historien de l’extrême-droite. Et puis, parmi les numéros 2 du FN, il y a un certain Louis Aliot.

Le premier chapitre est consacré à Victor Barthélémy, ancien numéro 2 du PPF de Doriot, parti fasciste et jusqu’au-boutiste de la collaboration avec le III e Reich. Il a également participé à la création de la LVF (Légion des Volontaires Français) composée de français qui ont combattu sous l’uniforme allemand. Viennent ensuite, François Duprat auquel Lebourg a consacré une biographie remarquée, puis Jean-Pierre Stirbois, Bruno Mégret, Carl Lang, Bruno Gollnisch et enfin Louis Aliot.

Et Florian Philippot ?

Beauregard et Lebourg prennent acte de la place conquise par le nouveau venu : « Le 9 juillet 2012, Marine Le Pen fait nommer Florian Philippot vice-président en charge de la stratégie et de la communication. Le jeune énarque a donc peu ou prou obtenu ce que n’avait eu aucun numéro deux, la fusion sous son autorité de prérogatives relevant de la présidence, du secrétariat général et de la délégation générale ». Mais les auteurs ne poussent pas plus loin. On aurait aimé apprendre dans quelles conditions et pourquoi Louis Aliot avait été débarqué.

Successeur de Bruno Gollnisch, Louis Aliot n’aura donc occupé la place de numéro 2 du FN que pendant 19 mois. Au sein du bureau exécutif qui compte 9 membres Louis Aliot se contente désormais de « La formation et des manifestations »

En observant la surface des choses, on a bien remarqué, que pendant les campagnes de la présidentielle et des législatives, Florian Philippot avait crevé l’écran. A chacune de ses apparitions à la télé, le FN a marqué des points. Vif et combattif, il avait des arguments bien ficelés qui faisaient mouche. Orateur moyen, Louis Aliot n’est, en plus, pas un bon débateur. On l’a souvent, trop souvent, vu mal à l’aise et en difficulté face aux journalistes et à ses contradicteurs. Il y a, entre les deux hommes une grosse différence de pointure. Aliot se fait à présent rare dans les médias nationaux alors que celui qui l’a détrôné y est omniprésent avec un autre bon client des médias, l’avocat Gilbert Collard.

La réponse à certaines questions se trouve peut-être dans le chapitre de conclusion et dans les quelques pages consacrées « aux jeunes hommes gays qui forment l’un des premiers cercles de Marine Le Pen ». Elles ne vont pas passer inaperçues. Le sujet est assez brutalement amené par le biais d’une conversation que Roger Holeindre a eu avec Jean-Marie le Pen lorsqu’il a présenté à ce dernier les causes de sa démission : « Parce que ta fille à qui t’as donné le parti ne représente plus le parti, ne représente plus mes idées, pas plus d’ailleurs que les tiennes. En plus elle ne s’est entourée que de pédés et ça ne me plait pas. Moi, je suis pour les quotas dans la vie, et là le quota a été dépassé puisque dans son entourage il y a 15 ou 20 types homosexuels dont beaucoup sont en ménage entre eux. »

Beauregard et Lebourg justifient  toutefois pleinement leur choix d’aborder un sujet aussi délicat : « La question de l’homosexualité de proches de la nouvelle présidente pose des questions politiques, pour son milieu comme pour la compréhension de celui-ci. L’opposition interne à ces jeunes hommes gays qui forment l’un des premiers cercles autour de Marine Le Pen n’est pas réductible à l’homophobie… Est mis en cause la construction d’un “lobby gay“ au sein du FN, où les places de cadres seraient alloués aux amis… Le parti a placé la défense de la République contre les communautarismes au centre de son discours. L’idée d’un “communautarisme gay“ en son sein lui pose un problème idéologique et non uniquement moral. Surtout une attitude qui vise à l’isolement de Marine Le Pen est diagnostiquée par certains “lepénistes“… L’un d’eux évoquant les tensions entre Louis Aliot et certains membres de la direction… »

Aucun nom n’est donné, bien sûr ! Il faut donc s’en remettre au sérieux des auteurs. Il n’y a pas de problème de ce côté-là. Mais on regrette qu’ils n’aient pas jugé utile d’ajouter que ceux qui dénonçait  un “lobby homosexuel“ pouvaient avoir des motivations qui ne seraient pas dénuées d’arrière pensées. Il y a toujours des rivalités, plus ou moins vives, au sein des équipes de direction. Au FN comme partout ailleurs. Et il serait vraiment très étonnant que Louis Aliot ait digéré la perte de la place de numéro 2.

Dans une interview donnée aux InRocks, Nicolas Lebourg revient sur l’opposition entre ce “lobby“ et Louis Aliot. A la question, « Pour quelles raisons Marine Le Pen a-t-elle décidé de s’entourer de personnes homosexuelles ? Il répond : C’est une grande question qui a trait à sa psychologie. Marine Le Pen, a à l’évidence, un complexe d’infériorité et ce groupe la rassure, flatte son égo. Ils sont capables de travailler de manière inconditionnelle pour elle. Elle est très valorisée par cette petite troupe. Apparemment, il y a une lutte affective pour elle, son groupe essaye de la monopoliser affectivement, de la séparer de son père et de Louis Alliot. » Et Lebourg ajoute plus loin : « Le FN a un problème politique, la campagne présidentielle a suivi une ligne fluctuante, ce n’était pas très clair… cette absence de ligne politique et la question homosexuelle sont intimement liées. »

Ces révélations sur le “lobby homosexuel“  qui entoure Marine Le Pen profitent-elles à Louis Aliot ? Sans aucun doute. Mais on ne peut pas le reprocher aux auteurs. Il en va ainsi de l’information. Un jour elle fait le jeu des uns et un autre jour elle fait le jeu des autres. Fabrice Thomas

Joseph Beauregard, Nicolas Lebourg. Dans l’ombre des Le Pen. Une histoire des numéros 2 du FN. Nouveau Monde poche. 8 euros.

Le FN fête ses 40 ans : Bon anniversaire !

En présence de Marine Le Pen et de Louis Aliot, trois cent militants ont fêté à Montescot les 40 ans du Front National.

Ce parti  a été créé par Jean-Marie Le Pen en 1972 avec :

Pierre Bousquet. Cet ancien de la division SS Charlemagne a participé, en 1945, à la défense de Berlin assiégée par les troupes alliées. Membre du premier bureau politique du FN et son trésorier pendant 9 années.

François Brigneau. Ancien membre de la Milice. Elu vice-président du FN à sa fondation.

André Dufraisse. Ancien du PPF de Doriot. Engagé dans la LVF (Légion des Volontaires Français), il a combattu sous l’uniforme allemand sur le front de l’Est. En 1972, élu au premier bureau politique du FN.

Victor Barthélémy. Responsable régional puis national du PPF de Jacques Doriot, un des partis les plus engagés dans la collaboration. Il a participé à la création de la LVFet il était membre de son comité central. Il a participé à la création du FN en 1972 et l’année suivante en est devenu son secrétaire administratif.

Léon Gaultier à pendant l’occupation été un proche collaborateur de Paul Marion, secrétaire général à l’information et à la propagande du régime de Vichy. Il a ensuite combattu sous l’uniforme allemand sur le front de l’Est. Il compte parmi les membres fondateurs du conseil national du FN. C’était l’associé de Jean-Marie le Pen dans sa société d’édition, la SERP.

Si le FN avait autant changé qu’il le prétend, il s’abstiendrait, avec de tels fondateurs, de célébrer sa création.

Aliot retourne dans ton château !

Louis Aliot quitte le bureau qu’il louait dans le cabinet de maître Large, boulevard Wilson. Le clodoaldien s’installe à Saint-Charles, dans les locaux de Spain Fruits. Un choix qu’explique un de ses proches, Jean-Claude Pinget, en invoquant les problèmes pour se garer dans le centre ville. Puis l’avocat Belge ajoute que les nouveaux locaux offriront plus de discrétion pour recevoir certaines personnes.

Selon d’autres sources, l’activité d’avocat d’Aliot est insignifiante et il occupait rarement le bureau qu’il louait dans un immeuble cossu du boulevard Wilson. Un voisin retraité dit même qu’il n’a jamais vu le leader d’extrême-droite. Louis Aliot payait-il un loyer uniquement pour avoir une plaque d’avocat à son nom ?

Du côté du palais de justice, Louis Aliot est considéré comme un avocat fantôme. Et la seule fois où un journaliste l’a vu plaider, c’est dans une affaire de diffamation dans laquelle il poursuivait l’hebdo du PCF, Le Travailleur Catalan. Manque de chance, le novice est dans sa première affaire arrivant devant le tribunal correctionnel tombé sur un os. Un gros os nommé Codognès.  L’avocat de gauche a fait des confettis avec l’assignation de Louis Aliot. La leçon a été si sévère que ce dernier a préféré battre en retraite. Il s’est  finalement désisté. Il a annoncé la fin des poursuites en bafouillant une explication dans laquelle il était question de la santé de ses clients. Grand moment. La salle jubilait en écoutant maître Codognès, le sourire aux lèvres et le regard plein de malice, l’argument pointu et le verbe moqueur prendre manifestement beaucoup de plaisir à donner la leçon au dirigeant du FN.

Revêtu de sa robe d’avocat toute neuve, Aliot c’est fait laminer par Codo.

A Perpignan, il n’y travaille pas plus qu’il n’habite à Millas. Comme Marine le Pen à Hénin-Beaumont. Ils sont tous les deux clodoaldiens.

Ça passe son temps à dénoncer les nantis. Ça ne jure que par le peuple.  Mais ça réside dans une sorte de Beverly Hills, à Saint-Cloud. Dans un château au milieu d’un parc. Ça prend l’avion pour venir à Perpignan expliquer à la presse qu’il devient insupportable de vivre dans cette ville où règne tant d’insécurité. Et puis après avoir attisé les peurs, ça reprend l’avion pour retourner dans les beaux quartiers où n’habitent que… des nantis.

Monsieur Aliot n’est pas comme les autres hommes politiques. Il est pire qu’eux.

Louis Aliot perd sa place de numéro 2 du FN

Dans un communiqué de presse diffusé le 12 juillet, le Front National annonce la nouvelle composition de son bureau exécutif. Florian Philippot y fait son entrée en devenant vice-président chargé de la stratégie et de la communication. Et Louis Aliot qui était depuis le dernier congrès, en 2011, vice-président chargé du projet, devient vice-président chargé de la formation et des manifestations.

La stratégie et la communication sont deux secteurs d’activité qui ont bien plus de poids et de prestige que la formation et les manifestations.

Qu’un parti qui rejette l’élite avec tant de virulence place un énarque à de si hautes responsabilités n’est qu’une incohérence de plus. Avec le FN on est habitué.

Enarque et Gaulliste. Dans le livre de Marine le Pen, Pour que vive la France, la tête pensante du FN qui est l’auteur de ce bouquin, expose la nouvelle doctrine du FN en faisant de nombreuses fois et tout au long du livre, référence à de Gaulle. Louis Aliot, qui comme tous les militants d’extrême-droite a été formé dans la haine du général de Gaulle a du s’étrangler en le lisant. Et c’est ce gaulliste qui lui prend sa place de numéro 2. Ce doit être dur à digérer.

Il en va ainsi dans les directions de tous les partis. Les luttes d’influence y  sont incessantes et sans pitié. Qui le sait mieux que Louis Aliot qui est surnommé Loulou la purge ? Et à ce niveau là de pouvoir, il y a peu de place pour les sentiments.

Les patrons de l’entreprise FN, les Le Pen père et fille, ont de plus bien compris que Philippot avait un profil qui crédibilisait davantage leur parti.

Durant la campagne des élections législatives, Florian Philippot et Louis Aliot étaient les portes paroles du FN. Celui qui a rejoint le parti d’extrême-droite au cours de l’année 2011 s’en est beaucoup mieux sorti. Il a le verbe plus alerte que le compagnon de Marine le Pen qui a une forte tendance à rabâcher des propos trop souvent entendus quand Philippot lui, argumente solidement.

Florian Philippot a manifestement gagné le duel politique et médiatique. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la droite. Avec Marine Le Pen et dans un contexte économique qui leur sera favorable, ils peuvent réussir à installer solidement leur vision dans le paysage politique. Ils considèrent que l’état nation est le seul cadre qui puisse résister à l’ultra-libéralisme et à sa domination qui, à l’UMP et au PS, sont considérés comme une fatalité.

Avec cette stratégie, le FN à un boulevard devant lui. Et la droite ne pourra le contrer qu’en revenant à ses valeurs historiques, en se droitisant, pas en s’extrême-droitisant.

Aliot : pourquoi tant de générosité envers l’UMP des P-O ?

Lors de la conférence de presse qu’elle a tenue en vue du deuxième tour des législatives, Marine Le Pen a donné la liste des sortants à faire battre, François Pupponi , PS (Val d’Oise) ; Slimane Tir, Europe Ecologie Les Verts (Nord) ; Georges Tronc UMP, (Essonne) ; Manuel Aeschlimann, UMP (Hauts de Seine) ; Xavier Bertrand, UMP(Aisne) ;  Ségolène Neuville, PS (Pyrénées-Orientales) ; Jack Lang, PS (Vosges) et Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP). Huit candidats, quatre de gauche et quatre de droite.

Ségolène Neuville s’est fait apprécier de Louis Aliot, le soir du premier tour des élections cantonales de 2011. Le numéro 2 du FN, candidat sur le canton du Bas-Vernet était venu répondre aux questions de la rédaction de France Bleu Roussillon qui avait installé son studio dans le hall du conseil général. Il avait été accueilli par des cris de protestations, des propos hostiles et des insultes venant d’un petit groupe à la tête duquel se trouvait Ségolène Neuville et Elie Puigmal.

Ségolène Neuville ne s’est jamais illustrée en politique autrement que par des comportements sectaires. « C’est une psychorigide comme je n’en avais jamais rencontré et elle manque singulièrement d’humanité », témoigne un professionnel de la santé qui a travaillé avec elle. « Féministe obsessionnelle, elle ne s’intéresse qu’à ça et à la question LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et  transgenres) le reste la concerne peu », témoigne une personne qui l’a beaucoup côtoyée. Ce système Bourquin où le sectarisme tient lieu de pensée politique lui va comme un gant. Comment fait elle pour être ultra féministe alors qu’elle ne doit ses mandats électifs qu’à sa relation privilégiée avec Bourquin ?

Si la consigne de vote donnée par Marine Le Pen et relayée ici par Louis Aliot empêchait cette dame d’aller siéger à l’Assemblée Nationale, la nation n’y perdrait pas grand chose. Les P-O gagneraient beaucoup à avoir un député du niveau de compétence de Jean Castex. Un homme également apprécié pour son ouverture d’esprit et son humanisme.

Le FN se montre bien généreux avec les P-O. En retirant la candidature d’Irina Kortanek (23,59%) au premier tour, il donne à l’UMP Fernand Siré la possibilité de conserver son siège et de poursuivre son combat exemplaire pour la moralisation de la vie politique. Conseillère générale du Bas-Vernet, Toussainte Calabrèse, candidate du PS, est une brave militante de base que son parti évite de présenter à la presse. Sélectionnée pour vous par Christian Bourquin. Etre à la botte du chef est la meilleure des qualités et elle vaut plus que toutes les autres réunies.

Louis Aliot en Père Noël. C’est inattendu !

Il n’y a aucun département où le parti d’extrême-droite n’ait fait autant de cadeaux à l’UMP.

Que se passe t’il ?

Quand on fait des cadeaux, plus encore en politique où le geste gratuit est rare, on espère qu’en retour on vous en fasse.

Aliot a sans doute compris qu’il n’avait, dans les P-O, aucun avenir politique s’il n’arrivait pas à aller au-delà de l’électorat traditionnel du FN. Mais il peut difficilement séduire une large partie des électeurs de la droite républicaine alors que son parti passe son temps à faire battre les candidats de l’UMP au profit du PS.

Après son geste pour Castex et Siré, on pourra plus difficilement lui faire ce reproche, surtout si l’un d’eux est élu.

Selon L’Indep, Aliot pense à la prochaine élection municipale et à Perpignan. Pas sûr. Louis Aliot a vocation à être un des patrons du FN. Une activité nationale et parisienne peu compatible avec un mandat de maire qui doit au quotidien s’occuper des affaires de la ville. Et le FN a-t-il envie de renouer avec la gestion de municipalités ? Parti protestataire d’essence national populiste le FN ne s’est jamais montré capable de gérer les affaires publiques. Toutes les expériences qu’il a faites ont tourné au fiasco.

Il n’échappe à personne qu’Aliot ne fait pas de cadeau à Daniel Mach, sur la première circonscription. C’est pourtant, des quatre candidats UMP des P-O, celui avec lequel il partage le plus d’idées.

Louis Aliot n’a que 43 ans. Il peut donc se projeter dans les prochaines années et la prochaine élection législative. Première étape, faire battre Mach. En 2017, le numéro 2 du FN qui est très présent dans les grands médias nationaux pourrait grâce à sa stratégie de séduction des électeurs de droite avoir de bonnes chances d’affronter le sortant, Jacques Cresta au second tour. On ne sait pas dans quel état sera le PS après cinq années de gestion de la France, mais on sait que le pâle Fidèle Cresta ne fera pas d’étincelles à l’Assemblée Nationale. Avec le temps, Louis Aliot a de sérieuses chances de conquérir cette circonscription qui est majoritairement à droite.

FN : Les châtelains de Montretout chassent en province

Après la fille le Pen, voici la petite fille Le Pen, Marion, tout juste 22 ans. Elle est candidate sur la troisième circonscription du Vaucluse, là où Marine le Pen a fait son meilleur résultat de France. La famille Le Pen se réserve toujours les meilleurs morceaux. Hier, candidate en Ile-de-France, aujourd’hui dans le sud, la jeune parisienne est comme les autres membres de la famille un jour candidate ici, un jour candidate là. Les affectations varient avec les résultats électoraux du parti d’extrême-droite. Marion le Pen a aussi été candidate aux municipales, à Saint-Cloud.

Marion Le Pen est la fille de Yann Le Pen, une des trois filles du chef. Elle travaille au FN comme responsable de la com. Le père, Samuel Maréchal a été président du FNJ et directeur de la com du FN. Divorcé, il s’est éloigné du clan Le Pen et de la politique.

La troisième fille, Marie-Caroline a été membre du conseil national du FN, candidate à plusieurs élections et conseillère régionale d’Ile-de-France. Elle a dirigé la SERP (Société d’Etudes et de Relations Publiques) jusqu’à sa liquidation en 2008. La SERP est une société d’édition que Jean-Marie le Pen a fondée en 1963 avec Léon Gaultier et Pierre Durand. Le premier, un des fondateurs de la Milice, combattit sous l’uniforme allemand des SS. Le compagnon de Marie-Caroline Le Pen, Philippe Olivier, est un proche conseiller de Marine le Pen.

Jean-Marie le Pen est président d’honneur du FN, sa fille présidente et le compagnon de celle-ci, Louis Aliot est numéro 2 du parti.

“Gérald“, le majordome de Jean-Marie Le Pen est lui parachuté dans la 8 ième circonscription des Boûches-du-Rhône, là où Marine le Pen a dépassé les 25% des voix.

Un népotisme sans précédent dans l’histoire politique de notre pays.

Et tout ce petit monde vit des mandats électifs et des subventions que l’Etat donne aux partis. Jean-Marie le Pen est député européen élu dans le Sud-Est bien qu’il réside en région parisienne. Marine le Pen également député européenne, élue dans la circonscription nord-est alors qu’elle habite à Saint-Cloud. Le père et la fille se distinguent par un taux d’absentéisme parmi les plus élevés de l’assemblée européenne, 711 ième place sur 748 pour le père et 743 sur 748 pour la fille. (Source VoteWatch.eu, organisation indépendante qui  a pour but la promotion de débats de qualité et l’accroissement de la transparence dans les processus décisionnels de l’Union Européenne en offrant un accès facilité aux informations relatives aux décisions politiques et aux activités du Parlement européen et du Conseil des ministres de l’Union européenne.  Votewatch.eu utilise les registres de présence, de vote  de même que les données concernant l’activité du Parlement européen – disponibles sur le site du Parlement  – pour  tenter d’élaborer une vue d’ensemble de l’activité des députés européens.)

Dans la famille Le Pen on est toujours prompt à pratiquer ce que l’on dénonce avec véhémence chez les autres.

Grosse absence mais gros salaire quand même :  7 956 euros d’indemnité, plus 4 299 euros de frais de représentation. A ces 12 255 euros, il faut ajouter 304 euros par jour de présence.

Louis Aliot bénéficie lui aussi de la manne européenne comme assistant de Marine le Pen. En plus d’être avocat et conseiller régional du Languedoc-Roussillon et numéro 2 du Front National. De qui se moque-t-on ?

Lors des dernières élections cantonales, Louis Aliot, candidat sur le canton du Bas-Vernet, n’avait pas hésité à fustiger les élus de droite qui, selon lui, habitent les beaux quartiers.

Mais où habite Louis Aliot ? Dans une HLM ? Pas davantage dans son pied à terre à Millas que Marine le Pen dans le sien à Hénin-Beaumont. Des résidences secondaires et électorales.

Louis Aliot habite à Saint-Cloud, avec celle que Nadine Morano et Marie-Georges Buffet surnomment la châtelaine de Montretout, dans un hôtel particulier au milieu d’un parc de 5 000 m2 estimé à la dérisoire somme de 6,5 millions d’euros. « Très impressionnante, la demeure est située dans une sorte de Beverly Hills des Hauts-de-Seine, en haut d’une colline qui surplombe Paris» (Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Marine Le Pen, biographie). « De l’extérieur, la bâtisse bourgeoise, d’époque Napoléon III, en impose avec ses 430 mètres carrés habitables et 11 pièces réparties sur trois niveaux, ses bâtiments annexes, et son gigantesque parc en pente qui domine la tour Eiffel et offre une vue imprenable sur toute la capitale. » (Renaud Dély, Libération).

Et pour terminer, un petit rappel. Marine le Pen et Louis Aliot passent leur temps à dénoncer « Les privilégiés en place ». Le châtelain et la châtelaine de Montretout savent de quoi ils parlent. Fabrice THOMAS

1972-2012 : le Front National ne peut pas changer son histoire !

Invité de l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couché, Louis Aliot a, une fois de plus, fait de grandes envolées sur la dédiabolisation du Front National. Il veut tellement le dédiaboliser que quand ses interlocuteurs le renvoient à certaines déclarations de Jean-Marie Le Pen qui en leur temps ont provoqué d’énormes scandales, il leur répond et leur répète que c’est « de la préhistoire » et il les invite à parler d’aujourd’hui et de Marine le Pen.

Au passage, le numéro 2 du FN réécrit l’histoire du parti d’extrême-droite. Louis Aliot a concédé que, parmi les créateurs du FN, il y  avait d’anciens miliciens, « Mais il y  avait aussi d’anciens résistants, mais cela vous ne le dites jamais. Qui sait que le FN a été créé par Georges Bidault, le successeur de Jean Moulin, parce qu’on ne le dit pas aux gens. On ne leur dit pas la vérité. »

C’est Louis Aliot qui ne dit pas la vérité. Georges Bidault a, en effet, succédé à Jean Moulin à la tête du Conseil National de la Résistance. Après la Libération, il a été un acteur politique de premier plan de la IV ième République, président du conseil, ministre des affaires étrangères. Son combat jusqu’au boutiste pour que l’Algérie reste française l’éloignera de la scène politique et de la France. De retour d’exil, il présida le Mouvement pour la Justice et la Liberté. Le secrétaire général du MJL participa aux négociations pour la création du FN. Elles étaient conduites par les cadres d’Ordre Nouveau qui étaient les principaux concepteurs et acteurs de ce rassemblement de l’extrême-droite. Réticent, Georges Bidault n’était pas directement impliqué. Et le 8 octobre 1972, 3 jours après le congrès fondateur du FN, il donna à Guy Ribeaud, le secrétaire général du MJL, l’ordre de se retirer du FN. La rupture entre le MJL et le FN était total.

Faire du grand résistant que fut Georges Bidault, un des fondateurs du FN est une tromperie. Louis Aliot a déclaré qu’à la fondation du FN, autour de la table, avec Jean-Marie Le Pen, il y avait des personnes qui venaient de tous les horizons et c’est pour ça, précise-t-il qu’il y a adhéré en 1990. La réalité est tout autre.

Voici les noms de quelques personnages qui ont participé à la création puis à la construction du FN.

Pierre Bousquet. Cet ancien de la division SS Charlemagne a participé, en 1945, à la défense de Berlin assiégée par les troupes alliées. Membre du premier bureau politique du FN et son trésorier pendant 9 années.

François Brigneau. Ancien membre de la Milice. Elu vice-président du FN à sa fondation.

André Dufraisse. Ancien du PPF de Doriot. Engagé dans la LVF, il a combattu sous l’uniforme allemand sur le front de l’Est. En 1972, élu au premier bureau politique du FN.

Victor Barthélémy. Responsable régional puis national du PPF de Jacques Doriot, un des partis les plus engagés dans la collaboration. Il a participé à la création de la LVF (Légion des Volontaires Français) et il était membre de son comité central. Il a participé à la création du FN en 1972 et l’année suivante en est devenu son secrétaire administratif.

Léon Gaultier. Il a été pendant l’occupation un proche collaborateur de Paul Marion, secrétaire général à l’information et à la propagande du régime de Vichy. Il a ensuite combattu sous l’uniforme allemand sur le front de l’Est. Il compte parmi les membres fondateurs du conseil national du FN. C’était l’associé de Jean-Marie le Pen dans sa société d’édition, la SERP.

Qu’ils aient été de gauche ou qu’ils aient été de droite, les hommes et les femmes qui se sont battus pour libérer la France et vaincre le nazisme n’avaient pas grand-chose en commun avec ceux qui ont créé le FN. Et pour leur mémoire, nous avons le devoir de le dire et de le proclamer bien fort en ne laissant pas le FN faire main basse sur la Résistance dans le cadre d’une stratégie de dédiabolisation qui cherche principalement à dissimuler la vraie nature du parti d’extrême-droite.

Le Front National, qui a quarante ans cette année, a une histoire, la connaître nous permet de savoir d’où il vient. Et peut-être où il veut réellement aller. Fabrice Thomas

De l’art d’utiliser le Front National et le vote des étrangers…

Il aura été, entre les deux tours, beaucoup question du droit de vote des étrangers aux élections municipales.

Quelques semaines après avoir obtenu la majorité au sénat, fin 2011, la gauche s’est empressée de voter une loi accordant le droit de vote aux étrangers aux élections municipales. Une hâte qui contraste avec la prudence dont elle faisait preuve quand elle était aux affaires.

Voilà plus de 30 ans que cette proposition est inscrite dans les programmes électoraux du PS. Si la gauche l’avait mise en place, on n’en parlerait sans doute plus aujourd’hui.

Partant du principe qui n’est plus à démontrer, que la politique c’est tout, sauf de l’angélisme et qu’en matière politicienne les socialistes sont des orfèvres, il faudrait être bien naïf pour croire que cette mesure viserait principalement à favoriser l’intégration des étrangers.

Les stratèges du PS savaient parfaitement qu’avec cette proposition, ils allaient amener la question de l’immigration, des étrangers, au cœur du débat de l’élection présidentielle. Les conséquences sont bien connues. C’est du pain béni pour le Front National qui y est farouchement hostile. Dans un deuxième temps, au second tour, la droite est quasiment obligée de s’en emparer pour récupérer les suffrages des électeurs du FN. Et le piège se referme. Comme il est ensuite facile à la gauche et à la presse de montrer l’UMP courant après le FN. Ce qui pousse une partie des électeurs centristes vers le candidat qui lui apparait être le plus modéré.

Lors du débat avec Nicolas Sarkozy, François Hollande s’est montré déterminé à faire adopter la loi accordant le droite de vote aux extra européens afin qu’elle soit effective pour les municipales de 2014.  Il s’est même déclaré prêt à aller jusqu’au référendum dans le cas où les 3/5 des parlementaires ne voteraient pas la modification de la constitution.

S’il est élu, François Hollande aura deux bonnes raisons d’aller jusqu’au bout. Maintenir un clivage politique qui donne l’impression que la droite et l’extrême-droite sont proches et gagner des électeurs.  Plusieurs études montrent en effet qu’à l’exception des originaires d’Asie, les Français d’origine extra européenne préfèrent très nettement la gauche. La très faible inclinaison à droite interroge d’ailleurs les chercheurs. Ils ne l’expliquent pas.

1,8 millions d’étrangers seraient concernés et auraient, en 2014, la possibilité de s’inscrire sur les listes des élections municipales et voter. En 2012, on compte 46 millions d’électeurs. L’apport des nouveaux inscrits ne sera pas négligeable, en particulier dans les communes où la population étrangère est élevée.

On comprend mieux l’importance que le PS accorde au vote des étrangers aux élections municipales.

François Hollande ne cherche pas, comme il le prétend, à rassembler les Français, il défend une mesure dont il n’ignore pas qu’elle accroit les tensions qui parcourent la société française.

Politicien habile à la manœuvre, ce bon élève de Mitterrand sait faire bon usage du Front National.

Parmi les nombreux écrits sur l’irruption du Front National au début des années 1980, on peut citer la biographie que Franz-Olivier Giesbert a consacré à François Mitterrand en 1990 : « En faisant ouvrir toutes grandes les antennes de la radio-télévision d’Etat au Front National, avant les élections européennes de 1984, il a assuré son lancement. En instituant, en 1985, un nouveau mode de scrutin, la proportionnelle, il a permis à l’extrême-droite de constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale.  En agitant ensuite le chiffon rouge de la participation des immigrés aux élections locales avant la plupart des échéances électorales, notamment la présidentielle de 1988, il a permis à l’extrême-droite d’accroitre son audience. »

Et FOG poursuit, « Sur les calculs et les arrières pensées du président, le doute n’est guère permis. Il ne s’est jamais laissé aller à la confidence sur la question. Mais ses hommes ont, parfois, cassé le morceau. En petit comité, cela va de soi. “On a tout intérêt à pousser le Front National, disait un jour Pierre Bérégovoy. Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C’est la chance historique des socialistes.“(entretien avec l’auteur le 21 juin 1984). »

L’UMP a de très bonnes raisons, qui ne sont pas qu’électorales, de s’opposer au vote des étrangers aux élections municipales. Mais elle aurait tout intérêt à le faire avec des arguments qui la différencie fortement de l’extrême-droite. Et pas avec des idées outrancières comme on en trouve dans le communiqué de la Droite Populaire : « Ce droit de vote condamnerait un grand nombre de communes en zone urbaine à vivre sous le diktat de puissances étrangères. Ce sont les raisons pour lesquelles nous appelons tous les patriotes à faire barrage au parti socialiste et à l’extrême gauche. »

L’écrasante majorité des électeurs du FN ne sont pas des extrémistes. C’est pourquoi ils ne peuvent que s’interroger sur les choix de la famille Le Pen. Pourquoi préfère t’elle l’élection du candidat du PS, celui qui va instaurer le vote des étrangers aux élections municipales au candidat qui y est opposé ?

L’extrême-droite est bien le meilleur atout électoral du PS !  Et n’oublions jamais que c’est François Mitterrand qui a, par pur calcul politicien, a fait revenir dans le jeu politique une extrême-droite qui en avait été écartée en 1944.

 

Rose-brun

Sur ouillade, le collaborateur du maire du Barcarès agite un sondage « qui depuis lundi circule sous le manteau ».

Ainsi sur la 1 ère circonscription, Louis Aliot serait à 32% d’intentions de vote, Daniel Mach à 26%, Jacques Cresta 21% et Jean Vila 12%.

D’où sort ce sondage ? Sous le manteau on vous dit !

Mais le manteau de qui ?

Tout journaliste sait que la publication des sondages est règlementée et que la commission des sondages veille à l’application des textes : « La publication des sondages doit obligatoirement s’accompagner de certaines indications : noms de l’organisme de sondage et de l’acheteur, nombre de personnes interrogées et date des interrogations »… « La commission a estimé qu’un journal commet une infraction en donnant les résultats d’un sondage dont il n’est pas en mesure d’établir l’origine. »

Cette révélation est cousue de fil blanc. Malepeyre est un rose-brun. Il roule pour le PS et pour le FN.

Ce qui frappe c’est le 32% attribué à Louis Aliot. Les trois autres pourcentages correspondent au score des candidats à la présidentielle sur la circonscription.

Cette intoxication vise à accréditer l’idée que le candidat du PS, Jacques Cresta serait le mieux placé pour battre la droite et l’extrême-droite, cela afin d’écarter la candidature de Jean Vila et du Front de Gauche. Et de l’autre côté à montrer que le FN serait le mieux placé pour empêcher la gauche de prendre la circonscription.

Pour dissimuler sa grossière manoeuvre, Malepeyre évoque la candidature de Louis Aliot sur la 2 ième circonscription en expliquant que le compagnon de Marine Le Pen n’a pas fait son choix. Encore une information non vérifiée. Louis Aliot est candidat sur la 1ère circonscription où, comme le montre le tract que nous reproduisons, il a commencé à faire campagne.

Marine Le Pen a eu un boulevard devant elle

Il faut toujours prendre un peu de recul sur les déclarations et les commentaires à chaud. Ils comportent souvent pas mal d’arrangements avec les faits.

A Tulle, dimanche soir, François Hollande déclara : « Le discours du candidat sortant tout au long de ces derniers mois a fait le jeu de l’extrême-droite. Jamais le FN n’avait atteint un tel niveau même en 2002 ».

Le candidat du PS n’a pas été tout seul à dire ça. Rares sont les commentateurs qui n’ont pas présenté le score de Marine le Pen comme un évènement historique.

En 2002, l’extrême droite avait deux candidats, Jean-Marie le Pen et Bruno Mégret, le premier avait fait 16,86% des voix et le second, 2,34%. Soit un total de 19,20% à comparer avec les 17,90% de 2012.

Le Front National est depuis près de 30 ans bien installé dans le paysage politique. 14,38% à l’élection présidentielle de 1988. 15% à celle de 1995.

Certes la petite entreprise familiale des Le Pen a connu des hauts et des bas. En arrivant au second tour de l’élection présidentielle de 2002, le candidat du FN provoqua un traumatisme qui atteignit même son électorat. Le 21 avril 2002 au premier tour de la présidentielle, le candidat du FN, avec 16,86% des suffrages exprimés rassembla 4 800 000 électeurs. Deux mois plus tard, au premier tour des législatives, il tomba à 11,34% et 2 800 000 voix. 2 millions d’électeurs s’étaient évanouis en quelques semaines.

En 1988, en 1995, en 2002, il n’y avait pas Sarkozy.

En 2002, la France sortait de 5 ans de cohabitation avec Lionel Jospin comme premier ministre.

A l’élection présidentielle suivante, en 2007, le traumatisme du 21 avril était encore dans les mémoires. Cette situation a profité à Nicolas Sarkozy. Et cela d’autant plus qu’il a su convaincre une partie des électeurs du FN de voter pour lui. Il n’a pas, comme ses prédécesseurs de droite, fait l’impasse sur le thème de l’immigration qui est, au nom de l’antiracisme, depuis 30 ans complètement diabolisé par la gauche. Lors du débat de l’entre deux tours, le candidat de la droite n’hésita pas à opposer une immigration choisie aux régularisations massives que proposait Ségolène Royal.  Avec 10,44% des voix, Le FN n’a quand même pas fait un score négligeable.

En 2012, Marine Le Pen a récupéré l’électorat du FN. Cela explique en très grande partie sa troisième place à près de 18%.

Comme son père, en 2002, Marine le Pen a eu un boulevard devant elle. Le PS n’a pas attaqué celle qui prend des voix à la droite. La droite a ménagé le FN dans l’espoir de récupérer ses électeurs au second tour. Un FN dont les thèses auraient dans le cadre du débat démocratique été combattues par le PS et par l’UMP ne serait pas arrivé à ce niveau. Quant, pour des raisons bassement politiciennes, on ménage l’extrême-droite, il ne faut pas ensuite s’étonner qu’elle prospère.

Les propos répétés de Louis Aliot sur le déremboursement de ce qu’il a appelé « l’avortement de confort » auraient, en d’autres temps, déclenché des tempêtes.

Dans l’éditorial du Monde qui suit le premier tour, Eric Izraelewicz écrit : « Par sa personnalité, son style et ses propositions, la fille du fondateur du FN a réussi l’opération de dédiabolisation de son parti ».

Cette dédiabolisation doit beaucoup à ceux qui n’ont pas cessé de décerner des brevets de vertu au FN. Combien de fois n’a-t-on pas entendu, même Elisabeth Badinter, proclamer que le FN était le seul parti qui défendait la laïcité. Combien de fois ? Alors que le FN n’a pas voulu de la loi interdisant le port des signes religieux à l’école adoptée à l’initiative de Jacques Chirac, comme il a combattu la loi voulue par Sarkozy pour interdire le port de la burqa dans l’espace public.

Marine Le Pen et Louis Aliot ont considérablement fait évoluer la ligne politique du Front National. La nouvelle doctrine se construit sur le rejet du mondialisme : « Une idéologie, qui a pour trait principal de nier l’utilité des nations, leur adaptation au monde “postmoderne“, et qui vise à façonner un nouvel homme, sorte d’homo mondialisus, vivant hors sol, sans identité autre que celle de consommateur global, rebaptisé “citoyen du monde“ pour masquer le caractère profondément mercantile de cet objectif. » (Marine Le Pen, Pour que vive la France, livre entièrement consacrée à la nouvelle doctrine du FN.)

On sait clairement quelle forme d’organisation sociale le FN refuse. Mais que nous propose ce parti pour qui le nationalisme est la réponse à tout ? Il y a dans ce livre et dans les propositions du FN un vide démocratique qui laisse craindre que l’Etat solide qui est présenté comme la panacée soit un état fort et autoritaire. Pourquoi les descendants de l’un des deux grands totalitarismes qui ont ensanglanté le XX ième siècle ne mettent ils pas la démocratie au cœur de leur projet de société ? Parce qu’elle n’est pas dans leur ADN ?

Le FN a le droit de dénoncer tout ce qu’il veut, autant qu’il veut. Et les démocrates ont, eux, le devoir de lui répondre. Fabrice THOMAS

Marine Le Pen à Vienne au bal des corporations : Chassez le naturel, il revient au galop

Lors de son meeting à Perpignan, Marine Le Pen a répondu à ceux qui l’accusaient d’avoir, 48 heures plus tôt, été à Vienne à un bal organisé par des nostalgiques du 3 ième Reich. Elle y était l’invitée d’un parti d’extrême-droite, le FPÖ.

Devant les nombreux journalistes de la presse nationale qui avaient fait le voyage à Perpignan, la présidente du Front National a joué de l’éternelle rhétorique de l’extrême-droite en utilisant la victimisation et l’accusation : « Ces adversaires, regardez où ils en sont pour tenter de freiner le bon sens que nous représentons. Certains font preuve d’une obsession absolue. Il n’y a pas un seul discours dans lequel ils ne parlent pas de Marine Le Pen… Ils sont obnubilés par la recherche des moyens à me trainer, à me déstabiliser par des insultes de plus en plus basses, de plus en plus vulgaires, de plus en plus graves. Ils en arrivent tout simplement à perdre la tête. C’est ainsi qu’invitée par l’un des partis qui est aujourd’hui le premier parti en Autriche, le FPO de notre ami Heinz-Christian Strache, au bal de Vienne et bien un certain nombre d’associations, SOS Racisme (copieux sifflets de la salle) sont venus nous expliquer que nous étions allés à un bal de néo nazis. Ecoutez franchement, il y a quand même des limites à l’insulte et à la diffamation. L’extrême gauche autrichienne, comme l’extrême gauche française, essaient d’obtenir par la haine et par la violence ce qu’elles n’arrivent pas à obtenir dans les urnes. L’extrême gauche autrichienne manifeste, la belle affaire ! L’extrême gauche française aussi passe son temps à manifester. Contre nous d’ailleurs en général. Ils manifestent contre ce bal et contre d’autres. Vous verrez lundi ils manifesteront contre le bal des chasseurs. Ces bals traditionnels ils sont la représentation de la part des Viennois du respect pour la tradition. Et bien nous aussi, nous aimons la tradition. Chers amis je veux que vous sachiez que je ne vous laisserai pas insulter. On dit Marine Le Pen est celle qui fait le plus de procès. Mais Pourquoi ? Mais parce que Marine le Pen est la seule à être insultée comme ça. »

La fine fleur de l’extrême-droite

« Tradition » ? Marine Le Pen donne une explication un peu courte. Sur son blog, Jérôme Ségal, chercheur en sciences sociales à Vienne, explique ce qu’est ce bal : « En Autriche, la tradition des bals témoigne d’une splendeur passée, liée à l’Empire austro-hongrois. Il y a le Bal de l’Opéra bien sûr – le plus connu –, mais aussi le Bal des chasseurs, le Bal des juristes, des médecins, des sous-officiers… et encore, depuis 1952, celui de la Fédération des corporations pangermanistes (‘Burschenschaften’) qui regroupe chaque année la fine fleur de l’extrême droite européenne. Historiquement, ces associations liées aux universités ont joué un rôle positif dans l’unification de l’Allemagne (1871) et dans la défense de la liberté d’expression. Seulement, avec la montée du nazisme, la plupart d’entre elles se sont mises au service du grand Reich… et en ont conservé l’idéologie ! »

Provocation antisémite

L’Express a interviewé Johann Gudenus, chef du groupe FPÖ à Vienne et membre de la corporation estudiantine Vandalia qui était présent au bal de vendredi. L’hebdomadaire précise que le père du jeune homme qui défend Marine le Pen a, en 2006, été condamné pour négationnisme. Johann Gudenus estime que l’extrême-droite est victime d’une stigmatisation. Plusieurs milliers de manifestants ont en effet protesté contre la tenue de ce bal. Selon le quotidien autrichien Der Standard, dont des journalistes ont infiltré le bal en se faisant passer pour des sympathisants, Heinz-Christian Strache a comparé l’ambiance dans lequel s’est tenu le bal des corporations à « la Nuit de cristal », proclamant: « Nous sommes les nouveaux juifs. » Un style provocateur bien propre à l’extrême-droite.

« Bal immonde »

A chaque fois qu’un journaliste ou une organisation évoquent ses fréquentations avec certains milieux où la personnalité sulfureuse de membres de son entourage, Marine Le Pen brandit la menace de diffamation. Wallerand de Saint-Just, avocat de Marine le Pen a selon un communiqué du Front, « déposé dès lundi une plainte contre ces associations qui lui imputent d’avoir participé à un « bal immonde de nostalgiques du troisième Reich ».

Si l’on se réfère à des sources sérieuses, dont l’enquête de Blaise Gauquelin, publie dans L’Express (site internet de l’hebdo) sous le titre « Les cercles de l’Autriche Ultra », la réalité serait bien plus proche du communiqué de SOS Racisme que de l’explication de Marine Le Pen. http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/les-cercles-de-l-autriche-ultra_754439.html

L’antisémitisme au bout des lèvres, Jean-Marie Le Pen qui a été, il y a quelques années l’invité d’honneur de ce bal, a déclaré : « « J’ai moi-même assisté à cette magnifique manifestation qui retrace d’ailleurs le Vienne du XIXe siècle, c’est Strauss, sans Kahn si vous voulez » ». Cela semble être une “fine“ allusion au fait que les corporations seraient interdites aux femmes et aux juifs. Réponse de Marine le Pen, « C’est une plaisanterie, un trait d’humour ».

Sordide calcul politicien

Mesurant, mais un peu tard les dégâts que pourrait causer cette affaire, en particulier pour collecter les signatures qui lui manque pour être candidate à la présidentielle, Marine Le Pen a le 1 février, déclaré : « Le nazisme fut une abomination. Il m’arrive de regretter de ne pas être née à cette période, pour avoir pu le combattre ». Si la présidente du FN pensait ce qu’elle dit elle éviterait d’avoir certaines fréquentations.

Un certain nombre d’hommes politiques et de journalistes de gauche proclament que le FN est un parti républicain, ils nous disent que c’est le parti qui défend la laïcité (Il s’est pourtant opposé à la loi sur les signes religieux à l’école et à la loi contre la burqua). Ils participent ainsi activement à la normalisation du parti d’extrême-droite. Cela avec un but précis, lui permettre de prendre un maximum de voix à l’UMP.

La gauche, sauf le Front de gauche, mène de pair une stratégie de normalisation du FN et de diabolisation de l’UMP. Un jeu politique dangereux.

PS : A propos de celui que Marine Le Pen nomme « notre ami » , quelques lignes d’un brève parue dans le Monde du 29 janvier: « Faut-il laisser le chef du Parti de la liberté (FPÖ), Heinz-Christian Strache, porté par les sondages, accéder au poste de chancelier, et faire comme si le FPÖ était pareil aux autres partis autrichiens ? Le directeur du quotidien conservateur Die Presse, Michael Fleischhacker, suggère qu’un tel tournant n’aurait rien de catastrophique. M. Strache « est un ancien néonazi, mais c’est un brave garçon qui ne va pas déclencher une nouvelle guerre mondiale ». Tout est préférable, selon lui, à la paralysie de la grande coalition actuelle entre sociaux-démocrates et conservateurs.Les critiques n’ont pas tardé. Beaucoup lui rappellent que le passage de l’extrême droite au gouvernement s’est traduit par l’incompétence et la corruption. »