Perpignan : les élus FN sont-ils privés d’indemnités ?

Il se dit et il s’écrit que les conseillers municipaux FN de la ville de Perpignan sont privés d’indemnités de fonction. Nous sommes donc allés à la mairie pour y consulter les délibérations adoptées par le conseil municipal ainsi que les compte-rendus des débats.

Les noms des conseillers municipaux du FN ne figurent sur la liste des élus bénéficiaires d’indemnités dont Jean-Marc Pujol a donné lecture au conseil du 16 avril.

Le débat sur les indemnités des élus a été bref. Le maire a indiqué que le total des indemnités versé baisserait de 20%. Louis Aliot a déclaré : « 20% en moins » et le maire lui a répondu : « Oui. L’ensemble fait 20% de moins de la dotation. » et Louis Aliot a conclu le débat en disant : « Oui, d’accord » On est ensuite passé au vote et le groupe FN s’est abstenu.

Nous avons interrogé Louis Aliot : « Les élus d’opposition n’ont pas d’indemnités alors qu’ils en avaient lors du mandat précédent. Pourquoi n’avez vous pas réagi avec plus de vigueur ? » Réponse : « Parce que je pense que se battre pour 200 euros n’est pas responsable dans la situation actuelle. Nous avons des moyens pour travailler, c’est essentiel. Et c’est une force force supplémentaire dans notre argumentation auprès des électeurs. Nous sommes des élus bénévoles contrairement à eux…»

Nous avons également questionné le maire. Selon lui : « Les élus de l’opposition actuelle n’ont pas moins et pas plus que ceux qui ont siégé de 2009 à 2014 car si les élus FN n’ont pas d’indemnités au conseil municipal de Perpignan, 9 membres de leur groupe sur 12 siègent au conseil communautaire et où ils perçoivent 230 euros par mois. »

La consultation des délibérations du conseil du communautaire de l’agglomération du 14 avril, confirme que 9 élus FN bénéficient d’une indemnité de fonction de 228,09 euros par mois.

Au final seul trois élus du FN peuvent prétendre exercer leur mandat électif à titre bénévole, Anne-Marie Rappelin, Bénédicte Marchand et Alexandre Bolo. Bien que ce dernier soit attaché parlementaire de Louis Aliot.

Voilà les faits. On y voit un peu plus clair. Fabrice Thomas

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Numéro 1, août, septembre,octobre; bientôt chez les marchands de journaux des P.-O.

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Ni diabolisation, ni angélisation : simplement la vérité sur le FN !

Nous sommes en 2011 sortis d’une longue période dite de diabolisation où le Front National était sans cesse renvoyé aux déclarations de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz (1987). Le FN était catalogué parti  » raciste « ,  » antisémite « ,  » fasciste « .

Marine Le Pen est arrivée avec sa dédiabolisation qui consista principalement à refaire la vitrine. Plus de déclaration antisémite et on écarte les militants d’extrême-droite les plus caricaturaux type skinhead. Regardez ! On est un parti comme les autres ! Et une grande partie de la presse de faire chorus. Avant elle ne voulait voir que les excès du FN, elle a maintenant tendance à fermer les yeux sur tout ce qui ne ferait pas du FN un parti normal.

C’est ce que nous avons observé dans les articles des journalistes parisiens venus à Perpignan couvrir la campagne de Louis Aliot.

Le Monde a, le 31 janvier, publié un article titré : « A Perpignan, la campagne “ centriste “ du vice-président du Front National. Extrait : « Devant ses sympathisants, au Moulin-à-Vent, la tonalité est toute modérée. Car il est un adage qui court à Perpignan : la ville se gagne au centre. M. Aliot l’a visiblement compris. Il fait une campagne de notable, une campagne pondérée, loin des tonitruances du Front national. Sur les affiches, la flamme frontiste est petite, en bas à droite, comme cachée. Et sous le nom de la tête de liste, on lit : « Avocat, conseiller régional. « La notabilité avant tout. »

Le supplément de L’Express consacré à Perpignan est dans le même registre. Pas étonnant, Le Monde donne souvent le ton. Le papier est titré : « Municipales à Perpignan : la campagne de terrain du “ notable  » Aliot.

« Pour mettre toutes les chances de son côté, le compagnon de Marine Le Pen veille à présenter son profil le plus rassembleur. Il se répète que Perpignan se gagne au centre. Il mène donc une campagne pondérée et ouvre largement sa liste à la respectable « société civile ». Louis Aliot cherche à se donner une image de notable. Sur ses affiches, il se présente comme « avocat, conseiller régional », tandis que la flamme frontiste apparaît en petit. »

Louis Aliot a tellement apprécié ces articles qu’il les a publiés sur plusieurs sites internet du FN.

Le candidat RBM a-t-il fait une campagne de notable, avec toute la rondeur que l’on prête à ce genre de personnage de province ?

Louis Aliot qui est entré très tôt en campagne a massivement et sur une longue période, en quelque sorte pour préparer le terrain, diffusé deux tracts. Le premier illustré par une trentaine de petites images de magasins fermés, rideaux tirés. Avec cette accroche : « Le triste bilan de l’UMP-UDI à Perpignan, un centre ville à l’abandon !!! » Le second maquetté sur le même principe avec des photos de voitures brûlées, de vitrines défoncées. « Avec l’UMPS, ce sont les perpignanais qui sont inquiets, pas les délinquants…Avec Louis Aliot la peur changera de camp !!!

Plus excessif, plus caricatural, plus démagogique, plus populiste, ce doit être difficile à faire !

Manifestement, les journalistes du Monde et de L’express n’ont pas demandé à Louis Aliot de leur montrer les tracts qu’il avait distribués. Ni les affiches qu’il avait collées

di 11 décembre 025

« On est chez nous » est la forme actuelle de « La France au Français ».
Encore un slogan « centriste » !

La presse nationale tout comme la presse locale n’ont pas vu que le FN avait fait une campagne en deux temps. Très dure pendant près de six mois. Avec le logo du FN. Puis “ modérée “ les deux derniers mois avec le logo RBM (Rassemblement Bleu Marine).

Dans un billet du 20 février, nous avions répondu à Jean-Michel Salvador qui, dans les colonnes de L’Indépendant avait écrit : « Le FN est devenu un parti comme les autres. Presque banal. »

On est passé de la diabolisation à l’angélisation.

Pour notre part nous refusons l’une et l’autre. Nous avons, tout au long de cette campagne fait le choix de montrer, avec des faits précis, le FN tel qu’il est et pas tel qu’on voudrait qu’il soit. Nous avons été les seuls à le faire et c’est bien dommage pour la qualité de l’information.

Fabrice Thomas

PS : L’auteur de l’article du Monde est pourtant, avec Caroline Monnot, l’auteur d’un excellent livre, Le système Le Pen.  » Entre professionnalisme et radicalité, entourage officiel et amitiés inavouables, engouement médiatique et travail de terrain, mue politique et islamophobie virulente, on découvre ainsi au fil des pages l’ambivalence savamment entretenue du FN. »

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FN : un parti comme les autres ?

« Le FN est devenu un parti comme les autres. Presque banal. » écrivait, Jean-Michel Salvador dans un billet éditorial publié en page 3 dans L’Indépendant du 15 février. Le chef de l’édition locale tirait les conclusions du déroulement, sans incident, d’un débat auquel Louis Aliot avait participé à l’université : « Un débat organisé sur le campus, jadis haut lieu de tant de batailles idéologiques aujourd’hui obsolètes… Ainsi, jeudi, malgré les craintes, aucun débordement ne fut à déplorer. »

Profondément marqué par des idéologies extrémistes, le vingtième siècle a emporté avec lui une violence politique qui s’exerçait dans les universités plus qu’ailleurs. Une violence dont l’extrême-droite était un des protagonistes. Et puis, ces toutes dernières années, le FN a décidé de gommer son image extrémiste. Il y est en partie parvenu. Les médias ont relayé son nouveau discours sans trop se préoccuper de sa conformité avec la réalité. Mais la vague de démissions d’hommes et de femmes qui avaient récemment rejoint le FN montre les limites de la dédiabolisation. Les nouveaux venus décrivent un parti où règnent racisme et homophobie. Un parti loin des déclarations publiques de ses dirigeants. Les Français sont toutefois de plus en plus nombreux à considérer que le FN est un parti comme les autres.

Nous savons d’où vient le Front National. Il a été porté sur les fonds baptismaux par le rassemblement néo-nazi Ordre Nouveau avec l’objectif de regrouper tous les nationalistes dans un parti qui s’inscrirait dans le jeu politique. Une démarche qui s’inspirait du MSI, parti néo-fasciste italien qui obtenait de bons résultats électoraux. La référence au MSI ira jusqu’à l’adoption du même emblème, une flamme aux couleurs du drapeau national. François Duprat, stratège du mouvement nationaliste-révolutionnaire écrivait: « Cette phase doit voir le parti nationaliste ainsi constitué jouer son propre jeu politique dans la course au pouvoir. C’est à ce moment là seulement que toutes les méthodes de lutte pourront être valablement employées pour provoquer la révolution nationaliste et populaire. »

Mais savons nous où le FN veut aller ? Quand un parti extrémiste pèse autant, il n’est pas inutile de s’interroger sur ce qu’il ferait s’il arrivait au pouvoir. N’est-ce pas son objectif ? Même si sa doctrine sociale et économique a évolué, le FN reste avant tout un parti nationaliste. Il met le nationalisme au-dessus de tout. C’est ce qui explique son attirance pour la Russie et le régime de Poutine. Lors de son voyage en Russie, en juin 2013, Marine Le Pen a multiplié les déclarations complaisantes. Que l’état de droit n’y soit qu’une façade, que ce pays soit parmi les plus corrompus de la planète, que les mafias au pouvoir contrôlent l’économie, que l’on y tue journalistes, avocats et tous ceux qui ne se soumettent pas, ne dérange pas Marine Le Pen. Le nationalisme avant tout. Il est vrai que nationalisme et démocratie n’ont jamais fait bon ménage. La démocratie n’est pas dans l’ADN du Front National. Et il n’y a pas, dans son programme, de proposition qui vise à améliorer son fonctionnement. Ce serait plutôt le contraire, le FN entend prospérer sur la crise du politique et sur le rejet « du système ». Et cela sans nous en dire beaucoup sur sa vision du fonctionnement des institutions. Et ce qu’il expose n’est guère rassurant.

On pourrait se poser la même question si le parti de Mélenchon représentait 20% de l’électorat. Les déclarations de ce dernier sur Cuba et sur le Venezuela ne nous donnent pas l’impression qu’il mette la démocratie au cœur de son projet de société.

La presse a pendant des décennies diabolisé le FN, ce qui n’était pas la meilleure façon de s’opposer à sa progression. A présent, elle participe à sa dédiabolisation et elle le banalise un peu facilement…

Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

Saint-Jacques : le miroir de nos abandons

Deux pages de L’Indépendant (9 décembre) sur la tentation FN des Gitans de Perpignan et pas un mot sur la rencontre entre des chefs Gitans et Jean-Marie Le Pen au cours de l’été 2005 après les émeutes du mois de mai. Mais s’il n’y avait que ça !

Le parti d’extrême-droite n’a pas attendu les municipales de 2014 pour s’intéresser aux Gitans. En plus, les deux journalistes ne disent rien de la première raison qui rend le FN sympathique aux Gitans. C’est par rejet des Maghrébins. Les Gitans de Saint-Jacques et ceux de Millas sont sensibles au discours d’un FN qui leur dit qu’ils sont Français. C’est pour eux très important car ils se projettent beaucoup dans une relation Gitan/Arabe. Surtout depuis les émeutes.

Le dossier est composé de deux articles. Le premier, signé de José Lozano, directeur de L’Indépendant, titre : « Gitans de Perpignan un électorat toujours convoité ». Il y a une première erreur dans le chapeau : « Le vote des Gitans ne seraient pas déterminant dans les élections locales de Perpignan… » Faux ! En 2012, c’est grâce à une mobilisation sans précédent de la communauté gitane que le maire socialiste de Canohès, Jean-Louis Chambon a pu ravir à la droite ce canton qu’elle avait toujours détenu. Mais de cela il n’en est pas question. Comme il y a quelques mois dans la revue Ruixat, le clientélisme c’est les Alduy. Et bien non. Pas seulement. Les Bourquinistes ont, grâce au conseil général, super centre social de distribution des minimas sociaux réussi à prendre le contrôle électoral de Saint-Jacques.

Il est donc inexact d’écrire que le système clientéliste a explosé dans les années 1990. « En cause, écrit José Lozano, l’arrivée des drogues dures et un délitement profond du système patriarcal. Autre difficulté pour les Gitans “ rentrer “ à la mairie devenait plus difficile avec l’arrivée de “ concurrents “ issus d’autres communautés. » Vision totalement erronée. Au cours de cette décennie, Henri Carbonell, maire-adjoint de JPA était conseiller général du canton de Saint-Jacques.

Il faut demander à Claude Barate, lui qui s’est présenté sur le canton après l’invalidation d’Henri Carbonell, s’il avait observé la disparition du clientélisme. Ce dernier a présenté son épouse, Madeleine, qui, ce n’est pas lui faire injure de le dire, était loin de tout ça et n’y comprenait pas grand chose. Elle a toutefois été élue comme une fleur.

En 2012, les Bourquinistes ont mis le paquet. En aides sociales, en subventions à des associations. Les évangélistes, seul groupe structuré de Saint-Jacques, ont du y trouver leur compte.

M. Lozano ignore-t-il tout ça ? Il semble surtout ne pas vouloir froisser le plus important annonceur de L’Indépendant. Le puissant Bourquin.

Toujours un peu sur de lui, Pierre Parrat, le candidat UMP, a sous-estimé le Parti Socialiste et pensé qu’il pouvait succéder à Henri Carbonell sans faire de surenchère. Il ne pouvait toutefois pas mettre sur la table autant que le camp d’en face. Il s’est fait laminer par le puissant rouleau compresseur Bourquiniste.

Bourquin a, en personne, commencé à travailler le quartier à la fin des années 1990. Il y venait souvent. Situé sur la circonscription qu’il avait conquis puis plus tard voulait reprendre à François Calvet, le canton de Saint-Jacques était un réservoir de voix qu’il convoitait particulièrement. Et François Calvet s’appuyait sur Henri Carbonell a qui il donnait un salaire d’attaché parlementaire.

C’est un peu énervant de lire un papier qui n’a rien à voir avec la réalité, parce que manifestement la réalité, José Lozano ne s’y est pas intéressé.

Comment a-t-il pu faire l’impasse sur le fait que Saint-Jacques vivait d’aides sociales ? D’aides sociales dont le conseil général est le guichet. Dans la réalité, on est loin d’un quartier « abandonné des hommes, des dieux et quelquefois disent ses habitants de la police. » Loin de ce cliché misérabiliste. Y a-t-il sur la planète beaucoup d’endroits où se déverse autant d’argent public ? Tous les minimas sociaux, les allocations diverses, variées et par toujours dues (allocation de parent isolé), la CMU qui assurent un haut niveau de soins de santé, les crédits injectés dans la rénovation et la réhabilitation des maisons et des immeubles… Quant à la police elle pourrait peut-être faire faire mieux, mais sans son travail, il y a longtemps que le quartier serait à feu et à sang. Les habitants du quartier ne devraient d’ailleurs jamais oublier un dimanche soir de mai 2005. Si la police n’avait pas été sur place dans les instants qui ont suivi le deuxième meurtre quand le quartier a été attaqué par des centaines de personnes d’origine maghrébine, le massacre était assuré.

On ne fait pas du journalisme avec des ragots. Et dans ce domaine le second papier, signé Isabelle Bley, n’est pas mieux que le premier. Il est entièrement constitué de propos anonymes. Il s’en dégage certes plus de vérité. Par exemple : « Nous n’avons pas de parti. On va continuer avec ceux qui vont nous aider. On votera pour le plus offrant. »

Faire du journalisme ce n’est pas non plus plaquer des stéréotypes idéologiques sur une situation quelle qu’elle soit. Tout le monde parle de l’état de vétusté des maisons. Il y a quinze jours de cela nous sommes entrés dans un petit immeuble de trois étages comptant plusieurs appartements. Il est dans un état de dégradation épouvantable. Impossible d’imaginer qu’il avait entièrement été rénové il y a une dizaine d’années. Nous avons déjà ici évoqué la rénovation des appartements des HLM de la place du Puig en 2000. Dix ans après, l’Etat a remis des crédits importants sur cette cité. Pour quoi faire ? Pour refaire tous les logements.

Que le FN, lui qui est obsédé par la dénonciation du communautarisme, vienne chercher sa part du gâteau électoral gitan n’étonnera personne. Flatter le communautarisme gitan lui rapportera sans doute quelques voix. Louis Aliot est un camelot comme les autres.

Nous avons dans cet article eut droit aux poncifs sur la drogue qui tue la communauté gitane. Ce n’est pas ça qui tue les Gitans. Ce qui les tue c’est la déscolarisation massive qui fabrique des individus primaires et frustrés, des associaux, des délinquants. Mais ça personne ne le dit. Et pour cause. Ce n’est pas avec ça que l’on attrape les voix gitanes.

Mais un jour peut-être, un homme, une femme, se lèvera et dira au Gitans : « Mettez vos gosses à l’école sinon on vous coupe les vivres. » Quand tous les enfants du quartier iront à l’école, les Gitans sortiront d’un assistanat destructeur et ils retrouveront leur dignité d’hommes.

En attendant, Saint-Jacques est le miroir de nos abandons moraux et politiques. Fabrice Thomas

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FN : un parti fondé sur les glacis du Vichysme et de l’OAS

De passage à Colombey-les-Deux-Eglises, le 9 novembre, journée d’hommage au général de Gaulle, quelle n’a pas été notre surprise d’apercevoir Florian Philippot, numéro 2 du FN. Certains politiques ont commenté cette présence en déclarant que le général de Gaulle n’appartenait à personne. Cette vision est un peu courte. Pouvons nous oublier que ceux qui ont fondé le Front National étaient du côté de Pétain et de Hitler ? De ceux-là même qui, en août 1940, ont condamné à mort le général de Gaulle. Le devoir de mémoire n’est pas uniquement destiné à ne pas oublier les victimes. Il doit aussi servir à garder le souvenir de tous ceux qui ont refusé la défaite et la soumission au Troisième Reich. De Gaulle a été le premier et le plus illustre de ces combattants. Et la croix de Lorraine était l’insigne d’hommes et de femmes prêts à donner leur vie pour abattre la francisque de Pétain et la croix gammée d’Hitler.

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Les nouveaux dirigeants du FN ont-ils changé le nom de leur parti ? Non. Ont-ils déclaré qu’ils ne se reconnaissaient pas dans ses fondateurs et leurs engagements au service de la collaboration et du nazisme ? Non

Filippot a déclaré que c’était à titre personnel qu’il avait déposé une gerbe sur la tombe du général De Gaulle. Ce qui ne veut rien dire. Car il ne serait rien et personne ne ferait attention à lui s’il n’était pas le numéro 2 du FN.

L’anti-gaullisme de l’extrême droite s’est forgé sous le régime de Vichy et il a été ravivé par la guerre d’Algérie. On peut facilement comprendre que les hommes et les femmes arrachés à la terre d’Algérie ne portent pas De Gaulle dans leur cœur. Mais peut-on avoir la moindre indulgence pour un Louis Aliot qui, 50 ans après, lors d’un meeting à Bompas, le 11 mars 2011, jour anniversaire de l’exécution de Bastien-Thiry rendait un vibrant hommage à l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart contre le président de la République ? Un homme politique capable de tenir de tels propos n’est clairement ni un démocrate, ni un républicain. Il est un dirigeant d’extrême-droite avec tout le sens que l’histoire a donné à ces deux mots. Fabrice Thomas

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Légende photo : Le commando dirigé par Bastien-Thiry a tiré 150 balles sur le cortège du général de Gaulle. La voiture dans laquelle se trouvait le président de la République est exposée au Mémorial de Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises.

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Le vrai visage de Louis Aliot

Dimanche 27 octobre, j’ai lu mon nom dans L’Indépendant. Ce n’était pas arrivé depuis si longtemps que j’avais envie de remercier Frédérique Michalak en lui déposant quelques roses.

J’aurais gardé les épines pour Louis Aliot que je tiens à féliciter pour sa clairvoyance. Il a en effet compris que je ne serai jamais un relais complaisant du Front National.

Je fais mon travail d’information en étant avant tout fidèle aux faits. Mon rôle n’est ni d’aider, ni de combattre le Front National. Mais il est aussi de dire que le FN ne se comporte pas comme un parti démocratique. Il est systématiquement et violemment allergique à la critique. J’en sais quelque chose. Ce n’est pas la première fois que je subis les foudres de Louis Aliot. En 2011, il m’avait désigné à la vindicte de la salle lors de son discours au salon du savoir-faire pied-noir. Il l’avait fait en sachant très bien que des excités pouvaient prendre ça pour un encouragement à m’agresser.

Il est dans la nature des idéologies totalitaires d’utiliser tous les moyens pour faire taire et pour discréditer ceux qu’elles considèrent comme des ennemis.

« Je n’ai pas à répondre à ce genre d’argumentation qui relève de la Gestapo. » Voilà ce qu’a répondu Louis Aliot à un journaliste de Médiapart qui l’interrogeait sur sa relation salariale avec Marine LePen.

Voici quelques extraits de ce qu’il a écrit après la publication de l’enquête : « Médiapart a pondu son œuf ! Un œuf pourri puant la haine et la vindicte… » « Xavier Bertrand avait parlé de “ méthode fasciste “. Je me demande s’il n’avait pas un petit peu raison »… « De ce point de vue là, Médiapart s’inscrit dans une longue tradition de journaux de délation… »

Louis Aliot n’avait pas accepté que Médiapart révèle qu’il était l’attaché parlementaire européen le mieux payé : 5 000 euros pour 17 heures par semaine, pour être, en violation du règlement de cette assemblée, l’employé de sa compagne. Une information sur laquelle la presse locale a honteusement fait le silence. J’y ai consacré deux articles. 5 000 euros pour 17 heures par semaine qui s’ajoutent à ses honoraires d’avocat et à ses indemnités de conseiller régional. Par comparaison, l’attaché parlementaire de Maïté Sanchez-Schmid, gagne 3 000 euros pour un travail à plein temps et il n’est pas parmi les plus mal payés.

Louis Aliot me salit avant même d’avoir obtenu une réponse du maire de Perpignan sur le travail sur les incivilités que j’ai fait en 2012. Il va même jusqu’à violer la loi sur la présomption d’innocence en brandissant une condamnation qui n’est pas définitive. Je lui répondrai sur les deux sujets.

De plus, si les incivilités sont une problématique qui l’intéresse, il pourra dans quelques mois se rendre dans une librairie acheter : « Incivilités : Il est urgent de réagir à la dégradation du vivre ensemble ».

Nous aurons l’occasion de revenir sur les méthodes d’intimidation auxquelles Louis Aliot a recours. Car il va loin. Très loin. Trop loin.

Il est où le sympathique Louis Aliot ? C’est une façade. Comme la dédiabolisation. Quand on est d’extrême-droite, on n’est pas gentil. Nous n’avons pas le droit d’oublier que ces gens-là ne sont pas des humanistes. Fabrice Thomas

Municipales : ça commence mal !

Le FN a tiré le premier avec un tract distribué depuis quelques semaines dans tous les quartiers de la ville.

Le parti d’extrême-droite nous a tellement habitué à ses excès que l’on n’y prête presque plus attention. Mais là, il est vraiment allé très loin dans la caricature.

Ces dizaines de photos de commerces aux rideaux baissés donnent une image totalement déformée de la réalité.

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En diffusant cette vision misérabiliste Aliot joue contre le centre ville. Ce qu’il montre revient à faire une campagne disant : regardez dans quel état est le centre ville, n’y mettez pas les pieds.

Comme l’histoire nous l’a montré, l’extrême-droite a toujours fait du catastrophisme. C’est l’une des bonnes vielles techniques qui assurent la prospérité de son fonds de commerce et celle du couple Le Pen-Aliot. Quel commerçant de Perpignan gagne autant d’argent que l’attaché parlementaire de madame Le Pen ? 5 000 euros pour 17 heures de travail hebdomadaire. Et cela pour rédiger des analyses de politique étrangère. Domaine dont M. Aliot est un grand spécialiste. C’est ce qu’il nous demande de croire.

La démagogie du FN donne la clef de compréhension de son échec complet dans l’administration des villes qu’il avait conquit dans les années 1990. Une fois aux responsabilités, il faut faire face à la réalité, apporter des réponses concrètes. Mais ça, il ne sait pas le faire. Il n’a pas le logiciel “ gestion de la cité “.

Louis Aliot en fait lui-même la démonstration quand il « s’engage à : Mettre un terme définitif à l’insécurité » à Perpignan.

Quand on lui demande comment il s’y prendra, il répond que la police municipale fonctionnerait 24h sur 24 et qu’il recruterait 30 policiers municipaux.

Sachant que pour avoir un seul policier 24 heures sur 24, il faut quatre postes, on ne voit pas comment Louis Aliot ferait des miracles et pourrait « Mettre un terme définitif à l’insécurité ».

Il est regrettable que personne ne réponde à la démagogie du FN.

A l’UMP, on ménage le FN. Pas d’attaque contre Louis Aliot. C’est la ligne de Pujol et de Sitja. Contrarier le compagnon de Marine Le Pen, c’est s’exposer à des représailles. Bourquin et Cresta ne bougent pas davantage. Car plus le FN sera haut, plus l’UMP sera basse. C’est leur unique recette électorale pour conquérir la ville. Et la ville ils la veulent. Contrairement à ce qu’écrit notre éminente consoeur, Frédérique Michalak dans l’Indépendant, les Bourquinistes ne font pas l’impasse sur l’élection municipale de 2014. Ce sont des propos qui visent à endormir l’UMP.

L’UMP comme le PS jouent à un jeu dangereux qui ne peut qu’aboutir à renforcer l’influence du Front National. Fabrice Thomas

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