L’incroyable come-back de Tatie Danielle

Danielle Pagès a toujours joué les seconds rôles quand elle n’a pas fait la doublure, en particulier comme suppléante de François Calvet et voilà qu’à 68 ans elle obtient un premier rôle. Elle a été investie comme candidate des Républicains sur la 3 ième circonscription dont Ségolène Neuville est la député sortante. Ce choix est d’autant plus étonnant qu’en 2010 Danielle Pagès, conseillère régionale sortante, avait été écartée de la liste pour cause de renouvellement.

Ce n’est pas sa notoriété qui lui vaut cette investiture. Qui connaît l’inamovible maire-adjointe de Perpignan ? Pas grand monde. Une action, une réalisation qui soit attachée au nom de celle qui siège à la mairie depuis 30 ans ? Alors pourquoi cette retraitée, cette femme de l’ombre qui depuis longtemps supervise avec efficacité le service ressources humaines de la mairie est-elle apparue aux Républicains comme la meilleure candidate pour reprendre la circonscription à une Ségolène Neuville qui ne manque pas d’atouts ?

D’un côté Ségolène Neuville, médecin, secrétaire d’Etat, 47 ans en 2017, de l’autre la diaphane Danielle Pagès, 69 ans au moment où les électeurs seront appelés aux urnes pour élire les députés.

La droite ne met manifestement pas tous les atouts de son côté.

– Pourquoi n’a t-elle pas poussé un Jean Castex hésitant  ?

– Pourquoi n’a t-elle pas misé sur la jeunesse, la pugnacité et le dynamisme de François Lietta qui était candidat à l’investiture ?

– Pourquoi n’a t-elle pas lancé une femme de la même génération que Ségolène Neuville ou plus jeune ?

Le très prévisible affaissement électoral du PS mettant cette circonscription à la portée de la droite on est obligé de se demander pourquoi elle n’envoie pas un meilleur candidat ?

Certains y voient une manœuvre de François Calvet. Ne serait-il pas en train de préparer sa réélection au Sénat ? Ne serait-il pas à la manœuvre pour refaire le coup d’octobre 2011 ? Il s’est fait élire au Sénat grâce à une alliance avec le PS ? Dans le plus grand secret Bourquin et Calvet avaient chacun de leur côté convaincu des grands électeurs de voter Bourquin-Calvet dès le premier tour. Au grand dam et aux dépens de Jean-Paul Alduy sénateur sortant qui fut battu. Le chef de la droite et celui de la gauche s’étaient entendus comme larrons en foire pour assurer leur élection au Sénat.

La candidature de Danielle Pagès peut être comprise comme un cadeau fait à Ségolène Neuville qui est aussi la patronne départementale du PS. Et un cadeau, surtout en politique, en appelle toujours un autre.

Fabrice Thomas

PS : Elections sénatoriales, 24 septembre 2017

contact : c.politique@orange.fr

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Les républicains : des investitures Sarkozystes

Il eut été logique que les investitures aux législatives soient attribuées après la primaire à droite. Mais prêt à tout pour gagner cette compétition entre les candidats de droite à la présidentielle, le président des Républicains, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à instrumentaliser les investitures en donnant la priorité à ceux qui le soutiennent. Ce qui explique le choix de Daniel Mach au détriment de Romain Grau (représentant d’Alain Juppé dans les P-O)

A-t-on choisi le candidat le plus à même de faire gagner son camp ? Manifestement non. Mais ce n’était clairement pas l’objectif.

Daniel Mach a pourtant ces dernières années beaucoup perdu en crédibilité. En devenant l’attaché parlementaire du sénateur François Calvet et en créant une société de conseil (Questions Réponses) au caractère nébuleux. Candidat à toutes les élections, alors qu’il est déjà maire et vice-président de la communauté urbaine, cet accro des mandats et des avantages qu’ils procurent collectionne les revers électoraux en s’obstinant à penser que son heure reviendra.

Mais posons la question la plus importante. Que vaudront les investitures Sarkozystes si demain Alain Juppé sort vainqueur de la primaire ? Pas grand chose.

Fabrice Thomas

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