Perpignan : le pire est possible !

21 mars 2014 023

Il faudra un peu de recul, le temps de regarder les résultats de près, pour pouvoir faire une analyse fine du scrutin perpignanais. Mais il y a des évidences.

A la présidentielle de 2012, Marine Le Pen avait à Perpignan recueilli 11 220 voix avec une participation de 75,85%.

Avec 20% de participation en moins, Louis Aliot rassemble 12 986 voix.

34,19% des voix. Un électeur sur trois.

C’est impressionnant.

Où est-il allé les chercher ?

En tous cas ce soir à Perpignan, l’extrême droite arrive en tête avec 3,63% d’avance sur le maire sortant Jean-Marc Pujol.

Louis Aliot améliore le meilleur score réalisé par le FN dans une ville de plus de 100 000 habitants. Ce record était détenu par Jean-Louis De Noëll qui au premier tour des municipales de 1995 avait atteint 32,71%. Plus qu’à Toulon où le candidat qui emporta la ville au second tour avait rassemblé 31,03% des votes.

Certes le contexte de 1995 était particulier. Deux ans plus tôt, lors d’élections municipales partielles le candidat de droite, qui était le favori de ce scrutin, Claude Barate, s’était cassé les dents sur le fils Alduy. Et comme en 1995, il n’y avait pas de candidat de droite (Alduy ne l’avait pas encore rejoint), un grand nombre d’électeurs de droite étaient allés voter FN.

En 2014, Louis Aliot avait fait disparaître le logo du FN. Mais cela change t-il quelque chose ?

Mais faut-il s’étonner que le pire se produise quand toutes les conditions sont réunies pour qu’il se produise ?

On évoque ici et là un Front républicain pour faire barrage à l’extrême-droite. C’est une idée sur laquelle nous sommes depuis longtemps réservés. Tout simplement parce qu’il nous semble normal que le FN ait des élus dans les assemblées communales, départementales, régionales et nationales.

Mais voulons-nous que Louis Aliot, dirigeant national d’une parti d’extrême droite soit maire de notre ville ?

Il nous semble que la seule question qui se pose à chaque électeur est simple et claire.

On entend dire que la victoire de Jean-Marc Pujol ne fait aucun doute. Nous ne partageons pas cet avis.

Certes Aliot n’a pas de réserve de voix. Certes ceux qui ont voté pour lui n’ont pas tous envie que la ville tombe aux mains de l’extrême-droite et d’un homme davantage doué pour la dénonciation que pour la gestion.

Mais dans une ville qui s’abandonne si facilement à l’ivresse du pire, tout n’est-il pas possible ?

Fabrice Thomas
Contact : c.politique@orange.fr

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