Fichier communautaire : des accusations qui sentent vraiment mauvais !

Aliot a réussi son coup, la presse locale a largement repris ses attaques contre la mairie de Perpignan qu’il accuse d’avoir constitué un fichier des fonctionnaires territoriaux par ethnie ou origine. Relayer des accusations aussi graves sans procéder à des vérifications sur la réalité des faits ne fait-il pas un peu facilement le jeu du FN ?

A la manœuvre, Roger Belkiri, colistier de Louis Aliot qui écrit : « J’apprends ce jour qu’une enquête a été diligenté par le parquet suite à la saisine d’un représentant d’une association harkie, concernant l’existence d’un fichier municipal classant les fonctionnaires territoriaux par ethnie ou origine. »

Quel représentant, quelle association ? Pourquoi ne se sont-ils pas nommés ? Pourquoi ne se sont-ils pas fait connaitre ? Comment M. Belkiri en est-il informé ? Au regard du flou qui entoure ses accusations on peut se demander si le représentant de cette association de harkis n’est pas un proche du FN.

Louis Aliot appuie ses accusations sur un interview de Jean-Paul Alduy publié par L’Indépendant il y a près de dix ans, le 29 juin 2005, quelques semaines après les émeutes du 23 mai… Thomas Hirsch demandait au maire : « Soyons clairs : pour des raisons politiques, favorisez-vous la population gitane de Saint-Jacques, notamment en terme d’emplois municipaux ? Réponse de JPA : « On n’a pas le droit en France de distinguer dans l’embauche l’origine ethnique ou les opinions politiques des gens. Heureusement d’ailleurs. Pour couper court aux rumeurs je tiens à communiquer quelques chiffres : l’ordre de grandeur des fonctionnaires municipaux français d’origine Gitane employés doit être de 80. L’ordre de grandeur des fonctionnaires municipaux français d’origine maghrébine employés doit être de 200. Soit un total de 2 500 employés ; on est loin des fantasmes évoqués ici et là ! »

Louis Aliot tire de la lecture de cet interview, la certitude de l’existence d’un fichier communautaire : « Comment le maire peut-il ignorer ce fichier puisque son prédécesseur était très précis dans ses affirmations chiffrées ? »… « Cet article du journal L’Indépendant du 23 juin 2005 prouve la réalité d’un fichier précis. »

A l’époque où le maire de Perpignan a fait cette réponse à L’Indep, des tas de rumeurs faisaient régner un climat délétère. Selon la plus répandue : des centaines de gitans travaillaient à la mairie de Perpignan et pratiquement personne d’origine Maghrébine. Sérieusement, n’importe quel maire qui connait sa mairie est en mesure de donner des indications sur la composition du personnel de sa commune sans avoir besoin de constituer un fichier ethnique. Il a également des directeurs de service qui peuvent le renseigner. Et dans le contexte des évènements de 2005, où les dégâts provoqués par la rumeur dépassaient les dommages matériels, il était indispensable que le maire apporte des éléments de réponse.

En l’état actuel, les accusations de constitution d’un fichier ethnique des personnels municipaux de la ville de Perpignan évoque principalement l’hypothèse d’une provocation du FN se situant dans la bonne tradition de l’extrême-droite.

 » Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose  »

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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