Les cantonales sont lancées

Faux électeurs

L’affaire des faux électeurs du Barcarès devrait être jugée avant la fin de l’année. Une vieille histoire… qui date des élections cantonales de 2004 et pour laquelle les époux Ferrand avaient été mis en examen en 2006. Pourquoi les affaires impliquant des politiques trainent-elles aussi longtemps dans les armoires des tribunaux ? Le temps joue en général en faveur des prévenus. Lors de plusieurs procès visant des élus on a entendu le procureur faire des réquisitions en demandant au tribunal de prendre en compte l’ancienneté des faits. Cela permettra t’il à Alain et à Joëlle Ferrand d’échapper à la privation de leurs droits civiques ? C’est le risque qu’ils courent si la justice devait considérer que les faits sont établis.

Un rendez-vous avec la justice qui s’ajoute à l’information que nous avons donnée en septembre sur la fin de l’instruction de l’affaire sur les marchés publics dans laquelle Joëlle Ferrand était mise en examen.

JPA par ci, JPA par là

Jean-Paul Alduy est un retraité de la politique de plus en plus actif. Pas une semaine sans qu’il ne mette son grain de sel : sur le cadran solaire à 300 000 euros de MA2F, sur l’implantation d’Ikéa… Un jour il se montre à une inauguration et un autre à l’ouverture d’un nouveau commerce. Il a expliqué, lors d’une réunion de l’UDI, que son rôle se limiterait à soutenir des jeunes, à contribuer au renouvellement générationnel. Il soutient le retour de Fabrice Villard, son ex directeur de cabinet à l’agglo et prétendant malheureux à sa succession à la mairie. JPA avait finalement préféré Jean-Marc Pujol. Villard avait en 2009 rejoint François Rivière qui lui aussi, en 2008, s’était cassé les dents sur la mairie de Perpignan. Ils avaient ensemble pris le contrôle du Parti radical valoisien. Une aventure qui ne les avait pas menés bien loin. Fabrice Villard a pendant plusieurs années été directeur d’Espi. Une collaboration à laquelle François Rivière, le patron d’Espi, a mis un terme. Fidèle au centre, Fabrice Villard revient avec l’UDI.

Le tandem Alduy-Villard semble se reconstituer et JPA donne la forte impression de vouloir continuer de peser sur la vie politique locale.

Cantonales : Calvet accusé de jouer perso

Le président de l’UMP, François Calvet doit avoir les oreilles qui sifflent. De toute part les critiques fusent sur les candidats à l’investiture UMP qu’il propose pour les cantonales de mars prochain. Il est accusé d’utiliser les cantonales non pour reconquérir le conseil général mais pour assurer sa réélection au sénat en 2015. Il ne choisirait pas les meilleurs candidats, mais les élus en place, surtout les maires qui, en retour, ne manqueront pas de lui apporter des voix de grands électeurs.

L’Olivier se lance dans les cantonales

Bruno Delmas a tapé comme un sourd sur la classe politique locale devant 150 personnes venues assister au lancement de la campagne des cantonales de L’Olivier au Castillet. Taper sur les politiques fait toujours recette. Surtout par les temps qui courent. Jamais le rejet des politiques n’a atteint un tel niveau. Son constat de l’état dans lequel est le département est également brutal : « Nous sommes au stade de la mort clinique ».

Il appelle à constituer un rassemblement au delà des clivages politiques : « Il faut faire tomber les murs entre le peuple et la classe politique. »… « Nous sommes face aux urnes et aux tenants du pouvoir. » Le président de L’Olivier a lancé des idées et indiqué des pistes pour reconstruire le département et faire de cette reconstruction un exemple pour la France entière.

Mais comment Bruno Delmas et les siens feront-ils pour échapper aux dérives électoralistes qu’ils dénoncent ? Suffit-il de proclamer que lorsque l’on sera au pouvoir on fera mieux que ses prédécesseurs ? En 1998, Christian Bourquin, alors accompagné de Bruno Delmas dénonçait avec une rare violence la classe politique en place et l’inertie du département. Qu’est-ce que ça a donné ? On est passé du clientélisme paternaliste au clientélisme sectaire. Bruno Delmas ne tire pas les leçons de cette malheureuse expérience. Mettre fin à l’électoralisme, au clientélisme, au favoritisme, oui, mais par quelles mesures concrètes ? Rien n’est proposé alors que la critique des pratiques politiques est le cœur du discours de L’Olivier. Sans changement des règles et des pratiques on est certain de revivre les mêmes dérives.

Comment un discours principalement axé sur la dénonciation pourra t-il éviter de glisser vers le populisme ? Un populisme aux accents locaux qui entrera en concurrence avec celui du FN.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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