Pour que la France reste la France

Dans ce que nous propose un homme politique, on n’est pas obligé de tout approuver ou de tout rejeter. J’apprécie tout particulièrement chez Manuel Valls son engagement en faveur de la laïcité. Un engagement que je pense sincère et profond. Car s’il était seulement guidé par de l’électoralisme, il aurait mieux valu qu’à l’instar de Benoît Hamon, il défende une laïcité soft qui fait semblant d’ignorer l’emprise du fondamentalisme sur une partie importante des populations musulmanes. Qu’il est facile comme l’a fait Benoît Hamon face à son adversaire de proclamer que les femmes qui portent librement le voile doivent être libres de le faire ! Cela alors que nous savons que le développement de cette pratique accompagne l’essor de l’intégrisme islamique. Pour un humaniste, qu’il soit de gauche, de droite, du centre ou d’ailleurs, l’infériorisation de la femme n’est pas acceptable.

La laïcité n’est pas, comme la présente Benoît Hamon, de façon restrictive, la séparation de l’église et de l’état. C’est avant tout une vision de l’individu libre de ses choix philosophiques. La liberté, l’égalité et la laïcité tels que Manuel Valls les articulent sont notre seul corpus politique pour contrecarrer le fondamentalisme musulman et empêcher que demain plusieurs millions de personnes vivent dans ce pays en y étant étrangères parce qu’on leur aura imposé les mœurs des intégristes musulmans. Et cela se sera fait avec la complicité de tous les élus de droite et de gauche qui auront fait passer leur élection avant les valeurs de la République. Avant la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité.

Manuel Valls défend aujourd’hui avec courage une conception qui n’est pas majoritaire.. Mais j’espère que l’avenir donnera raison au seul homme politique qui a fait des valeurs de la République et de la laïcité un combat pour que la France reste la France

 

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

Les dangereux choix de Jean-Marc Pujol

Deux crèches à la mairie, une exposition de crèches à l’ancien mess des officiers, crèche encore au Castillet et dans d’autres bâtiments publics. La maire de Perpignan n’a pas fait dans la demie-mesure.

La laïcité impliquait la neutralité des bâtiments publics jusqu’à ce que le Conseil d’état dans une décision récente juge que leur installation temporaire est légale «  si elle représente un caractère culturel, artistique ou festif mais non si elle exprime la reconnaissance d’un culte ou une préférence religieuse. »

Quelle hypocrisie ! La représentation de la nativité n’a rien à voir avec le Père Noël et les guirlandes. Pour la majorité de nos concitoyens, la crèche est indissociable du catholicisme.

Et ce n’est pas pour faire joli que Robert Ménard et les élus du Front National ont mené une croisade pour l’installation de crèches dans les mairies. Ils se réclamaient clairement d’une religion. Cela au nom d’une étrange conception de la laïcité qui voudrait qu’elle ne s’applique pas au catholicisme qui serait la religion de notre pays.

Lors de la messe de minuit à l’église de la Réal, le père Blondeau a tenu, dans son homélie, à rappeler que la crèche n’était pas un élément de folklore. Un point de vue qu’il a, à son habitude, brillamment et simplement expliqué.

Tout comme le FN, Jean-Marc Pujol répond au communautarisme d’une partie des musulmans en jouant la carte du repli identitaire au lieu de défendre les valeurs de la République qui doivent unir les Français quel que soit leur religion ou leur choix philosophique. La citoyenneté est le ciment de la République.

Il ne doit pas être simple de mettre une crèche à la mairie et d’aller le lendemain expliquer les bienfaits de la laïcité dans les quartiers où elle est contestée. Pour monsieur Pujol ce n’est pas un problème. Car ce n’est pas son problème. Il n’a qu’un objectif, et c’est sa priorité, conserver l’électorat musulman sans lequel il aurait perdu son fauteuil de maire en 2014. Il a pour cela une recette miraculeuse, l’échange de mosquées contre des voix. Comme on l’a vu à Maillol. Comme on l’a encore observé très récemment avec la signature du permis de construire pour un centre culturel et cultuel turc. On ne peut pas dire que le maire de Perpignan milite en faveur d’un islam progressiste, d’un islam compatible avec les valeurs de la République. Tout simplement parce qu’il n’a dans ce domaine, aucune autre vision qu’étroitement électoraliste. Pourquoi ne fait-il pas savoir aux responsables de la grande mosquée qu’il est inacceptable que leur imam ne parle pas français ? Pourquoi la mairie de Perpignan subventionne-t-elle une association dont la responsable est une ardente militante anti-laïcité ?

Nous allons payer très cher les choix électoralistes de monsieur Pujol. En renonçant à la laïcité, il abandonne le terrain aux fondamentalistes qui sont déjà très influents dans les quartiers. Il ne faudra pas demain venir s’étonner que l’islam intégriste s’impose aux populations des quartiers à majorité musulmane et qu’il produise des individus habités par la haine de la République et de la France.

Fabrice Thomas

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Les deux crèches exposées à la mairie de Perpignan. L’une et l’autre derrière des barreaux. Faut-il y voir la représentation d’une identité assiégée ? C’est en tout cas une parfaite illustration de la vision de repli du maire de Perpignan.

Contact : c.politique@orange.fr