Chassez le naturel il revient au galiot !

« Le dérapage par SMS de Louis Aliot candidat du Front National à Perpignan ». Tel est le titre du bandeau de une de L’Indép de samedi 22 mars.

23 mars 2014 004

Vendredi matin à 7h17, Frédérique Michalak, chroniqueuse politique de L’Indépendant reçoit un SMS de Louis Aliot. Il n’est pas content qu’elle ait publié une brève indiquant que six électeurs de sa liste, dont cinq dans les dix premiers, ne sont pas inscrits sur la liste électorale de Perpignan. Louis Aliot indique qu’il boycottera la soirée électorale que L’Indép organise dimanche à son siège.

Une demie-heure plus tard, à 7h43, la journaliste reçoit un nouveau SMS qui manifestement ne lui était pas destiné et sur lequel elle lit : « Je viens de signifier à cette pute de Michalac, que dimanche je ne me déplacerai pas dans sa boutique. Elle courra derrière l’info. J’écris ce matin à son patron… »

Jean-Michel Salvador qui consacre un long papier à l’affaire nous apprend également qu’Aliot a envoyé un troisième SMS à F. Michalak. Pour s’excuser pour le SMS qui ne lui était pas destiné. Mais le dirigeant national du FN se trouve des circonstances atténuantes : « Je trouve que notre traitement n’est pas respectueux. »
Voilà avec quelle violence Louis Aliot réagit auprès des siens à un article qui lui a déplu.

Nous ne sommes pas surpris. Tout simplement parce que ce n’est pas le premier dérapage de Louis Aliot. Quand en juillet 2013, un journaliste de Mediapart l’interroge sur son salaire d’attaché parlementaire européen de 5 000 euros par mois pour un travail à mi-temps, il lui répond : « Je n’ai pas à répondre à ce genre d’argumentation qui relève de la Gestapo. » Puis sur son blog, Louis Aliot commente les révélations du site d’Edwy Plenel : « Mediapart a pondu son œuf ! Un œuf pourri puant la haine et la vindicte… » « Mediapart s’inscrit dans une longue tradition de journaux de délation… »

La simple relation de faits vérifiés transforme le gentil Louis Aliot en soudard.

Nous en avons fait l’expérience en 2011 simplement pour avoir rapporté que lors d’un meeting à Bompas, Louis Aliot avait, le jour anniversaire de l’exécution de Basten-Thiry, rendu un vibrant hommage à l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle.

C’était des faits. Rien que des faits.

Quelques mois plus tard, dans un discours prononcé au Barcarès, au Salon du savoir-faire pied-noir, Louis Aliot est revenu sur ses propos en les justifiant et en nous désignant nommément à la vindicte de la salle. Louis Aliot, plus tard, a nié avoir eu un tel comportement. Mais il y a un enregistrement et quatre autres journalistes étaient présents.

La brève de Frédérique Michalak sur les colistiers de Louis Aliot n’était pas sévère. Il est vrai qu’elle touche à un sujet sensible pour Louis Aliot. Depuis deux ans il annonce une liste avec de grosses surprises, avec des personnalités perpignanaises. Au bout du compte, on constate qu’il n’est pas sorti de son vivier naturel et que sur la ville le FN est si démuni qu’il a du aller chercher des candidats ailleurs. Le numéro 3 de sa liste, Bruno Lemaire, habite et vote à Laroque-des-Albères. Le numéro 5, Xavier Baudry, habite et vote au Boulou. Puis il y a ceux qui sont inscrits sur la liste électorale et qui n’y habitent pas. La numéro 2, Clotilde Font-Gavalda réside à Canet. La numéro 4, Marie-Thérèse Fesenbeck habite à Villeneuve-de-la-Raho. Et Louis Aliot habite à Saint-Cloud plus souvent qu’à Millas. Voilà ce qu’il en est, seulement pour les cinq premiers de la liste.

Toute l’histoire du SMS d’Aliot est à lire dans L’Indépendant de ce jour, samedi 21 mars.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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