Hommage à Bourquin : Bruno Delmas en a trop fait

Qu’un homme politique ait accompli de grandes choses ou pas, au moment où il quitte le monde des vivants, il est enseveli sous quantité d’hommages. Même ceux qui l’ont âprement combattus doivent se soumettrent à cette convention et chanter ses louanges. Pourtant personne n’est dupe. Surtout quand les panégyriques contrastent trop avec la réalité.

 La presse a elle aussi manié l’encensoir. Au point de déclencher des sourires à la lecture d’articles dont l’objet n’était pas d’amuser la galerie. Ainsi Vincent Couture dans L’Indép présente Christian Bourquin comme  « Le phare politique des Catalans ». Un journaliste peut toujours se laisser emporter par sa plume. Mais en relisant son papier, les responsables de la rédaction auraient pu tempérer ses ardeurs.

 Mais personne n’est allé aussi loin que Bruno Delmas dans son hommage titré « Adieu l’ami », il réussit le tour de force de parler davantage de lui que du défunt. Et il se taille une stature aussi grande que celle qu’il prête à Christian Bourquin. Une véritable auto-célébration.   

 Bruno Delmas tient à partager avec Christian Bourquin la conquête du conseil général en 1998 : « J’ai eu le privilège de participer – activement – à ses débuts. Ces moments furent exceptionnels à plus d’un titre : nous avons accompli des choses que d’aucuns croyaient impossibles (gagner le département) »… « A quelques mois des élections cantonales de mars 98, nous étions encore tous les deux seulement à croire au renversement du conseil général. » … « La veille de son élection, j’écrivais son premier discours de président, chez lui à Millas, jusqu’à quatre heures du matin. »

Les deux hommes étaient incontestablement animés par un esprit de conquête. Ils sont tous les deux de la race des guerriers. Mais en politique, bien qu’elle soit très utile l’audace ne suffit pas. Il faut aussi avoir de la chance. Cette chance se nomme Alduy. Voulant détruire le RPR de Claude Barate, il a présenté des candidats qui ont fait chuter plusieurs sortants de droite. Même schéma trois ans plus tard en 2001, ce qui permettra à Christian Bourquin de renforcer sa majorité.

Passons sur les trois années pendant lesquelles Bruno Delmas est le directeur de cabinet de Christian Bourquin dont il se montre l’alter-ego. En 2001, c’est le clash entre les deux hommes. Soutenu par Jacqueline Amiel-Donat et Pascal Provencel, Christian Bourquin congédie Bruno Delmas. Il a eu besoin de cette personnalité forte et brillante pour conquérir le pouvoir mais à présent il lui fait de l’ombre et il risque de lui en faire davantage car il a des ambitions politiques, notamment celle de devenir député en prenant la place d’Henri Sicre.

A partir de là, s’ouvrent plusieurs années de conflit très dur. Notamment au sein de la fédération du PS. Et c’est Bruno Delmas qui fournit les munitions qui débouchent sur des enquêtes judiciaires et sur les deux condamnations de Christian Bourquin par un tribunal correctionnel dans l’affaire du chèque aussi appelé affaire du chauffeur et dans l’affaire de favoritisme au profit de Pascal Provencel, patron de l’agence de publicité Synthèse.

Voici maintenant comment Bruno Delmas présente sa séparation avec Bourquin : « Mon départ provoqua un déferlement de colère de sa part et ses partisans crûrent bon, même sans son accord, de faire de moi l’ennemi à abattre, l’homme qui a fait et peut défaire, celui qui connaît tous les secrets et peut menacer l’édifice… La paranoïa l’a emporté sur la raison. Mais la vie a suivi son cours et, vous le croirez ou non, nos routes ne se sont plus jamais croisées pendant treize longues années. »

Pour avoir suivi de près les affaires judiciaires qui empoisonnaient Christian Bourquin nous n’avons jamais eu l’impression que ce dernier ressente autre chose que de la haine pour son ancien collaborateur.

Bruno Delmas ne voit pas les choses ainsi : « Christian Bourquin respectait les guerriers et ne nourrissait jamais de haines recuites : il maintenait leur légende car il mesurait sa force à leur résistance et, une fois, la poudre dissipée, il s’empressait de manifester sa paix à ceux qu’il avait combattu auparavant. »

Bruno Delmas termine son hommage en évoquant une fortuite et brève rencontre et en expliquant qu’il avait conservé l’amitié de Christian Bourquin. Il est permis d’en douter.

Bruno Delmas utilise également Christian Bourquin pour justifier son évolution politique et son positionnement actuel : « Je défends les valeurs progressistes au sein de l’UMP. Au fond, je n’ai pas beaucoup varié des idées que nous nous faisions l’un et l’autre de la politique à mener… Au PS, nous étions déjà classés comme des gens de droite. »

Bruno Delmas a succédé à Eric Besson (ministre de l’identité nationale sous Sarkozy) à la présidence des Progressistes, minuscule formation associée à l’UMP ayant vocation à réunir et organiser des personnes  de gauche ayant rallié  Nicolas Sarkozy. A ce titre, Bruno Delmas siège chaque mercredi au bureau politique de l’UMP. Les Progressistes soutiennent le retour de Sarkozy.

Localement, Bruno Delmas ne participe pas à l’activité de l’UMP. A la tête de L’Olivier, formation départementale qu’il a créé en 2013, il se paie même le luxe de mener la fronde contre le projet de centre commercial Le Carré d’or en ne laissant pas passer une occasion de tacler le maire UMP de Perpignan.

Voilà qui est dit.

En toute amitié bien sûr !

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

Fusion des régions : Bourquin lâché par les siens

Sur 16 députés PS du Languedoc-Roussillon, ils n’ont été que trois à suivre Bourquin dans son combat contre la fusion des régions, Kléber Mesquida et Christian Assaf, députés de l’Hérault et le catalan Robert Olive.

Le vote de Robert Olive, maire de Saint-Feliu-d’Amont qui siège à l’Assemblée Nationale depuis que Ségolène Neuville est devenue secrétaire d’état dans le gouvernement de Manuel Valls est assez étonnant. « Incroyable », commente Henri Sicre, bon connaisseur des pratiques de l’hémicycle, dont nous avons pris l’avis. L’ancien député (élu quatre fois) se demande même si l’on a déjà vu un député voter contre le gouvernement où siège le ministre qu’il remplace. Il y a habituellement, selon Henri Sicre, une proximité et une solidarité naturelle entre le ministre et celui qui siège tant qu’il est au gouvernement.

Dans la sphère gouvernementale, il sera certainement reproché à la ministre de ne pas “ contrôler “ son suppléant.

Neuf députés PS du Languedoc-Roussillon ont voté pour la réforme.

Jacques Cresta, signataire de l’appel de Bourquin contre la fusion avec Midi-Pyrénénes, s’est abstenu. Il est vrai qu’il avait signé en indiquant son seul mandat de conseiller régional. Ce qui laissait penser que le conseiller régional avait une position et le député une autre. Il s’est abstenu, tout comme Pierre Aylagas qui, lui, n’avait pas signé l’appel contre la fusion. Bourquin doit mal vivre d’être ainsi lâché par deux obligés, deux hommes dont il a fait des députés.

Etre aussi peu suivi ne fera pourtant pas bouger Bourquin d’un iota. Il va mener ce combat jusqu’au bout. Et lorsqu’il quittera la présidence de la région il pourra dire qu’il s’est battu comme un lion pour que le Languedoc-Roussillon reste tel qu’il est et ne fusionne pas avec une autre région. Il partira vaincu, mais il aura sauver la face. Ce projet de fusion tombe finalement bien pour lui car ses chances de conserver la présidence de la région étaient très faibles. La majorité des grands élus socialistes du Gard, de l’Hérault et de l’Aude l’auraient laché et auraient soutenu un autre candidat.

A son habitude Bourquin utilise ses pouvoirs pour sanctionner ceux qui ne se soumettent pas. Comme les Audois qui sont très favorables à la fusion avec Midi-Pyrénées. Un comportement que les grands élus PS de ce département ont dénoncé dans une lettre ouverte qui, bien qu’elle utilise des termes prudents, n’en accuse pas moins le président de la région de boycotter l’Aude.

Monsieur le Président,

« Depuis plusieurs semaines, une rumeur bruisse sur le retrait systématique de la Région du financement de la quasi-totalité des dossiers audois et de l’absence volontaire d’élus ou de l’administration régionale à un nombre considérable de réunions auxquelles votre institution devait participer.

Cette situation avait conduit un conseiller régional audois à vous interpeler le 27 juin dernier lors de la session du Conseil Régional. Votre démenti exprimé en session ou oralement à certains d’entre nous se voulait rassurant.

Pourtant, quelques jours après, force est de constater que des faits concrets, concernant tout autant les collectivités territoriales que d’autres organismes, confortent la rumeur :


– Votre absence à la réunion du Plan de prévention des risques technologiques de Port-la-Nouvelle le 9 juillet
- Le report de l’enquête publique sur l’extension du grand port de Port-la-Nouvelle qui devait démarrer en août.

– Votre absence de réponse sur l’avenir de l’aéroport de Carcassonne Sud de France dans un contexte fragilisé par la position de la Commission européenne.


– Votre absence de réponse à une demande insistante d’une réunion avec Carcassonne Agglo au sujet du Parc régional d’activité économique de Béragne.

– Le retrait du dossier concernant le lycée de Lézignan-Corbières de la Commission d’appel d’offres qui devait attribuer les marchés de construction de l’établissement.


– L’absence de relation avec le Conseil général pour avancer conjointement sur le « protocole Région – Département », alors qu’à la même période les années précédentes vos services avaient déjà largement avancé sur la rédaction de ce document.


– Votre absence au dernier comité de pilotage du programme « Très Haut Débit », dont la Région est l’un des partenaires et l’un des potentiels financeurs.


– L’absence d’inscription des dossiers audois sollicitant des fonds européens agricoles (FEADER) lors de la session du 27 juin 2014. De plus, si ceux-ci devraient être délibérés le 25 juillet en commission permanente régionale, ce n’est que sous la pression de la Préfecture de Région qui vous a rappelé à vos obligations légales.


– Le retrait d’un nombre important de dossiers déposés par des communes mais aussi des associations culturelles et sportives de l’Aude de la dite session, alors même que vos services avaient préalablement informés les différents porteurs de projet de leur inscription.
- L’attente d’actes concrets, toujours annoncés, jamais réalisés, concernant l’Opération Grand Site de la Cité de Carcassonne et l’engagement de la réalisation du musée de la romanité de Narbonne.

Cette liste non exhaustive révèle-t-elle une stratégie d’ostracisme ? La différence de position entre de nombreux élus et forces vives de l’Aude et vous-même quant à la fusion des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées en est-elle la cause ?

Nous n’osons pas imaginer que votre gestion des affaires publiques s’appuie sur de telles pratiques, contraires à vos propos.

Pourtant, aujourd’hui, nous sommes obligés de vous dire que de nombreux Audois s’interrogent et sont dans l’expectative. La pérennité de leurs projets est remise en cause par votre nouveau positionnement.

Les milieux économiques s’inquiètent du ralentissement des chantiers et des conséquences pour l’emploi, qui y sont liées.

Ne souhaitant pas alimenter la polémique mais soucieux de défendre les intérêts des Audois, nous vous adressons cette lettre ouverte, Monsieur le Président, afin que vous clarifiez les relations entre l’institution que vous présidez et l’ensemble des acteurs institutionnels,socioprofessionnels et associatifs de notre département.»

Sectarisme et despotisme, la méthode avait permis à Bourquin d’asseoir son pouvoir dans les P-O. Au niveau régional, elle s’est heurtée à de fortes résistances. Mais comme ce courrier le montre, cette façon d’exercer le pouvoir pénalise fortement le développement des territoires.

Santé de Bourquin : un sujet tabou !

A l’exception de L’Agglorieuse qui lui a consacré un grand sujet dans son numéro du 22 janvier, la santé de Bourquin semble un sujet tabou. Ce que confirme la violente réaction du président de la région lui-même à un écho diffusé par Jean-Marc Aubert sur lagglorieuse.blogspot.fr.

Voici dans son intégralité, l’info telle qu’elle a été diffusée mardi à 10h10

Christian Bourquin brièvement hospitalisé (titre)
Le président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, le sénateur des Pyrénées-Orientales Christian Bourquin aurait été brièvement hospitalisé en urgence hier à Montpellier, dans un service de médecine, en raison d’une aggravation de son état de santé. M.Bourquin souffre d’un cancer du foie, comme il l’avait lui même annoncé. Une source médicale confirme l’information à l’Agglo-Rieuse ce matin, mais elle n’est pas confirmée officiellement. La Région dément que Christian Bourquin soit hospitalisé, il est annoncé au salon de l’agriculture. Une source proche du président de Région confirme à 10h45 à l’Agglo-Rieuse que Christian Bourquin a bien été hospitalisé dans un établissement hospitalier, mais qu’il en serait ressorti un peu plus tard.

Une heure plus tard à 11h17, le site internet de La Semaine du Roussillon reprend l’information. Mais sans citer Jean-Marc Aubert.

L’article titrait : « Région : Christian Bourquin hospitalisé en urgence »

« Selon des sources médicales, l’hospitalisation du Président de Région aurait été relativement brève. Christian Bourquin serait ressorti un peu plus tard. A la Région, on indique que Christian Bourquin s’est rendu aujourd’hui au salon de l’Agriculture à Paris où il a pu inaugurer mardi en fin de matinée le stand des produits régionaux. » L’article est signé Antoine Gasquez.

Ouillade a réagi dans un papier mis en ligne à 16h40. Il titre : « Perpignan : Christian Bourquin va très bien, merci ! »

« Il aura suffit que sur Internet deux sites toxiques – l’un basé à Montpellier, l’autre à Perpignan – mettent en ligne la rumeur, comme quoi Christian Bourquin (PS), sénateur des P-O et président de la Région Languedoc-Roussillon, avait été hospitalisé en urgence, pour que la scène politique départementale et régionale s’enflamme…
Nous avons même eu – gravissime – droit à l’éloge funèbre d’un funeste confrère… Au bout du fil, ce mardi 25 février 2014, Christian Bourquin nous a confirmé qu’il était loin d’être le mourant décrit par ces deux sites : « Je vais très bien merci ! Au fait, Est-ce que ces charognards ont annoncé l’heure de mon enterrement ?… Car je ne voudrais surtout pas manquer ça ! ».

Et concernant l’état de santé de Bourquin : « Ce mardi 25 février 2014, en matinée, Christian Bourquin était encore présent au Salon de l’Agriculture, interviewé entre autres médias par la correspondante parisienne du Groupe Les Journaux du Midi (L’Indépendant, Midi Libre, Centre Presse…), « laquelle m’a trouvé en grande forme !… »

On retiendra d’abord de tout cela que Bourquin ne dément pas avoir été « brièvement hospitalisé en urgence hier à Montpellier ». Et il est, hélas pour lui, bien le seul, avec ouillade, à dire qu’il est en grande forme. Quel journaliste pourrait, comme le fait Malepeyre, écrire ? : « Christian Bourquin va très bien merci ! » Tous ceux qui approchent Christian Bourquin de près rapportent des impressions qui au fil des mois sont devenues de plus en plus inquiètes. Il apparait souvent affaibli, amoindri. Bien que sa forme apparente varie d’une fois à une autre.

Nous ignorons quel est le confrère (mis en gras par ouillade) qui a fait l’éloge funèbre de Bourquin. Elucubration malepérienne ?

Détail amusant ou consternant. Jean-Marc Aubert a par erreur écrit que Bourquin souffrait d’un cancer du foie alors que c’est du rein. Erreur reprise par La Semaine du Roussilon et par La Clau.

Christian Bourquin avait annoncé en 2011 que son médecin publierait un bulletin de santé. Mieux vaut demander à un paralytique de marcher que d’attendre de Bourquin qu’il fasse preuve de tranparence.

Les politiques ne sont pas des malades comme les autres. Ils s’accrochent au pouvoir sans se soucier de ne pas pouvoir se consacrer à leur mandat électif autant qu’ils le devraient. A la fin de son second septennat, François Mitterrand passait une grande partie de ses journées sur son lit de douleur. Récemment on nous racontait la fin de vie d’un député-maire longuement hospitalisé dans un établissement parisien. Il avait jusqu’à son dernier souffle totalement dissimulé sa maladie aux habitants de sa ville.

Félicitons à Jean-Marc Aubert, seul journaliste de la région à braver l’interdit. Un journaliste digne de ce nom ne doit pas attendre qu’un politique lui donne l’autorisation d’évoquer un sujet qui le gêne. Bourquin a décidé de verrouiller. Tout simplement parce qu’à partir du moment où il apparaitrait que son état de santé est préoccupant juste après viendrait les questions sur sa capacité à assumer ses mandats et à être candidat aux élections régionales, en 2015.

La presse régionale n’arrive pas à couper le cordon avec les pouvoirs locaux. Moins encore depuis qu’ils sont devenus ses principaux annonceurs.

Fabrice Thomas
Contact : c.politique@orange.fr

Bourquin : Il respecte le truc mais il veut contrôler le machin

Comment ne pas être accablé par la gravité des propos tenus par Christian Bourquin après le rejet de son pourvoi en cassation.

Voici ce qu’il a déclaré. Ce verbatim est extrait du journal de France 3 Pays Catalan du vendredi 24 janvier : « La cassation n’a pas voulu rentrer dans le fond, je l’ai dit. Elle considère qu’il n’y a pas d’anomalies juridiques dans tout ce qui c’est passé. Et donc en gros, j’ai compris qu’elle tapait en touche. Je vais pas en rigoler, je respecte le truc. Vous savez ce que je pense de la justice. Regardez mes actions au Sénat et vous verrez que, il faut quand même limiter les pouvoirs de la justice et les contrôler. »

Il respecte tellement le truc qu’il souhaite que l’on contrôle le machin. C’est à tous les niveaux affligeant.

(Dans l’Indépendant, F. Michalak a commis une petite erreur en écrivant « contourner » au lieu de « contrôler ». Sur le fond ça ne change rien)

Le 6 décembre 2012 dans une allocution prononcée à l’ouverture d’un congrès de commissaires aux comptes à Montpellier Bourquin s’en était violemment pris à la Chambre régionale des comptes alors qu’un contrôle de la gestion du conseil régional était en cours. Il avait notamment déclaré : « Les CRC ont suffisamment ridiculisé leur expertise jusque-là pour que maintenant nous passions à autre chose. » Des propos tenus en présence en présence de Bernard Legras, procureur général près la cour d’appel de Montpellier qui les a qualifiés « d’indignes » dans son discours de rentrée en janvier 2013.

Dans quel pays vivrions-nous si un grand nombre de parlementaires bafouaient ainsi la justice et ses institutions ?

Tous ces élus mis en cause ou condamnés dans des affaires qui révèlent leur manque de probité minent la démocratie. Mais ce qui l’affaiblit encore plus ce sont tous ces électeurs qui se résignent à avoir des élus qui ont gravement failli.

Certains défendront Christian Bourquin en disant que la justice ne l’a pas privé de ses droits civiques, ne l’a pas condamné à une peine d’inéligibilité. C’est vrai ! Il surtout vrai que la justice a des difficultés à prononcer des peines sévères contre les élus qui ont manqué à leurs devoirs de probité. Et concernant, la peine d’inéligibilité, si rarement prononcée, on entend de plus de plus de juges s’en remettre aux électeurs.

Mais si tout le monde démissionne ?

Chacun d’entre nous devrait se considérer comme un gardien et un garant de la démocratie. Chaque citoyen devrait s’assigner le devoir de ne pas réélire un politique qui a été condamné. Un devoir que nous placerions au dessus, bien au dessus, largement au dessus des préférences partisanes.

Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

Rien que pour nous !

« Pour nous c’est vous avant tout », proclame la campagne d’affichage du conseil régional qui occupe un nombre considérable de panneaux publicitaires.
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Pourquoi Christian Bourquin et son communicant, Pascal Provencel, ont-ils choisi ce message ? De toute évidence pour nous dirent que nous avons tord de croire, à une large majorité, que les grands élus ne pensent qu’à eux. Qu’ils pensent plus à gagner la prochaine élection pour conserver le pouvoir, les indemnités et les privilèges qui vont avec, qu’ils ne pensent aux administrés.

Bourquin et Provencel n’ont jamais communiqués avec subtilité et finesse. Leur style est celui des lessiviers. Ils lavent plus blanc que blanc. Mais là, dans ce climat de grande défiance de la classe politique, le slogan semble dire le contraire de ce qu’il proclame. Surtout qu’il est signé du président de la région, un homme qui, depuis deux ans, a fait de son opposition à la limitation du cumul des mandats son grand combat politique.

En voyant cette affiche ici, là, plus loin et partout dans le département et la région, on ne peu que se demander combien ça a coûté. Combien de centaines de milliers d’euros ont été dépensés dans cette campagne de grande envergure ?

Dépensés pour qui ?

Pour nous ?
F.T.

Le système Bourquiniste n’existe pas !

Dans L’Indépendant du 1er octobre, sur une pleine page : « Le chercheur Dominique Sistach décrypte l’évolution de la société perpignanaise entre développement de la rente, fin de l’économie productive, clientélisme et communautarisme. »

Le sujet est passionnant. Mais l’observation est caduque. Et depuis longtemps. Depuis que Christian Bourquin est devenu président du conseil général. En 1998. Depuis cette date il a construit et développé un système clientéliste qui est devenu très influent alors que pendant ce temps celui mis en place par Paul Alduy déclinait. En grande partie parce que ses principaux cadres étaient vieillissants et n’ont pas été renouvelés par Jean-Paul Alduy. Le clientélisme n’a bien sûr pas disparu de la mairie de Perpignan. Mais il n’est plus pratiqué de façon aussi organisée et efficace que par le passé.

Le quartier Saint-Jacques illustre bien le déclin du clientélisme municipal. Les Alduystes y ont régné sans partage pendant des décennies. Rappelons que c’était le canton de Jacques Farran. A partir de 1998, le PS y a progressé à chaque élection. Jusqu’à prendre le canton en 2011. Et cela avec un candidat au profil assez étonnant. Jean-Louis Chambon maire de Canohès et cadre en retraite qui exerçait son activité dans les services sociaux du conseil général avait une bonne connaissance de la population du quartier.

Dans les deux bureaux de vote où l’électorat gitan est le plus important, le taux de participation a atteint un niveau sans précédent. Et le score réalisé par Chambon y est impressionnant. Précisons que nous avons fait des recherches et des comparaisons en remontant jusqu’aux années 1980.

Cette influence prend appui sur les compétences sociales du conseil général. Au cours des deux dernières décennies l’Etat lui a transféré une série de missions, dont le RMI devenu le RSA, la gestion du handicap…

Dominique Sistach cite cinq fois le nom d’Alduy. Pas une fois celui de Bourquin. Le successeur de Jean-Paul Alduy, Jean-Marc Pujol est lui aussi désigné. Photo à l’appui.

Dans le paysage de Dominique Sistach et dans celui de l’auteur des articles, Julien Marion, il n’y a qu’un système.

A cette construction d’un discours qui tronque une grande partie de la réalité, nous aurions préféré une restitution fidèle de la situation dans laquelle deux systèmes se font face.

Est-ce possible ?

Le clientélisme n’opère pas que parmi les pauvres. Il distribue de tous les côtés, emplois, logements, subventions à des associations et à d’innombrables organismes en tous genres, budgets publicitaires… Cela se fait dans le cadre d’une relation bien codifiée qu’illustre quelques expressions bien imagées. «Il ne faut pas cracher dans la soupe ». « Il ne faut pas mordre la main qui te donne à manger ». En bref, il faut la fermer. Sinon le robinet se ferme. Voilà comment le système clientéliste le plus puissant et aussi le plus coercitif du département est parvenu à faire taire les critiques. Le clientélisme ce n’est pas chez lui. C’est chez l’autre ! C’est dans le camp d’en face. Et uniquement là. Le système Bourquiniste n’existe pas. F.T.

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Bourquin et Alduy font un concours d’intelligence

Que les hommes et les partis politiques aient dans l’opinion une image qui n’a jamais été aussi négative depuis que les études d’opinion s’intéressent à cette question ne semblent pas troubler nos grands élus. Ce genre de message est de ceux qu’ils ne veulent pas entendre. Alors ils continuent, et presque de plus belle, à faire leur numéro devant un public qui ne voit là que matière à alimenter la triste opinion qu’il a d’eux.

Christian Bourquin a boycotté la visite d’Aurélie Filippetti à Visa pour l’image. Et il l’a fait savoir en attaquant la ministre de la culture : « Sa visite à Perpignan n’a donc fait que confirmer la réputation qui la poursuit et qui fait d’elle une véritable catastrophe ambulante de la politique. Ceci sur le dos de la culture française. » Fidèle a son style, Christian Bourquin a employé des termes blessants. Il cherche toujours à abaisser, à salir ceux qu’il poursuit de sa vindicte, comme les magistrats de la chambre régionale des comptes, il y a quelques mois.

Pourquoi une telle violence ? Le 7 septembre Christian Bourquin écrivait sur son blog: « Madame Filippetti, elle, ne prête pas la moindre attention au camp de Rivesaltes, et se mure dans un lâche silence à son sujet depuis maintenant plus d’un an et demi »

Christian Bourquin pense-t-il pouvoir débloquer la situation en insultant la ministre ?

Il n’est pas surprenant que le ministère de la culture ne réponde pas aux demandes de financement du président de la région. Comment Christian Bourquin a-t-il pu lancer les travaux de construction du Mémorial et fixer l’inauguration au 1 juin 2015 alors qu’il est, de bonne source, loin d’avoir réuni tous les financements ? Il est peu probable que le ministère de la culture apprécie la méthode Bourquin.

L’homme de Millas n’a pas tiré la leçon de ses revers avec le gouvernement Jospin (1997-2002). Il s’était, à plusieurs reprises, fait remonter les bretelles par des ministres socialistes. Dans l’affaire de l’ancien mess des officiers, le ministre de l’intérieur, Daniel Vaillant lui avait dit : « Christian arrête tes conneries ». Il avait aussi été recadré par Benoît Hamon alors conseillé de Martine Aubry quand il avait proposé que les bénéficiaires du RMI poussent les caddies dans les supermarchés et lavent les pare-brises aux feux tricolores.

Alduy a également profité de la visite de la ministre de la culture pour faire parler de lui. Ne supportant pas d’attendre Aurélie Filippetti qui avait prolongé sa rencontre avec les photos-journalistes, Jean-Paul Alduy a, au bout de 20 minutes, levé le camp. C’est une tempête dans un verre d’eau car il est peu probable que la ministre ait remarqué l’absence de JPA. Mais l’affaire peut faire sourire quand on se souvient qu’Alduy a parfois longuement fait le pied de grue en attendant des ministres très en retard sur l’horaire. Mais c’était des membres d’un gouvernement de droite. Et n’oublions pas tous ceux qu’il a fait poireauter. Souvent plus de 20 minutes.

Le maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, qui lui avait attendu puis reçu et accompagné la ministre de la culture a publié un communiqué dans lequel il remerciait Aurélie Filippetti pour sa venue au Festival international de photo-journalisme. Jean-Paul Alduy l’a mal pris. Il s’est senti lâché. Très remonté contre Pujol, il est allé jusqu’à menacer de conduire une liste aux prochaines municipales. Fabrice Thomas

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