Jean-Marc Pujol terminera t’il son mandat ?

«  Le costume était trop grand pour lui », « Il est mauvais », «  Si le conseil municipal votait à bulletins secrets, il ne serait pas réinstallé dans le fauteuil de maire de Perpignan. » Ces propos et bien d’autres encore ne sortent pas de la bouche des élus du Front National. Ils sont tenus par des élus de la majorité et par des collaborateurs de Jean-Marc Pujol. Dans l’équipe municipale, le malaise est grand et il touche aussi bien des anciens que des nouveaux élus. L’image du maire n’est pas meilleure parmi le personnel municipal. Hors les murs de la mairie ce n’est pas mieux. Les infos et les rumeurs courent dans tous les milieux.

Parmi ce qui se dit et se répète sur Jean-Marc Pujol, il n’est pas toujours facile de faire le tri. La malveillance pousse certains à véhiculer des informations qui ne résistent pas à la vérification. Mais d’autres infos sont troublantes.

Mais que reproche-t-on au juste à Jean-Marc Pujol ? De ne pas avoir suffisamment d’autorité, de ne pas être un chef, un capitaine qui propose une direction claire. « Il est toujours en train de louvoyer » dit un élu. Et puis, sujet récurent. Tellement récurent ! Il est vivement critiqué pour avoir imposé son adjointe aux sports, Fatima Dahine en deuxième position éligible sur la liste des régionales.

Mais la prochaine élection municipale est loin et Jean-Marc Pujol ne donne pas l’impression d’avoir envie d’aller jusque là. Il a pris l’habitude d’évoquer auprès de ses visiteurs son envie d’îles lointaines pour faire de la plongée sous-marine.

Il est inhabituel qu’un maire dont le mandat a commencé il y a moins de deux ans apparaisse autant préoccupé par sa succession. Au point de nommer ceux qui pourraient prendre la suite. Comme il l’a fait en décembre dernier dans un interview à L’Indép. Il invitait Romain Grau, Chantal Bruzi, Caroline Ferrière, Joëlle Anglade, Olivier Amiel et Yves Guizard à « franchir le miroir ». Cela faisait davantage penser à une distribution de couteaux. Sans oublier l’amertune de ceux qui étaient oubliés. Rien de tel pour créer des rancoeurs et diviser davantage le groupe majoritaire. Certes Jean-Marc Pujol est un homme maladroit. Un véritable Gaston Lagafe de la politique. Il aggrave le malaise en couvrant de compliments l’adjointe à la sécurité, Chantal Bruzi, en laissant entendre qu’elle a toutes les qualités pour lui succéder. Dans le discours qu’il a prononcé lors des vœux à la population, c’est la seule élue qui a été nommée. A quoi joue-t-il ? Au florentin ? Il réussit surtout a installer un climat d’incertitude.

Jean-Marc Pujol apparaît aujourd’hui affaibli. Si affaibli que l’on se demande si sa majorité tiendra jusqu’en 2020. Marchera-t-elle jusqu’à l’échafaud sans réagir ? Car beaucoup considèrent qu’en multipliant les erreurs et les faux-pas, Jean-Marc Pujol déroule le tapis rouge devant le Front National pour qu’il s’installe à la mairie de Perpignan.

Une crise a souvent un élément déclencheur. Surviendra-t-il ? Et quand ? Nul ne peut aujourd’hui le dire. En attendant le Pujol bashing continue et le maire en est son meilleur promoteur. F.T.

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