Rumeurs de Perpignan : le vase déborde

Par un hasard dont le sort a le secret, c’est Jean-Marc Pujol, le principal objet et victime de la rumeur, qui a fait déborder le vase par son apparition à la Librairie Torcatis, vendredi 5 février, en venant longuement apostropher Jean-Pierre Bonnel, l’un des organisateurs d’une manifestation culturelle consacrée au philosophe juif allemand Walter Benjamin.

Pujol

Légende : Très remonté, le maire de Perpignan brandit l’article de Jean-Pierre Bonnel.

Il y a d’abord ce texte publié la veille par Jean-Pierre Bonnel sur son blog politico-culturel, leblogabonnel.over-blog.com. « Perpignan : le maire entre rumeurs et vérités ». Etrange écrit dans lequel Jean Bonnel dit qu’il a «  rassemblé des rumeurs persistantes, que j’ai voulu d’abord écrire un texte humoristique, ironique et poétique en employant le conditionnel et en jouant sur les mots. »

N’est pas Voltaire, Prévert, Desproges (ou même Caudeville) qui veut !

Bonnel nous livre un ramassis de ragots et d’élucubrations.

Même pas drôle !

Pauvre lecteur ! Comment fait-il pour s’y retrouver entre le vrai et le faux ?

La recette est simple. Vous choisissez un personnage public, vous collectez toutes les rumeurs le concernant, vous en inventez quelques unes et vous mettez le tout sur la place publique via un site internet. Heureusement qu’un grand nombre de lecteurs lisent ce genre de papiers en se pinçant le nez, car il y a de quoi briser n’importe quelle réputation.

Il y a quelques passages gratinés à propos desquels Jean-Pierre Bonnel pourra difficilement invoquer «  La liberté d’expression et l’esprit Charlie ».

Que dirait Bonnel si un blog rassemblait des rumeurs réelles et imaginaires attachées à sa personne ? «  Bonnel cet écrivain que l’on surnommerait le vain du Roussillon. Comme Brasillach il compenserait son manque de talent et de reconnaissance par de la méchanceté. Sa ressemblance avec Jean-Paul Alduy. Vous imaginez bien qu’elle n’est pas fortuite… » Arrêtons là c’est un jeu cruel. Bonnel ne mérite pas ça et Pujol non plus.

Jean-Pierre Bonnel dit avoir voulu montrer qu’il y avait quantité de rumeurs sur Jean-Marc Pujol. C’est incontestable ! Et il ajoute que le maire y prête le flanc. Ce qui n’est pas faux. Les rumeurs autour de Pujol ont pris une importance assez impressionnante. Le Pujol bashing est un phénomène auquel il est utile de s’intéresser. Mais pas de cette façon.

Bien sûr que Jean-Marc Pujol a été blessé par ce qu’il nomme « Des insinuations ordurières », «  De la délation dans l’esprit de Vichy » Qui ne l’aurait pas été ? Qu’il éprouve le besoins de le dire à son auteur, les yeux dans les yeux. D’accord ! Mais de là à débarquer dans une librairie lors d’une manifestation culturelle publique. Non ! Quand on est maire d’une grande ville on doit, plus que quiconque, savoir maîtriser ses pulsions et canaliser ses colères. On ne s’expose pas comme ça publiquement. Pujol fait penser au Sarkozy du «  Casse toi pauvre con ! » ou «  Descends si tu es un homme ». L’homme et surtout la fonction en ont pris un coup.

Pascal Yvernault témoin du long monologue de Pujol  a sur Facebook commenté la scène : «  Quand je vais dans une librairie, j’aime feuilleter les livres, toucher les couvertures, sentir la douceur du papier. J’aime cet endroit pour son calme. Hier, j’ai vu un maire agressif, aux yeux furibonds, qui voulait nous apprendre ce qu’est la liberté en général, d’expression en particulier. Cette apparition impromptue était – comme on dit souvent maintenant inappropriée. »

Inappropriée et contre-productive car Jean-Marc Pujol n’a fait qu’attirer l’attention sur un texte qui était pratiquement passé inaperçu. F.T.

A lire aussi l’article de larchipelcontreattaque : http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2016/02/jean-marc-pujol-apostrophe-le-blogueur-jean-pierre-bonnel-pour-son-texte-perpignan-le-maire-entre-rumeurs-et-verites-en-pleine-libra

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