Ni diabolisation, ni angélisation : simplement la vérité sur le FN !

Nous sommes en 2011 sortis d’une longue période dite de diabolisation où le Front National était sans cesse renvoyé aux déclarations de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz (1987). Le FN était catalogué parti  » raciste « ,  » antisémite « ,  » fasciste « .

Marine Le Pen est arrivée avec sa dédiabolisation qui consista principalement à refaire la vitrine. Plus de déclaration antisémite et on écarte les militants d’extrême-droite les plus caricaturaux type skinhead. Regardez ! On est un parti comme les autres ! Et une grande partie de la presse de faire chorus. Avant elle ne voulait voir que les excès du FN, elle a maintenant tendance à fermer les yeux sur tout ce qui ne ferait pas du FN un parti normal.

C’est ce que nous avons observé dans les articles des journalistes parisiens venus à Perpignan couvrir la campagne de Louis Aliot.

Le Monde a, le 31 janvier, publié un article titré : « A Perpignan, la campagne “ centriste “ du vice-président du Front National. Extrait : « Devant ses sympathisants, au Moulin-à-Vent, la tonalité est toute modérée. Car il est un adage qui court à Perpignan : la ville se gagne au centre. M. Aliot l’a visiblement compris. Il fait une campagne de notable, une campagne pondérée, loin des tonitruances du Front national. Sur les affiches, la flamme frontiste est petite, en bas à droite, comme cachée. Et sous le nom de la tête de liste, on lit : « Avocat, conseiller régional. « La notabilité avant tout. »

Le supplément de L’Express consacré à Perpignan est dans le même registre. Pas étonnant, Le Monde donne souvent le ton. Le papier est titré : « Municipales à Perpignan : la campagne de terrain du “ notable  » Aliot.

« Pour mettre toutes les chances de son côté, le compagnon de Marine Le Pen veille à présenter son profil le plus rassembleur. Il se répète que Perpignan se gagne au centre. Il mène donc une campagne pondérée et ouvre largement sa liste à la respectable « société civile ». Louis Aliot cherche à se donner une image de notable. Sur ses affiches, il se présente comme « avocat, conseiller régional », tandis que la flamme frontiste apparaît en petit. »

Louis Aliot a tellement apprécié ces articles qu’il les a publiés sur plusieurs sites internet du FN.

Le candidat RBM a-t-il fait une campagne de notable, avec toute la rondeur que l’on prête à ce genre de personnage de province ?

Louis Aliot qui est entré très tôt en campagne a massivement et sur une longue période, en quelque sorte pour préparer le terrain, diffusé deux tracts. Le premier illustré par une trentaine de petites images de magasins fermés, rideaux tirés. Avec cette accroche : « Le triste bilan de l’UMP-UDI à Perpignan, un centre ville à l’abandon !!! » Le second maquetté sur le même principe avec des photos de voitures brûlées, de vitrines défoncées. « Avec l’UMPS, ce sont les perpignanais qui sont inquiets, pas les délinquants…Avec Louis Aliot la peur changera de camp !!!

Plus excessif, plus caricatural, plus démagogique, plus populiste, ce doit être difficile à faire !

Manifestement, les journalistes du Monde et de L’express n’ont pas demandé à Louis Aliot de leur montrer les tracts qu’il avait distribués. Ni les affiches qu’il avait collées

di 11 décembre 025

« On est chez nous » est la forme actuelle de « La France au Français ».
Encore un slogan « centriste » !

La presse nationale tout comme la presse locale n’ont pas vu que le FN avait fait une campagne en deux temps. Très dure pendant près de six mois. Avec le logo du FN. Puis “ modérée “ les deux derniers mois avec le logo RBM (Rassemblement Bleu Marine).

Dans un billet du 20 février, nous avions répondu à Jean-Michel Salvador qui, dans les colonnes de L’Indépendant avait écrit : « Le FN est devenu un parti comme les autres. Presque banal. »

On est passé de la diabolisation à l’angélisation.

Pour notre part nous refusons l’une et l’autre. Nous avons, tout au long de cette campagne fait le choix de montrer, avec des faits précis, le FN tel qu’il est et pas tel qu’on voudrait qu’il soit. Nous avons été les seuls à le faire et c’est bien dommage pour la qualité de l’information.

Fabrice Thomas

PS : L’auteur de l’article du Monde est pourtant, avec Caroline Monnot, l’auteur d’un excellent livre, Le système Le Pen.  » Entre professionnalisme et radicalité, entourage officiel et amitiés inavouables, engouement médiatique et travail de terrain, mue politique et islamophobie virulente, on découvre ainsi au fil des pages l’ambivalence savamment entretenue du FN. »

Contact : c.politique@orange.fr

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