L’Echo du Roussillon : un échec annoncé

L’ Echo du Roussillon a tenu sept mois. Sept mois alors qu’au bout de quelques jours la réussite du projet semblait déjà compromise. Sorti le 20 février il a connu un succès de curiosité de courte durée. Trois jours après, les ventes ne dépassaient pas quelques centaines d’exemplaires et elles n’ont jamais décollé.

Nous avons tenté de joindre Pierre Ginabat afin de lui demander comment il expliquait son échec. Sans succès. Pas étonnant. Il n’a jamais voulu donner le nom des chefs d’entreprises qui constituaient son tour de table. Il n’a jamais voulu donner de chiffres, ni celui du tirage, ni celui des ventes.

Cette rétention d’informations est à notre avis une des principales erreurs que le fondateur du quotidien a commis. Un journal ce n’est pas une tablette de chocolat ou une paire de chaussettes. Le lecteur a envie de savoir qui apporte les capitaux, qui est propriétaire de l’entreprise. Ne pas le dire et plus encore s’efforcer de le cacher c’est écarter le lecteur, c’est le priver de la possibilité d’adhérer à un projet rédactionnel.

Il n’y avait peut-être rien à partager avec le lecteur. Etait-ce un vrai journal ? N’était-ce pas plutôt un relais pour la communication des institutions les plus diverses et des entreprises ? Son contenu était plus proche d’un magazine institutionnel de collectivité territoriale ou d’entreprise que d’un journal qui privilégie les faits sans pour autant ignorer les discours. D’où peut-être le désintérêt massif pour ce journal au prix pourtant attractif de 0,50 euro.

Certains expliquent le fiasco de Pierre Ginabat en considérant que son projet était né de la volonté de se venger d’un employeur qui l’avait brutalement licencié. Il aurait voulu retrouver son honneur et le statut de directeur qu’il avait à L’Indépendant. Si c’étaient bien là ses motivations, cela ne l’empêchait pas de faire un vrai journal. Un journal bien plus curieux, bien plus journalistique que L’Indépendant. Au lieu de ça il a fait un journal encore plus institutionnel.

Que dire de plus ? Pierre Ginabat s’est hélas planté sur toute la ligne.

Beaucoup d’argent, d’énergie, de compétences ont été investis dans une entreprise de presse qui a oublié l’essentiel, les lecteurs.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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Obsèques de Christian Bourquin : Cresta pouvait rentrer de Cuba a temps !

L’absence de Jacques Cresta aux funérailles de Christian Bourquin a été beaucoup commentée (sauf par la presse) et elle demeure incomprise. Le 14 septembre, lors de la fête de la Rose, prenant la parole en tant que premier secrétaire de la fédération du PS, Jacques Cresta a rendu un vibrant hommage à Christian Bourquin et il s’est justifié :

« Ce rendez-vous je l’ai manqué. A 8000 Km de là, j’ai été dans l’impossibilité d’avoir des places dans le seul avion qui aurait pu nous ramener, Josy et moi pour être à vos côtés pour son hommage solennel. Sans possibilité même de voir ses obsèques sur Internet. C’est une terrible meurtrissure que je porterai longtemps, mais la vie est ainsi faite et je l’accepte. »

Jugeant sans doute son explication peu convaincante, Jacques Cresta a ensuite eu recours à un procédé de rhétorique afin de se présenter en victime de la rumeur : « D’autant plus meurtri que certains ont sous-entendu que je n’ai pas voulu raccourcir mes vacances. D’aucuns m’ont même vu à Rosas, à la terrasse d’un café, d’autres m’ont vu dans l’Ariège et d’autres encore à Montpellier. Mais je sais que parmi vous, personne n’a pensé cela, ou voulu le croire, quoique ! »

Ce « quoique » s’adresse t-il aux grands élus du PS qui n’ont pas cru une seconde que Jacques Cresta avait été dans l’impossibilité matérielle d’être présent à la cérémonie des adieux à Bourquin ?

Puis il justifie son explication tardive : « Mais je n’ai pas souhaité réagir car ma vie privée ne regarde que moi. »

« Vie privée » ? Le député est manifestement mal à l’aise.

Le décès de Christian Bourquin a été annoncé mardi 26 août dans la matinée et les obsèques se sont déroulées le vendredi 29 août.

Jacques Cresta déclare qu’il n’a pas eu de place dans le seul avion qui pouvait lui permettre de rentrer à temps.

Nous avons consulté un voyagiste. Il nous a donné plusieurs informations intéressantes. En été, Air France a un vol quotidien pour La Havane. D’autres compagnies desservent quotidiennement Cuba à partir de Madrid et Barcelona. Il était également possible de prendre un vol pour n’importe qu’elle capitale européenne et ensuite de prendre une correspondance pour Paris, Marseille ou Montpellier. Ce professionnel du voyage nous a déclaré que si on l’avait sollicité il aurait sans problème fait revenir le couple Cresta avant les obsèques.

Nous avons par ailleurs appris que si Jacques Cresta s’était rapproché des agents d’Air France à La Havane en se faisant connaître comme député, même si l’avion avait été complet il aurait pu, avec son épouse, voyager sur un fauteuil technique. Soit derrière les pilotes, soit avec le personnel de cabine.

Mais pourquoi Jacques Cresta n’aurait-il pas immédiatement interrompu ses vacances pour se rendre aux obsèques de son mentor, de celui à qui il devait tout ?

Le 23 juillet, lors du vote à l’Assemblée Nationale de la loi sur la fusion des régions, le dernier grand combat de Christian Bourquin, Jacques Cresta s’est abstenu. Un vote que Christian Bourquin a considéré comme une trahison et auquel il aurait réagi violemment.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

Hervé Gourdel : l’incompréhensible une de L’Indépendant

L’Indépendant est le seul quotidien français à avoir fait sa une avec une photo extraite de la vidéo montrant l’exécution d’Hervé Gourdel. Les quotidiens nationaux et régionaux ont fait le choix de montrer l’homme qu’il était avant son enlèvement. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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Pourquoi ce choix ? Nous espérions lire la réponse dans les pages consacrées à cet acte de barbarie. Dans l’édito, Pierre Mathis se penche sur la stratégie de communication des djihadistes : « L’objectif est clair : inspirer la terreur à ceux qui s’identifient à la victime, susciter des vocations auprès des bourreaux potentiels. C’est pourquoi d’Hervé Gourdel il ne faut regarder que l’image du randonneur curieux et pas celle d’un homme exécuté : c’est au nom de ce vrai visage que l’on résiste à la barbarie. » Rien à redire, rien à ajouter. L’essentiel est dit. Ceux qui ont fait ce malheureux choix de une aurait du lire ce que venait d’écrire Pierre Mathis. Fabrice Thomas Contact : c.politique@orange.fr

Gloutonne !

«  Quand un plat se présente, il ne faut pas le laisser passer. », Hermeline Malherbe a t-elle bien dit ça ? On relit la question de F. Michalak : « Alors, plus précisément, quel est votre regard sur ces quatre dernières années où vous êtes devenue présidente du conseil général et sénatrice ? » La présidente du conseil général répond : « C’est vrai il y a eu une succession d’évènements qui ont fait que je suis là aujourd’hui, avec ces mandats. Un de mes amis en Bretagne, m’a dit un jour : “ Quand un plat se présente, il ne faut pas le laisser passer.“

On en reste pantois !

Comment a t-elle pu rabaisser à ce niveau alimentaire les mandats qu’elle exerce ?

Comment ça a pu lui passer par la tête ? Sans doute parce qu’elle le pense.

C’est bien triste !

Hermeline Malherbe exerce non sans difficulté la présidence du conseil général et elle peine à s’y affirmer. Dommage qu’elle ait laissé passer l’occasion de redorer son blason en renonçant à exercer en même temps deux mandats qui sont deux emplois à plein temps.

La fin du cumul ce n’est pas pour maintenant !

Fabrice Thomas

PS : L’Indépendant du 20 septembre.

Contact : c.politique@orange.fr

Mettez Hollande dans votre crèche

Joëlle Ferrand : nouveau rendez-vous avec la justice

Le cabinet des juges d’instruction de Mmes Ribottet et Haye a au début de l’année achevé une enquête sur des marchés publics de la mairie du Barcarès. Au cours de l’instruction trois personnes avaient été mises en examen. Joëlle Iglésias épouse Ferrand pour atteinte à la liberté d’accès ou à l’égalité des candidats dans les marchés publics et abus de confiance, Jean-Luc Rambaldini pour atteinte à la liberté d’accès ou à l’égalité des candidats dans les marchés publics, Patrice Ronzoni, exécution de travaux non autorisés par un permis de construire. L’affaire pourrait être renvoyée devant le tribunal corectionnel. Une situation à hauts risques pour l’ex-mairesse du Barcarès qui, rappelons-le, a été privée en 2010 de ses droits civiques et condamnée à une peine de 18 mois de prison avec sursis dans l’affaire du dragage du port.

Hommage au « Grand bâtisseur »

Le magazine du conseil général, L’accent Catalan, rend hommage à Christian Bourquin « Le grand bâtisseur des Pyrénées-Orientales ». Des phrases grandiloquentes pour construire la légende du grand homme, comme celle-ci : « En quelques années, nous avons, ensemble réussi à inverser le cours de l’histoire. ». Et puis pas mal d’erreurs factuelles. Entre autres :

« Le bus à un 1€, une première nationale ». Le bus a 1€ a d’abord été mis en place par le conseil général des Alpes-Maritimes présidé par l’UMP Eric Ciotti.

« Le classement à l’Unesco des sites Vauban de Mont-Louis et de Villefranche-de-Conflent » L’inscription des fortifications de Vauban au Patrimoine de l’humanité est à mettre à l’actif de Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon. C’est lui qui a fédéré les 12 sites en créant le Réseau des Sites Majeurs de Vauban et c’est lui qui s’est activé pendant plusieurs années pour faire avancer le dossier et finalement obtenir le classement. Chaque site a apporté sa contribution à la réalisation du dossier de candidature, une démarche à laquelle le conseil général alors présidé par Christian Bourquin a participé.

« L’unique Centre de conservation et de restauration du patrimoine départemental » Il a en fait été créé par René Marquès, prédécesseur de Christian Bourquin à la présidence du conseil général. Ce dernier a augmenté ses moyens.

Si cela peut rendre service au conseil général, nous voulons bien lui fournir une liste des inexactitudes que nous avons relevé dans son dossier.

L’Accent Catalan nous apprend que Christian Bourquin avait une devise : « Tout homme qui dirige, qui fait quelque chose, a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui précisément font le contraire, et surtout la grande armée des gens beaucoup plus sévères qui ne font rien. » Nous connaissions cette devise de Jules Claretie, homme de lettres de droite, car c’est celle de Daniel Mach. En langage clair cela signifie que le dirigeant qui adopte cette devise n’apprécie guère que l’on critique son action. On reconnaît bien là Christian Bourquin. Reconnaissons que l’hommage du conseil général n’essaie pas de le faire passer pour ce qu’il n’était pas, un grand démocrate.

Nauséabond !

Dans l’interview de rentrée du maire de Perpignan, la journaliste de L’Indép, Frédérique Michalak a demandé Jean-Marc Pujol : « L’une de vos adjointes aurait été entendue par les services de police dans le cadre d’une enquête sur une subvention qui n’aurait pas été affectée à l’association idoine.
 » réponse : « Il y a là un essai de déstabilisation au sujet d’une subvention au Cercle algérianiste. Je suis tranquille là-dessus. »

Quand la réputation des personnes et plus particulièrement leur probité est en cause, la presse devrait se montrer extrêmement exigeante. Le rôle de la presse n’est pas de relayer une accusation. Surtout quand elle est grave. Il est de chercher à établir les faits.

L’élue en cause c’est Suzy Simon-Nicaise. L’affaire est partie d’une lettre de dénonciation adressée au procureur de la République par Mohammed Bellebou, conseiller municipal FN de Perpignan. Il y accusait, sans apporter de preuves, le Cercle algérianiste, dont madame Simon-Nicaise est une dirigeante d’avoir perçu deux fois une subvention de 6 000 euros.

Le procureur de la République a ouvert une enquête préliminaire et la maire-adjointe a été entendue par la police.

Après avoir pris des renseignements auprès de plusieurs sources, il apparaît que la mairie de Perpignan a en 2013 versé deux subventions de 6 000 euros au Cercle Algérianiste de Perpignan. L’une habituelle pour son fonctionnement et l’autre exceptionnelle pour l’organisation de son congrès national à Perpignan. Conclusion, il n’y a pas de détournement, donc pas de délit et pas d’affaire. Bellebou avait au début de l’année porté plainte en accusant la mairie de Perpignan de tenir un fichier ethnique. L’enquête préliminaire n’a abouti à rien.

L’extrême-droite reste fidèle à ses vieilles méthodes. Salissez, salissez, il en restera toujours quelque chose.

Hollande symbole de prospérité

Vu dans la vitrine de Fleurs de France, au 18 rue Mailly, un santon représentant le président de la République dans la posture du caganer. Le texte qui l’accompagne précise que le caganer, personnage que l’on met dans un coin de la crèche est considéré comme un symbole de prospérité et de chance pour l’année à venir. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Cadenas d’amour

Au moment où ils sont retirés du pont des arts à Paris, les cadenas d’amour font leur apparition à Perpignan, sur le pont qui enjambe la Basse à hauteur du Palais de justice.

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OLYMPUS DIGITAL CAMERA Fabrice Thomas Contact : c.politique@orange.fr

Merci pour ce moment de lecture

Editorialistes, chroniqueurs, animateurs d’émission, humoristes, ils ont tous, à des rares exceptions près, flingué Valérie Trierweller. A une autre époque ils l’aurait accompagnée jusqu’au bûcher. Pourquoi tant de haine ? Elle est accusée de gagner de l’argent en accomplissant une basse vengeance qui déconsidère la fonction présidentielle.

Tous ces marchands de vertu n’ont-ils pas manqué un épisode ?

Un journaliste qui a vu entrer l’homme casqué dans l’immeuble où réside Julie Gayet a déclaré qu’il avait immédiatement reconnu la silhouette du chef de l’Etat. Bref, le Tout-Paris faisait ses choux gras de l’aventure de Hollande avec une actrice.

Et ce dernier n’a pas une seconde pensé qu’un Voilà ou un Voici ne laisseraient pas échapper un aussi gros scoop !

Et ce dernier n’a pas perçu que la révélation de cette liaison serait déplorable pour son image !

Et ce dernier n’a pas imaginé que ses frasques créeraient de gros problèmes dans son couple !

Et ce dernier ne s’est pas douté que la femme, la journaliste qu’il allait humilier publiquement lui renverrait l’ascenseur en écrivant un livre !

Un homme ça s’empêche. Surtout quand cet homme est président de la République. Surtout quand ce président de la République arrive après Sarkozy et qu’il a promis d’assurer la fonction avec dignité.

Sans les inconséquences de Hollande, il n’y aurait pas eu le livre de Trierweller.

Bien sûr que l’ex première dame de France est remontée contre son ex. Mettez-vous une seconde à sa place. Vous ouvrez L’Indépendant et vous tombez sur une photo montrant votre conjoint ou votre conjointe rejoignant sa maîtresse ou son amant. Vous êtes trompés et en plus vous l’êtes publiquement ! Il n’y a pas beaucoup de gens qu’une telle situation ne bouleverseraient pas.

Ce livre n’est pas, comme certains le prétendent, indigne d’être vendu chez les libraires, ni indigne d’être chroniqué.

Au delà des motivations de son auteur Merci pour ce moment attire par ce qu’il raconte une histoire hors normes et que l’on sait que l’on va y trouver un portrait de celui qui dirige notre pays. Un portrait écrit par une femme et une journaliste qui a passé 7 ans dans son intimité. Dit-elle vrai ? C’est la grande question. Certains le penseront, d’autres pas.

Fabrice Thomas

PS : le responsable du Monde des livres, Jean Birnbaum, n’a pas hésité à accuser Valérie Trierweiller de haute trahison littéraire : « S’il suscite la tristesse et l’écœurement, ce n’est ni par son niveau littéraire ni par son contenu politique, mais parce qu’il fonde son succès marchand sur la trahison d’une valeur. Car la valeur du livre, comme objet mais aussi comme tradition, tient au fait qu’on y dépose une espérance au long cours, une fidélité maintenue. Or, avec Valérie Trierweiler, le livre n’est plus un engagement qui dure, mais une vengeance précipitée. Le coup porté au texte et à son éthique est d’autant plus ravageur qu’il engage les sommets de l’Etat. » Tout ce qui est excessif est vain.

PS : La Crème Catalane n’est pas encore prête. Elle sera servie quand la recette sera parfaitement maîtrisée. Réaliser le numéro 1 d’un journal c’est un an de travail. Un an de réflexion, d’hésitation, de remise en question et d’avancées pour atteindre l’objectif fixé. Nous sommes à présent près du but et la date de sortie approche. Crème Catalane arrivera en octobre chez les diffuseurs de presse du département.

contact : c.politique@orange.fr

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Hommage à Bourquin : Bruno Delmas en a trop fait

Qu’un homme politique ait accompli de grandes choses ou pas, au moment où il quitte le monde des vivants, il est enseveli sous quantité d’hommages. Même ceux qui l’ont âprement combattus doivent se soumettrent à cette convention et chanter ses louanges. Pourtant personne n’est dupe. Surtout quand les panégyriques contrastent trop avec la réalité.

 La presse a elle aussi manié l’encensoir. Au point de déclencher des sourires à la lecture d’articles dont l’objet n’était pas d’amuser la galerie. Ainsi Vincent Couture dans L’Indép présente Christian Bourquin comme  « Le phare politique des Catalans ». Un journaliste peut toujours se laisser emporter par sa plume. Mais en relisant son papier, les responsables de la rédaction auraient pu tempérer ses ardeurs.

 Mais personne n’est allé aussi loin que Bruno Delmas dans son hommage titré « Adieu l’ami », il réussit le tour de force de parler davantage de lui que du défunt. Et il se taille une stature aussi grande que celle qu’il prête à Christian Bourquin. Une véritable auto-célébration.   

 Bruno Delmas tient à partager avec Christian Bourquin la conquête du conseil général en 1998 : « J’ai eu le privilège de participer – activement – à ses débuts. Ces moments furent exceptionnels à plus d’un titre : nous avons accompli des choses que d’aucuns croyaient impossibles (gagner le département) »… « A quelques mois des élections cantonales de mars 98, nous étions encore tous les deux seulement à croire au renversement du conseil général. » … « La veille de son élection, j’écrivais son premier discours de président, chez lui à Millas, jusqu’à quatre heures du matin. »

Les deux hommes étaient incontestablement animés par un esprit de conquête. Ils sont tous les deux de la race des guerriers. Mais en politique, bien qu’elle soit très utile l’audace ne suffit pas. Il faut aussi avoir de la chance. Cette chance se nomme Alduy. Voulant détruire le RPR de Claude Barate, il a présenté des candidats qui ont fait chuter plusieurs sortants de droite. Même schéma trois ans plus tard en 2001, ce qui permettra à Christian Bourquin de renforcer sa majorité.

Passons sur les trois années pendant lesquelles Bruno Delmas est le directeur de cabinet de Christian Bourquin dont il se montre l’alter-ego. En 2001, c’est le clash entre les deux hommes. Soutenu par Jacqueline Amiel-Donat et Pascal Provencel, Christian Bourquin congédie Bruno Delmas. Il a eu besoin de cette personnalité forte et brillante pour conquérir le pouvoir mais à présent il lui fait de l’ombre et il risque de lui en faire davantage car il a des ambitions politiques, notamment celle de devenir député en prenant la place d’Henri Sicre.

A partir de là, s’ouvrent plusieurs années de conflit très dur. Notamment au sein de la fédération du PS. Et c’est Bruno Delmas qui fournit les munitions qui débouchent sur des enquêtes judiciaires et sur les deux condamnations de Christian Bourquin par un tribunal correctionnel dans l’affaire du chèque aussi appelé affaire du chauffeur et dans l’affaire de favoritisme au profit de Pascal Provencel, patron de l’agence de publicité Synthèse.

Voici maintenant comment Bruno Delmas présente sa séparation avec Bourquin : « Mon départ provoqua un déferlement de colère de sa part et ses partisans crûrent bon, même sans son accord, de faire de moi l’ennemi à abattre, l’homme qui a fait et peut défaire, celui qui connaît tous les secrets et peut menacer l’édifice… La paranoïa l’a emporté sur la raison. Mais la vie a suivi son cours et, vous le croirez ou non, nos routes ne se sont plus jamais croisées pendant treize longues années. »

Pour avoir suivi de près les affaires judiciaires qui empoisonnaient Christian Bourquin nous n’avons jamais eu l’impression que ce dernier ressente autre chose que de la haine pour son ancien collaborateur.

Bruno Delmas ne voit pas les choses ainsi : « Christian Bourquin respectait les guerriers et ne nourrissait jamais de haines recuites : il maintenait leur légende car il mesurait sa force à leur résistance et, une fois, la poudre dissipée, il s’empressait de manifester sa paix à ceux qu’il avait combattu auparavant. »

Bruno Delmas termine son hommage en évoquant une fortuite et brève rencontre et en expliquant qu’il avait conservé l’amitié de Christian Bourquin. Il est permis d’en douter.

Bruno Delmas utilise également Christian Bourquin pour justifier son évolution politique et son positionnement actuel : « Je défends les valeurs progressistes au sein de l’UMP. Au fond, je n’ai pas beaucoup varié des idées que nous nous faisions l’un et l’autre de la politique à mener… Au PS, nous étions déjà classés comme des gens de droite. »

Bruno Delmas a succédé à Eric Besson (ministre de l’identité nationale sous Sarkozy) à la présidence des Progressistes, minuscule formation associée à l’UMP ayant vocation à réunir et organiser des personnes  de gauche ayant rallié  Nicolas Sarkozy. A ce titre, Bruno Delmas siège chaque mercredi au bureau politique de l’UMP. Les Progressistes soutiennent le retour de Sarkozy.

Localement, Bruno Delmas ne participe pas à l’activité de l’UMP. A la tête de L’Olivier, formation départementale qu’il a créé en 2013, il se paie même le luxe de mener la fronde contre le projet de centre commercial Le Carré d’or en ne laissant pas passer une occasion de tacler le maire UMP de Perpignan.

Voilà qui est dit.

En toute amitié bien sûr !

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr