L’Indépendant : la méthode Devic. Premier épisode

Lundi 27 août, L’Indépendant faisait sa une en titrant, « Perpignan : le piéton à la peine ». On lisait en dessous, « Trottoirs trop étroits, passages protégés dégradés, feux tricolores décalés… A Perpignan, pas facile, à pied de déjouer tous les pièges ».

En page 3 l’article titre : « Marcher dans les rues de la ville : le parcours du combattant »

Le sujet nous intéressait d’autant plus que nous nous déplaçons beaucoup à pied dans Perpignan, y compris pour aller à l’autre bout de la ville.

Les premières lignes de l’article ont ce ton accusateur qui est la marque de fabrique de la journaliste de L’Indépendant : « En fauteuil roulant ou avec une poussette, se déplacer dans le centre de Perpignan relève du défi. Enquêtes et témoignages en attestent ». Un astérisque renvoie à une note à la fin de l’article : « En février 2011, un classement de l’APF positionnait Perpignan en 96 ième place d’un classement de 96 villes françaises en terme d’accessibilité pour les personnes handicapées ».

Premier flagrant délit de mauvaise foi. Le baromètre annuel de l’accessibilité est établi sur la base de trois notes portant sur : « Un cade de vie adapté », « Des équipements municipaux accessibles » et « une politique locale volontariste ». Dans ce dernier domaine, Perpignan s’était vu infligé une note de zéro. En effet, l’Association des Paralysés de France n’avait pas reçu la réponse de la mairie à son questionnaire. Ce zéro, le seul donné à une ville, a eu pour conséquence de plomber la note de Perpignan et d’en faire la lanterne rouge. Cela avait fait du bruit. Difficile de l’oublier.

« L’auteur poursuit : « Un parcours du combattant semé d’embûches qui peuvent s’avérer parfois dangereuses. Ceux qui traversent le boulevard des Pyrénées entre le tribunal et L’Indépendant le constatent souvent. Les feux tricolores étant décalés selon le sens de la circulation, le piéton qui voit les véhicules arrivant du Boulevard Mercader s’arrêter au rouge est tenté de traverser. Erreur fatale ! Les voitures qui déboulent à toute allure de la place de Catalogne ont toujours le feu vert. »

Mauvaise foi encore. Pourquoi ne pas préciser qu’il y a sur ce passage piéton, comme à de nombreux carrefours de la ville, une signalisation destinée au piéton. Ce dernier sait que tant que la silhouette est rouge, il ne peut pas traverser la rue. Certes,  l’arrêt des voitures peut être trompeur, mais à Perpignan comme ailleurs, on rencontre fréquemment ce type de carrefours. Très vulnérable, le piéton sait aussi qu’il doit être vigilant. Principalement à cause des conducteurs qui « oublient » qu’ils doivent lui céder le passage.

« Dans le même secteur, une autre difficulté les attend. Le pont qui enjambe la Basse. Ceux qui cheminent le long du boulevard doivent alors emprunter un trottoir si étroit qu’il est impossible de se croiser. »

Cette affirmation est clairement démentie par la grande photo de la une de l’Indépendant. Deux personnes pourraient marcher de front, mais deux piétons ne pourraient pas se croiser ? Nous attendons impatiemment la lumineuse explication d’Estelle Devic.

Précisons que le trottoir fait plus de 1 m. de large. Empruntant,  fréquemment (comme peut-être Estelle Devic) ce chemin situé devant L’Indépendant nous mesurons mieux encore la mauvaise foi de la grande pourfendeuse du quotidien local.

« Reste un autre point noir qui pourrait être facilement amélioré : les passages cloutés. A proximité de l’hyper centre, nombreux sont ceux qui s’effacent et deviennent invisibles. »

Bien qu’observateur attentif de l’espace public, nous n’avions pas cette impression. Il fallait donc vérifier. Nous avons, durant plusieurs jours, été particulièrement attentifs à l’état des passages piéton du centre ville.

Résultat de nos observations. Plus de 90 % des passages piétons de l’hyper centre sont en bon état et le plus souvent en très bon état. En de rares endroits, l’usure de la peinture et l’effacement sont nettes.

« D’une manière générale, même si de beaux efforts ont été faits dans différents quartiers, l’état des trottoirs laisse à désirer ».

Totalement d’accord. De nombreux trottoirs ont été refaits, mais il reste beaucoup à faire. En particulier là où les trottoirs sont défoncés, jonchés d’ornières… Ce que l’on rencontre dans tous les quartiers de la ville.

Etre piéton à Perpignan est bien loin des pénibles épreuves d’un parcours du combattant et ça ne relève pas non plus du « défi ».  C’est tout au contraire plutôt agréable. A l’exception des rares jours de pluie où les descentes d’eau des immeubles arrosent les trottoirs et trempent les pieds. Mais qui n’apprécie pas d’emprunter les trottoirs des rues, des avenues et les places qui ont été refaites au cours des deux dernières décennies ? Avec leurs larges trottoirs, elles font une place importante aux piétons.

A partir de cas particuliers qui sont tronqués, erronés et amplifiés, Estelle Devic peint une situation très négative. Un procédé qui relève de la propagande politique et pas du journalisme. Fabrice Thomas

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Bourquin champion de France du chômage

Voilà un titre dont notre département se serait bien passé. Les Pyrénées-Orientales ont avec un taux de chômage de 14,2% décroché le pompon en devenant le premier département français devant l’Aisne et l’Hérault, 14,1% (statistiques du premier trimestre 2012).

La catastrophique situation sociale et économique des P-O ne fait jamais la une des médias locaux. Elle a même été complètement absente des dernières campagnes électorales. A droite comme à gauche. Ce qui montre l’intérêt que nos hommes politiques portent à des dossiers qui devraient être leur priorité et occuper une grande partie de leurs pensées et de leurs emplois du temps.

Alors que de nombreux conseils généraux ont, depuis longtemps, fait du développement économique un axe prioritaire de leur action en y consacrant des moyens très importants, ici Christian Bourquin, depuis son élection en 1998, clame que ce n’est pas une compétence du conseil général. Ce n’est effectivement pas une compétence obligatoire.

C’est en utilisant cet argument qu’il a, en 2000, purement et simplement liquidé le Comité de Développement Economique. Et cela, en réalité,  pour une raison purement politicienne. Ce comité était présidé par Jean Codognès  un élu de son camp, alors député PS, à qui il voulait couper les ailes.

Il faudrait dresser la longue liste des dossiers économiques sur lesquels Christian Bourquin a refusé d’intervenir. Au début des années 2000, Oeneo (ex bouchons Sabaté) avait le choix entre deux sites pour construire son unité ultra moderne de fabrication du bouchon technologique Diam. Christian Bourquin a refusé de se mettre autour de la table alors que la contribution financière que le conseil général aurait pu apporter ne représentait pas la moitié de son budget de communication. Des élus de l’opposition et de la majorité sont montés au créneau. Il leur semblait indispensable que cette usine soit installée dans les P-O afin d’y maintenir et d’y renforcer l’activité industrielle de bouchage. L’usine a été construite en Espagne.

Des nécrologies économiques comme celle-là, nous pourrions en rédiger des dizaines.

Peut-on concevoir qu’un boulanger ne veuille pas mette les mains dans la farine ? Peut-on concevoir qu’un médecin n’ausculte pas ses patients ? Mais on peut avoir des hommes politiques qui ne portent strictement aucun intérêt aux questions économiques et sociales. Tel est Christian Bourquin. Seul le pouvoir l’intéresse. Il est à présent totalement obsédé par la conquête de la mairie de Perpignan.

Il serait intéressant de pouvoir faire appel à un organisme public ou privé afin qu’il réalise un audit de l’action économique menée à l’époque où le conseil général avait une majorité de droite et depuis que Bourquin et les siens sont aux commandes.

Numéro après numéro, L’Accent Catalan (magazine du conseil général) nous montre que tel des coucous les Bourquinistes font toujours référence à ce qui a été fait par leurs prédécesseurs. Bien sûr en s’attribuant les réalisations. En matière économique, comme dans d’autres domaines. Bourquin se vante par exemple d’avoir créé le centre départemental de restauration des œuvres d’art.

Bourquin n’a attaché son nom à aucune réalisation, à aucune politique ambitieuse dans quelque domaine que ce soit. Aucun de ses grands projets n’a vu le jour. A l’image du Mémorial  de Rivesaltes qui a engouffré des millions d’euros. Quinze ans d’effets d’annonce. C’est toujours pour l’année prochaine. Il y a trois ans, il a déposé le permis de construire à la mairie de Rivesaltes. En 2011 il a, en grande pompe, transféré le projet à la région. Mais au conseil régional, personne ne travaille dessus.

L’évaluation des actions publiques est un des grands progrès que devrait faire la démocratie.

Comment le citoyen, l’électeur peut-il s’y retrouver entre les discours des uns et des autres. En plus de produire une information indépendante et exigeante, les évaluations et les audits permettraient de regarder à la loupe comment l’argent public est dépensé. Nul doute que la transparence inciterait à des utilisations plus rigoureuses.

Il est également indispensable de regarder ce qui se fait ailleurs pour mieux se convaincre que le sous-développement, l’arriération, en matière économique comme en matière démocratique ne sont pas des fatalités.

Les départements où les conseils généraux ont le plus investi dans le développement économique  sont ceux où le taux de chômage est le plus bas, citons la Vendée, département à majorité de droite, 8% et l’Isère qui a une majorité de gauche, 8,2%.