Sanchez-Schmid pleure son fauteuil !

Interrogée par L’Indép après sa défaite, Maïté Sanchez-Schmid considère que les partis politiques et le gouvernement n’ont pas su communiquer sur l’Europe. Au passage elle tacle les responsables de l’UMP des P-O : « J’aurais souhaité que l’UMP66 se mobilise davantage et comprenne l’enjeu des européennes. »

A t-elle, elle même, fait ce qu’il fallait pour sensibiliser les électeurs sur les enjeux européens ? Elle a, l’an passé, consacré des mois à écrire un livre sur les conquêtes féministes qu’elle a ensuite présenté lors d’une longue tournée de promotion régionale. Cela était d’autant plus étonnant que Maïté Sanchez-Schmid n’est pas particulièrement connue pour son investissement dans l’action pour la promotion et l’égalité des femmes.

Bien des électeurs auraient apprécié un livre dans lequel l’eurodéputée UMP aurait expliqué quel était son travail, comment fonctionnait le parlement européen. S’appuyant sur son vécu à Bruxelles et Strasbourg elle aurait pu livrer un récit vivant qui familiarise le lecteur avec des institutions européennes dont le fonctionnement est inconnu de la majorité des Français.

Il est aisé de blâmer les autres pour leur manque d’intérêt pour l’Europe quand soi-même, parlementaire européen, on n’a pas fait tout ce qu’il fallait pour cela.

A chaque lendemain d’élection, les perdants nous servent un grand plat d’explications sur leur défaite sans jamais reconnaître une part de responsabilité personnelle, même mince. Par contre, ils tapent dur sur tous ceux à qui ils attribuent leur échec. Ils cognent comme jamais ils ne l’ont fait durant la campagne. Daniel Mach a surtout attaqué Aliot et le FN après sa défaite aux législatives. M. Sanchez-Schmid fait pareil.

Ni L’Indép, ni L’Echo du Roussillon n’ont questionné l’eurodéputée battue sur la tête de liste de l’UMP dans la circonscription Sud-ouest. Michèle Alliot-Marie est pourtant loin d’avoir fait l’unanimité. Et cela jusque dans les rangs de l’UMP. Si nous connaisssons plusieurs sympathisants et membres actifs qui n’ont pas voté pour la liste de l’UMP, c’est probablement qu’il y en a quantité.

Pas de question non plus sur l’affaire Bygmalion. Nous ne nous habituerons jamais au manque de curiosité de certains confrères.

M. Sanchez-Schmid parle du « ras le bol vis à vis des politiques » et des « affaires qui décrédibilisent les politiques ». C’est juste mais c’est un peu court. Et pour cause, elle appartient à un parti qui combat la limitation du cumul des mandats, qui s’oppose à toutes les mesures de moralisation de la vie politique et elle ne s’en est jamais démarquée. Il est encore temps d’agir. Si l’on ne remet pas la probité et l’intérêt général au centre des pratiques et des mandats politiques, on va tout droit dans le précipice. Les bonnes paroles ne règleront rien. Au contraire. Quand la défiance domine seuls les actes comptent.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

PS : En juin 2013, Marie-Thérèse Sanchez-Schmid a publié, 1944-2014, Au coeur des femmes, 70 ans de conquêtes. Ouvrage de compilation bien documenté écrit dans un style journalistique.

Publicités