Un document accablant pour le gouverneur de l’île de Mohéli

Un confrère de l’île de Mohéli nous a transmis la lettre ouverte qui dénonce la gestion autocratique et totalement corrompue de Mohamed Ali Said. Ce journaliste qui déclare qu’il n’est pas lui-même un opposant considère que le gouverneur est un « dictateur incompétent, corrompu et violent ».

Il faut prendre le temps de lire ce texte. Il en dit long sur ce personnage devant lequel, Hermeline Malherbe et le conseil général des Pyrénées-Orientales s’apprêtent à dérouler le tapis rouge.

Lettre ouverte

A

Son Excellence Monsieur IKILILOU DHOININE,

Président de l’Union des Comores

Objet : Remontrances de la population de Mwali à l’endroit du Gouverneur de l’¬ile Monsieur Mohamed Ali Said.

Monsieur le Président,

Nous, responsables des partis politiques, des organisations sociales et professionnelles, et personnalités politiques et de la société civile, signataires de la présente lettre, avons l’honneur de nous adresser auprès de votre haute autorité, au nom de la population de Mwali, pour vous exposer l’essentiel des faits et comportements que les habitants de l’ile reprochent à leur Gouverneur et contre lesquels ils demandent votre intervention, en votre qualité de Magistrat suprême du pays.

En effet, depuis sa prise des fonctions de Gouverneur de Mwali, monsieur Mohamed Ali Saïd s’est installé dans une logique de gouvernance autocratique et opaque, déjà expérimentée lors de son premier mandat de Président de l’ile autonome de Mwali ( de 2007 à 2010) et caractérisée par une gestion chaotique et une main mise généralisée sur l’administration et les finances publiques de Mwali, en dehors du cadre légal et au mépris des procédures idoines , se transformant systématiquement en petit despote qui foule aux pieds les droits et la dignité de ses administrés.
En voici les faits :

1. De nombreux agents travaillant aux chantiers de l’entreprise MODJACO et les magasins de Mohamed Ali Saïd sont rémunérés par le budget de l’Ile sur les mêmes états de salaire que les agents exerçant dans l’administration publique.

2. Lors de la campagne de girofle 2012, le gouverneur de l’ile n’a pas entrepris la moindre démarche pour appuyer les Mohéliens dans la recherche d’un marché rentable pour leur produit qui se vendait à Mwali à 3500 francs le kilogramme pendant qu’à Anjouan le prix du kg avait atteint 5 500 francs. Par contre, il a unilatéralement introduit une taxe illégale de 200 francs comoriens par Kg embarqué à destination des autres iles, ce qui lui a rapporté la modique somme de 120 000 000 de nos francs, qui ; à ce jour, n’ont laissé aucune trace visible dans les documents relatifs à la comptabilité publique.

3. Une soixantaine d’enseignants du primaire et du secondaire ont été arbitrairement démis de leur fonction en l’absence de toute procédure légale, et leurs salaires versés à d’autres personnes sans acte administratif de recrutement ou de fixation de rémunération et ceci pendant plusieurs mois ; le cas de ces personnes qui sont aujourd’hui en proie au chantage et à l’humiliation, est traité au compte-goutte et la majorité de ces enseignants perçoivent un salaire indiciaire (le strict minimum). Cette situation est d’ autant plus dramatique que la liste des victimes de ce cynisme n’a obéi à aucune logique, le critère de grévistes étant fallacieux, puisque des enseignants peu ou pas impliqués dans le mouvement de grève ont été sanctionnés alors que des grévistes purs et durs ont été épargnés en raison de leur proximité avec des proches du pouvoir insulaire.

4. A l’occasion de chaque versement de salaire mensuel, Monsieur Mohamed Ali Said s’arroge le droit de manipuler les salaires des agents de l’Etat en exercice à Mwali, procédant à des ponctions et à des ajustements selon ses desiderata, en l’absence d’acte administratif justificatif donc de manière arbitraire.

5. Depuis qu’il était devenu Président de l’ile en 2007 jusqu’à présent, le Gouverneur de Mwali n’a jamais songé à habiter à Bonovo comme son prédécesseur, puisqu’il a mis en location sa propre maison en tant que résidence officielle du Gouverneur, un loyer qu’il a fixé lui-même et qui constitue l’un des nombreux stratagèmes qu’il a élaborés pour se faire beaucoup d’argent à la charge des contribuables comoriens surtout de Mwali.

6 .Depuis tout ce temps, malgré la détention sans partage du monopole des marchés d’achat des véhicules administratifs de l’ile , ce n’est que tout récemment qu’il dispose de voiture officielle du Gouverneur et pour cause, il avait mis également en location sa voiture personnelle, ce qui lui a rapporté beaucoup d’argent supporté par le budget de l’Etat.

7. Il est de notoriété publique que M. Mohamed Ali Said par l’entremise de MODJACO est l’unique fournisseur de l’administration de Mwali en fournitures de bureau, en équipements informatiques et en moyens de transport (véhicules, motos, pièces détachées et toutes sortes d’accessoires). C’est lui qui décide toujours de la commande, l’exécute, en fait la livraison et ordonne le paiement. Ainsi des cartons de papier, des ordinateurs avec accessoires, des motos avec casques etc… sont parfois livrés à des services qui n’en ont pas besoin, et les fausses factures sont monnaie courante. Les tarifs pratiqués sont souvent fantaisistes car exorbitants lorsque MODJACO est en position de monopole, mais parfois artificiellement trop bas quand rarement il y a de la concurrence, et naturellement personne n’est en mesure de vérifier si les quantités livrées correspondent à celles qui sont facturées.

8. La concurrence déloyale empeste le monde des affaires à Mwali et joue négativement contre les opérateurs économiques de l’ile qui subissent brutalement et de manière frontale les effets pervers de cette pratique du Gouverneur qui jouit de nombreux privilèges indus que l’exercice de ses fonctions de numéro un de l’ile lui permet de s’octroyer plus ou moins illicitement :
– Pour ses fréquents voyages commerciaux à Doubaï, pourtant incompatibles avec ses fonctions de Gouverneur, M. Mohamed Ai Saïd bénéficie d’une prise en charge totale et très confortable de l’Etat qui lui paie le transport, l’hôtel, le quota illimité de son téléphone et des perdiems équivalents à une mission officielle à l’extérieur et pour une durée qu’il fixe lui-même ;
– De surcroit il ne paie aucun droit pour ses importations ou pour ses autres activités commerciales (ni impôts ni taxes) mais surtout il dispose allégrement de toutes les recettes versées à Mwali par ses concurrents et par tous les autres contribuables ;
– A quelques exceptions près, l’entreprise MODJACO avec ses ramifications rafle tous les marchés publics de l’ile, y compris les restaurations à l’occasion des ateliers et séminaires organisés dans l’ile par l‘administration ;
– Mr Le Gouverneur de Mwali a la haute main sur la totalité du carburant de l’administration de l’ile qu’il gère sans partage ,sans règle connue, comme sa propriété privée pour ravitailler ses chantiers, ses camions,….au détriment des ayant droits parmi lesquels l‘hôpital de Fomboni (CHR), ses commissaires et ses conseillers….
– S’il est compréhensible que Mr Le Gouverneur bénéficie d’un quota d’électricité à son domicile qui est sa résidence officielle, le refus de s’acquitter des factures liées à la consommation de courant dans ses magasins, sa boulangerie et sa menuiserie, semble constituer un abus de pouvoir;

9. Mr Mohamed Ali Said exerce une pression désastreuse sur l’éducation à Mwali :
– Ces dernières années, l’organisation des examens nationaux (entrée en 6ème, BEPC, BAC) à Mwali, est de plus en plus entachée de corruption à grande échelle. C’est un véritable business impliquant beaucoup de candidats qui négocient leur admission en échange des sommes d’argent surtout parmi ceux qui n’ont pas la chance de figurer sur la liste des candidats recommandés par le Gouverneur et les siens.
Ce climat indispose fortement les élèves (et leurs parents) qui réussissent à ces examens grâce à leur propre travail et constitue une preuve flagrante d’injustice sociale amèrement ressentie par les mohéliens.
– Après que de nombreux professeurs et instituteurs qualifiés aient été écartés de l’enseignement, la plupart de ceux qui les ont remplacés n’ont rien à y faire puisqu’ils n’ont ni instruction, ni culture ni même conscience professionnelle. Ils ne contribuent en rien à l’éducation des élèves, juste des figurants qui accompagnent dans l’indifférence la baisse dangereuse du niveau des élèves de Mwali avec certainement des conséquences dramatiques à l’avenir.

10. Le Gouverneur de Mwali a tout fait pour retarder la mise en place dans l’ile de la commission insulaire de lutte contre la corruption, et quand après une résistance de plusieurs mois, la nomination a été effectuée, elle ne s’est pas conformée aux dispositions de la loi y relative, ni dans le fond, ni dans la forme. Cela confirme ce que tout le monde disait ; que pour des raisons évidentes, le gouverneur ne pouvait laisser se mettre en place à Mwali une structure fonctionnelle de lutte contre la corruption qui serait composée de membres répondant aux critères requis et susceptibles d’exercer leurs activités de manière responsable et autonome.

11. Pendant qu’au niveau national les médias publics font quelques efforts favorables à la liberté d’expression pour contribuer au renforcement de la démocratie aux Comores, Radiotélévision Mwali, ex radio Modja média de Mohamed Ali Saïd vendue à l’Etat et gérée par lui-même, est restée la voix de son maitre, et ouverte aux seuls courtisans pour diffuser et répéter à satiété les louanges du chef de l’ile et les publicités de Modja magasin, entrecoupés parfois de soit- disant journaux et émissions dépourvus de professionnalisme et sans intérêt mais ayant presque toujours comme centre d’intérêt M. le Gouverneur.

12. Pour consolider son autoritarisme, le Gouverneur de Mwali aurait entamé la mise en place dans certains quartiers de Fomboni d’abord, puis plus tard parait-il dans les autres localités de Mwali, une milice chargée de prévenir et d’empêcher toute forme d’opposition ou d’expression d’hostilité à son pouvoir ou à sa personne. C’est ainsi que l’ancien maire de Fomboni a été agressé physiquement par un élément de cette milice.

13. M. Mohamed Ai Saïd s’emploie à introduire dans l‘ile une sorte d’apartheid politique en semant la division entre localités et quartiers et au sein de la société en interdisant par exemple à ses partisans de côtoyer des citoyens taxés d’opposants.

14. Alors que la loi statutaire de Ngazidja et celle de Ndzouani ont été adoptées depuis des mois dans le souci de régulariser le cadre institutionnel et restaurer la légalité dans la gestion de ces iles, à Mwali le Gouverneur fait tout pour que ce texte ne voit jamais le jour afin qu’il puisse continuer à y régner en maître absolu, sans aucun semblant de contre- pouvoir.

15. Dans l’exécution des nombreux marchés publics raflés déloyalement par MODJA-CO, et surtout dans le domaine des infrastructures, le siège de la Direction régionale des travaux publics sert d’entrepôt pour les agrégats de cette entreprise, de même que les engins et le carburant de l’Administration sont utilisés gracieusement à cette fin;

16. Au lieu d’user de ses prérogatives de Premier Magistrat de l’île pour tenter de solutionner le contentieux territorial opposant la localité de Wanani avec M. Said Omar Said Ahmed ou pour demander l’application des décisions de justice y relatives, il a réussi par on ne sait quel artifice à devenir propriétaire et maître du terrain en question et à faire une démonstration de sa force en envoyant une imposante force de police encadrer la cueillette de son girofle et en ordonnant une brutale répression à l’encontre des habitants de ladite localité.

17. Après avoir tenté en vain d’expulser le bureau régional du Croissant Rouge Comorien à Mwali pour s’approprier le local qui l’abrite, M. le Gouverneur de l’île est allé marchander avec Comores Télecom une parcelle de terrain dans l’enceinte-même du lycée.

18. Cent cinquante à deux cent millions de francs seraient attribués à l’exécutif de Mwali par le gouvernement de l’Union, vraisemblablement en tant que quote-part de l’île dans le cadre des recettes à partager, selon le Commissaire aux finances de l‘ile. Cet argent destiné, paraît-il, à réaliser des actions de développement, est utilisé avec tellement d’opacité, de cynisme et de fantaisie que les mohéliens, pourtant bénéficiaires supposés dudit développement, n’y voient qu’une généreuse contribution supplémentaire des autorités nationales à l’enrichissement personnel illicite de M. Mohamed Ali Said.
En plus de ses agissements malveillants et répréhensibles, le premier magistrat de Mwali ne fait preuve d’aucun respect à l’égard de son titre pourtant si lucratif qu’il dénigre ostensiblement.
C’est le cas lorsqu’il passe une partie de son temps aux jours et heures ouvrables dans sa boutique comme n’importe quel commerçant ou quand il fait le tour de ses magasins et chantiers, occupé à les manager lui-même sans se soucier du fait qu’il est investi de hautes fonctions officielles ou pire encore quand i reçoit des missions officielles sur la véranda de sa propre résidence ou dans sa boutique.

Dans son comportement au quotidien, M. Mohamed Ali Said combat irrégulièrement les commerçants et les entrepreneurs de Mwali, méprise la classe politique, déteste les cadres et les intellectuels et fait tout pour dénigrer les personnes et les familles respectables.
Par pudeur, nous nous abstenons d’évoquer certaines reproches largement répandues et attribuées au Premier Magistrat de Mwali.

Excellence Monsieur le Président,

Tous ces faits avérés pour la plupart, reprochés à M. Mohamed Ali Said, ont développé chez les mohéliens un sentiment largement partagé de rejet de leur gouverneur qu’ils accusent en résumé de détournement de fonds publics, d’abus de pouvoir, d’abus de confiance, de corruption, de chantage, de favoritisme, d’arrogance, de négligence, d’insouciance , d’incompétence et de comportement antisocial.

C’est donc en leur nom que nous nous adressons à votre excellence en tant que principale voie de recours, pour vous demander de bien vouloir assumer pleinement vos responsabilités constitutionnelles et politiques pour que Mwali soit délivrée d’une gouvernance si désastreuse et insupportable.

Convaincus de la pertinence de notre requête, de l’attention particulière que vous y prêterez, et de la suite positive que vous y donnerez, et tenant compte de votre engagement ferme aux principes de démocratie, de bonne gouvernance et de transparence, nous vous prions de croire Excellence Monsieur le Président, en l’assurance de notre considération distinguée.

(Liste des 61 signataires avec leurs noms et qualités)

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Un despote africain officiellement reçu au conseil général

C’est une bien étonnante cérémonie de remise de décorations qui se déroulera le 16 mars dans le hall Guy Malé de l’hôtel du département. Plusieurs personnes seront décorées dans L’ordre de l’Etoile de Mohéli par le gouverneur de l’île, Modamed Ali Said.

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Mohéli est une ile de 22 000 habitants, la plus petite des trois îles qui composent l’état indépendant, Union des Comores, situé au sud-est de l’Afrique.

Même si il vient avec une valise pleine de médailles, le gouverneur de l’Ile ne semble pas être un personnage très fréquentable. Il est accusé par une grande partie de la classe politique de l’île, de « détournement de fonds publics, d’abus de pouvoir, d’abus de confiance, de corruption, de chantage, de favoritisme, d’arrogance, de négligence, d’insouciance, d’incompétence et de comportement antisocial » (lemohélien.com).

La situation politique est devenue explosive, titrait Comores-infos, il y a quelques jours de cela : « Des partis et personnalités politiques, des représentants d’organisations sociales et professionnelles, ainsi que des citoyens rassemblés au sein d’un groupement dénommé Coordination politico-Administrative (CPA), se sont engagés à mener un combat collectif contre ce qu’ils appellent « la mauvaise gouvernance et la mauvaise pratique » du gouverneur de Mwali (Mohéli) et du régime qu’il a instauré dans l’ile. Treize exigences que le gouverneur « doit satisfaire sans délai », sont formulées dans un mémorandum… »

« Cette situation de l’île de Mwali (Mohéli) sans loi statutaire ne peut plus perdurer. Les enseignants licenciés pour cause de grève doivent être réintégrés sans discrimination. Mohamed Ali Said doit cesser d’être l’unique fournisseur de l’Etat et le seul à rafler presque tous les marchés publics dans l’île. Il doit payer de sa poche sa consommation d’électricité dans sa boulangerie et ses magasins. Il ne peut plus continuer à utiliser gracieusement les engins des travaux publics dans les chantiers de son entreprise. Mohamed Ali Said ne peut plus persévérer à faire du trésor public de l’ile son fonds de commerce où seules sont payées les factures libellées MODJA-CO (l’entreprise du patron de l’île). » Tels sont, entre autres, les points saillants du dit mémorandum. »

Voilà le personnage que l’on va recevoir avec les honneurs au conseil général des Pyrénées-Orientales. Les habitants des Comores qui vivent sous sa férule apprécieront sans doute. Et nombre de Catalans également. Fabrice Thomas

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Aide aux PME locales : le fiasco du Fonds d’Investissement dans le Capital des Entreprises Catalanes

L’UPE66 (L’Union Pour les Entreprises) qui est le représentant départemental du MEDEF avait en 2010, sorti tambours et trompettes pour annoncer la naissance d’un fonds d’investissement destiné à venir en aide aux PME du département. Cette création s’appuyait sur des dispositions de la loi TEPA (loi de 2007 en faveur du travail de l’emploi et du pouvoir d’achat) permettant à des personnes assujetties à l’impôt sur la fortune d’obtenir une réduction fiscale en investissant dans des PME. Afin que « la fiscalité locale finance l’économie locale », proclamait alors l’UPE ».

Alléché par ce beau discours, un créateur d’entreprise a dernièrement pris contact avec l’UPE66. Il a été orienté vers Marie Font, directrice du FICEC, Fonds d’Investissement dans le Capital des Entreprises Catalanes. Rendez-vous a été pris avec cette personne qui lui a préalablement expliqué que des modifications des dispositifs fiscaux avaient entrainé un retard dans la collecte des fonds pour 2013. Il ne fallait donc pas qu’il espère quelque chose. En tous cas pas rapidement. Le créateur d’entreprise apprécia cette franchise. Quelques jours plus tard, il a rencontré Marie Font au siège de l’UPE. Elle lui a sans fioriture, raconté la petite histoire du FICEC, avec ses hauts et ses bas.

En 2011, 170 000 euros ont été collectés et investi. L’année suivante, la directrice a été victime d’un grave accident qui a paralysé l’activité du FICEC. Elle a, au début 2013, repris son travail dans un contexte peu favorable.

De nature curieuse, notre créateur d’entreprise est allé jeter un coup d’œil sur les comptes 2011 de la société. Il y a découvert que les 170 000 euros avaient été placés dans une unique entreprise, Deyco plus connu sous le nom commercial de La Cabane de Zoé. L’année suivante cette entreprise a été mise en redressement avec un total de pertes s’élevant à 2 millions d’euros. Puis liquidée en 2013. Les Fonds collectés par le FICEC ont donc été perdus et rapidement perdus. Manque de clairvoyance ? Manque de vigilance ? Une personne qui connaissait la situation de Deyco considère que « le risque était élevé ». Pourquoi a t’-il été pris ?

Dans un article de deux pages que lui consacre le magazine économique Objectif Languedoc-Roussillon (février 2013), Jacques Font, assureur, patron des patrons des Pyrénées-Orientales, homme aux nombreuses casquettes, (il préside le Pôle Economique Saint-Charles, il est trésorier-adjoint de la CCI et il est aussi le président du FICEC), déclare que le fonds a aidé quatre entreprises. Les informations que nous avons recoupées aboutissent toujours à une seule entreprise. Jacques Font voudra bien nous donner le nom des trois autres afin que nous puissions compléter l’information de nos lecteurs.

Nous regrettons de ne pas être parvenus à le joindre. Nous avons laissé un message sur son portable en lui indiquant que nous souhaitions lui poser des questions, en particulier sur le fait qu’il préside le FICEC et que son épouse en est la directrice. En 2010, commentant le lancement du FICEC, Jacques Font déclarait au site La Clau : « Nous lançons cette opération uniquement avec des acteurs bénévoles Experts-comptables, avocats, etc…. On peut être chefs d’entreprises et avoir un engagement citoyen. »

Le bilan n’est pas brillant. Jacques Font n’en annonce pourtant pas moins la création d’un FICEC 2. Ce qui permettra de collecter davantage de fonds.

Au sein même de l’UPE et dans le monde patronal catalan, plusieurs dirigeants considèrent que le FICEC est un fiasco. Il n’a pas aidé une seule entreprise, et au final il aurait uniquement bénéficié au foyer de son président.

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Hermeline offre des souris chinoises

Le conseil général ne connait pas la crise. Cette année encore il y est allé de son petit cadeau à des centaines d’élus, à la presse et à quantité de VIP. Chacun d’eux a reçu sa souris. François Lietta (encore et toujours lui) ironise en faisant remarquer que dessus il y a le logo du conseil général et en dessous une étiquette qui indique “ made in China “.

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Pourquoi le CG a-t-il cette année opté pour une souris chinoise ? Parce qu’il n’y a pas de souris fabriquée en France ? Parce que l’on cache beaucoup de choses à la présidente et que l’on a certainement oublié de lui dire que le département produisait d’excellents vins doux naturels. Tant qu’à dépenser de l’argent inutilement autant que ça profite à un vigneron d’ici.

Terminons sur le rapport 2013 de la Cour des comptes qui épingle la laborieuse et coûteuse restructuration de l’hôpital de Perpignan. C’est haro sur Alduy, comme dans le communiqué de Jean Codognès : « Aujourd’hui, nous ne pouvons que dénoncer cette gabegie financière, marque de fabrique de la gestion Alduy. » A la lecture du rapport c’est surtout l’ARH (l’Agence Régionale d’Hospitalisation) qui est mise en cause. Chacun peut se faire son avis en allant sur :
http://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Rapport-public-annuel-2013
Aller au chapitre portant le titre, « Les restructurations hospitalières : trois illustrations des difficultés rencontrées. »

Le FN offre son quart d’heure de célébrité à Florence Jurado

Le Front National exhibe Florence Jurado comme une grosse prise, un gros poisson. Dans les P-O qui ne connait pas Florence Jurado… Vous ne vous souvenez pas d’elle ? Mais si, c’est celle qui a failli battre René Olive aux dernières cantonales sur le canton de Thuir. Enfin presque ! Mais pas tout à fait en vérité ! La candidate de CDC a quand même rassemblé 118 voix sur son nom, 1,5 % des suffrages exprimés.

Si on vous dit qu’elle a été trésorière du CDC, là vous ne pouvez que vous souvenir d’elle. Non ? Vous y mettez de la mauvaise volonté ! C’est curieux tous ces gens qui deviennent amnésique en même temps. Un habitant de Tresserre, le village de cette dame, nous a même déclaré : « inconnue au bataillon ». Il va apprendre à la connaître. Car la nouvelle adhérente du parti de la famille Le Pen sera à la tête d’une liste soutenue par le FN pour prendre la mairie de ce village des Aspres qui compte 800 habitants.

« Je souhaite m’engager en politique afin de mener et d’entreprendre, avec, pour objectif, le développement de Tresserre : création de l’emploi, développement du terroir et du tourisme et bien d’autre cheval de bataille…. », écrit Florence Jurado sur son facebook. Bref, c’est le chevaux sur lequel il faudra miser à Tressère en 2014.

La dame a quand même un grand mérite. Elle ne fait pas mystère des raisons de son départ de CDC. Elle a expliqué à ouillade.eu que lors de son adhésion, il y a trois ans, Jordi Véra avait pris l’engagement de lui donner la tête de liste CDC aux prochaines municipales. Elle a donc claqué la porte du parti catalaniste quand CDC s’est rapproché du maire de Tresserre, Jean Amouroux. Et la voilà au FN qui bien naturellement lui déroule le tapis rouge. Et pour cause, il a tant de mal à trouver des candidats aux élections.

Ce n’était donc pas par catalanisme que Florence Jurado avait rejoint CDC. Elle ne parle d’ailleurs pas catalan. Et c’est manifestement avec des convictions aussi fortes qu’elle rejoint l’extrême-droite.

Louis Aliot annonce régulièrement des ralliements de personnalités locales au FN. Mais faute de grives, il mange des merles.

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Quand Bernard Tapie crache le morceau

Dans une interview au Point, Bernard Tapie le nouveau patron du groupe La Provence répondait à une question sur ses relations avec les politiques de la région : « Contrairement à ce qui a été dit, je n’ai pas rencontré Guérini, mais je vais le faire. De même que je rencontrerai tous les représentants des institutions politiques, de Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, à Michel Vauzelle, le président du conseil régional, c’est nécessaire dans l’intérêt de La Provence, ce sont des apporteurs de recettes énormes pour son développement. »

Et oui, les collectivités territoriales, mairies, communauté de communes, conseils généraux, régionaux et tous leurs satellites sont des « apporteurs de recettes énormes » pour les quotidiens régionaux.

En étant très dépendant des collectivités territoriales, donc des élus, les quotidiens régionaux ne peuvent pas être indépendants de ces mêmes élus. Une dépendance qui s’accroit avec la crise de la presse : recul des recettes publicitaires et recul plus ou moins marqué des ventes de la quasi-totalité des titres de la PQR (Presse quotidienne régionale).

La presse régionale a les mains liées. D’où ses contenus tièdes et de faible intérêt dont les lecteurs se détournent. Et ce n’est pas la montée en puissance des faits divers qui va enrayer le déclin. Les lecteurs tournent le dos à la presse pour les mêmes raisons qu’ils rejettent massivement la classe politique. Ils n’ont plus confiance. Ils se mettent en retrait. Le total de la diffusion et de l’audience des médias des P.-O. montre qu’une assez large majorité des habitants de notre département, plus encore dans l’espace urbain qu’en milieu rural, se désintéresse de l’actualité locale.

Où cela nous mènera-t-il ?

Pas forcément au pire car il y a des solutions. Des solutions qui seraient plébiscités par la population mais des solutions qui ne sont portées par aucun parti politique. C’est un peu comme pour la loi sur le cumul des mandats, une large majorité de Français y est favorable, mais une écrasante majorité des grands élus est contre. Et ce sont eux qui décident. Voilà pourquoi ce n’est pas gagné.

Pour rendre à la presse régionale la liberté et l’indépendance dont elle a besoin pour jouer pleinement son rôle, il faut déjà commencer par trouver le moyen de réduire les budgets de communication des collectivités territoriales. Trop d’argent part en fumée. Il faudrait que le législateur précise les compétences et les moyens qui sont donnés aux collectivités pour informer les administrés. Pour informer et pas pour faire de la communication, de la propagande et au passage s’acheter les bonnes grâces de certains titres et priver de recettes ceux qui n’entendent pas renoncer à leur mission d’information. L’argent public ne devrait pas pouvoir être utilisé pour bâillonner la démocratie.

Voilà pourquoi le financement de la presse par les collectivités territoriales doit être mis sur la place publique.

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