Hollande a-t-il rayé le Languedoc-Roussillon de la carte de France ?

François Hollande va-t-il bientôt venir à Montpellier ? C’est ce qu’espèrent  de nombreux militants et élus du PS. Une pétition a d’ailleurs été lancée et une page a été créée sur facebook « François Hollande doit pouvoir venir à Montpellier ». Frédéric Bort, ancien directeur de cabinet de Georges Frêche, fait partie de ceux qui n’acceptent pas que Montpellier soit « victime de la mauvaise réputation de ses dirigeants ».

A la fédération du PS de l’Hérault, « On conserve l’espoir que François Hollande vienne à Montpellier ». Une étape qu’aucun candidat socialiste à la présidentielle n’a jamais négligé.

Mais cette fois ci, la venue du candidat PS comporte des risques. Il  ne peut pas se permettre d’être photographié en compagnie de Robert Navarro et de Christian Bourquin.

En 2006, Elie Puigmal, alors maire de Saint-Estève et François Hollande, alors premier secrétaire du PS.

François Hollande qui est resté onze ans à la tête du PS, de 1997 à 2008 connait bien la fédération de l’Hérault et en particulier son ancien premier secrétaire, Robert Navarro. Il n’avait pas, durant les primaires, hésité à le prendre dans son équipe de campagne et cela bien qu’il soit exclu du PS et qu’il fasse l’objet de poursuites judiciaires pour sa gestion financière de la fédération du PS qu’il dirigea de 1997 à 2011. A chaque congrès Navarro apportait à Hollande les mandats de la puissante fédé de l’Hérault. Bien qu’écarté du PS, le numéro 2 du conseil régional, l’homme qui a installé Bourquin à la place de Frêche, est resté influent.

Les problèmes judiciaires du numéro 1 et 2 du conseil régional handicapent le PS

Ne voulant négliger aucun soutien pour gagner la primaire, François Hollande ne s’était donc pas montré très regardant. Ce n’est d’ailleurs pas son style. Il a toujours fermé les yeux sur les graves dysfonctionnements du parti : effectifs gonflés avec des faux adhérents, élections internes truquées… C’est Martine Aubry, qui lui succéda à la tête du PS, qui lança l’opération mains propres dont le couple Navarro fit les frais.

Et puis, il y a Bourquin, le président de la région récemment condamné à deux mois de prison avec sursis pour favoritisme dans un marché public. La condamnation n’est certes pas définitive puisque Bourquin a fait appel. Mais elle est là ! Et c’est sa deuxième condamnation par un tribunal correctionnel.

Pour qu’Hollande décide de venir à Montpellier, il faudra que Navarro et Bourquin acceptent de rester à distance du candidat, voire de rester chez eux ce jour là. Le staff du candidat PS à la présidentielle devra trouver  des arguments, voire une monnaie d’échange.

Robert Navarro pourrait comprendre qu’il n’a rien à gagner à se montrer. Il ne pourrait qu’y récolter de nouveaux ennemis au sein de la direction du PS. Navarro est d’autant plus persona non grata que le sénat va prochainement examiner la levée de son immunité parlementaire. Elle a, tout comme celle de Jean-Noël Guérini, été demandée par un juge d’instruction.

En 2007, Ségolène Royal fuyait Bourquin

Avec Bourquin, le président de la région et sénateur, réintégré au PS en octobre dernier,  ça risque d’être plus difficile.

Christian Bourquin fera-t-il à nouveau  le coup qu’il avait fait à Ségolène Royal en 2007. Il était déjà handicapé par des problèmes judiciaires avec l’affaire du faux témoignage et des comptes de campagne d’une élection  cantonale. Ségolène Royal était allée dans le Gard, l’Hérault et l’Aude, mais elle avait évité les P-O. A la fin d’un meeting, dans l’Aude, Christian Bourquin était monté sur la scène en même temps que les principaux élus du département et il était venu se mettre près de la candidate, le temps qu’une collaboratrice, qu’il avait disposé dans le public, filme la scène qui s’était ensuite retrouvée sur son blog.

La venue de François Hollande en L-R pourrait passer par l’Aude, bastion historique du PS, où il est difficilement  concevable que le candidat du PS ne se montre pas. La fédération du PS de l’Aude annonce que François Hollande passera quelques heures dans le département le 5 avril. Mais à Paris, au siège de campagne, on ne confirme pas encore.

Publicités