Bourquin champion de France du chômage

Voilà un titre dont notre département se serait bien passé. Les Pyrénées-Orientales ont avec un taux de chômage de 14,2% décroché le pompon en devenant le premier département français devant l’Aisne et l’Hérault, 14,1% (statistiques du premier trimestre 2012).

La catastrophique situation sociale et économique des P-O ne fait jamais la une des médias locaux. Elle a même été complètement absente des dernières campagnes électorales. A droite comme à gauche. Ce qui montre l’intérêt que nos hommes politiques portent à des dossiers qui devraient être leur priorité et occuper une grande partie de leurs pensées et de leurs emplois du temps.

Alors que de nombreux conseils généraux ont, depuis longtemps, fait du développement économique un axe prioritaire de leur action en y consacrant des moyens très importants, ici Christian Bourquin, depuis son élection en 1998, clame que ce n’est pas une compétence du conseil général. Ce n’est effectivement pas une compétence obligatoire.

C’est en utilisant cet argument qu’il a, en 2000, purement et simplement liquidé le Comité de Développement Economique. Et cela, en réalité,  pour une raison purement politicienne. Ce comité était présidé par Jean Codognès  un élu de son camp, alors député PS, à qui il voulait couper les ailes.

Il faudrait dresser la longue liste des dossiers économiques sur lesquels Christian Bourquin a refusé d’intervenir. Au début des années 2000, Oeneo (ex bouchons Sabaté) avait le choix entre deux sites pour construire son unité ultra moderne de fabrication du bouchon technologique Diam. Christian Bourquin a refusé de se mettre autour de la table alors que la contribution financière que le conseil général aurait pu apporter ne représentait pas la moitié de son budget de communication. Des élus de l’opposition et de la majorité sont montés au créneau. Il leur semblait indispensable que cette usine soit installée dans les P-O afin d’y maintenir et d’y renforcer l’activité industrielle de bouchage. L’usine a été construite en Espagne.

Des nécrologies économiques comme celle-là, nous pourrions en rédiger des dizaines.

Peut-on concevoir qu’un boulanger ne veuille pas mette les mains dans la farine ? Peut-on concevoir qu’un médecin n’ausculte pas ses patients ? Mais on peut avoir des hommes politiques qui ne portent strictement aucun intérêt aux questions économiques et sociales. Tel est Christian Bourquin. Seul le pouvoir l’intéresse. Il est à présent totalement obsédé par la conquête de la mairie de Perpignan.

Il serait intéressant de pouvoir faire appel à un organisme public ou privé afin qu’il réalise un audit de l’action économique menée à l’époque où le conseil général avait une majorité de droite et depuis que Bourquin et les siens sont aux commandes.

Numéro après numéro, L’Accent Catalan (magazine du conseil général) nous montre que tel des coucous les Bourquinistes font toujours référence à ce qui a été fait par leurs prédécesseurs. Bien sûr en s’attribuant les réalisations. En matière économique, comme dans d’autres domaines. Bourquin se vante par exemple d’avoir créé le centre départemental de restauration des œuvres d’art.

Bourquin n’a attaché son nom à aucune réalisation, à aucune politique ambitieuse dans quelque domaine que ce soit. Aucun de ses grands projets n’a vu le jour. A l’image du Mémorial  de Rivesaltes qui a engouffré des millions d’euros. Quinze ans d’effets d’annonce. C’est toujours pour l’année prochaine. Il y a trois ans, il a déposé le permis de construire à la mairie de Rivesaltes. En 2011 il a, en grande pompe, transféré le projet à la région. Mais au conseil régional, personne ne travaille dessus.

L’évaluation des actions publiques est un des grands progrès que devrait faire la démocratie.

Comment le citoyen, l’électeur peut-il s’y retrouver entre les discours des uns et des autres. En plus de produire une information indépendante et exigeante, les évaluations et les audits permettraient de regarder à la loupe comment l’argent public est dépensé. Nul doute que la transparence inciterait à des utilisations plus rigoureuses.

Il est également indispensable de regarder ce qui se fait ailleurs pour mieux se convaincre que le sous-développement, l’arriération, en matière économique comme en matière démocratique ne sont pas des fatalités.

Les départements où les conseils généraux ont le plus investi dans le développement économique  sont ceux où le taux de chômage est le plus bas, citons la Vendée, département à majorité de droite, 8% et l’Isère qui a une majorité de gauche, 8,2%.

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