Non cumul des mandats : Bourquin s’y oppose farouchement

 Christian Bourquin est depuis quelques semaines parti  en croisade contre la limitation du cumul des mandats à laquelle les parlementaires du PS doivent à présent se soumettre.

A la mi-septembre, il a tiré la sonnette d’alarme en dénonçant « Le risque de défaire le lien parlementaire élu local ». Bourquin agite le spectre d’un parlement qui ne serait plus composé que d’énarques.

La dénonciation des élites est une vieille recette.

Bourquin est, comme toujours, dans la caricature. Dans le texte massivement approuvé par les militants du PS, il n’est pas question de priver les parlementaires de l’exercice d’un mandat local, il est uniquement prévu de les empêcher de cumuler un mandat de parlementaire avec un exécutif : maire, président de communauté de communes, président de conseil général ou régional.

Bourquin serait bien incapable d’expliquer comment l’application de cette mesure pourrait défaire le lien élu local/parlementaire et favoriser l’élection d’énarques.

Lors d’une seconde offensive, fin septembre, Bourquin a tiré à boulets rouges sur Martine Aubry. Il accuse l’ancienne patronne du PS d’avoir déclenché «un antiparlementarisme ambiant phénoménal » et aussi, « Par vengeance de vouloir déglinguer la gauche ». Rien que ça ! Il est vrai que Martine Aubry est sa bête noire.

Le procureur de la république du tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence qui a dit de Bourquin qu’il était un camelot de foire avait très bien cerné le personnage.

Les élus qui cumulent plusieurs mandats, surtout les plus puissants, les néo-féodaux qui, comme Bourquin, sont à la tête d’un système construit sur le clientélisme, ne veulent rien lâcher. C’était prévisible. Particulièrement de la part de Bourquin qui, depuis longtemps, justifie le cumul des mandats. S’il pouvait, il serait maire de Perpignan, président du conseil général, président de la région et parlementaire. Et il nous expliquerait qu’avec tous ses leviers en main il est plus efficace. Car c’est toujours au nom de l’efficacité qu’il a justifié le cumul.

L’élu qui se consacre totalement à son mandat de sénateur et l’élu qui n’a pas d’autre mandat que celui de président de région est bien plus efficace que ne l’est le cumulard Bourquin. Et pour ne pas être trop désagréable avec le génie de Millas, nous éviterons d’évoquer son efficacité personnelle. De même que sa moralité.

A droite la situation est plus simple car il n’y a pas l’équivalent d’une Martine Aubry et d’un Montebourg. Le non cumul n’est pas à l’ordre du jour.

Mais alors que la quasi-totalité de la classe politique veut continuer de cumuler, les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir une loi qui limite le cumul. Moins de 50% il y a dix ans, 90% à présent selon un récent sondage. La démocratie est la seule bonne réponse à la crise politique, l’unique solution pour combler le profond fossé qui sépare les Français de leurs élus.

Ce débat reviendra avec force au début du mois de novembre, quand Lionel Jospin  rendra le rapport de la commission de moralisation de la vie publique.

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