Propos « indignes » : Bourquin se fait recadrer par trois hauts magistrats

Fait rare dans les annales, un homme politique, président de région et sénateur s’est fait remettre à sa place par trois magistrats, les deux plus hauts magistrats du Languedoc-Roussillon et par le président de la Cour des comptes. Des faits révélés par le site montpellier-journal.fr.

http://www.montpellier-journal.fr/2013/04/attaque-de-bourquin-la-replique-de-la-chambre-regionale-des-comptes.html

Jacques-Olivier Tessier qui assistait, vendredi 26 avril, à la séance solennelle de rentrée de la chambre régionale des comptes rapporte les propos tenus par le président de la chambre, Nicolas Brunner : « La chambre exerce et exercera en effet toujours pleinement la mission que le législateur lui a confiée, n’en déplaise à certains, comme un élu de la région qui a dit lors d’une réunion publique le 6 décembre dernier, je le cite “ Les CRC ont suffisamment ridiculisé leur expertise jusque-là pour que maintenant nous passions à autre chose. “ Propos tenus en présence de M. le procureur général près la cour d’appel de Montpellier ici présent qui les a qualifiés “d’indignes“ dans son dernier discours de rentrée. Je le remercie chaleureusement au nom de la chambre pour ce soutien qui marque une réconfortante solidarité entre les juridictions judiciaires et administratives, qui agissent toutes dans des conditions difficiles pour garantir les droits et libertés et le bon exercice de la démocratie.»

J-O Tessier précise que le magistrat a tenu ces propos : « Devant un parterre très fourni de personnalités locales »

A l’issue de l’audience, J-O Tessier a interrogé Bernard Legras, procureur général de la cour d’appel de Montpellier qui lui a notamment déclaré : « Il s’agissait d’une attaque extrêmement violente contre les chambres régionales des comptes dans leur mission fondamentale et que ça n’était pas conforme à l’esprit républicain qui doit régner dans ce genre d’enceinte. »

Notre confrère a également recueilli la réaction du président de la cour des comptes. Didier Migaud lui a confié que par sa présence il apportait tout son soutien à la chambre des comptes et à son président.

Christian Bourquin s’en était violemment pris aux chambres régionales des comptes lors des assises nationale de la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes à Montpellier en décembre 2012. Il semble que les propos qu’il a tenus ne se limitent pas à la phrase rapportée par le président de la CRC du Languedoc-Roussillon.

Ce n’était pas la première fois que Christian Bourquin attaquait l’institution qui a compétence pour contrôler les comptes des collectivités territoriales. Lors de la session de juillet 2009 consacrée au rapport sur la gestion du conseil général, Christian Bourquin s’était, dans une intervention qui avait duré près d’une heure, livré à de très violentes attaques contre le magistrat qui avait contrôlé le conseil général. Comme d’autres auditeurs, pourtant habitués à la fureur de Bourquin, nous avions été stupéfaits par la véhémence et le caractère clairement diffamatoire de ses propos. Nous étions persuadés que Bourquin allait tout droit vers des poursuites pour insultes à magistrat. En effet, chaque session était enregistrée et un CD était envoyé à tous les élus. Cette fois, il n’y en eut pas. Christian Bourquin avait de toute évidence intérêt à ce que l’enregistrement ne “ sorte “ pas.

Bourquin n’avait pas apprécié le rapport sur sa gestion et en particulier, les révélations sur la faible utilisation des crédits d’insertion pour les bénéficiaires du RMI et sur les dépenses pharaoniques de communication. 5 fois celles du conseil général de l’Aude, 3 fois celle de l’Hérault, plus du double de celles du Gard. Dans le département où il y a le plus de rmistes on préférait faire de la communication que de l’insertion. De la bonne politique sociale, socialiste.

L’enquête et la publication prochaine du rapport sur la gestion du conseil régional inquiète manifestement le président de la région.

Christian Bourquin est dans une toute puissance qui le conduit à mépriser les règles, les lois et ceux qui sont chargés de les faire appliquer. Mais là, ce qui ne lui arrive pas souvent, il est tombé sur un os, un gros os, Bernard Legras, le procureur général de Montpellier. Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

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