Fête du Travailleur Catalan : Bourquin s’est fait désosser

« Y a-t-il une alternative à l’austérité ? », tel était le thème du débat auquel les organisateurs de la fête du Travailleur Catalan avaient convié trois sénateurs, Christian Bourquin, PS ; Eliane Assassi, PC et Jean-Vincent-Placé, EELV. Ce dernier n’était pas présent.

Sous le chapiteau abritant autour de 200 personnes, la température est vite montée. Bourquin a été la cible d’une série d’intervenants qui ont dénoncé la politique d’austérité menée par le gouvernement. L’un accusa le PS de supprimer plus d’emplois publics que dans les années Sarkozy. Un autre rappela à Bourquin qu’en 2010 il était présent le long des cortèges pour applaudir les manifestants qui défilaient contre la réforme des retraites de Sarkozy et que maintenant son parti proposait une loi qui allait plus loin que Sarkozy. Il fut également question de la politique de transports de la région, avec l’abandon du Train Jaune. Bourquin a passé un mauvais moment et l’animateur, a en vain, rappelé les règles du débat, à savoir, poser des questions aux sénateurs.

Mais si Bourquin est dans l’imitation de Frêche, en particulier dans l’outrance verbale, il n’a pas son habileté et sa capacité à retourner une salle qui lui est hostile. Au contraire, Bourquin a jeté de l’huile sur le feu en étant inutilement agressif. Ce qui n’a fait qu’accroître les réactions d’hostilité d’une assistance qui a fini par le conspuer.

Pris sous un feu nourri, Bourquin a tenté de se rétablir en s’adressant aux « Chers camarades ». Réactions immédiates de la salle « Ne nous appelle pas camarade ». Très chahuté, Bourquin a riposté : « Je ne suis pas venu ici pour en prendre plein la gueule toutes les 2 secondes ». Bourquin interrogea la salle : « Et si un élu de droite était venu, comment l’auriez vous accueilli ? » « Pareil », « Comme toi ». Ça fusait de tous les côtés. Fou furieux, Bourquin lança, « Le peuple ce n’est pas que vous ». Ce qui fit encore monter les huées d’un cran.

Le patron des communistes des P-O, Nicolas Garcia, ne savait plus où se mettre : « Je ne suis pas fier parce que c’est moi qui ait eu l’idée de ce débat. »

Arrivé dans son énorme carrosse présidentiel (Citroën C6) et habitué aux courbettes, aux révérences, aux « Président », par ci et aux « Président » par là, Bourquin ne s’attendait pas à en « prendre plein la gueule ». C’est sans doute la première fois qu’un auditoire de gauche le traitait aussi mal.

Samedi noir pour Bourquin. Il avait commencé la journée en découvrant dans L’Indépendant la déclaration du Parti de Gauche annonçant la constitution d’une liste pour les municipales à Perpignan : « Cette liste regroupera l’ensemble des forces politiques, associatives et citoyennes qui réclament une alternative concrète aux politiques clientélistes UMP, PS et FN. » Les amis de Mélenchon ont osé mettre le PS de Bourquin dans le même sac que l’UMP et le FN. Ils ne sont certes pas les seuls à considérer que le système Bourquin s’est considérablement éloigné des fondamentaux de la gauche. Au regard de son poids électoral important, la défection du Parti de Gauche est un coup très dur pour l’homme de Millas et son Fidel Cresta.

Terriblement affaibli par l’accumulation de ses problèmes judiciaires, Bourquin n’avait pas besoin de ces deux nouveaux revers politiques. F.T.

PS : Traitement VIP : Bourquin est entré dans la fête avec sa grosse berline avec chauffeur qui a été se garer à l’ombre. Remarque sarcastique d’un visiteur « C’est le gros lot de la tombola ! ».

contact : c.politique@orange.fr

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