Bourquin et Alduy font un concours d’intelligence

Que les hommes et les partis politiques aient dans l’opinion une image qui n’a jamais été aussi négative depuis que les études d’opinion s’intéressent à cette question ne semblent pas troubler nos grands élus. Ce genre de message est de ceux qu’ils ne veulent pas entendre. Alors ils continuent, et presque de plus belle, à faire leur numéro devant un public qui ne voit là que matière à alimenter la triste opinion qu’il a d’eux.

Christian Bourquin a boycotté la visite d’Aurélie Filippetti à Visa pour l’image. Et il l’a fait savoir en attaquant la ministre de la culture : « Sa visite à Perpignan n’a donc fait que confirmer la réputation qui la poursuit et qui fait d’elle une véritable catastrophe ambulante de la politique. Ceci sur le dos de la culture française. » Fidèle a son style, Christian Bourquin a employé des termes blessants. Il cherche toujours à abaisser, à salir ceux qu’il poursuit de sa vindicte, comme les magistrats de la chambre régionale des comptes, il y a quelques mois.

Pourquoi une telle violence ? Le 7 septembre Christian Bourquin écrivait sur son blog: « Madame Filippetti, elle, ne prête pas la moindre attention au camp de Rivesaltes, et se mure dans un lâche silence à son sujet depuis maintenant plus d’un an et demi »

Christian Bourquin pense-t-il pouvoir débloquer la situation en insultant la ministre ?

Il n’est pas surprenant que le ministère de la culture ne réponde pas aux demandes de financement du président de la région. Comment Christian Bourquin a-t-il pu lancer les travaux de construction du Mémorial et fixer l’inauguration au 1 juin 2015 alors qu’il est, de bonne source, loin d’avoir réuni tous les financements ? Il est peu probable que le ministère de la culture apprécie la méthode Bourquin.

L’homme de Millas n’a pas tiré la leçon de ses revers avec le gouvernement Jospin (1997-2002). Il s’était, à plusieurs reprises, fait remonter les bretelles par des ministres socialistes. Dans l’affaire de l’ancien mess des officiers, le ministre de l’intérieur, Daniel Vaillant lui avait dit : « Christian arrête tes conneries ». Il avait aussi été recadré par Benoît Hamon alors conseillé de Martine Aubry quand il avait proposé que les bénéficiaires du RMI poussent les caddies dans les supermarchés et lavent les pare-brises aux feux tricolores.

Alduy a également profité de la visite de la ministre de la culture pour faire parler de lui. Ne supportant pas d’attendre Aurélie Filippetti qui avait prolongé sa rencontre avec les photos-journalistes, Jean-Paul Alduy a, au bout de 20 minutes, levé le camp. C’est une tempête dans un verre d’eau car il est peu probable que la ministre ait remarqué l’absence de JPA. Mais l’affaire peut faire sourire quand on se souvient qu’Alduy a parfois longuement fait le pied de grue en attendant des ministres très en retard sur l’horaire. Mais c’était des membres d’un gouvernement de droite. Et n’oublions pas tous ceux qu’il a fait poireauter. Souvent plus de 20 minutes.

Le maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, qui lui avait attendu puis reçu et accompagné la ministre de la culture a publié un communiqué dans lequel il remerciait Aurélie Filippetti pour sa venue au Festival international de photo-journalisme. Jean-Paul Alduy l’a mal pris. Il s’est senti lâché. Très remonté contre Pujol, il est allé jusqu’à menacer de conduire une liste aux prochaines municipales. Fabrice Thomas

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