Bourquin-Provencel : nouvelles accusations de favoritisme

Christian Bourquin et son publicitaire préféré, Pascal Provencel, font de nouveau face à des accusations de favoritisme.

C’est un Montpelliérain, Olivier Taoumi, avocat en droit administratif qui a soulevé le lièvre.  Ex commissaire de la République dans un tribunal administratif, il connait bien les procédures de passation des marchés publics. Cet homme de gauche qui serait encore membre d’Europe Ecologie Les Verts, a dans les colonnes de Montpellier Journal, dénoncé « une gauche affairiste » dans l’Hérault.

Déclarant agir pour le compte d’une association et d’entreprises dont il ne donne pas le nom, Olivier Taoumi fait des révélations assez sidérantes sur les derniers marchés de communication attribué à Synthèse, l’agence de communication de Pascal Provencel, par le conseil régional que préside Christian Bourquin.

Dans un marché lancé en décembre 2011 sur des prestations diverses en matière de communication, d’un montant de 4 millions d’euros, Synthèse est la seule entreprise de communication qui a répondu à l’appel d’offres. Incroyable ! « Il y a 58 chefs d’entreprises qui ont retiré le dossier et qui se sont dit ça ne sert à rien parce que nous n’avons aucune chance d’avoir le marché. Même dans une république bananière, ça se passe mieux que ça », a déclaré Olivier Taoumi au micro de TV Sud/Midi-Libre.

Interrogé par Montpellier Journal, Olivier Taoumi explique : « Le principe même du code des marchés publics, c’est la mise en concurrence. Lorsque vous avez une seule offre, ça ne peut pas être une mise en concurrence. Donc, à ce moment-là, le code du marché public prévoit la possibilité – et la jurisprudence aussi – de déclarer l’appel d’offre infructueux et donc d’en relancer un autre pour organiser de nouveau la concurrence. En acceptant qu’un seul pli soit recevable, ils ont porté atteinte – ça ne fera pas un pli devant le tribunal administratif – au principe de libre concurrence. »

Au passage on peut s’étonner du flou qui entoure le montant du marché. Voilà ce que l’on peut lire dans l’avis d’appel public à la concurrence : « Les prestations s’exécuteront par émissions de bons de commande. A ce stade il n’était pas possible d’évaluer la consommation à venir de ce marché. Celui-ci est donc conclu sans minimum, ni maximum. Cependant les volumes de prestations commandées sur l’année précédente, 1 000 000 d’euros a été communiqué aux candidats. » Marché sur une durée de quatre ans.

Les révélations d’Olivier Taoumi confirment d’ailleurs ce que nous écrivions le 8 novembre à propos de l’égalité des candidats : « Les patrons des agences de pub de la région ne sont d’ailleurs pas dupes. A Perpignan, comme à Montpellier, ceux qui ont bien voulu aborder le sujet, considèrent que les dés sont pipés. L’un d’eux nous a déclaré qu’il ne répondait pas à certains appels d’offres car il considérait que les choix étaient faits bien avant que les commissions d’appels d’offres se réunissent. » Un marché régional de cette taille, le plus important, toutes activités confondues, devrait normalement incitées de nombreuses entreprises  à suer sang et eaux pour pondre la meilleure offre.

L’avocat Montpelliérain attaque aussi un marché de prises de vues vidéo de la région Languedoc-Roussillon également remporté par Synthèse. Il pointe l’absence, selon lui illégale, de montant minimum et maximum du marché. Mais l’ancien magistrat ne s’arrête pas là, son action vise aussi le marché de communication de l’agglomération de Montpellier présidée par Jean-Pierre Mourre et un possible conflit d’intérêt. Karine Caner, directrice du développement de l’agglo étant l’épouse de Pascal Provencel. (Plus de précisions sur http://www.montpellier-journal.fr)

Il faut maintenant attendre la réaction de la justice. Va-t-elle de nouveau s’intéresser aux amicales relations de Christian Bourquin et de Pascal Provencel ?

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