Aide aux PME locales : le fiasco du Fonds d’Investissement dans le Capital des Entreprises Catalanes

L’UPE66 (L’Union Pour les Entreprises) qui est le représentant départemental du MEDEF avait en 2010, sorti tambours et trompettes pour annoncer la naissance d’un fonds d’investissement destiné à venir en aide aux PME du département. Cette création s’appuyait sur des dispositions de la loi TEPA (loi de 2007 en faveur du travail de l’emploi et du pouvoir d’achat) permettant à des personnes assujetties à l’impôt sur la fortune d’obtenir une réduction fiscale en investissant dans des PME. Afin que « la fiscalité locale finance l’économie locale », proclamait alors l’UPE ».

Alléché par ce beau discours, un créateur d’entreprise a dernièrement pris contact avec l’UPE66. Il a été orienté vers Marie Font, directrice du FICEC, Fonds d’Investissement dans le Capital des Entreprises Catalanes. Rendez-vous a été pris avec cette personne qui lui a préalablement expliqué que des modifications des dispositifs fiscaux avaient entrainé un retard dans la collecte des fonds pour 2013. Il ne fallait donc pas qu’il espère quelque chose. En tous cas pas rapidement. Le créateur d’entreprise apprécia cette franchise. Quelques jours plus tard, il a rencontré Marie Font au siège de l’UPE. Elle lui a sans fioriture, raconté la petite histoire du FICEC, avec ses hauts et ses bas.

En 2011, 170 000 euros ont été collectés et investi. L’année suivante, la directrice a été victime d’un grave accident qui a paralysé l’activité du FICEC. Elle a, au début 2013, repris son travail dans un contexte peu favorable.

De nature curieuse, notre créateur d’entreprise est allé jeter un coup d’œil sur les comptes 2011 de la société. Il y a découvert que les 170 000 euros avaient été placés dans une unique entreprise, Deyco plus connu sous le nom commercial de La Cabane de Zoé. L’année suivante cette entreprise a été mise en redressement avec un total de pertes s’élevant à 2 millions d’euros. Puis liquidée en 2013. Les Fonds collectés par le FICEC ont donc été perdus et rapidement perdus. Manque de clairvoyance ? Manque de vigilance ? Une personne qui connaissait la situation de Deyco considère que « le risque était élevé ». Pourquoi a t’-il été pris ?

Dans un article de deux pages que lui consacre le magazine économique Objectif Languedoc-Roussillon (février 2013), Jacques Font, assureur, patron des patrons des Pyrénées-Orientales, homme aux nombreuses casquettes, (il préside le Pôle Economique Saint-Charles, il est trésorier-adjoint de la CCI et il est aussi le président du FICEC), déclare que le fonds a aidé quatre entreprises. Les informations que nous avons recoupées aboutissent toujours à une seule entreprise. Jacques Font voudra bien nous donner le nom des trois autres afin que nous puissions compléter l’information de nos lecteurs.

Nous regrettons de ne pas être parvenus à le joindre. Nous avons laissé un message sur son portable en lui indiquant que nous souhaitions lui poser des questions, en particulier sur le fait qu’il préside le FICEC et que son épouse en est la directrice. En 2010, commentant le lancement du FICEC, Jacques Font déclarait au site La Clau : « Nous lançons cette opération uniquement avec des acteurs bénévoles Experts-comptables, avocats, etc…. On peut être chefs d’entreprises et avoir un engagement citoyen. »

Le bilan n’est pas brillant. Jacques Font n’en annonce pourtant pas moins la création d’un FICEC 2. Ce qui permettra de collecter davantage de fonds.

Au sein même de l’UPE et dans le monde patronal catalan, plusieurs dirigeants considèrent que le FICEC est un fiasco. Il n’a pas aidé une seule entreprise, et au final il aurait uniquement bénéficié au foyer de son président.

contact : c.politique@orange.fr

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