Un despote africain officiellement reçu au conseil général

C’est une bien étonnante cérémonie de remise de décorations qui se déroulera le 16 mars dans le hall Guy Malé de l’hôtel du département. Plusieurs personnes seront décorées dans L’ordre de l’Etoile de Mohéli par le gouverneur de l’île, Modamed Ali Said.

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Mohéli est une ile de 22 000 habitants, la plus petite des trois îles qui composent l’état indépendant, Union des Comores, situé au sud-est de l’Afrique.

Même si il vient avec une valise pleine de médailles, le gouverneur de l’Ile ne semble pas être un personnage très fréquentable. Il est accusé par une grande partie de la classe politique de l’île, de « détournement de fonds publics, d’abus de pouvoir, d’abus de confiance, de corruption, de chantage, de favoritisme, d’arrogance, de négligence, d’insouciance, d’incompétence et de comportement antisocial » (lemohélien.com).

La situation politique est devenue explosive, titrait Comores-infos, il y a quelques jours de cela : « Des partis et personnalités politiques, des représentants d’organisations sociales et professionnelles, ainsi que des citoyens rassemblés au sein d’un groupement dénommé Coordination politico-Administrative (CPA), se sont engagés à mener un combat collectif contre ce qu’ils appellent « la mauvaise gouvernance et la mauvaise pratique » du gouverneur de Mwali (Mohéli) et du régime qu’il a instauré dans l’ile. Treize exigences que le gouverneur « doit satisfaire sans délai », sont formulées dans un mémorandum… »

« Cette situation de l’île de Mwali (Mohéli) sans loi statutaire ne peut plus perdurer. Les enseignants licenciés pour cause de grève doivent être réintégrés sans discrimination. Mohamed Ali Said doit cesser d’être l’unique fournisseur de l’Etat et le seul à rafler presque tous les marchés publics dans l’île. Il doit payer de sa poche sa consommation d’électricité dans sa boulangerie et ses magasins. Il ne peut plus continuer à utiliser gracieusement les engins des travaux publics dans les chantiers de son entreprise. Mohamed Ali Said ne peut plus persévérer à faire du trésor public de l’ile son fonds de commerce où seules sont payées les factures libellées MODJA-CO (l’entreprise du patron de l’île). » Tels sont, entre autres, les points saillants du dit mémorandum. »

Voilà le personnage que l’on va recevoir avec les honneurs au conseil général des Pyrénées-Orientales. Les habitants des Comores qui vivent sous sa férule apprécieront sans doute. Et nombre de Catalans également. Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

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