Alduy canonisé de son vivant par le pape Antoine

La Semaine du Roussillon est un peu le journal officiel de l’agglo. Mais à ce point ! En lisant sur une pleine page l’éloge de l’action de JPA de 1993 à 2014 (numéro du 30 janvier), nous avons failli tomber de notre chaise. Quel panégyrique ! Même le petit encadré sur « Les échecs » tourne à l’avantage d’Alduy.

Grâce à Antoine Gasquez nous avons enfin ouvert les yeux. Alduy est extraordinaire et il faut de toute urgence lancer une pétition pour qu’il revienne sur sa décision de nous abandonner. Qui crée la page facebook ?

Qu’est-ce qui transforme un journaliste en encenseur ? Les gros volumes de publicité et d’annonces légales de l’agglo ? Le même ne manquera pas de souligner que dans le dernier baromètre annuel de la confiance politique du CEVIPOF les journalistes se retrouvent au même niveau que les politiques.

Antoine Gasquez est trop lucide et trop bon connaisseur de la réalité pour croire à ce qu’il écrit. Alduy n’est pas un « démocrate convaincu ». Tout simplement parce qu’un authentique démocrate aurait une autre idée du rôle de la presse. Il ne serait pas en attente d’un chant à sa gloire.

Quel avantage a-t-on qu’un homme vous caresse,
Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse,
Et vous fasse de vous un éloge éclatant,
Lorsqu’au premier faquin il court en faire autant ?
Non, non, il n’est point d’âme un peu bien située
Qui veuille d’une estime ainsi prostituée…

Le bilan du Jeanpaulalduysme n’est pas simple à faire. Il n’y a pas d’évaluation des politiques locales, ni d’étude qui permettent de comparer avec l’évolution, la transformation d’autres villes de la même importance. Mais suivant l’action municipale de Perpignan d’assez près depuis longtemps nous pensons que même si beaucoup a été fait, il y des domaines où Alduy a été bon, d’autres où il a été moyen et d’autres dans lesquels il a carrément été mauvais. Le bilan est contrasté. Il ne faut ni oublier le bon, ni omettre le mauvais. Un message difficile à faire passer en période électorale. Il faudrait attendre des temps plus calmes pour revenir sur le bilan de JPA.

Mais Alduy, allez savoir pourquoi, est pressé. Nous y reviendrons donc après la sortie de son livre.

Le testament politique de JPA sera en librairie le 15 février. Dommage qu’il ne le sorte pas la veille, ça aurait fait un chouette cadeau pour la Saint-Valentin.

Fabrice Thomas
Contact : c.politique@orange.fr

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Evènement : un nouveau quotidien départemental en février !

Incroyable ! Un nouveau quotidien départemental va voir le jour, L’Echo du Roussillon. Nous avons toujours eu un peu de mal à croire à ce projet. Et pour causes. La presse quotidienne régionale se porte mal. Qui allait être assez fou pour investir dans un secteur où il est beaucoup plus facile de perdre de l’argent que d’en gagner ?

Pierre Ginabat, ancien directeur administratif et financier de L’Indépendant à su convaincre des investisseurs. A quelle hauteur ? Nous ne le savons pas. Il a du lever plusieurs centaines de milliers d’euros. L’équipe rédactionnelle est, au depart, constituée de dix journalistes et d’un rédacteur en chef qui arrive de La Réunion.

Nous manquons d’information sur la ligne rédactionnelle. Contrairement à ce qui a été écrit ici ou là elle ne serait pas spécifiquement consacrée vers l’économie. Mais elle sera différente de celle de L’Indépendant. L’Echo du Roussillon aura une pagination de 32 pages. Il sera édité par la SAS Méditerranée Presse au capital de 100 000 euros.

La Clau puis Ouillade qui semble avoir repris les informations du premier ont, lundi 27 janvier, à une heure d’écart, annoncé que le nouveau titre aurait une périodicité hebdomadaire.

La création d’un nouveau quotidien régional est un événèment assez extroaordinaire. Cela fait des décennies que l’on n’a pas vu ça. Le lancement de L’Echo du Roussillon pourrait donc avoir une couverture presse nationale.

Succès garanti pour le premier numéro. Pour voir ce qu’il y a dans ces pages et pour le plaisir de comparer avec L’Indépendant.

La date de sortie n’est pas encore précisément fixée. Il est question de la mi-février. Pierre Ginabat, son fondateur, va devoir sortir de son mutisme. Il est pour le moment muet comme une carpe. Il a toujours refusé de répondre aux questions des journalistes.

Bonne chance à L’Echo du Roussillon et aux confrères embarqués dans cette belle aventure.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

Affaire Dieudonné : merci Manuel Valls

Dans un communiqué condamnant les derniers propos racistes et antisémites de Dieudonné, le ministre de l’intérieur, Manuel Valls a frappé fort en annonçant qu’il avait « décidé d’étudier de manière approfondie toutes les voies juridiques permettant d’interdire des réunions publiques qui n’appartiennent plus à la dimension créative… »

Dans l’éditorial de L’Indépendant du samedi 28 décembre titré « Absurde », Pierre Mathis considère : « Que tant qu’il existera, hélas, un public assez irresponsable pour reprendre en chœur et sans plus s’interroger son hymne Shoa Nanas comme cela avait été le cas à Perpignan, les mesures de censure n’auront pas de sens. »

Nous ne reprendrons pas les mots « censure » et « brider la liberté d’expression ». Leur choix est orienté de façon à occulter le débat de fond et à privilégier l’idée selon laquelle, citons à nouveau Pierre Mathis : « Dieudonné récolte là tout ce dont il rêve : un éclairage médiatique, un statut de martyr… »

Pour nous, une question, une seule, se pose avant toutes les autres. Peut-on en France semer la haine raciale, religieuse en toute impunité ? Evidemment non. Il faut donc, sans faiblesse, appliquer les lois qui font que dans ce pays la haine n’est pas une opinion mais un délit. Le reste, tout le reste passe au second plan. Que Dieudonné et ses relais extrémistes s’érigent en victimes est tout simplement dans l’ordre des choses. Nous ferons avec. Ne préférons nous pas une France qui refuse catégoriquement la haine raciale à une France qui, par faiblesse et par lâcheté, renoncerait à ses idéaux humanistes et républicains ?

On peut sérieusement redouter que Dieudonné ait le dernier mot. Et pour deux raisons. La plupart des politiques ne défendent plus d’idées, ni de valeurs. Nous en avons été témoins à Perpignan quand Jean-Marc Pujol a réagi à la programmation de Dieudonné dans notre ville. Le maire de Perpignan s’est retrouvé seul. Bien seul. Complètement seul à vrai dire. Mais courageusement. Il n’a pas écouté ceux qui par prudence électoraliste lui conseillaient de ne pas faire de vagues.

A quoi sert-il de dépenser des dizaines de millions d’euros pour ériger un Mémorial à Rivesaltes si en même temps qu’il sort de terre on reste sans réaction à un “spectacle“ qui dans chaque ville s’est achevé par Shoah Nanas ? La seconde raison qui justifie nos craintes tient au développement de l’influence des idées et des forces extrémistes. Nous avons, oh sans surprise, vu Louis Aliot défendre la programmation du spectacle de Dieudonné au nom de la liberté d’expression.

Quant à la presse, elle se doit de faire face, en informant, en expliquant, en analysant afin de permettre à ses lecteurs d’être des citoyens qui défendent les valeurs de la démocratie et de la République et pas de simples consommateurs que l’on conforte dans la résignation et le renoncement. Fabrice Thomas

Diffamation sur fond d’Ouillade

« ……. Les choses ont évolué plus que très défavorablement jusqu’à Montpellier où j’ai été entendu par un ténor du barreau, pour une affaire immobilière sur Saleilles où Rallo a magouillé. « Monsieur 10% », comme on le surnomme «affectueusement». Cette phrase au milieu d’un petit paragraphe entre guillemets est de Jean-Michel Erre, ancien maire de Saleilles et vise directement et exclusivement, François Rallo, actuel maire de cette même ville. C’est cette petite phrase qui fait l’objet d’une procédure en diffamation.

Dans cette affaire, trois ténors du barreau font s’affronter, Jean Codognès, brillant et contondant, outré, choqué, par de telles pratiques en politique, il représente le maire visé dans l’article. « Ce n’est pas de la liberté d’expression … ce genre de propos relayés par des sites sans déontologie propage la rumeur qui est autant violence … qu’une atteinte pernicieuse à la démocratie ». Me Bruno Fita, précis, clair, jamais un mot de trop, excellent expert en droit du travail, le plus complexe de toute la législation française et Me Favre, grandiloquent, une défense à l’ancienne, celle des vieux films en noir et blanc avec des revers de manche, des trémolos dans la voix. Il commencera et terminera sa plaidoirie en citant Voltaire. De la tradition pure au service des prétoires.

Mais cette défense, parfois peut-être trop théâtrale, ne doit pas faire oublier qu’elle est parfaitement structurée, reposant sur des jurisprudences et sur la subtilité de la loi sur la diffamation. Me Favre s’est livré à un vrai cours de droit. Un autre avocat était présent, parmi le public, au fond de la salle, il s’agissait de Louis Aliot, vice-président du Front National accompagné d’un militant. Lorsque Me Codognès demandera à ce dernier, ce qui les intéresse dans ce dossier. Il répondra : « Nous ne sommes pas là en tant que Front National, mais pour soutenir notre grand ami Luc Malepeyre. » Une amitié sincère, car ils perdront une après-midi entière pour assurer ce soutien.

Luc Malepeyre est le premier des prévenus, après un long passage au Conseil Général au cabinet de la présidence du conseil général, il pourrait faire son entrée prochaine à la mairie de Perpignan, au service de Jean-Marc Pujol. Luc Malepeyre est visé par la plainte en diffamation, car cette petite phrase de Jean-Michel Erre, a été publiée dans le journal en ligne, Ouillade.eu. Pour tout un chacun à Perpignan, ce site ne porte qu’un seul nom : Luc Malepeyre. Mais c’est sans compter, Me Fita qui se fera un plaisir de contredire Me Codognès sur ce point. Selon Me Fita, Luc Malepeyre aurait écrit sur Ouillade.eu depuis sa création, en tout et pour tout, onze articles, les onze signés de son nom. Et toujours selon son Conseil, Luc Malepeyre, après 28 ans au Midi Libre et autant de contacts et d’informateurs, ne serait pour le site Ouillade, qu’un « rabatteur d’informations », rien d’autre. Le propriétaire et administrateur du site serait une tierce personne, dont le nom sera très soigneusement tu par Me Fita, tout le long de sa plaidoirie.

Vérification faite, Ouillade appartient à la société « Le Mot de la fin » dont 100% des parts sont propriétés de Luc Malepeyre qui en est aussi le gérant. Quant au site « Ouillade.eu », il n’y est fait mention que d’un seul « Responsable éditorial » c’est Luc Malepeyre accompagné de son adresse personnelle. Me Favre, à son tour et pour défendre Jean-Michel Erre, va faire exclusivement du droit. En matière de diffamation, va-t-il marteler, il faut faire attention à ne jamais porter atteinte à un droit fondamental de notre République : la liberté d’expression.

En aucun cas, le juge ne peut interpréter le texte incriminé, lorsqu’il est écrit M. 10%, rien ne précise qu’il s’agisse d’une rétribution sur l’acquisition de marchés, une rétro commission ou un retour d’enveloppe. Il pourrait s’agir, par exemple, d’un pourcentage électoral. Me Codognès est hilare. Il a peut-être tort de se réjouir, le législateur est clair, le président Jean-Luc Dooms et ses assesseurs ne devront en aucun cas se livrer à la moindre interprétation de cette phrase, mais au contraire la prendre exactement au premier degré.

En revanche, le mot « magouillé » sera peut-être plus problématique pour Jean-Michel Erre. Ce dernier ne donnant aucune preuve que le maire ait « magouillé » sur une affaire d’urbanisme. Ouillade.eu, homonyme d’une excellente recette catalane, qui, bien qu’à base de cochon, ne méritait pas d’être mêlé à de la politique fut-ce-telle, elle aussi« ben porquejada », comme on dit en catalan ! Résultat du délibéré le 24 octobre à 14 heures. Joan-Miquel Touron

Nous avons besoin de L’Indépendant !

Génial la nouvelle formule de L’Indep. Et bravo pour le numéro de lancement ! Très sympa ces dizaines de photos qui nous montrent des journalistes et des employés heureux. Tout le monde a la banane. Et c’est normal, « Nos audiences cumulées (journal papier, site internet et applications numériques) n’ont jamais été aussi fortes. » explique Philippe Campa, le directeur général délégué de notre quotidien régional.

C’est fabuleux !

L'Indep bouge

Les ventes de la presse papier et surtout celles de la presse quotidienne n’en finissent pas de reculer. Des bataillons de lecteurs abandonnent le papier et la presse payante.

Mais à L’Indep, tout va bien !

Dans les métiers de la presse, des rédactions au réseau de distribution en passant par les rotatives, le climat est morose. L’inquiétude est générale. Le moral est dans les chaussettes.

Mais à L’Indep, tout va très bien !

On est totalement dans l’ambiance d’une chanson à succès des années 1930. Tout va très bien madame la marquise, de Ray Ventura et ses Collégiens.

En réalité, ça va très mal. Et l’Indépendant n’est pas épargné. L’année 2013 ne sera pas meilleure que les précédentes et elle sera peut-être pire. Les ventes sont en recul de 7% et il est peu probable qu’elles se redressent beaucoup d’ici la fin de l’année.

C’est désolant !

Le matin à la boulangerie du quartier et quelque soit l’heure, il n’y a que des personnes âgées qui achètent L’Indépendant. Parmi les actifs, la grande majorité se passe de sa lecture.

Il faut regarder la réalité en face. Nos concitoyens se désintéressent de plus en plus de l’information locale.

C’est un drame ! Pour notre activité et plus encore pour la démocratie.

La création d’un club économique de L’Indépendant ou d’un wabc@fé de l’Indépendant va-t-elle servir à quelque chose ?

Ça fait plus de 20 ans que la presse régionale pause des cautères sur des jambes de bois. Toutes les fausses solutions ont été essayées. Il va bien un jour falloir s’occuper de l’essentiel. Le contenu des journaux, le traitement de l’information locale.

Le modèle rédactionnel qui a pendant plus de 100 ans fait la prospérité de la presse régionale ne fonctionne plus. Les lecteurs ne sont plus intéressés par un journal qui est un relais des pouvoirs et des institutions locales. Qui est un support de communication plus que d’information. Qui privilégie l’anecdotique et néglige le fond.

Pendant que la presse régionale attendait des jours meilleurs, la presse nationale : papier, radio, télé, internet, est devenue plus curieuse, plus indépendante. Et l’écart c’est creusé.

Il n’y a rien de plus difficile que de se remettre profondément en question. Mais c’est ça ou la poursuite du déclin.

Nous avons besoin d’un quotidien départemental qui réponde aux attentes de lecteurs devenus plus exigeants. Nous avons besoin d’un quotidien de qualité, d’un quotidien influent, d’un quotidien qui soit très lu.

Nous avons besoin de l’Indépendant, parce que l’information, c’est l’oxygène de la démocratie ! Fabrice Thomas

L’Indépendant propose un supplément électoral aux maires avec la photo d’un élu condamné

Depuis le début de l’année, le nouveau directeur de L’Indépendant, Philippe Campa, fait la tournée des maires pour se présenter et il en profite pour proposer aux communes d’investir 9 000 euros dans un supplément de 4 pages (format réduit identique aux cahiers loisirs de fin de semaine) rédigé et diffusé avec le quotidien.

Le numéro zéro qui a été remis aux élus a tout d’un journal électoral. Le titre au dessus du nom de la ville est en effet sans équivoque, « Cap 2020 ». Claire référence au mandat 2014-2020. Et le titre de l’édito n’est pas moins orienté, « Le défi du futur ».

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En page 2, une interview du maire avec le titre, « Préserver la qualité de vie ». Et en sous titre, « Antoine Pinault, le maire du village, dresse le portrait idéal de l’évolution de sa commune pour les dix prochaines années avec un objectif : conserver la qualité de vie qui en fait son charme ». Un thème et un traitement rédactionnel passe-partout qui permet au maire de se livrer à un numéro d’autosatisfaction.

L’Interview est illustrée d’une photo du maire qui ne fait pas moins de la moitié de la page. L’Indep sait s’y prendre pour flatter l’égo de nos élus. Mais ceux qui ont fait ce numéro zéro et les cadres de L’Indép qui l’ont validé ne se sont même pas aperçus que la photo en question était celle de Jean-Pierre Kucheida. Certains maires s’en sont rendu comptent et l’info n’a pas tardé à circuler d’un élu à l’autre.

La légende de la photo indique : « Le maire du village est particulièrement serein sur la vitalité à long terme de sa commune. » Jean-Pierre Kucheida est sans doute plus serein sur l’avenir de sa commune que sur le sien propre. L’ancien député-maire PS de Liévin (Pas-de-Calais) a récemment été condamné a 30 000 euros d’amende pour abus de biens sociaux et il est impliqué dans plusieurs enquêtes pour favoritisme et fausses factures.

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La page 3 est dans le même esprit que les précédentes, elle titre : « La décennie des projets ».

Malgré les propos rassurants du directeur de l’Indépendant, les maires s’interrogeaient sur la légalité de la sortie d’un tel supplément à moins d’un an de l’élection municipale, période durant laquelle la communication municipale est soumise à des nombreuses restrictions. Avant de s’engager, ils ont consulté divers spécialistes et organismes faisant autorité en matière de droit électoral. Les réponses ont été unanimes. Il a été déconseillé aux maires de participés à cette opération.

L’Indépendant avait donc l’intention de faire la campagne des maires sortants moyennant une somme rondelette payé par le contribuable. F.T.

PS : Le numéro zéro de ce supplément ne porte pas la mention « publi-rédactionnel ».

contact : c.politique@orange.fr

Journaux du Midi : Ça va très mal !

Dans un courrier adressé le 23 mai « à tous les personnels des Journaux du Midi », le président du directoire, Alain Plombat, a tiré la sonnette d’alarme en annonçant de nouvelles mesures de rigueur. Deux ans à peine après l’annonce d’un plan de restructuration portant sur 158 postes, le groupe de presse du Languedoc-Roussillon est à nouveau dans la tourmente. Les ventes de journaux, (Midi-Libre, L’Indépendant, Centre-Presse) et les recettes publicitaires continuent de reculer fortement : « Nous avons sous-estimé le nouveau et brutal “dévissage“ de la presse quotidienne après une année pourtant jugée “catastrophique“ par toute la profession. »

Alain Plombat cite un récent rapport sur la presse au ton alarmant : « L’écosystème de la presse écrite est engagé dans une spirale dramatique. Les constats opérés à partir du second semestre 2012 font même ressortir une tendance à l’amplification de ces évolutions – une forme de “rupture“ – qui peut à présent laisser craindre les plus grandes difficultés… »

Quelques chiffres (sources OJD).

Ventes payées semaine………….2007………………….2012

Midi-Libre………………………..146 179……………….130 065

L’Indépendant…………………….63 616………………..55 485

Centre-presse…………………….20 748………………..18 916

La chute des ventes de l’Indépendant a commencé en 1990. A cette époque, pas si lointaine, notre quotidien vendait 70 000 exemplaires par jour. Toujours avec trois éditions sur l’Aude et les P-O. L’érosion continue des ventes est un phénomène qui est apparu avant internet. Qu’il se soit accéléré sous l’effet d’internet ne fait bien sûr aucun doute.

La baisse des ventes de L’Indépendant, est passée de 1 000 exemplaires par an à 2 000 exemplaires en 2010, 2011 et 2012. Et cela alors que la population des P-O et de l’Aude croit fortement. Cette très forte érosion des ventes s’accompagne d’une baisse des recettes publicitaires.

La plupart des quotidiens régionaux connaissent une situation comparable. Notable exception Ouest-France qui est par, son tirage, le plus important quotidien payant français. Ses ventes sont quasiment stables, 769 000 en 2007 et 749 000 en 2012. Et toujours dans l’ouest de la France, le télégramme de Brest ne cesse lui, année après année, de gagner des lecteurs. 200 000 et 2007 et 203 000 en 2012. Pourquoi ces deux titres résistent-ils aussi bien ? C’est une bonne question à laquelle nous n’avons pas la réponse.

Dans la même période, 2007-2012, la presse quotidienne nationale a elle aussi continué à perdre des lecteurs. Gros plongeon pour l’Equipe, 323 184 à 274 828 et pour Le Parisien 336 032 à 274 892. Le Monde, de 316 851 à 288 113. Aujourd’hui en France 187 481 à 179 353. Libération 132 356 à 119 418. Le Figaro n’enregistre qu’une faible baisse, 327 500 à 323 303. Pendant la période 2010-2012, après de fortes chutes, les ventes de plusieurs quotidiens nationaux se sont stabilisées.

Les patrons de la PQR semblent espérer que le même phénomène de stabilisation se produise. Ce ne sera pas pour 2013, année qui pourrait être aussi mauvaise que les précédentes.

Du côté de la presse magazine et toujours dans la même période, le recul des ventes est nettement moins important que celui qu’enregistre la presse quotidienne nationale et régionale, sauf pour Marianne qui est passée de 274 000 en 2007 à 234 000 en 2012 (phénomène particulier. Son anti-sarkozysme militant et agressif lui a fait perdre nombre d’électeurs de droite). L’Express, 451 000 à 433 000. Le Figaro Magazine, 447 000 à 431 000. Faible recul du Nouvel Observateur, 509 935 à 503 371 et du Point, 419 223 à 412 286. Et seul Valeurs Actuelles est en progression, 84 134 et 85 431.

Dans son courrier, Alain Plombat se réfère à plusieurs reprises à la situation économique de la région, à son taux de chômage, 14,3 %, le plus élevé de France. Et il ressort l’idée, vieille lune, que le journal n’est plus un « produit de première nécessité ». Illustration d’une approche du marché de la presse un peu courte.

De nouvelles dépenses ont fait leur apparition dans les budgets des ménages : chaînes de télévision payantes à partir des années 1980, abonnement au téléphone portable à partir des années 1990, abonnements à internet à partir des années 2000. Plus l’acquisition et le renouvellement du matériel informatique et l’achat de consommables. Et oui !

Pour nombre de nos concitoyens ces dépenses apparaissent plus nécessaires que l’achat de la presse.

Face à ça, qu’à fait la presse pour rester attractive ? La presse régionale, pas grand-chose.
Alors que la presse nationale est devenue plus curieuse et plus exigeante, la presse quotidienne régionale reste un relais des institutions et des pouvoirs locaux en particulier de ceux qui sont ses gros annonceurs ce qui crée un déséquilibre politique flagrant. Pour prendre un exemple récent, pourquoi aussi peu de place et un traitement à minima pour le rapport accablant de la chambre régionale des comptes sur la gestion du conseil régional du Languedoc-Roussillon ? Pas une seule une. Mais plusieurs unes et une grosse couverture sur l’affaire du club de basket avec un traitement visant à impliquer la mairie de Perpignan. Ce tableau ne serait pas complet si on n’évoquait pas des défauts chroniques : manque de rigueur, de vérification et d’approfondissement de l’information. Ce manque de qualité de l’information n’échappe pas aux lecteurs, en particulier à tous ceux qui lisent un titre d’information national, quotidien ou hebdomadaire. Imaginons un journal national qui traiterait l’actualité nationale comme l’Indép traite l’info locale. Personne ne le lirait.

Alain Plombat se gargarise avec les chiffres de fréquentation des sites internet du groupe. Mais l’information y est gratuite. Cela constitue certes une audience intéressante pour les annonceurs. Mais parmi les lecteurs qui ne veulent pas dépenser 1 euro par jour pour un journal qui ne les intéressent pas, combien seront prêts à sortir la Carte Bleue quand une partie du contenu sera payante ? Une minorité. Quoi qu’il en soit la PQR ne générera plus jamais le même niveau de recettes.

La prospérité et beaucoup de ses avantages, c’est fini. Une dure réalité à laquelle certains ont du mal à s’adapter. Du côté des ouvriers du livre qui impriment le journal, mais pas seulement. En 2011 les syndicats de journalistes refusaient le regroupement des informations générales (pages France et étranger) en invoquant un risque d’uniformisation de l’information. Mais les infos générales de l’Indépendant, du Midi-Libre, de Sud-Ouest sont réalisées avec les mêmes dépêches de l’AFP. Une seule rédaction infos générales qui alimenterait les journaux du groupe suffirait. Faire des économies est la première solution qui s’impose. « C’est à une gestion drastique à laquelle chacune et chacun, à son poste, doit s’employer dans l’intérêt commun ! », écrit le président du directoire.

Il y a quelques jours de ça, avec un confrère nous évoquions l’époque où L’Indépendant était la référence en matière d’information culturelle locale (années 1980-1990). Il avait des signatures qui faisaient autorité en la matière, Georges-Henri Gourrier, Jacques Quéralt… Pour toutes les personnes branchées culture, ce qui fait du monde, la lecture de l’Indépendant était quasiment indispensable. La culture n’a plus qu’un seul rubricard. Il n’a pas le lustre de ses prédécesseurs et son crédit est érodé par l’obligeance qu’il a affichée pour le théâtre de l’Archipel dont son épouse est directrice adjointe.

A force de vouloir devenir populaire l’Indépendant est devenu un journal qui semble davantage destiné à ceux qui n’achètent pas de journaux qu’aux lecteurs de presse.

L’internet est en train de bousculer le modèle économique de la presse et d’ébranler les forteresses de la presse régionale. A tel point que personne ne peux décrire le paysage médiatique tel qu’il sera dans dix ans. Mais une chose est certaine, la presse payante ne survivra qu’en offrant des contenus de qualité destinés à des publics aux attentes diverses. FT

contact : c.politique@orange.fr