UMP et FN se disputent le vote des anciens habitants de l’Algérie française

Pour quelle bonne raison, le maire UMP du Barcarès Alain Ferrand, a t-il interdit aux élus du FN de déposer une gerbe lors d’une cérémonie d’hommage aux rapatriés d’Afrique du Nord ? Il a sur sa page facebook mis une photo sur laquelle on le voit en compagnie de Jean-Marc Pujol, maire UMP de Perpignan et d’Elie Aboud, député UMP de Béziers et tête de liste aux prochaines municipales. Rien sur l’exclusion des élus d’extrême-droite.

Il n’y a pas si longtemps, c’était en 2011, Marine Le Pen et son compagnon se pavanaient à cet hommage en présence du couple Ferrand. Les ténors locaux de l’UMP n’étaient pas présents. Ils ne risquaient donc pas d’être incommodés par les représentants du FN. Il est vrai qu’Alain Ferrand n’avait pas encore été réintégré à l’UMP et que le FN n’avait pas encore annoncé son intention de monter une liste aux municipales du Barcarès.

Pujol et Aboud n’avaient certainement pas envie que la presse puisse les montrer participant à une commémoration en compagnie d’élus du FN. N’est-ce pas la première raison pour laquelle les élus Lepénistes ont été exclus ?

Rien, et surtout pas des petits calculs politiciens, ne peuvent justifier que deux conseillères régionales, Irina Kortanek et Marie-Thérèse Fesenbeck, deux élues du suffrage universel soient interdites de participation à une manifestation publique.

L’UMP a donné du grain à moudre au FN. Louis Aliot et les siens ne pouvaient pas passer à côté d’une si belle occasion. Ils ont surjoué leur légitime indignation et leur habituel numéro de victimisation.

L’UMP et le FN n’ont pas fini de se déchirer pour obtenir les suffrages des pieds-noirs aux municipales de mars prochain. Ces derniers sont pourtant de moins en moins nombreux. Et si leur vote est plus à droite et plus FN, des études d’opinion montrent que celui de leurs descendants s’est nettement rapproché du vote de l’ensemble de la population française.F.T.

Ci-dessous quelques photos prises au Barcarès en 2011.

Pied-noir souviens-toi

Cérémonie

Colombes r

Couple Ferrand

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Aliot : assistant parlementaire au salaire de ministre

5 006 euros brut par mois pour un travail à mi-temps (17 h 50 par semaine), Marine Le Pen paie royalement Louis Aliot, son compagnon, qui est un de ses assistants parlementaires.

Sur la base d’un temps plein, un ministre, qui travaille rarement moins de 12 heures par jour, perçoit une indemnité 9 940 euros brut.

Tous les assistants parlementaires européens sont-ils logés à si bonne enseigne ?

Nous avons commencé par interroger Guillaume Lopez, assistant parlementaire de Maïté Sanchez-Schmid, eurodéputée UMP. Il nous dit gagner 2 500 euros net par mois et qu’avec les primes son salaire moyen mensuel approche les 3 000 euros. Et cela pour un travail à plein temps.

Nous remercions Guillaume Lopez d’avoir sans hésitation répondu à notre question sur sa rémunération. Il a même précisé « Que c’était normal car c’était de l’argent public ».

Une réaction opposée à celle de Louis Aliot qui s’est permis de dire aux journalistes de Mediapart : « Je n’ai pas à répondre à ce genre d’argumentation qui relève de la Gestapo. »

Pour obtenir des réponses à ses questions, la Gestapo ne passait pas des coups de téléphone polis.

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Nous avons poursuivi nos recherches sur le niveau de rémunération des assistants parlementaires européens.

Voilà ce qu’indique wikipédia : « Au Parlement européen… Si les salaires sont assez disparates d’un député à l’autre, et d’une nationalité à l’autre, on relève tout de même des régularités. Guère inférieure à 1 500 euros, la rémunération mensuelle s’élève fréquemment à 2 000, 2 500 euros. Les salaires les plus élevés (supérieurs à 3 000 euros) sont ceux des assistants les plus expérimentés. Dans un rapport rédigé en 2004, Sébastien Michon (IEP et université Marc-Bloch de Strasbourg) évoque une amplitude des salaires allant de 1 300 à 3 800 euros. »

Un confrère qui a été en poste à Bruxelles et à Strasbourg donne une fourchette qui va de 1 500 à 4 000 euros pour les assistants les plus expérimentés. Guillaume Lopez indique le même écart.

Il faut savoir qu’il y a deux catégories d’assistants parlementaires, ceux qui sont accrédités et qui travaillent au Parlement européen et les locaux, comme Guillaume Lopez et Louis Aliot.

Pourquoi le salaire de Louis Aliot pulvérise-t-il les usages en la matière ?

Il est regrettable que les rémunérations des assistants parlementaires européens ne soient pas encadrées. Cela aurait évité la dérive à laquelle le couple Aliot-Le Pen s’est livré. F.T.

contact : c.politique@orange.fr

Couple Aliot-Le Pen : Mediapart dénonce un conflit d’intérêt

Sous le titre, « Marine Le Pen en plein conflit d’intérêts au Parlement européen, Mediapart vient de révéler que : « La présidente du FN salarie depuis deux ans comme assistant à Strasbourg le numéro deux de son parti, à qui elle verse plus de 5 000 euros en brut par mois, pour un temps partiel. Problème, Louis Aliot est aussi son compagnon. »

Le site d’investigation publie le contrat de travail signé à Nanterre le 1 juillet 2011 entre Marine Le Pen et Louis Aliot. Selon ce document, Louis Aliot est rémunéré à hauteur de 5006,95 euros brut pour 17,5 heures par semaine.

Selon les informations recueillies par Mediapart, les services financiers de l’assemblée européenne ont demandé des explications à Marine Le Pen en s’appuyant sur un article du règlement de cette assemblée qui stipule que le crédit mis à la disposition de chaque eurodéputé ne peut pas : « financer les contrats permettant l’emploi ou l’utilisation des services des conjoints des députés ou de leurs partenaires stables non matrimoniaux ».

Les auteurs de l’enquête, Ludovic Lamant et Marine Turchi, font état de la justification de Marine Le Pen qui « refuse de considérer Louis Aliot comme un conjoint ou un partenaire stable non matrimonial ». Louis Aliot se défend avec les mêmes arguments en plaidant le caractère informel de sa relation avec Marine Le Pen. Relation informelle mais bien réelle.

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Les auteurs rappellent que le couple a affiché sa relation dans la presse et ils publient les statuts de la SCI au capital de 500 euros grâce à laquelle le couple a fait l’acquisition d’une maison à Millas. Cette SCI détenue à part égale, montre que Marine Le Pen et Louis Aliot ont un lien financier.

Mediapart ajoute que le parlement européen s’est également intéressé à la rémunération de Florian Philippot, autre assistant parlementaire de Marine Le Pen jusqu’au 30 juin 2012.

Le couple Aliot-Le Pen a manifestement violé le règlement du parlement européen et en particulier l’article 43 qui prohibe le recrutement du conjoint.

Marine Le Pen a réagi à l’article de Mediapart dans un communiqué dans lequel elle tient à informer : « qu’aucune situation de conflit d’intérêt n’existe dans les contrats la liant à ses assistants parlementaires… Les accusations de Mediapart sont évidemment calomnieuses mais pas très étonnantes lorsque l’on sait que, contre le Front National, tout est bon. » Marine Le Pen a annonçé qu’elle engageait une procédure en diffamation contre Mediapart.

La présidente du FN précise que : Le Parlement n’a d’ailleurs pas donné suite après les informations fournies. »

Mediapart a interrogé Gérard Onesta, ancien vice-président du parlement européen qui a déclaré : « Nous ne voulions pas faire la « police des braguettes » – c’est l’expression qui avait été utilisée dans les débats à l’époque. Nous avons donc décidé que l’on renvoyait aux règles légales en vigueur dans le pays dont est originaire l’eurodéputé. » Et les journalistes commentent : « Un flou juridique qui profite au couple Le Pen-Aliot. » Et cela d’autant plus qu’en France, très en retard dans ce domaine, le conflit d’intérêt n’est pas un délit.

On aimerait savoir ce que gagnent les autres attachés parlementaires de Marine Le Pen. Ont-ils comme le mari de la patronne une rémunération de 5 000 euros à mi-temps ou 10 000 euros à plein-temps ? F.T.

contact : c.politique@orange.fr

La Russie de Poutine fait rêver le couple Le Pen-Aliot

Séjournant en Russie avec son compagnon Louis Aliot, Marine Le Pen a fait des déclarations qui devraient faire réfléchir ceux qui se laissent tenter par le vote Front National.

« Elle a catégoriquement rejeté la désinformation véhiculée en France, comme quoi la Russie serait une sorte de dictature, un pays totalement fermé » (communiqué du FN. Mme Le Pen a lors de sa conférence de presse à Moscou, tenu des propos totalement identiques).

En Russie tous les moyens répressifs sont mobilisés pour empêcher l’expression de l’opposition au régime de Poutine et des oligarques. Dire ça c’est faire de la désinformation ?

En Russie, les agressions physiques sur des journalistes sont des faits courants. Dire ça, c’est faire de la désinformation ?

« Reporters Sans Frontière exprime sa profonde émotion à l’annonce de la mort de Mikhaïl Beketov ce 8 avril 2013. Le journaliste avait conservé de lourdes séquelles de l’agression extrêmement violente dont il avait fait l’objet, en novembre 2008. L’organisation adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et ses collègues. Rédacteur en chef du journal local Khimkinskaïa Pravda et militant écologiste, Mikhaïl Beketov était une figure de proue du mouvement de protection de la forêt de Khimki (banlieue de Moscou), menacée par la construction d’une autoroute. Laissé pour mort par ses agresseurs le 13 novembre 2008, il avait passé plusieurs mois dans le coma et avait du être amputé d’une jambe et de plusieurs doigts. Les dommages crâniens qu’il avait subis étaient tels que Mikhaïl Beketov avait perdu l’usage de la parole. » (Reporters Sans Frontières 8 avril 2013). Dire ça, c’est faire de la désinformation ?

En Russie, depuis 2000, 28 journalistes ont été assassinés du fait de leur activité professionnelle. Dire ça, c’est faire de la désinformation ?

A un an de l’ouverture des Jeux Olympiques de Sotchi, la “ désinformation “ s’intensifie. Le 1er mars, les militants de Reporters Sans Frontière ont déployé devant l’ambassade de Russie une banderole géante. Les anneaux olympiques ont été transformés en poing américain ensanglanté, rappel de l’impunité dont bénéficient toujours de trop nombreux assassins et agresseurs de journalistes russes.

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Marine Le Pen donne de la Russie une image qui n’existe que dans ses fantasmes. Elle a ainsi déclaré à l’Agence de presse russe Ria Novosti : « Les Russes sont attachés à leur identité, à leur culture, ils refusent de se soumettre au modèle ultralibéral et mondialiste que je combats moi-même en France ». Dire que le régime de Poutine, un des plus corrompus du monde, est au service d’un capitalisme de type mafieux relève sans doute aussi de la désinformation.

Le nationalisme tyrannique de Poutine convient parfaitement à Marine Le Pen et à Louis Aliot. Et il est sans aucun doute le régime qui se rapproche le plus de l’idéal de l’extrême-droite française. Tous ceux qui décernent un peu rapidement des brevets de républicanisme au FN ne devraient pas oublier que la démocratie n’est ni dans ses gènes, ni dans son logiciel politique. F.T.

contact : c.politique@orange.fr

Louis Aliot défend l’ami de Marine Le Pen et de Cahuzac

Invités de Zemmour et Naulleau, sur M6, Alexis Corbière, dirigeant du Front de Gauche et Louis Aliot ont eu un vif échange à propos de la médaille remise par le FN à Philippe Peninque. Ce dernier, ancien activiste du GUD (mouvement d’extrême-droite connu pour sa violence), proche de Marine Le Pen, est l’ami de Cahuzac et l’avocat spécialisé en montages fiscaux qui, selon le journal Le Monde, lui avait ouvert un compte en Suisse.

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Alexis Corbière : En janvier 2011, M. Louis Aliot, lorsque Marine Le Pen devient présidente du FN, Philippe Peninque est monté sur l’estrade de votre congrès et a été décoré de la flamme de bronze du Front National.

Louis Aliot : Je ne vois pas le rapport.

Alexis Corbière : Je vais vous le dire le rapport. C’est que, pour vous, c’est la légion d’honneur du FN. Je vous pose la question, maintenant que vous savez que c’est lui qui a ouvert le compte de Cahuzac, vous lui remettriez encore la flamme de bronze ?

Louis Aliot : Ah, je m’en fous royalement.

Alexis Corbière : Non, mais je vous pose une question. Il mérite la légion d’honneur du FN ?

Louis Aliot : Il est avocat tenu au secret professionnel, il n’est pas venu nous dire qu’il avait ouvert un compte à Cahuzac ?

Alexis Corbière : Maintenant que vous savez ça, est-ce que vous le feriez ?

Eric Naulleau : Est-ce que vous allez lui retirer surtout ?

Alexis Corbière : Je vous pose une question, vous êtes embêté manifestement.

Louis Aliot : Venant d’un communiste ancien trotskyste, c’est assez rigolo.

Alexis Corbière : J’ai enlevé mon couteau pour vous parler….

Louis Aliot : Oui mais ça, c’est trop facile. Il n’était pas au Front.

Alexis Corbière : Il a été décoré par Jean-Marie Le Pen.

Eric Naulleau : On vous demande si vous allez lui retirer sa décoration oui ou non, voilà, c’est oui ou non, je ne peux pas faire plus simple.

Louis Alliot : Pourquoi vous voulez lui retirer sa décoration ?

Eric Naulleau : Parce qu’il a participé au système que vous dénoncez, à l’évasion…

Louis Aliot : C’est monsieur Cahuzac qui a participé au système en ne déclarant pas le compte, mais l’avocat, lui, il a fait son boulot d’avocat, point à la ligne.

Alexis Corbière : Je ne suis pas d’accord avec ça pour qu’il y aitdes Cahuzac il faut qu’il y ait des Peninque.

PS 1 : Précisons que Philippe Péninque reconnait avoir ouvert le compte de Cahuzac en Suisse. Mais il se considère blanc comme neige, en disant qu’il ne savait pas que Cahuzac n’avait pas déclaré ce compte aux services fiscaux français.

Le FN offre son quart d’heure de célébrité à Florence Jurado

Le Front National exhibe Florence Jurado comme une grosse prise, un gros poisson. Dans les P-O qui ne connait pas Florence Jurado… Vous ne vous souvenez pas d’elle ? Mais si, c’est celle qui a failli battre René Olive aux dernières cantonales sur le canton de Thuir. Enfin presque ! Mais pas tout à fait en vérité ! La candidate de CDC a quand même rassemblé 118 voix sur son nom, 1,5 % des suffrages exprimés.

Si on vous dit qu’elle a été trésorière du CDC, là vous ne pouvez que vous souvenir d’elle. Non ? Vous y mettez de la mauvaise volonté ! C’est curieux tous ces gens qui deviennent amnésique en même temps. Un habitant de Tresserre, le village de cette dame, nous a même déclaré : « inconnue au bataillon ». Il va apprendre à la connaître. Car la nouvelle adhérente du parti de la famille Le Pen sera à la tête d’une liste soutenue par le FN pour prendre la mairie de ce village des Aspres qui compte 800 habitants.

« Je souhaite m’engager en politique afin de mener et d’entreprendre, avec, pour objectif, le développement de Tresserre : création de l’emploi, développement du terroir et du tourisme et bien d’autre cheval de bataille…. », écrit Florence Jurado sur son facebook. Bref, c’est le chevaux sur lequel il faudra miser à Tressère en 2014.

La dame a quand même un grand mérite. Elle ne fait pas mystère des raisons de son départ de CDC. Elle a expliqué à ouillade.eu que lors de son adhésion, il y a trois ans, Jordi Véra avait pris l’engagement de lui donner la tête de liste CDC aux prochaines municipales. Elle a donc claqué la porte du parti catalaniste quand CDC s’est rapproché du maire de Tresserre, Jean Amouroux. Et la voilà au FN qui bien naturellement lui déroule le tapis rouge. Et pour cause, il a tant de mal à trouver des candidats aux élections.

Ce n’était donc pas par catalanisme que Florence Jurado avait rejoint CDC. Elle ne parle d’ailleurs pas catalan. Et c’est manifestement avec des convictions aussi fortes qu’elle rejoint l’extrême-droite.

Louis Aliot annonce régulièrement des ralliements de personnalités locales au FN. Mais faute de grives, il mange des merles.

contact : c.politique@orange.fr

Le “lobby gay“ du FN a-t-il eu la peau de Louis Aliot ?

Nous avons lu, avec un double intérêt Dans l’ombre de Le Pen, Une histoire des numéros 2 du FN. Un livre écrit par Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg,  un jeune et brillant universitaire perpignanais, historien de l’extrême-droite. Et puis, parmi les numéros 2 du FN, il y a un certain Louis Aliot.

Le premier chapitre est consacré à Victor Barthélémy, ancien numéro 2 du PPF de Doriot, parti fasciste et jusqu’au-boutiste de la collaboration avec le III e Reich. Il a également participé à la création de la LVF (Légion des Volontaires Français) composée de français qui ont combattu sous l’uniforme allemand. Viennent ensuite, François Duprat auquel Lebourg a consacré une biographie remarquée, puis Jean-Pierre Stirbois, Bruno Mégret, Carl Lang, Bruno Gollnisch et enfin Louis Aliot.

Et Florian Philippot ?

Beauregard et Lebourg prennent acte de la place conquise par le nouveau venu : « Le 9 juillet 2012, Marine Le Pen fait nommer Florian Philippot vice-président en charge de la stratégie et de la communication. Le jeune énarque a donc peu ou prou obtenu ce que n’avait eu aucun numéro deux, la fusion sous son autorité de prérogatives relevant de la présidence, du secrétariat général et de la délégation générale ». Mais les auteurs ne poussent pas plus loin. On aurait aimé apprendre dans quelles conditions et pourquoi Louis Aliot avait été débarqué.

Successeur de Bruno Gollnisch, Louis Aliot n’aura donc occupé la place de numéro 2 du FN que pendant 19 mois. Au sein du bureau exécutif qui compte 9 membres Louis Aliot se contente désormais de « La formation et des manifestations »

En observant la surface des choses, on a bien remarqué, que pendant les campagnes de la présidentielle et des législatives, Florian Philippot avait crevé l’écran. A chacune de ses apparitions à la télé, le FN a marqué des points. Vif et combattif, il avait des arguments bien ficelés qui faisaient mouche. Orateur moyen, Louis Aliot n’est, en plus, pas un bon débateur. On l’a souvent, trop souvent, vu mal à l’aise et en difficulté face aux journalistes et à ses contradicteurs. Il y a, entre les deux hommes une grosse différence de pointure. Aliot se fait à présent rare dans les médias nationaux alors que celui qui l’a détrôné y est omniprésent avec un autre bon client des médias, l’avocat Gilbert Collard.

La réponse à certaines questions se trouve peut-être dans le chapitre de conclusion et dans les quelques pages consacrées « aux jeunes hommes gays qui forment l’un des premiers cercles de Marine Le Pen ». Elles ne vont pas passer inaperçues. Le sujet est assez brutalement amené par le biais d’une conversation que Roger Holeindre a eu avec Jean-Marie le Pen lorsqu’il a présenté à ce dernier les causes de sa démission : « Parce que ta fille à qui t’as donné le parti ne représente plus le parti, ne représente plus mes idées, pas plus d’ailleurs que les tiennes. En plus elle ne s’est entourée que de pédés et ça ne me plait pas. Moi, je suis pour les quotas dans la vie, et là le quota a été dépassé puisque dans son entourage il y a 15 ou 20 types homosexuels dont beaucoup sont en ménage entre eux. »

Beauregard et Lebourg justifient  toutefois pleinement leur choix d’aborder un sujet aussi délicat : « La question de l’homosexualité de proches de la nouvelle présidente pose des questions politiques, pour son milieu comme pour la compréhension de celui-ci. L’opposition interne à ces jeunes hommes gays qui forment l’un des premiers cercles autour de Marine Le Pen n’est pas réductible à l’homophobie… Est mis en cause la construction d’un “lobby gay“ au sein du FN, où les places de cadres seraient alloués aux amis… Le parti a placé la défense de la République contre les communautarismes au centre de son discours. L’idée d’un “communautarisme gay“ en son sein lui pose un problème idéologique et non uniquement moral. Surtout une attitude qui vise à l’isolement de Marine Le Pen est diagnostiquée par certains “lepénistes“… L’un d’eux évoquant les tensions entre Louis Aliot et certains membres de la direction… »

Aucun nom n’est donné, bien sûr ! Il faut donc s’en remettre au sérieux des auteurs. Il n’y a pas de problème de ce côté-là. Mais on regrette qu’ils n’aient pas jugé utile d’ajouter que ceux qui dénonçait  un “lobby homosexuel“ pouvaient avoir des motivations qui ne seraient pas dénuées d’arrière pensées. Il y a toujours des rivalités, plus ou moins vives, au sein des équipes de direction. Au FN comme partout ailleurs. Et il serait vraiment très étonnant que Louis Aliot ait digéré la perte de la place de numéro 2.

Dans une interview donnée aux InRocks, Nicolas Lebourg revient sur l’opposition entre ce “lobby“ et Louis Aliot. A la question, « Pour quelles raisons Marine Le Pen a-t-elle décidé de s’entourer de personnes homosexuelles ? Il répond : C’est une grande question qui a trait à sa psychologie. Marine Le Pen, a à l’évidence, un complexe d’infériorité et ce groupe la rassure, flatte son égo. Ils sont capables de travailler de manière inconditionnelle pour elle. Elle est très valorisée par cette petite troupe. Apparemment, il y a une lutte affective pour elle, son groupe essaye de la monopoliser affectivement, de la séparer de son père et de Louis Alliot. » Et Lebourg ajoute plus loin : « Le FN a un problème politique, la campagne présidentielle a suivi une ligne fluctuante, ce n’était pas très clair… cette absence de ligne politique et la question homosexuelle sont intimement liées. »

Ces révélations sur le “lobby homosexuel“  qui entoure Marine Le Pen profitent-elles à Louis Aliot ? Sans aucun doute. Mais on ne peut pas le reprocher aux auteurs. Il en va ainsi de l’information. Un jour elle fait le jeu des uns et un autre jour elle fait le jeu des autres. Fabrice Thomas

Joseph Beauregard, Nicolas Lebourg. Dans l’ombre des Le Pen. Une histoire des numéros 2 du FN. Nouveau Monde poche. 8 euros.