Impressions de campagne (7)

Voter pour Saint-François

S’il est réélu maire du Soler, François Calvet fera don de ses indemnités. Leur montant annuel de 18 000 euros alimentera une bourse destinée à deux étudiants méritants résidant au Soler. Le choix des bénéficiaires, deux par an pendant six ans sera fait par l’université de Perpignan. Le sénateur maire déclare mettre en pratique la position qu’il a défendu au Palais du Luxembourg. Il est pour le cumul des mandats mais hostile au cumul des indemnités.

La décision de François Calvet à l’intérêt d’attirer l’attention sur ce cumul des indemnités qu’il considère comme une anomalie. Rappelons que les indemnités sont plafonnées à 8272 euros. Somme à laquelle s’ajoute, pour un parlementaire, l’indemnité mensuelle de représentation des frais de mandat (6 000 euros net pour un sénateur, 6 500 pour un député). En l’absence de justification de son utilisation, cette somme va en partie dans la poche des parlementaires. Un bonus qui n’est pas imposable.

Même si cette la décision du président de l’UMP des P-O est loin de valoir une bonne loi qui mettrait de l’ordre dans les privilèges des grands élus, on espère quand même qu’il sera imité par les autres parlementaires. A l’exception bien sûr de Bourquin dont on sait que les fins de mois sont difficiles. C’est fou ce que ça coûte d’entretenir une ânesse.

Bourquin se porte comme un charme

Christian Bourquin va très bien. Il l’a déclaré à L’Indépendant. Ce dernier n’a pas trop insisté. Il n’a pas demandé au génie de Millas pourquoi il apparaissait si souvent fatigué et parfois très affaibli. C’est peut-être à cause du cumul des mandats. Président de région et sénateur, ça fait du boulot pour deux personnes et lui fait ça tout seul. Il est donc normal qu’il soit épuisé. Et nous, peuple ingrat, nous cherchons des poux à cet homme qui se sacrifie pour nous.

A ce sujet, nous devons présenter nos excuses à La Semaine du Roussillon. Nous avons en effet écrit qu’elle avait pompé L’agglorieuse, l’hebdo satyrique de Montpellier. Pas du tout. Si l’info du site internet de La Semaine était pratiquement un copié collé de celle publiée une heure plus tôt par celui de L’agglorieuse, c’est tout simplement parce que les deux rédactions avaient travaillé de concert. Et d’un côté comme de l’autre, on précise que l’info sur la brève hospitalisation de Bourquin est une info qui a été vérifiée.

Louis Aliot : vraie ou fausse adresse ?

Louis Aliot a du mal à réunir ses colistiers. Ils n’étaient que 35 (sur 55) sur les marches du grand escalier de la place Molière (photo publié par L’Indép). Les mauvaises langues disent que certains ne veulent pas montrer leur tête et que d’autres ne sont pas montrables. Nous sommes certains que ce n’est pas vrai. Si on écoutait Louis Aliot, les gens se battaient presque pour être sur la liste du parti d’extrême-droite.

Il est tout de même étonnant que sur les 10 premiers de la liste, 5 n’habitent pas Perpignan. Sur les listes électorales, que chacun peut consulter au bureau des élections, nous avons eu la grande surprise de découvrir que Louis Aliot était domicilié dans le quartier Saint-Assiscle. Renseignements pris sur place, à l’adresse indiquée, une toute petite maison (tout l’opposé du château de Montretout), Louis Aliot n’habite pas là. Les deux résidents de la rue que nous avons interrogé ne l’ont jamais vu. Mystère !!!! Imaginons que Louis Aliot ne soit pas en règle, ça ferait du foin. On aurait encore toutes les télés à Perpignan. Et Marine Le Pen hurlerait au complot. Faisons confiance aux services préfectoraux, ils ont du vérifier tous les justificatifs.

Classements des villes : ça tombe comme à Gravelote

Il sort des classements de tous les côtés ! C’est comme les sondages, ça fait vendre du papier. Ils sont plus ou moins sérieusement faits.

Le magazine Le Point a publié un palmarès de l’absentéisme dans les mairies. A la première place et de loin, Montpellier avec un taux de 17,48%. Et en quatrième position, Perpignan, 13,18%. Le soleil, la plage ??? A Strasbourg, où il n’ont pas tous ça, la réputation des alsaciens d’être de gros bosseurs en prend un sacré coup, la ville occupe la troisième place avec un taux de 14,27%. La deuxième revient à Grenoble. Et Bordeaux la ville de Juppé est juste derrière Perpignan avec 13,09% d’absentéisme. L’article du Point a été fait d’après une étude réalisée par l’IFRAP, une fondation composée de chercheurs.

Comme c’est bientôt l’anniversaire de Pujol, le 4 avril, nous suggérons à ces colistiers de lui offrir Lutter contre l’absentiéisme , un bouquin consacré aux collectivités territoriales. Petite mise en bouche : « L’absentéisme a un fort impact sur le fonctionnement des collectivités territoriales, la Cour des comptes s’en est fait récemment l’écho. C’est donc une problématique majeure de la politique des ressources humaines. Lutter contre l’absentéisme est d’autant plus nécessaire que ce phénomène influe tant sur la masse salariale que sur la qualité du service public rendu. Cette action représente en outre une opportunité d’améliorer le climat social et les conditions de travail des agents, et de renouer un dialogue social de qualité entre les décideurs, les acteurs RH, les encadrants, les organisations syndicales et les agents, autour de nouveaux outils de gestion des ressources humaines. »

Si on devait classer les classements de la presse magazine, celui que vient de publier L’Express mériterait la mention spéciale « Pas du tout sérieux ». Le palmarès du meilleur maire des 34 grandes villes de France a établi par « 18 grands connaisseurs des collectivités locales ». Combien d’entre eux connaissent Perpignan qui arrive bonne dernière ? On doute que Jean-Pierre Raffarin et d’autres connaissent suffisamment ces 34 villes. Est-il bien sérieux de comparer, sans critères bien établis, des villes qui ont 500 000 habitants comme Lyon, avec des villes comme Perpignan qui dépassent tout juste les 100 000. Dans les différentes catégories, culture, environnement, économie, notoriété…Il y a chaque fois une dizaine de villes qui se retrouvent dernière ex-aequo. Ce qui montre bien le peu de sérieux de l’opération. L’Express n’est plus que l’ombre du grand magazine d’actualité qu’il a été. Ce qui faisait récemment dire à Jean-François Kahn, que son directeur, Christophe Barbier devrait passer un peu moins de temps sur les plateaux télé et un peu plus dans son journal.

Le siège de L’Indép aux couleurs du conseil général

Ça surprend et c’est plutôt gênant de voir la frise aux couleurs du conseil général sur la façade du siège de L’Indépendant, juste en dessous du nom du journal. Notre quotidien local a loué son rez-de-chaussée au Comité départemental du tourisme. Un satellite du conseil général présidé par Hermeline Malherbe. Certes les temps sont durs pour tout le monde et pour la presse plus durs encore. L’argent public est donc le bienvenu. Mais on ne va pas se raconter des histoires, plus une collectivité territoriale met d’argent dans un journal et plus elle attend de retour rédactionnel.

1 mars 2014 017

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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