Un premier sondage riche en enseignements.

Le score du compagnon de Marine Le Pen était le résultat le plus attendu. Il est très élevé, 28%. Encore plus si on le compare au 9,4% réalisé par Louis Aliot aux municipales de 2009. Il n’est évidemment pas assez important si on le regarde avec les yeux de la presse locale. « Non, Louis Aliot ne vire pas en tête au premier tour. », écrit Frédérique Michalak dans L’Indépendant du 13 février. Les électeurs sont décevants. Ils ne votent pas autant pour Aliot que le voudrait les médias locaux. Ça fait pourtant deux ans qu’ils leur répètent que celui-ci va prendre la mairie de Perpignan et qu’ils lui déroulent le tapis rouge afin de l’aider à atteindre leur objectif. Il faut les comprendre, Aliot à la mairie, c’est le buzz assuré pendant six ans.

La surprise de ce sondage vient, compte tenu du pourcentage élevé de l’extrême droite, de la bonne résistance de Pujol. Avec 35%, il ne recule que de 5% par rapport au score d’Alduy aux municipales de 2009. De plus, 54% des sondés ont une bonne image de lui. C’est sans aucun doute son principal atout pour gagner cette élection. Comment cet homme au look de chef-comptable, qui n’a pas plus de charisme qu’un mérou et dont le verbe manque singulièrement de relief (sauf quand il parle finances locales) parvient-il à se faire apprécier par la majorité des sondés ? Il est vrai qu’il arrive après un beau-parleur dont les Perpignanais étaient fatigués. Grâce à son image d’élu compétent et expérimenté ? Grâce à un bilan que les électeurs ne jugent pas si négatif que ça ? Grâce à son choix de ne pas jouer l’homme politique qui courre après tous les mandats et se satisfait de celui de maire qu’il exerce à plein-temps ? Un peu de tout ça ?

Ce sondage confirme que Jean Codognès était, de loin, un meilleur candidat de gauche que Cresta. Mesure de notoriété : Codognès 80%, Cresta 58%. Bonne opinion : Codognès 37%, Cresta 21%.

Le recul de la gauche est important, 18% pour Cresta et 11% pour Codognès, soit un total de 29% contre 41% en 2009.

Sur les 5 têtes de liste, deux, Cresta et Aliot recueillent plus de mauvaises opinions que de bonnes. Les deux parachutés.

Clotilde Ripoull ne doit pas être satisfaite d’un score de 8%. Il lui faut atteindre les 10% pour être présente au second tour et avoir des élus au conseil municipal. 11% des sondés n’ont pas exprimé d’intention de vote. Et il doit y en avoir autant qui peuvent modifier leur choix d’ici le premier tour, le 23 mars. La toute nouvelle ligne de rejet des partis qu’a adopté l’ancienne responsable du Modem puis du parti catalan CDC, semble fonctionner. Reste à voir si c’est une stratégie de long terme ou de court terme.

Au second tour, le maire sortant l’emporterait avec 42% des voix, suivi de Jacques Cresta 33% et de Louis Aliot 25%. Ce dernier perd des voix entre les deux tours. Il est difficile de faire une campagne violemment dénonciatrice et en même temps de se crédibiliser comme gestionnaire. Ses passages dans les médias nationaux sont à double tranchant. Ils lui procurent une très forte notoriété mais ils donnent l’impression qu’il est plus souvent à Paris qu’à Perpignan.

68% des sondés se déclarent intéressés par les élections municipales. C’est élevé, si on compare avec le niveau de participation des municipales de 2008. Seulement 55% des Perpignanais étaient allés voter. Et 54% en 2009. Dans les grandes villes, même les élections municipales mobilisent peu le corps électoral.

Fabrice Thomas

PS : Sondage TNS Sofres-Sopra Group réalisé auprès d’un échantillon de 604 personnes inscrites sur les listes électorales.

Contact : c.politique@orange.fr

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Livre : l’exceptionnel témoignage de la fondatrice des Estivales

Marie-Pierre Baux a fait œuvre utile. Elle nous livre un témoignage précieux, en particulier sur les difficiles relations entre les acteurs culturels et ces politiques qui tenant les cordons de la bourse ont sur eux droit de vie ou de mort. Combien de lieux, d’évènements et d’acteurs culturels avons-nous vu, privés de subventions, disparaitre au cours des deux dernières décennies ? La liste est longue. Cela se passe généralement sans faire de bruit. Il n’y a pas d’enterrement. Où alors dans la plus stricte intimité. La presse traite ces disparitions comme tout le reste, sans approfondir le sujet. Ce qui prive le citoyen de la connaissance réelle des choses. Grâce à l’ouvrage de Marie-Pierre Baux nous apprenons pourquoi et comment cette belle et grande manifestation culturelle qu’était Les Estivales a été liquidée. On pourra certes dire que c’est la vérité de Marie-Pierre Baux qui est juge et partie. Objection retenue. Mais au fil des pages, en retrouvant des faits et des épisodes conforment à nos souvenirs, nous avons acquit l’impression que Marie-Pierre Baux livrait un témoignage emprunt d’honnêteté.

De nombreux acteurs culturels, et pas seulement, vont retrouver ce qu’ils vivent dans les récits sur l’épuisante quête aux subventions. Nous nous souvenons de ce jour ou nous avions croisés Marie-Pierre Baux et sa collaboratrice Clarisse Cervello, toutes deux effondrées. Elles sortaient d’un rendez-vous avec un responsable des affaires culturelles à qui elles venaient de présenter le programme de la prochaine édition des Estivales. Après chaque nom de spectacle, l’élu réagissait en disant « connais pas ». Cette anecdote est dans le livre. Il leur proposa de faire venir « des artistes connus comme Gilbert Bécaud. » Des noms comme Sylvie Guillem, Merce Cunningham, Gilberto Gil, Michel Bouquet, Maria Joao Pires, ne lui disaient rien. « Comment répondre à l’élu en question – sans risquer de le vexer irrémédiablement – qu’il n’est peut-être pas le mètre étalon de la culture et du bon goût qu’il croit être, et que si le festival affiche complet la plupart du temps avec ce genre d’artistes, c’est qu’ils sont connus, un peu non quand même ??? » L’édile n’est pas nommé. Mais il s’agit, si notre souvenir est bon, de Marcel Mateu, vice-président du conseil général.

Pourquoi Marie-Pierre Baux n’a-t-elle pas donné les noms de ces élus si prompts à pratiquer l’abus de pouvoir ? Pour ne pas donner l’impression de vouloir régler des comptes avec tel ou tel ? Il est vrai que les faits importent plus que leurs auteurs et que la toute puissance des élus produit dans la grande majorité des cas les mêmes comportements. Sans distinction de partis. En jetant ce pavé dans la mare, Marie-Pierre Baux va de toute façon aggraver son cas. C’est pourquoi nous devons lui être pleinement reconnaissant d’avoir écrit ce livre. Les subventions condamnent au silence. C’est pourquoi il aura fallut attendre plus de quinze ans pour apprendre que l’abus de pouvoir était allé jusqu’à la censure, jusqu’à l’annulation d’un spectacle de Jérôme Savary. Le contrat était signé, la date arrêtée, les affiches imprimées quand Marie-Pierre Baux fut convoquée à la mairie de Perpignan : « L’objet de cette convocation ne manqua pas de nous sidérer. L’adjoint à la culture venait d’apprendre qu’il y avait dans ce spectacle dont il craignait la “ vulgarité “ (sic), une scène “ osée “ (re-sic). » Il y avait une scène avec des seins nus. L’élu considérait que l’on ne pouvait pas montrer ça dans un lieu sacré, un cloître cimetière. Marie Pierre Baux n’en croyait pas ses oreilles : « Certes sacré…mais pour qui ? Cela fait bien longtemps qu’il ne l’est plus ! D’ailleurs vous savez bien que depuis la Révolution française, il y avait sur cet emplacement une caserne…Ce n’est plus sacré depuis belle lurette. » Mais l’élu ne voulait rien entendre : « Rien à faire, vous devez annuler ! Pas de seins nus au Campo Santo ! C’est indigne d’un lieu patrimonial ! » La directrice des Estivales fit référence au festival d’Avignon : « Le Palais des Papes en a vu bien plus que des seins nus…Et le cloître des Carmes, et les cloître des Célestins, et la Chartreuse etc… » L’élu à la culture, oui à la culture, eu le dernier mot : « Si vous n’annulez-pas, je ne vous accorde pas les autorisations pour jouer dans le Campo Santo. »

Jean-Paul Alduy, le maire de Perpignan laissa faire. Il soutiendra publiquement le même élu quand l’année suivante il refusera catégoriquement que la mairie rende hommage à Charles Trenet en donnant son nom à une rue de la ville si présente dans l’œuvre et tout au long de la vie du Fou chantant. Il avait ressorti une vieille affaire de mœurs qui s’était déroulée à Aix-en-Provence dans les années 1960 et qui s’était terminée par un non-lieu. L’élu était pourtant, et il est toujours, avocat. La création d’une association des amis de Charles Trenet et l’organisation d’un rassemblement public fit reculer la mairie et bien que l’élu à la culture ait menacé de démissionner, le nom de Charles Trenet fut donné à la grande salle du Palais des congrès. Heureusement pas informé des arguments de l’élu, Charles Trénet apprécia que, Perpignan ville à laquelle il était bien plus attaché qu’à Narbonne, lui rende à son tour enfin hommage. Et le soir de la première de Y a d’la Joie, un spectacle mis en scène par Jérôme Savary, il était là, au premier rang, en compagnie de Charles Aznavour. Etienne Nicolau lui qui avait montré un visage que personne ne soupçonnait, était absent.

Revenons au conseil général, avant Marcel Mateu (récemment condamné pour harcèlement moral) : « Sévissait à la culture, un élu au comportement stalinien qui nous détesta d’emblée. Seul lui semblait digne d’intérêt ce qu’il organisait lui-même… ou ses protégés. Un rendez-vous avec lui était une épreuve à laquelle il fallait se préparer mentalement, car il pouvait se montrer singulièrement odieux, sans respect ni mesure, misogyne qui plus est ! Nombreux sont ceux qui ont eu à subir sa tyrannie, ses violentes colères, ses abus de pouvoir, son autoritarisme. Y compris parmi le personnel du conseil général, en particulier les responsables administratifs à la culture. » Ces lignes son complétées par une note : « Plusieurs procédures pour licenciement abusif ont été traitées par le tribunal des Prudhommes. ». M-P Baux n’est pas excessive. Que de souffrances ! Nous pensons à la directrice de l’ADDMCT, structure Etat-conseil général présidée par Antoine Sarda (et dissoute par lui et par Christian Bourquin). Cette femme à psychologiquement été détruite. Elle a certes gagné au Prud’hommes, facilement, tant les charges étaient lourdes. Mais ça n’a pas réparé les dégâts. « Quel artiste, quel spectateur, quel ami des Estivales peut imaginer ce que nous avons vécu avec certains élus : les mots sont bien au dessous de la réalité. C’est incontestablement la face sombre de notre métier. »

Pourquoi passer en revue les auteurs d’abus de pouvoirs commis par des responsables de la culture ? Simplement pour bien montrer que ce n’était pas des comportements isolés. Et d’ailleurs, un seul élu sort du lot, le sénateur Paul Blanc, qui pendant une décennie présida les Estivales : « Homme de parole, il faisait confiance et s’engageait avec conviction pour obtenir que les festivals de Prades et Les Estivales de Perpignan aient les moyens de leurs ambitions. Il y croyait et se bagarrait ferme… »

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En 2005, Bourquin sort son fusil à deux coups et prive les Estivales des subventions du conseil général et du conseil régional. Pourquoi ? Pour la même raison qu’il les retire aussi à Visa pour l’image. Un politique peut montrer son pouvoir en bâtissant mais aussi en détruisant. Cette décision prive le festival de 60% de ses subventions et du Palais des Rois de Majorque, son lieu principal : « Or, c’est en nous plaçant sous la seule protection de la ville que ce retrait du conseil général et de la région a jeté le festival dans ses seuls bras, et introduit ipso facto une fragilité substantielle car l’équilibre des trois collectivités tutélaires étant rompu, le festival et son équipe étaient soumis désormais au seul bon vouloir de la ville – en situation de monopole – et la tentation de s’en emparer totalement était inscrite en filigrane. »

Et le théâtre de l’Archipel est arrivé. Et il a fallut mutualiser. En clair faire des économies imposées par l’énorme budget de fonctionnement de la grosse machine. Un dernier épisode qui voit la lâcheté et la trahison triompher. Et après ça la mascarade… « Les Estivales continues »

D’édition en édition, depuis 1992, Marie-Pierre Baux fait revivre cette belle aventure culturelle qui fut avant tout une aventure humaine et collective emmenée par cette disciple de Jean Vilar. Une femme remarquable animée par une puissante volonté de transmettre sa passion pour le théâtre, le spectacle de qualité, la culture qui ouvre et élève les esprits. Elle cite Fernando Pessoa : « Je ne suis rien, mais je porte en moi tous les rêves du monde. »

Marie-Pierre Baux met des mots sur nos maux. Quand il n’y a pas de diagnostic, il n’y a pas de remède. Voilà pourquoi il est si crucial de dire, de raconter, de briser la loi du silence. Un inestimable témoignage.

Fabrice Thomas

Marie-Pierre Baux, Mes éclats de mémoire. Editions Talaia, 17 euros.

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Débat radio-télé des municipales : le grand échec !

Pourquoi le débat organisé par France Bleu Roussillon et France 3 a-t-il autant déçu ?

Souvenez-vous des précédentes municipales. Le résultat était le même. Tout le monde restait sur sa faim.

La formule ne fonctionne pas. Il n’en sort rien qui éclaire, rien qui intéresse vraiment l’électeur.

Autre chose.Nous nous interrogeons sur l’importance donnée au premier thème débattu, la sécurité. Pourquoi les médias locaux lui font-ils une telle place en 2014 ? Ce n’est qu’en partie une compétence municipale. Pourquoi la sécurité et pas le développement économique ?

L’emploi est pourtant la première préoccupation des Perpignanais. Au cours des 20 dernières années, jamais la presse n’avait lors d’une campagne municipale, consacrée une telle place à la sécurité.

Cela ne déplait pas à Louis Aliot qui proclame : « La sécurité à Perpignan est une priorité incontournable »

Pour suivre le débat sur l’insécurité l’électeur avait besoin d’avoir des repères. Un état des lieux de la délinquance avec des chiffres, notamment le taux de criminalité pour 1 000 habitants et le classement de Perpignan à partir de ce critère. Il fallait également donner des informations sur la réponse policière, sur la qualité de cette réponse avec le taux de résolution des affaires par catégorie. Et il fallait des informations sur la réponse pénale. Rien de tout ça. L’Indépendant a encore laissé passer une occasion de jouer son rôle.

Tout journaliste sait pourtant que la sécurité est une question délicate à traiter. Elle véhicule des souffrances, des traumatismes, des peurs. Et l’exploitation politique dont elle est l’objet la livre plus souvent à l’émotion qu’à la raison. Ce sujet doit donc, plus que tout autre, être traité sur des bases rigoureuses.

La première question sur la sécurité a été posée à Clotilde Ripoull : « Vous avez dans votre programme l’idée de recruter un commissaire pour diriger la police municipale… »

Allo Houston, nous avons un problème !

La fusée a dès le départ pris une mauvaise trajectoire.

Pourquoi le débat a-t-il été lancé avec une question aussi technique et aussi secondaire. Surtout au regard de la situation perpignanaise. La collaboration entre les deux polices fonctionne très bien. Elles se retrouvent ensemble dans nombre de missions.

Des candidats proposent que la police municipale soit déployée 24h sur 24. Pourquoi ? Ca n’a pas été expliqué. Interrogé sur ce sujet, Jean-Marc Pujol, qui est souvent maladroit, a frappé les esprits en déclarant : « « Après deux heures du matin l’été ça devient extrêmement dangereux. » Ça a rappelé Ségolène Royal proposant de faire raccompagner par la police les femmes policiers à leur domicile.

Il se commet chaque année plus de 1 000 cambriolages à Perpignan. C’est énorme. Que faut-il mettre en œuvre pour faire reculer ce fléau ? Vous avez entendu un candidat faire des propositions dans ce domaine ?

Les vraies questions n’ont jamais été abordées. Manque de préparation des journalistes ? Ça semble assez évident. Et les candidats n’ont pas fait mieux.

Aliot a fait du Aliot : « Quai Vauban le mercredi et le samedi vous avez des agressions permanentes ». Sans que personne ne réagisse.

Lorsqu’il a été question des effectifs de la police nationale, Jacques Cresta a expliqué qu’ils avaient baissé quand la droite était au pouvoir et augmenté après l’arrivée de la gauche, grâce à son action. Un classique du genre. Les journalistes auraient pu arriver au débat avec des fiches et des informations chiffrées.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

Cresta aggrave son cas !

2 fevrier 096

Jacques Cresta multiplie les plantages démontrant qu’il ne connait pas davantage Perpignan que Louis Aliot. Il a publié le 3 février un communiqué de presse titré : « Culture : la photo baisse le rideau ». On y lit : « A l’occasion d’une opération de porte à porte sur le centre ville, j’ai constaté que la dernière boutique de photographie de Perpignan, passage Doisneau, venait d’être définitivement fermée ! »

La dernière boutique de photographie de Perpignan ?

Nous voulons bien prendre quelques heures pour emmener Jacques Cresta faire le tour des “ boutiques de photographie “ de Perpignan. Nous commencerons par le centre ville et l’adresse la plus connue des amateurs et des professionnels de la photo. Nous irons chez M.Tabarié à l’enseigne Camara, rue Jean-Jacques Rousseau. Rue qui débouche sur la place de la République. Après nous irons chez Photo John au 16 rue du Maréchal Foch, à deux pas du Pont d’En Vestit. Puis nous ferons un saut à la FNAC, son rayon photo est assez bien fourni. Il faudra peut-être plus de deux heures car il y a quelques autres magasins dans d’autres quartiers de la ville. Certes ce secteur d’activité a beaucoup souffert. L’arrivée du numérique, des imprimantes couleur et la vente par internet ont fait d’énormes dégâts.

Si dans les « boutique de photographie », Jacques Cresta met aussi les magasins de photographes qui font des tirages et de la prise de vue, portrait etc, il faudra rajouter quelques adresses à la tournée.

En lisant le communiqué de Cresta, on se dit d’abord qu’il ne connait pas la ville, puis qu’il agit sans réfléchir. Ce qui est quand même très embêtant.

Et il y a autre chose.

Tout à son rôle de porteur de mauvaises nouvelles, Cresta n’a pas tout dit sur la fermeture de Créapolis. Voilà le texte qui est affiché sur la vitrine.

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Nous espérons que Cyril, Sylvain ou d’autres reprendrons l’activité photo. Nous leur souhaitons d’ arriver à relever le défi et le rideau. Mais ça, Cresta, il s’en moque. Plus ça va mal et mieux c’est pour son fonds de commerce à lui. De ce côté-là avec Aliot, ils sont jumeaux.

Pour Cresta la fermeture de Créapolis est « un signe de plus de l’abandon de la culture dans notre ville… » Quel lien y a t-il entre la fermeture d’un commerce et la politique culturelle de la ville ?

Cette exploitation est d’autant plus contrariante qu’il y a derrière la liquidation de cette entreprise des personnes très bien, Jean-Pierre Joffre, son épouse Suzanne et leurs enfants. Et puis il y a une belle histoire à laquelle ont participé tous les salariés qui pendant trois décennies ont partagé et fait partager la passion de Jean-Pierre Joffre pour la photo. Sa passion mais aussi sa chaleur humaine, son énergie, sa générosité, sa disponibilité pour tous les projets. Combien de centaines, petits et grands en a t’-il soutenu ? A t’-on déjà vu un commerçant autant engagé dans la vie de la cité ? Camara puis Créapolis c’était un état d’esprit. On se souvient des magasins, d’abord rue Remparts Villeneuve. Agrandi en plusieurs étapes jusqu’à ouvrir ses portes de l’autre côté du pâté de maison, quai Vauban. Quel beau magasin c’était. Puis il y a eu le déménagement à côté de France Bleu Roussillon. Car avec l’arrivée du numérique, il fallait réduire la voilure. Puis c’est la participation à la création du passage Robert Doisneau où le magasin s’installa. Et il fallut plus tard, encore réduire l’activité et la surface.

La fermeture de Créapolis a du attrister des centaines et des centaines de personnes. Car cette belle histoire a aussi été un peu la leur.

Dans ce même communiqué, Jacques Cresta promet de faire des tas de choses extraordinaires autour de Visa pour l’image.

Quand Bourquin a sorti son « fusil à deux coups « et supprimé les subventions du département et de la région à Visa pour l’image, Jacques Cresta a approuvé et justifié.

Il faut aussi rappeler, c’est plus récent, la baisse de subvention de la région, où siège Cresta, pour l’organisation du volet scolaire du Festival international de photojournalisme.

Il ne connait pas Perpignan, il agit avant de réfléchir et il manque de mémoire ! Il est top bon !

Fabrice Thomas
Contact : c.politique@orange.fr

Alduy canonisé de son vivant par le pape Antoine

La Semaine du Roussillon est un peu le journal officiel de l’agglo. Mais à ce point ! En lisant sur une pleine page l’éloge de l’action de JPA de 1993 à 2014 (numéro du 30 janvier), nous avons failli tomber de notre chaise. Quel panégyrique ! Même le petit encadré sur « Les échecs » tourne à l’avantage d’Alduy.

Grâce à Antoine Gasquez nous avons enfin ouvert les yeux. Alduy est extraordinaire et il faut de toute urgence lancer une pétition pour qu’il revienne sur sa décision de nous abandonner. Qui crée la page facebook ?

Qu’est-ce qui transforme un journaliste en encenseur ? Les gros volumes de publicité et d’annonces légales de l’agglo ? Le même ne manquera pas de souligner que dans le dernier baromètre annuel de la confiance politique du CEVIPOF les journalistes se retrouvent au même niveau que les politiques.

Antoine Gasquez est trop lucide et trop bon connaisseur de la réalité pour croire à ce qu’il écrit. Alduy n’est pas un « démocrate convaincu ». Tout simplement parce qu’un authentique démocrate aurait une autre idée du rôle de la presse. Il ne serait pas en attente d’un chant à sa gloire.

Quel avantage a-t-on qu’un homme vous caresse,
Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse,
Et vous fasse de vous un éloge éclatant,
Lorsqu’au premier faquin il court en faire autant ?
Non, non, il n’est point d’âme un peu bien située
Qui veuille d’une estime ainsi prostituée…

Le bilan du Jeanpaulalduysme n’est pas simple à faire. Il n’y a pas d’évaluation des politiques locales, ni d’étude qui permettent de comparer avec l’évolution, la transformation d’autres villes de la même importance. Mais suivant l’action municipale de Perpignan d’assez près depuis longtemps nous pensons que même si beaucoup a été fait, il y des domaines où Alduy a été bon, d’autres où il a été moyen et d’autres dans lesquels il a carrément été mauvais. Le bilan est contrasté. Il ne faut ni oublier le bon, ni omettre le mauvais. Un message difficile à faire passer en période électorale. Il faudrait attendre des temps plus calmes pour revenir sur le bilan de JPA.

Mais Alduy, allez savoir pourquoi, est pressé. Nous y reviendrons donc après la sortie de son livre.

Le testament politique de JPA sera en librairie le 15 février. Dommage qu’il ne le sorte pas la veille, ça aurait fait un chouette cadeau pour la Saint-Valentin.

Fabrice Thomas
Contact : c.politique@orange.fr

Saint-Estève : Elie Puigmal a été victime d’une pluie battante !

Quatre ans après l’élection de Robert Vila aux fonctions de maire, Elie Puigmal met toujours sa défaite sur le compte de la pluie : « J’ai été victime de la pluie, les gens ne sont pas sortis pour voter. » (L’Indépendant 2 février 2014)

C’est la énième fois qu’Elie Puigmal fournit cette explication. Il a commencé en octobre 2010, juste après son échec : « Personne ne pouvait prévoir que la pluie abondante aurait aussi une telle influence sur l’issue du scrutin. »

Il a en effet beaucoup plu le jour du second tour des municipales organisées à la suite de sa démission. Mais pourquoi la pluie a-t-elle davantage handicapé les électeurs du candidat PS ? Nous sommes incapables de donner une explication. Et lorsqu’on en parle avec des habitants de Saint-Estève, ça les fait rire. Pourquoi ?

Le mystère reste entier.

En tout cas, aucun doute là-dessus, c’était une pluie battante !

Mais risquons une autre hypothèse. Et si les électeurs n’avaient pas voulu garder Elie Puigmal comme maire?

Lui ne le conçoit pas. La preuve avec sa récente déclaration à L’Indép : « Puigmal passera haut la main . »

Heureux homme qui ne craint pas que les éléments se liguent et se déchaînent à nouveau contre lui.

Fabrice Thomas

PS : Elie Puigmal est titulaire de deux condamnations devant un tribunal correctionnel. La première pour complicité de faux et la seconde pour délit de favoritisme. Cette dernière a été récompensée de trois mois de prison avec sursis (un mois de plus que son ami Christian Bourquin). Beau palmarès ! Surtout pour un élu.

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Impressions de campagne (6)

Quand Aliot sera à la mairie, les vignes seront vertes en plein hiver !

Le petit calendrier que distribue Louis Aliot fait sourire le landerneau. On y voit madame et monsieur manteau sur le dos et écharpe autour du coup sur fond de vigne bien verte photographiée en été. Un détail qui a échappé aux châtelains de Saint-Cloud. Ce n’est pas méchant. C’est juste drôle. La photo de personnages détourés et plantés dans un décor est un procédé maintenant répandu. Il faut juste faire attention à bien choisir le fond.

1 janvier 029

L’Echo du Roussillon : qui sont les investisseurs ?

L’entreprise éditrice la SAS Méditerranée Presse a un capital de 100 000 euros. On en apprend davantage en consultant les documents déposés au greffe du tribunal de commerce de Perpignan. Pierre Ginabat et son épouse détiennent 65% du capital. Dans l’attestation de dépôt de fonds délivré par le Crédit Agricole on retrouve les deux mêmes noms. Qui détient les 35% restant ? Ça n’apparait pas dans les statuts. C’est permis par la forme juridique de la SAS (Société par Actions Simplifiée). Il n’en fallait pas plus pour piquer notre curiosité. Nous avons cherché. Nous avons d’abord trouvé le nom de José Rodriguez, important acteur économique de Saint-Charles et président du PESC, (Pôle Economique de Saint-Charles). Contacté, il nous a confirmé être un actionnaire minoritaire. Nos infos nous ont ensuite amené à contacter Robert Guichet. C’est le fondateur de Pyrescom, belle entreprise de haute technologie qu’il a créé il y a 30 ans. Il nous a expliqué que sa démarche n’était pas celle d’un investisseur. Voir le porteur de projet mettre autant de son argent personnel dans un quotidien papier, secteur sinistré auquel personne ne croit plus, l’a décidé à faire un chèque.

Nous avons téléphoné à Pierre Ginabat. Il s’interrogeait sur les causes de notre curiosité. Il nous semble normal que l’on connaisse le nom des actionnaires d’un journal. On sait tous très bien et l’ancien cadre dirigeant de L’Indépendant davantage, que la presse est un instrument d’influence. Le directeur de L’Echo du Roussillon souligne que tous ses actionnaires « sont des acteurs économiques du département ». A la différence de L’Indépendant, pourrait-on ajouter. Il se refuse à donner la moindre information sur les noms de ses partenaires. Il ne nous a pas caché que certains souhaitaient que leur présence dans le capital du journal reste confidentielle. C’est gênant ! Même si P. Ginabat est l’actionnaire majoritaire et donc en théorie préservé des interventions de ces actionnaires minoritaires. Nous poursuivons nos recherches.

Femme de conviction

Coralie Prats, fille de Jean Rigual, maire-adjoint de Perpignan, conseiller général UMP aurait pu chercher à jouer les héritières. Et bien non ! On ne trouvera pas son nom sur la liste de Jean-Marc Pujol. Elle est sur celle de Clotilde Ripoull.

Le journal des bonnes nouvelles

Le magazine de com du conseil général est depuis quelques temps affublé du slogan : « Le journal des bonnes nouvelles ». Bien trouvé. Ça lui va très bien. Ce n’est pas dans L’Accent Catalan que vous trouverez les chiffres sur le niveau record de chômage dans les P-O.

Que des bonnes nouvelles. Comme dans les tous des journaux des collectivités territoriales. Résultat, leur niveau de lecture et de crédibilité est faible. Mais les élus et les communicants font semblant de ne pas s’en apercevoir. C’est dommage car ce pourrait être de bons outils pour intéresser le citoyen à la vie de la cité. Remplacer la com et la pub par une information en prise avec les réalités ne se fera pas sans une réflexion et une remise en cause de la relation élus citoyens.

2 janvier 302

Bonne note ou fausse note ?

Vu fin novembre un communiqué de presse de la ville de Perpignan qui annonçait qu’elle avait obtenue une note de 19,5 pour la qualité de sa gestion comptable. Et puis nous avons vu un article dans L’Indép. Nous n’y avons pas trop fait attention, mettant ça dans le même sac que nombre de récompenses, de lauriers et de trophées accordés à nos formidables édiles. Et ne parlons pas des dossiers de la presse magazine qui classent les villes dans différents domaines de la plus gay à la plus endettée. Comme le Figaro Magazine qui s’est dernièrement pris les pieds dans le tapis en additionnant la dette de la mairie de Perpignan et celle de l’agglo. Lamentable !

Revenons à ce 19,5. Voilà qu’un lecteur nous en parle. Ça nous a décidé à faire une recherche sur internet. Sans résultat. Rien sur le sujet. Nous avons interrogé la mairie ainsi que les services de l’Etat qui auraient attribué cette note. On en sait un peu plus. Mais nous avons bêtement demandé des preuves. Refus. Documents confidentiels. Nous avons donc envoyé des courriers, l’un au maire, l’autre au trésorier principal de la ville de Perpignan (Trésor Public). Ils ont un mois pour répondre. A t’on déjà vu des élèves cacher une très bonne note ?

Codo et Pujol à la pointe du combat éthique

La liste Croire à Perpignan conduite par Jean Codognès distribue un tract titré “ Des élus irréprochables c’est possible “. « Pour vous qui ne faîtes plus confiance aux élus et à la classe politique, pour celles et ceux qui veulent une équipe intègre et responsable pour diriger la ville de Perpignan. » Suivent huit propositions. La première : « Je serai un maire à temps plein qui ne cumule avec aucun autre mandat électif. » Le candidat précise que s’il est élu maire cette charte déontologique sera votée dès le premier conseil municipal. Ce tract a été imprimé à 30 000 exemplaires.

Codognès a toujours mené le combat pour l’éthique. Depuis son engagement contre le système Farran, en passant par sa participation très active à la commission d’enquête sur la corruption au sein des tribunaux de commerce avec Arnaud Montebourg, jusqu’à son conflit avec le système Bourquin. Il a, en 2013, participé à la création d’un groupe local d’Anticor dans les P-O.

Samedi 1 février, prenant la parole devant plusieurs centaines de personnes invitées à l’inauguration de la permanence électorale de la liste Perpignan Pour Tous, Jean-Marc Pujol a rappelé son engagement contre le cumul des mandats en ajoutant qu’il continuerait à n’exercer qu’un seul mandat. En matière de moralisation de la vie politique, il a déclaré qu’il était inacceptable qu’un élu condamné par la justice puisse encore exercer un mandat.

2 janvier 135

Jean-Marc Pujol a signé la charte d’Anticor. C’est d’ailleurs le premier maire UMP d’une grande ville de France à le faire.

Cestpolitique y reviendra car nous allons, tout au long de la campagne, porter une grande attention à toutes les propositions qui visent à moraliser et à démocratiser la vie politique. C’est la seule réponse efficace au discrédit de la classe politique et à la crise de confiance qui alimente le vote en faveur de l’extrême-droite.

Le petit Alduy répond au grand Bourquin et l’envoie à la case prison

C’est avec toute la hauteur que le caractérise que Bourquin a réagit au départ d’Alduy . Il a notamment déclaré : « Sa défaite aux sénatoriales en 2011 a été un coup de grâce. Après ça, il n’a pas su remonter la pente. Depuis ce moment, nos rapports ont changé, surtout depuis que j’ai pris la présidence d’une région de 3 millions d’habitants. A partir de là, on ne jouait plus dans la même catégorie. »

Réponse du petit teigneux : « J’ai au moins un point d’accord avec la déclaration de Christian Bourquin à mon égard : nous ne sommes pas dans la même catégorie… A sa différence, je n’ai jamais été condamné à de la prison, ni même mis en examen. Je suis et resterai jusqu’au bout, un élu républicain respectueux de la Justice de mon pays. Mais surtout, Christian Bourquin n’a aucune vision de l’avenir. Il a en revanche une véritable addiction de pouvoir : Président-Sénateur de la Région, Président du Conseil général des Pyrénées-Orientales par personne interposée et il souhaite encore être prochainement Maire de Perpignan, toujours par personne interposée. »

Fabrice Thomas
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