Liste Pujol : la 43 ième place est un fauteuil éjectable

Jordi Véra, le président de CDC (Convergence Démocratique de Catalogne), tout comme Christine Espert, la responsable du Modem des P-O se sont sentis humiliés par la proposition qui leur a été faite, à l’un puis à l’autre, par Jean-Marc Pujol, d’occuper la 43 ième place sur la liste Perpignan Pour Tous. Proposition qu’ils ont tout les deux refusée.

L’accord solennelement signé entre les quatre députés UMP et Jordi Véra pour CDC, en octobre 2012 à la mairie du Soler, laissait augurer une participation du parti catalan à la liste du maire sortant de Perpignan. On avait d’ailleurs observé l’évolution de Jordi Véra, conseiller municipal d’opposition lors du vote du budget. En 2012, il s’était abstenu et en 2013, il avait voté pour. Un rapprochement que les catalanistes d’Unitat Catalana depuis longtemps installés dans la majorité voyaient d’un mauvais oeil.

Jean-Paul Alduy a en effet depuis 1993 scellé un partenariat avec Jaume Roure, représentant d’Unitat Catalana (petite formation catalaniste départementale). Et si celui qui a été plus de 20 années maire-adjoint aux affaires catalanes, se retire en 2014, c’est pour passer le relais à un plus jeune, Brice Lafontaine.

Faire entrer Jordi Véra dans la majorité n’était donc pas chose simple. De plus, Jaume Roure et les siens entretiennent une forte animosité à l’égard du président de CDC. Mais ce dernier affirme qu’il n’y serait pas allé et qu’il avait parmi les adhérents de CDC de très bons candidats à proposer.

Jean-Marc Pujol est dans la continuité de son prédécesseur en poursuivant le partenariat sans accroc avec Unitat Catalana qui avec Virgine Barre avait deux élus dans la majorité sortante. Cela empêchait-il Jean-Marc Pujol de faire entrer CDC sur sa liste ?

En proposant une seule place et en queue du peloton des personnes éligibles, Pujol devait s’attendre à un refus. N’y avait-il pas une façon un peu moins inélégante de fermer la porte à CDC ?

CDC a réagi dans un communiqué vengeur : « Nous pensions que M. Pujol voulait se positionner en rassembleur, entre autre de la grande famille centriste… Il n’en est rien ! Monsieur Pujol n’a qu’une vision à courte vue. Pour lui, la Catalogne n’est qu’une image dont on se sert en période électorale mais qui ne se traduit ensuite par aucun acte fort… Par cette position, M. Pujol trahit également l’accord politique conclu entre CDC et l’UMP… Sa méthode politique – éprouvée depuis 30 ans – est un concentré de sectarisme, et d’absence de vision… Mais également un manque de considération… En conséquence, M. Pujol ne bénéficiera pas du soutien de CDC. »

Christine Espert, responsable départementale, régionale et secrétaire générale adjointe du Modem a, eu en septembre 2013, une première rencontre avec Jean-Marc Pujol à la demande de celui-ci. Pour elle, qui est adepte des positions claires, il n’était pas question d’envisager un accord tant qu’Alduy était en position de leader ou de co-leader. Elle considère que c’est une question de cohérence politique car le Modem avait été opposé, aux municipales de 2008 et de 2009, à la politique menée par Alduy. Elle attendait également des engagements sur des mesures sociales et politiques que le Modem voulait voir inscrites dans le programme municipal.

Après l’annonce du départ de JPA et celle d’un profond renouvellement, Christine Espert a de nouveau rencontré Jean-Marc Pujol. Le 12 février, ce dernier lui a expliqué que le Modem ne lui amenait rien et il lui a royalement proposé la 43ième place. Proposition évidemment suivie d’un refus.

Et le Modem dans un communiqué de presse envoie à son tour Pujol sur les roses en annonçant qu’il ne soutiendra pas la liste qu’il conduit.

« Le maire sortant estime ne pas avoir besoin de rassembler des forces centristes et démocrates autour de lui. Il préfère continuer de diriger Perpignan comme cela est fait depuis 30 ans, en vase clos, et « entre amis », …Perpignan, pour quelques uns.
La solution de « confort » serait pour le Mouvement Démocrate d’accepter cette place, sans rien dire. Cela n’a jamais été notre façon de faire. Malgré les difficultés qui seront les nôtres, je maintiens notre cap, et nous défendons plus que jamais l’idée que la politique doit être celle de l’exigence pour l’intérêt de tous ! Plus qu’ailleurs dans cette ville et dans ce département cet aspect est vital. Nous continuerons à porter fièrement cette ambition quelles qu’en soient les difficultés. »

A Béziers, dans la liste du candidat UMP Elie Aboud, le Modem aura deux représentants, dont un en position de maire-adjoint. Il est également en très bonne position sur la liste de Jacques Domergue qui conduit la liste UMP à Montpellier.

Jean-Marc Pujol a dans un interview sur ouillade commenté ses relations avec le Modem : « Moi je l’ai effectivement rencontré deux fois. Mais c’est quoi le Modem ? Moi j’ai besoin d’avoir avec moi des gens qui ont des convictions. Moi j’ai composé une liste avec des gens qui ont des convictions. Le Modem c’est quoi aujourd’hui ? Le jour même où je rencontrais Mme Espert, le directeur de la communication du Modem ralliait les socialistes à Paris. Ils sont socialistes à Paris, de Droite à Pau, ailleurs à Marseille… plus personne ne sait où se trouve le Modem, moi j’avais besoin d’une clarté politique, car après qu’on ne s’étonne pas si les Français considèrent que les partis politiques ne sont composés que de gens qui cherchent leur intérêt personnel. Moi j’étais lors de nos entretiens dans un axe d’intérêt général. Si tel était le cas de Mme Espert, ce que je ne crois plus à la lueur de ses commentaires, elle dirait si elle est de Gauche ou si elle est de Droite. C’est tout ! »

Quand il a commencé à discuter avec le Modem, J-M Pujol devait savoir que le parti centriste avait depuis longtemps des alliances à droite et à gauche. Et s’il n’en voulait pas, pourquoi lui proposer une place en bout de liste ?

Dans l’esprit de Jean-Marc Pujol il n’est manifestement plus question de “ Large rassemblement républicain “. Il est vrai que le sondage TNS Sofres le donne confortablement réélu. Il peut donc se permettre d’humilier deux petites formations politiques.

Fabrice Thomas

PS : Le conseil municipal de Perpignan est composé de 55 élus. En 2009 La liste Perpignan au coeur conduite par Jean-Paul Alduy avait eu 43 élus.

Contact: c.politique@orange.fr

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