Un premier sondage riche en enseignements.

Le score du compagnon de Marine Le Pen était le résultat le plus attendu. Il est très élevé, 28%. Encore plus si on le compare au 9,4% réalisé par Louis Aliot aux municipales de 2009. Il n’est évidemment pas assez important si on le regarde avec les yeux de la presse locale. « Non, Louis Aliot ne vire pas en tête au premier tour. », écrit Frédérique Michalak dans L’Indépendant du 13 février. Les électeurs sont décevants. Ils ne votent pas autant pour Aliot que le voudrait les médias locaux. Ça fait pourtant deux ans qu’ils leur répètent que celui-ci va prendre la mairie de Perpignan et qu’ils lui déroulent le tapis rouge afin de l’aider à atteindre leur objectif. Il faut les comprendre, Aliot à la mairie, c’est le buzz assuré pendant six ans.

La surprise de ce sondage vient, compte tenu du pourcentage élevé de l’extrême droite, de la bonne résistance de Pujol. Avec 35%, il ne recule que de 5% par rapport au score d’Alduy aux municipales de 2009. De plus, 54% des sondés ont une bonne image de lui. C’est sans aucun doute son principal atout pour gagner cette élection. Comment cet homme au look de chef-comptable, qui n’a pas plus de charisme qu’un mérou et dont le verbe manque singulièrement de relief (sauf quand il parle finances locales) parvient-il à se faire apprécier par la majorité des sondés ? Il est vrai qu’il arrive après un beau-parleur dont les Perpignanais étaient fatigués. Grâce à son image d’élu compétent et expérimenté ? Grâce à un bilan que les électeurs ne jugent pas si négatif que ça ? Grâce à son choix de ne pas jouer l’homme politique qui courre après tous les mandats et se satisfait de celui de maire qu’il exerce à plein-temps ? Un peu de tout ça ?

Ce sondage confirme que Jean Codognès était, de loin, un meilleur candidat de gauche que Cresta. Mesure de notoriété : Codognès 80%, Cresta 58%. Bonne opinion : Codognès 37%, Cresta 21%.

Le recul de la gauche est important, 18% pour Cresta et 11% pour Codognès, soit un total de 29% contre 41% en 2009.

Sur les 5 têtes de liste, deux, Cresta et Aliot recueillent plus de mauvaises opinions que de bonnes. Les deux parachutés.

Clotilde Ripoull ne doit pas être satisfaite d’un score de 8%. Il lui faut atteindre les 10% pour être présente au second tour et avoir des élus au conseil municipal. 11% des sondés n’ont pas exprimé d’intention de vote. Et il doit y en avoir autant qui peuvent modifier leur choix d’ici le premier tour, le 23 mars. La toute nouvelle ligne de rejet des partis qu’a adopté l’ancienne responsable du Modem puis du parti catalan CDC, semble fonctionner. Reste à voir si c’est une stratégie de long terme ou de court terme.

Au second tour, le maire sortant l’emporterait avec 42% des voix, suivi de Jacques Cresta 33% et de Louis Aliot 25%. Ce dernier perd des voix entre les deux tours. Il est difficile de faire une campagne violemment dénonciatrice et en même temps de se crédibiliser comme gestionnaire. Ses passages dans les médias nationaux sont à double tranchant. Ils lui procurent une très forte notoriété mais ils donnent l’impression qu’il est plus souvent à Paris qu’à Perpignan.

68% des sondés se déclarent intéressés par les élections municipales. C’est élevé, si on compare avec le niveau de participation des municipales de 2008. Seulement 55% des Perpignanais étaient allés voter. Et 54% en 2009. Dans les grandes villes, même les élections municipales mobilisent peu le corps électoral.

Fabrice Thomas

PS : Sondage TNS Sofres-Sopra Group réalisé auprès d’un échantillon de 604 personnes inscrites sur les listes électorales.

Contact : c.politique@orange.fr

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