Débat radio-télé des municipales : le grand échec !

Pourquoi le débat organisé par France Bleu Roussillon et France 3 a-t-il autant déçu ?

Souvenez-vous des précédentes municipales. Le résultat était le même. Tout le monde restait sur sa faim.

La formule ne fonctionne pas. Il n’en sort rien qui éclaire, rien qui intéresse vraiment l’électeur.

Autre chose.Nous nous interrogeons sur l’importance donnée au premier thème débattu, la sécurité. Pourquoi les médias locaux lui font-ils une telle place en 2014 ? Ce n’est qu’en partie une compétence municipale. Pourquoi la sécurité et pas le développement économique ?

L’emploi est pourtant la première préoccupation des Perpignanais. Au cours des 20 dernières années, jamais la presse n’avait lors d’une campagne municipale, consacrée une telle place à la sécurité.

Cela ne déplait pas à Louis Aliot qui proclame : « La sécurité à Perpignan est une priorité incontournable »

Pour suivre le débat sur l’insécurité l’électeur avait besoin d’avoir des repères. Un état des lieux de la délinquance avec des chiffres, notamment le taux de criminalité pour 1 000 habitants et le classement de Perpignan à partir de ce critère. Il fallait également donner des informations sur la réponse policière, sur la qualité de cette réponse avec le taux de résolution des affaires par catégorie. Et il fallait des informations sur la réponse pénale. Rien de tout ça. L’Indépendant a encore laissé passer une occasion de jouer son rôle.

Tout journaliste sait pourtant que la sécurité est une question délicate à traiter. Elle véhicule des souffrances, des traumatismes, des peurs. Et l’exploitation politique dont elle est l’objet la livre plus souvent à l’émotion qu’à la raison. Ce sujet doit donc, plus que tout autre, être traité sur des bases rigoureuses.

La première question sur la sécurité a été posée à Clotilde Ripoull : « Vous avez dans votre programme l’idée de recruter un commissaire pour diriger la police municipale… »

Allo Houston, nous avons un problème !

La fusée a dès le départ pris une mauvaise trajectoire.

Pourquoi le débat a-t-il été lancé avec une question aussi technique et aussi secondaire. Surtout au regard de la situation perpignanaise. La collaboration entre les deux polices fonctionne très bien. Elles se retrouvent ensemble dans nombre de missions.

Des candidats proposent que la police municipale soit déployée 24h sur 24. Pourquoi ? Ca n’a pas été expliqué. Interrogé sur ce sujet, Jean-Marc Pujol, qui est souvent maladroit, a frappé les esprits en déclarant : « « Après deux heures du matin l’été ça devient extrêmement dangereux. » Ça a rappelé Ségolène Royal proposant de faire raccompagner par la police les femmes policiers à leur domicile.

Il se commet chaque année plus de 1 000 cambriolages à Perpignan. C’est énorme. Que faut-il mettre en œuvre pour faire reculer ce fléau ? Vous avez entendu un candidat faire des propositions dans ce domaine ?

Les vraies questions n’ont jamais été abordées. Manque de préparation des journalistes ? Ça semble assez évident. Et les candidats n’ont pas fait mieux.

Aliot a fait du Aliot : « Quai Vauban le mercredi et le samedi vous avez des agressions permanentes ». Sans que personne ne réagisse.

Lorsqu’il a été question des effectifs de la police nationale, Jacques Cresta a expliqué qu’ils avaient baissé quand la droite était au pouvoir et augmenté après l’arrivée de la gauche, grâce à son action. Un classique du genre. Les journalistes auraient pu arriver au débat avec des fiches et des informations chiffrées.

Fabrice Thomas

Contact : c.politique@orange.fr

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