Impressions de campagne (4)

Cresta prend-il des produits ?

L’Indépendant a publié lundi 13 janvier les propositions des cinq têtes de liste sur la sécurité. F. Michalak commence son article en évoquant les incilités. La dégradation des comportements sociaux, en particulier le développement d’une forme d’individualisme qui nie l’existence de l’autre, produit toutes sortes d’incivilités qui affectent fortement le quotidien des Perpignanais. Cette problématique est aujourd’hui très sous-estimée.

Puisque la police municipale était au coeur du sujet, on aurait apprécié que la journaliste indique son coût et ce qu’il représente dans le buget de fonctionnement de la ville.

Les propositions de Louis Aliot sont titrées : “ La 4 ième ville la plus criminogène de France “. Pourquoi n’a-t-on pas été demandé au candidat d’extrême-droite d’indiquer ses sources ?

De son côté Jacques Cresta déclare : “ la ville est parmi les plus mal classées de France : 200 fonctionnaires de police nationale en moins avec la bénédiction des deux derniers maires. “ Chiffre énorme. Mais là encore il fallait demander ses sources au candidat Bourquiniste. D’où Cresta sort-il ce chiffre complètement fou ? Il y a sans aucun doute quelques dizaines de fonctionnaires en moins (sur un effectif total d’un peu moins de 400 personnes) qui font défaut au bon fonctionnement de la police sur Perpignan.

Si la presse ne fait pas son boulot de vérification les politiques ont la possibilité de dire n’importe quoi. Et certains ne s’en privent pas.

Jacques Cresta maire ? Il est plus crédible en romancier conspirationniste. Il n’hésite en effet pas à écrire : “ La sécurité sur Perpignan est un échec. On peut même dire que la droite a organisé l’insécurité pour tenter de se légitimer au pouvoir en faisant croire que la gauche ferait moins bien.” C’est un délire naturel ou le candidat PS prend-il des produits ? On attrape le flacon de Johnny Walker au lieu de la bouteille de Perrier et on écrit des bêtises plus grosses que soi. Nous plaisantons. Mais il y a un problême. Comment a t-il pu lire et relire ça et l’envoyer à L’Indépendant ?

Les deux candidats de gauche, Codognès et Cresta se distinguent en ne demandant pas d’augmentation des effectifs de la police municipale. Cresta considère qu’elle a “ des moyens pléthoriques ”. Pour Ripoull : 30 recrutements, Aliot : 56 et Pujol : 60. Dommage que l’on ai pas été demandé aux candidats de chiffrer leurs propositions. Aliot a récemment déclaré qu’il procèderait à un redéploiement en réduisant les effectifs du service de la propreté. C’est hélas un service en manque d’effectif et plus particulièrement de balayeurs. Cela ne se voit-il pas ?

Plus de conviction. Rien que du spectacle !

Le conseil général a organisé en décembre un colloque international sur la laïcité. A cette occasion Hermeline Malherbe a planté le 9 ième arbre de la laïcité à Saint-Féliu-d’Amont. C’est sûrement avec des discours et en plantant des arbres que l’on va défendre et faire progresser cette laïcité tant malmenée et pourtant si essentielle. Certains de ceux qui ont renoncé à se battre pour la laïcité nous le cachent avec du décorum. Comme lorsqu’ils rendent, chaque année, hommage à Jean Jaurès.Font-ils illusion ?

Aliot tapisse la ville

Le candidat d’extrême-droite a fait tapisser la ville. Le premier collage des troupes FN sur Perpignan a été massif. A part dégrader l’espace public à quoi cela sert-il ? Il y a, répartis sur tout le territoire de la ville, des panneaux de libre expression. Ne sont-ils pas en nombre suffisant ? Espèrons qu’Aliot ne sera pas imité par d’autres candidats. Avec tous les moyens qui sont à leur disposition, surtout depuis le développement d’internet, les candidats pourraient renoncer à l’affichage sauvage.

di 11 décembre 025

Un bon sujet pour L’Indep, demander aux candidats ce qu’ils pensent de l’affichage sauvage.

Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

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Dieudonné : réponse à ceux qui considèrent que l’on en a trop fait

Si notre société, ses médias, ses intellectuels, sa classe politique avaient réagi avec force depuis déjà plusieurs années aux ignominies de Dieudonné, il ne serait pas devenu nécessaire, il ne serait pas devenu indispensable que l’Etat intervienne.

Nous l’avons vu en 2008 quand Dieudonné a fait monter le négationniste Faurisson sur la scène du Zénith à Paris pour lui faire remettre un prix par un personnage portant une tenue de déporté. Les réactions n’ont pas été, loin de là, à la hauteur de la gravité de l’évènement.

En 2013, après avoir signé un arrêté interdisant le spectacle de Dieudonné, le maire de Perpignan s’est retrouvé isolé. Aucun soutien. Même dans son camp. Ses amis considéraient qu’il avait, tout seul, pris une mauvaise décision. Mauvaise parce qu’impopulaire. Raison pour laquelle ses adversaires de gauche préféraient garder le silence.

La décision de Manuel Valls a mobilisé toutes les rédactions et pendant plusieurs jours, des dizaines de millions de Français ont assisté et même participé, notamment via les réseaux sociaux, à un grand débat sur l’interdiction du dernier spectacle de Dieudonné.

En mettant les pieds dans le plat, le ministre de l’intérieur a amené la presse à s’intéresser à Dieudonné et à montrer qu’il était un humoriste obsédé par l’antisémitisme.

Nombre de français ont réagi en disant que l’on en faisait trop. Comme Maïté Sanchez-Schmidt, élue perpignanaise et députée Européen UMP l’a fait sur facebook.

MSS 11 décembre 006

Les “ On en fait trop “ ont ils oublié, ce n’est pourtant pas si loin, le massacre du 19 mars 2012 à Toulouse. La haine antisémite a tué trois enfants abattus à bout portant. La haine antisémite tue. Toutes les haines tuent. C’est même leur finalité. Et c’est bien pourquoi les démocrates, les républicains, de tous bords devraient toujours se retrouver pour les combattre.

Nous ne sommes pas assez naïfs pour penser que la politique politicienne qui n’est faite que d’enjeux de pouvoir puisse s’effacer complètement. Il y a toujours des arrières pensées et des calculs. Et il est hautement improbable qu’il n’y en est pas eu dans la tête de Manuel Valls. Si cela ne doit pas être occulté, ça ne doit pas faire oublier l’essentiel. Le dernier spectacle de Dieudonné était intolérable. Et ça les “ On en fait trop “ l’on un peu facilement oublié.

Les “ On en fait trop “ ont comme notre député européenne et élue de Perpignan considéré que l’interdiction faisait de la publicité à Dieudonné. Connaissent-ils un moyen de combattre le discours de Dieudonné sans parler de Dieudonné ? Bien sûr que Dieudonné alllait tenter de récupérer à son profit cette médiatisation, s’ériger en victime de la censure, se défendre et s’appuyer sur son public. Un public très important. Quand il est venu ici en 2013, il n’a pas réservé la salle des fêtes d’un village, il a loué la plus grande salle des P-O, le palais des expositions. Même situation partout ailleurs. Il y a un phénomène Dieudonné auquel il était tant de s’opposer.

Les “ On en fait trop “ oublient-ils aussi les quenelles, Signe de préférence exécuté et photographié devant des lieux liés au judaïsme et au martyr des juifs ?

Dans les années 1930, les “ On en fait trop “ ont en France réagi à la sortie et au succès de Mein Kampf en disant que la vision d’Hitler était bien trop extremiste pour pouvoir devenir réalité.

Ici nous reprochons souvent aux hommes politiques de ne plus défendre des idées et des valeurs. C’est pourquoi nous apprécions tout particulièrement que Pujol et Valls aient pris une décision avant tout guidée par leurs convictions.

La petite histoire a déjà retenu, et la presse nationale s’en est largement fait écho, que la ville de Perpignan s’était en 2013 opposée à Dieudonné. De plus, le non respect de l’engagement pris par l’avocat de Dieudonné devant le tribunal administratif de Montpellier de ne pas chanter Shoah Ananas à la fin du spectacle donné à Perpignan a lourdement pesé dans la décision du Conseil d’Etat.

Comme à son habitude la presse a donné la priorité à la polémique et au débat en mettant les faits au second plan, à savoir le contenu du dernier spectacle de Dieudonné. Voici ce qu’écrivait Stéphanie Jourdain journaliste de l’AFP qui y a assisté.

Extrait

« Sur les 75 minutes que dure le spectacle, il ne s’en passe pas cinq sans une charge contre « les juifs », « la juiverie », « kippa city », « le maître esclavagiste banquier ».
A un moment, Dieudonné imite un tirailleur sénégalais qui s’est battu en première ligne pour la France.
Dans le public, des gens pleurent de rire. Tout d’un coup, le tirailleur que campe Dieudonné s’adresse à Hitler. Il lui demande « pardon ».
Condamné au moins six fois pour antisémitisme, « Dieudo » se moque d’Arthur, Gad Elmaleh, Patrick Timsit, Elie Semoun, Patrick Bruel.
Il réédite sa sortie sur les chambres à gaz et le journaliste Patrick Cohen qui lui a valu l’ouverture d’une enquête pour « incitation à la haine raciale ». (…)
A un moment, il arrête la fiction pour expliquer le titre de son spectacle: « le mur », comme le mur en parpaings qui coupe la scène en deux.
Il y a d’un côté « le bien, le Mur des lamentations, les banques, les médias, le show business, Hollywood, toute la merde », plaide-t-il sérieux. De l’autre « le mal, la résistance et la révolte, les ronces, les orties, les cailloux ».
Le spectacle se termine par le moment tant attendu par ses fans: la reprise de la chanson d’Annie Cordy « Cho Ka Ka O ».
Cette fois, les paroles sont remplacées par « Shoah-nanas ». « Dieudo » danse.
Ses fans exultent. (…) »

Et voici une video avec extrait du spectacle “ le Mur “. De quoi faire réfléchir les “ On en fait trop “

Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

Le Barcarès : privée de ses droits civiques elle coupe le ruban tricolore en présence des présidents de la région et de l’université

photo Bourquin + couple Ferrand-2 copie

Cette photo a été envoyée à la presse par le Citoyen Barcarésien, groupe d’opposition au conseil municipal du Barcarès. Elle a été prise le 16 décembre lors de l’inauguration du centre de recherche des écosystèmes marins.

Vous reconnaissez la dame qui coupe le ruban tricolore ? C’est Joëlle Ferrand, ancienne maire du Barcarès. Elle a en juin 2011 été condamnée à 18 mois de prison avec sursis, 12 000 euros d’amende, 5 ans de privation de ses droits civiques. A sa droite son mari, Alain Ferrand, maire UMP du Barcarès, plusieurs fois condamné et mis en cause dans plusieurs affaires en cours d’enquête et d’instruction. A sa gauche, Christian Bourquin, président PS du conseil régional, lui aussi condamné et lui aussi un bon client des tribunaux.

Que les Ferrand s’assoient sur la République, ses valeurs et ses lois ne surprendra personne. Mais comment un président de région, un parlementaire peut-il cautionner, participer à une telle mascarade ? On pourrait poser la même question à Fabrice Lorente, le président de l’université de Perpignan.

Il faut se rendre à l’évidence, les Ferrand ne sont plus, depuis quelques temps déjà, les pestiférés de la scène politique locale. Ils sont même courtisés par le gratin politique. Par Bourquin le patron du PS et Calvet le président de l’UMP. Là encore l’électoralisme a fait des dégâts. Bourquin et Calvet ont vendu leur âme au diable pour récupérer et se partager les voix du Barcarès lors de l’élection sénatoriale de 2011.

Ces derniers font mieux que personne le lit de l’extrême-droite. Mais croyez-vous que cela les empêchera de venir bientôt vous dire qu’il faut faire barrage au FN ?

Il faut signaler que la première-adjointe au maire UMP du Barcarès est adhérente du Front National. Ce qui explique sans doute le silence du FN sur les pratiques des Ferrand.

Le pire c’est que ces mœurs de république bananière ne provoquent guère de réactions. Et de ce fait elles s’inscrivent dans le paysage comme quelque chose de normal. Pourtant, nombreux, très nombreux sont les habitants de notre département qui sont profondément allergiques à ces dérives. Certes, il manque un parti, une organisation pour porter leurs aspirations à plus de démocratie et de probité. Et puis il y a des hommes et des femmes qui font face. Au Barcarès, par exemple, l’équipe du « Citoyen Barcarésien » résiste courageusement au système en place et elle va tout faire pour convaincre la population de mettre fin au règne des Ferrand, en mars prochain, par la voix des urnes. Fabrice Thomas

PS : Alain Ferrand a été investi par l’UMP comme tête de liste aux municipales.

contact : c.politique@orange.fr

Olivier à miel

On savait que la liste de Jean-Marc Pujol était dans l’obligation de jouer la carte du renouvellement, mais on ne s’attendait pas à ce que le premier des nouveaux arrivants soit un transfuge. Un avocat, encore un. Il passe de l’opposition de gauche où il siégeait depuis 2008 à la majorité de droite.

La nouvelle est d’autant plus surprenante qu’il y a peu de temps Olivier Amiel négociait avec Jacques Cresta. Ce qui pouvait se comprendre. N’est-il pas secrétaire départemental, regional et national du MRC, formation Chevènementiste qui a, lors de la présidentielle et des législatives passé des accords avec le PS et depuis soutient Hollande et le gouvernement Ayrault.

Cresta n’avait certes pas envie de donner à Amiel la place à laquelle il prétendait. Ce dernier est en conflit avec les Bourquinistes depuis son départ tumultueux du cabinet de la présidence du conseil général. Et ne pas faire allégeance au système Bourquin le privait d’une carrière politique à gauche. C’est ce qui avait déjà, en 2009, conduit Romain Grau des bancs de l’opposition à ceux de la majorité municipale.

Mais que va-t-il faire dans une liste dominée par l’UMP ? Une liste dont le leader se déclare en accord avec le courant de l’UMP de la droite forte, lui qui s’est professionnelement spécialisé dans la défense des sans-papiers ?

Il est vrai que notre époque consacre l’infidélité et la mobilité. L’époque oui, les Français beaucoup moins. Toutes les études le montrent.

En apprenant qu’Olivier Amiel figurera dans les dix premiers de la liste conduite par Jean-Marc Pujol aux prochaines municipales, comment ne pas penser qu’il a fait passer ses intérêts avant ses convictions ?

La crise de la politique et la crise de notre démocratie viennent de ce que la lutte des places l’emporte sur les convictions et les idées.

Nous avions relevé cette phrase de Jean Viard, sociologue et élu PS dans une interview qu’il avait donné à la Tribune en avril 2013 : “Le coeur du politique est dans la mise en scène et la réélection. Il est impératif de limiter les mandats et de bloquer les décideurs à deux élections successives. Sinon la parade du coq oublie les problèmes sociaux et sociétaux. »

Quel est pour Jean-Marc Pujol l’intérêt de ce ralliement ? Faire un barrage au FN ? Si c’est le calcul qui est fait, il laisse sceptique. L’avocat des sans papiers risque de faire fuir une partie de l’électorat de droite vers Aliot. Et ce dernier ne devait pas espérer que Jean-Marc Pujol lui offre de si belles étrennes. Le recours à une vieille recette politicienne risque, de plus, de donner du grain à moudre à l’extrême-droite.

Que pèse Olivier Amiel ? Aux législatives, dans les P-O, aucun des candidats du MRC n’a atteint 1%. Il ne va pas manqué à Cresta, ni à Codognès avec qui il aurait pu aller, mais que va-t’-il apporter à la liste de Pujol ? Fabrice Thomas

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