Olivier à miel

On savait que la liste de Jean-Marc Pujol était dans l’obligation de jouer la carte du renouvellement, mais on ne s’attendait pas à ce que le premier des nouveaux arrivants soit un transfuge. Un avocat, encore un. Il passe de l’opposition de gauche où il siégeait depuis 2008 à la majorité de droite.

La nouvelle est d’autant plus surprenante qu’il y a peu de temps Olivier Amiel négociait avec Jacques Cresta. Ce qui pouvait se comprendre. N’est-il pas secrétaire départemental, regional et national du MRC, formation Chevènementiste qui a, lors de la présidentielle et des législatives passé des accords avec le PS et depuis soutient Hollande et le gouvernement Ayrault.

Cresta n’avait certes pas envie de donner à Amiel la place à laquelle il prétendait. Ce dernier est en conflit avec les Bourquinistes depuis son départ tumultueux du cabinet de la présidence du conseil général. Et ne pas faire allégeance au système Bourquin le privait d’une carrière politique à gauche. C’est ce qui avait déjà, en 2009, conduit Romain Grau des bancs de l’opposition à ceux de la majorité municipale.

Mais que va-t-il faire dans une liste dominée par l’UMP ? Une liste dont le leader se déclare en accord avec le courant de l’UMP de la droite forte, lui qui s’est professionnelement spécialisé dans la défense des sans-papiers ?

Il est vrai que notre époque consacre l’infidélité et la mobilité. L’époque oui, les Français beaucoup moins. Toutes les études le montrent.

En apprenant qu’Olivier Amiel figurera dans les dix premiers de la liste conduite par Jean-Marc Pujol aux prochaines municipales, comment ne pas penser qu’il a fait passer ses intérêts avant ses convictions ?

La crise de la politique et la crise de notre démocratie viennent de ce que la lutte des places l’emporte sur les convictions et les idées.

Nous avions relevé cette phrase de Jean Viard, sociologue et élu PS dans une interview qu’il avait donné à la Tribune en avril 2013 : “Le coeur du politique est dans la mise en scène et la réélection. Il est impératif de limiter les mandats et de bloquer les décideurs à deux élections successives. Sinon la parade du coq oublie les problèmes sociaux et sociétaux. »

Quel est pour Jean-Marc Pujol l’intérêt de ce ralliement ? Faire un barrage au FN ? Si c’est le calcul qui est fait, il laisse sceptique. L’avocat des sans papiers risque de faire fuir une partie de l’électorat de droite vers Aliot. Et ce dernier ne devait pas espérer que Jean-Marc Pujol lui offre de si belles étrennes. Le recours à une vieille recette politicienne risque, de plus, de donner du grain à moudre à l’extrême-droite.

Que pèse Olivier Amiel ? Aux législatives, dans les P-O, aucun des candidats du MRC n’a atteint 1%. Il ne va pas manqué à Cresta, ni à Codognès avec qui il aurait pu aller, mais que va-t’-il apporter à la liste de Pujol ? Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

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