Impressions de campagne (1)

Chantal Gombert invente

Dans un échange de communiqués affectueux avec Louis Aliot, Chantal Gombert, ancienne maire-adjointe de Perpignan, rappelle son parcours politique et au passage se tresse quelques lauriers : « Invention et mise en place du concept “ Les jeudis de Perpignan“ ». Une petite précision s’impose. En 1993, la ville de Nîmes a créé Les Jeudis de Nîmes. Des spectacles gratuits présentés en plein-air sur diverses places de la ville en juillet et août. L’année suivante, en 1994, la ville de Perpignan a fait un copié collé de cette manifestation qui avait rencontré un grand succès.

Nos chers vice-présidents de l’agglo

L’enquête de Donatien Lemaître sur les communautés de communes diffusée jeudi 21 novembre par Envoyé Spécial a eu un grand retentissement dans notre département. Le journaliste s’est notamment intéressé aux vice-présidents de l’agglomération Perpignan-Méditerrannée.

Dans cette structure présidée par Jean-Paul Alduy qui regroupe 36 communes, il y en a 42. 35 vice-présidents maires et 7 vice-présidents non maires, dont Jaume Roure qui a, jeudi soir, eu son quart d’heure de célébrité en faisant un esclandre devant la caméra. Chaque vice-président perçoit une indemnité mensuelle de 1 600 euros. Les conseillers, ils sont 115, perçoivent230 euros par mois. Si on ajoute les diverses cotisations sociales, retraite notamment, les indemnités des élus pèsent lourd dans le budget de l’agglomération.

Jaume Roure, André Bascou, Daniel Mach, Romain Grau et Jean-Paul Alduy ont assuré le spectacle. Donatien Lemaître a dû se frotter les mains. Chez EAS, ils sont venus à trois vice-présidents chargés de l’économie. On leur dit que la télé était là et ils ont accouru ventre à terre chez EAS, bien sûr accompagnés de plusieurs collaborateurs de l’agglo qui jouaient les rôles de figurant. Le piège pouvait se refermer sur André Bascou, Daniel Mach et Romain Grau : « Trois vice-présidents pour écouter un patron, même si l’économie est une affaire sérieuse n’y aurait-il pas un peu trop d’élus à son service ? » Cette question a fait perdre son sourire et sa placidité à Romain Grau. Et quand il a été question de la rémunération des vice-présidents, il a perdu son sang froid : « C’est à peine plus que le SMIC, à peine plus que le SMIC, voyez ! ». Pauvres élus !

La séquence suivante a été tournée lors d’une réunion du conseil communautaire. En voix off le journaliste évoque les « 42 vice-présidents, un record en France. » Puis il interroge Clotilde Ripoull, conseillère municipale d’opposition de Perpignan sur ces excès. C’est là que Jaume Roure intervient : « Je ne comprends par pourquoi vous interviewez… Moi je suis élu en responsabilité alors que madame est absolument rien ici, même pas élue. Vous interviewez qui vous voulez, pour moi je considère ça comme au niveau farces et attrapes. »

Interrogé sur l’économie de 1,3 millions d’euros qui aurait été faite si le nombre de vice-présidents avait été limité à 15 depuis le début du mandat en 2008, le président de l’agglo, Jean-Paul Alduy, lui aussi énervé, répondra : « Sur un budget de 200 millions ça ne veut pas dire grand-chose. »

Mais pourquoi ce sujet énerve t-il autant nos élus ? C’est étonnant !

Il nous semble que cette émission aurait moins frappé les esprits il y a cinq ou dix ans de cela. Il y a aujourd’hui un fort mouvement de rejet des grands élus qui ne demande qu’à être alimenté. Un rejet hélas justifié par le refus de limiter le cumul des mandats et de moraliser la vie politique.

Un juge raciste au tribunal des Prud’hommes

Lors d’un délibéré, un juge du tribunal des Prud’hommes de Perpignan a utilisé le mot « melon » pour qualifier une personne d’origine maghrébine. Des propos tenus devant témoins. Leur auteur est un représentant patronal qui siège au nom de l’UPE, l’organisation départementale qui représente le MEDEF dans les P-O. Des suites disciplinaires pourraient être données. Ce juge tente toutefois de faire jouer des protections afin d’être maintenu dans ses fonctions. Si les propos racistes sont en tout lieu inacceptables, il est des endroits où ils sont tout simplement inconcevables. Le procureur de la République a été informé. Le juge en question est décrit comme étant obsédé par une hostilité à l’égard des maghrébins. Ce monsieur est-il encore digne d’être juge ? Sa place n’est-elle pas maintenant devant un tribunal correctionnel pour y répondre d’injures racistes ? Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

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