FN : un parti fondé sur les glacis du Vichysme et de l’OAS

De passage à Colombey-les-Deux-Eglises, le 9 novembre, journée d’hommage au général de Gaulle, quelle n’a pas été notre surprise d’apercevoir Florian Philippot, numéro 2 du FN. Certains politiques ont commenté cette présence en déclarant que le général de Gaulle n’appartenait à personne. Cette vision est un peu courte. Pouvons nous oublier que ceux qui ont fondé le Front National étaient du côté de Pétain et de Hitler ? De ceux-là même qui, en août 1940, ont condamné à mort le général de Gaulle. Le devoir de mémoire n’est pas uniquement destiné à ne pas oublier les victimes. Il doit aussi servir à garder le souvenir de tous ceux qui ont refusé la défaite et la soumission au Troisième Reich. De Gaulle a été le premier et le plus illustre de ces combattants. Et la croix de Lorraine était l’insigne d’hommes et de femmes prêts à donner leur vie pour abattre la francisque de Pétain et la croix gammée d’Hitler.

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Les nouveaux dirigeants du FN ont-ils changé le nom de leur parti ? Non. Ont-ils déclaré qu’ils ne se reconnaissaient pas dans ses fondateurs et leurs engagements au service de la collaboration et du nazisme ? Non

Filippot a déclaré que c’était à titre personnel qu’il avait déposé une gerbe sur la tombe du général De Gaulle. Ce qui ne veut rien dire. Car il ne serait rien et personne ne ferait attention à lui s’il n’était pas le numéro 2 du FN.

L’anti-gaullisme de l’extrême droite s’est forgé sous le régime de Vichy et il a été ravivé par la guerre d’Algérie. On peut facilement comprendre que les hommes et les femmes arrachés à la terre d’Algérie ne portent pas De Gaulle dans leur cœur. Mais peut-on avoir la moindre indulgence pour un Louis Aliot qui, 50 ans après, lors d’un meeting à Bompas, le 11 mars 2011, jour anniversaire de l’exécution de Bastien-Thiry rendait un vibrant hommage à l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart contre le président de la République ? Un homme politique capable de tenir de tels propos n’est clairement ni un démocrate, ni un républicain. Il est un dirigeant d’extrême-droite avec tout le sens que l’histoire a donné à ces deux mots. Fabrice Thomas

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Légende photo : Le commando dirigé par Bastien-Thiry a tiré 150 balles sur le cortège du général de Gaulle. La voiture dans laquelle se trouvait le président de la République est exposée au Mémorial de Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises.

contact : c.politique@orange.fr

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