Le vrai visage de Louis Aliot

Dimanche 27 octobre, j’ai lu mon nom dans L’Indépendant. Ce n’était pas arrivé depuis si longtemps que j’avais envie de remercier Frédérique Michalak en lui déposant quelques roses.

J’aurais gardé les épines pour Louis Aliot que je tiens à féliciter pour sa clairvoyance. Il a en effet compris que je ne serai jamais un relais complaisant du Front National.

Je fais mon travail d’information en étant avant tout fidèle aux faits. Mon rôle n’est ni d’aider, ni de combattre le Front National. Mais il est aussi de dire que le FN ne se comporte pas comme un parti démocratique. Il est systématiquement et violemment allergique à la critique. J’en sais quelque chose. Ce n’est pas la première fois que je subis les foudres de Louis Aliot. En 2011, il m’avait désigné à la vindicte de la salle lors de son discours au salon du savoir-faire pied-noir. Il l’avait fait en sachant très bien que des excités pouvaient prendre ça pour un encouragement à m’agresser.

Il est dans la nature des idéologies totalitaires d’utiliser tous les moyens pour faire taire et pour discréditer ceux qu’elles considèrent comme des ennemis.

« Je n’ai pas à répondre à ce genre d’argumentation qui relève de la Gestapo. » Voilà ce qu’a répondu Louis Aliot à un journaliste de Médiapart qui l’interrogeait sur sa relation salariale avec Marine LePen.

Voici quelques extraits de ce qu’il a écrit après la publication de l’enquête : « Médiapart a pondu son œuf ! Un œuf pourri puant la haine et la vindicte… » « Xavier Bertrand avait parlé de “ méthode fasciste “. Je me demande s’il n’avait pas un petit peu raison »… « De ce point de vue là, Médiapart s’inscrit dans une longue tradition de journaux de délation… »

Louis Aliot n’avait pas accepté que Médiapart révèle qu’il était l’attaché parlementaire européen le mieux payé : 5 000 euros pour 17 heures par semaine, pour être, en violation du règlement de cette assemblée, l’employé de sa compagne. Une information sur laquelle la presse locale a honteusement fait le silence. J’y ai consacré deux articles. 5 000 euros pour 17 heures par semaine qui s’ajoutent à ses honoraires d’avocat et à ses indemnités de conseiller régional. Par comparaison, l’attaché parlementaire de Maïté Sanchez-Schmid, gagne 3 000 euros pour un travail à plein temps et il n’est pas parmi les plus mal payés.

Louis Aliot me salit avant même d’avoir obtenu une réponse du maire de Perpignan sur le travail sur les incivilités que j’ai fait en 2012. Il va même jusqu’à violer la loi sur la présomption d’innocence en brandissant une condamnation qui n’est pas définitive. Je lui répondrai sur les deux sujets.

De plus, si les incivilités sont une problématique qui l’intéresse, il pourra dans quelques mois se rendre dans une librairie acheter : « Incivilités : Il est urgent de réagir à la dégradation du vivre ensemble ».

Nous aurons l’occasion de revenir sur les méthodes d’intimidation auxquelles Louis Aliot a recours. Car il va loin. Très loin. Trop loin.

Il est où le sympathique Louis Aliot ? C’est une façade. Comme la dédiabolisation. Quand on est d’extrême-droite, on n’est pas gentil. Nous n’avons pas le droit d’oublier que ces gens-là ne sont pas des humanistes. Fabrice Thomas

Publicités